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Marie Nimier

  • Le palais des orties Nouv.

    Le palais des orties

    Marie Nimier

    Quelque part en France, une campagne modeste, un peu défigurée. Au fond d'une vallée, à quelques kilomètres d'un village, des hangars recouverts de tôles mangées par la rouille, une ferme où tout serait à reconstruire. Autour, des champs d'orties.Nora et Simon vivent là avec leurs deux enfants. Ce n'est au départ ni un choix ni un rêve. Ils gagnent leur vie avec une plante que tout le monde arrache. L'ambiance est gaie, plutôt. On se serre les coudes. On est loin du bon vieux temps, loin des exploitations à grande échelle, loin de l'agriculture bio et raisonnée. C'est la débrouille.Et puis, un jour, arrive une jeune fille avec son sac à dos. Frederica. Fred fait du woofing. Contre le gîte et le couvert, elle offre ses bras.Le Palais des Orties est un roman d'amour et de métamorphoses, le récit d'une passion brûlante.

  • Les confidences

    Marie Nimier

    « Pour moi, une confidence, c'est une histoire que l'on garde pour soi parce qu'elle concerne tout le monde. Si elle ne concernait pas tout le monde, on n'aurait pas besoin de la garder pour soi. » Dans un appartement meublé de deux chaises, une table et un immense philodendron, Marie Nimier recueille, les yeux bandés, des confidences. Un à un, les volontaires se livrent anonymement à de troublants aveux, souvent pour la première fois. Remords, regrets, culpabilité, mais aussi désirs, rêves et fantasmes se dévoilent. Jusqu'à ce qu'un jour, Marie perde pied. Celle que son père surnommait enfant la Reine du Silence prend finalement la parole. La dernière confidence sera la sienne.

  • La plage

    Marie Nimier

    Une jeune femme sans nom arrive sur une île, en été.
    Elle traverse en autobus un paysage aride jusqu'à une plage où elle est déjà venue avec un ami. Elle se souvient d'une grotte où ils se sont aimés.
    Il n'y a personne sur la plage, pas un souffle de vent. La taverne est fermée.
    Elle se baigne nue.
    Est-elle aussi seule qu'elle le croit? En quittant la plage quelques jours plus tard, elle ne sera plus la même. Jamais plus.

  • La reine du silence

    Marie Nimier

    «Mon père a trouvé la mort un vendredi soir. Son Aston Martin s'est écrasée contre le parapet d'un pont. Je n'étais pas dans la voiture. J'avais 5 ans.
    De lui, il me reste peu de souvenirs, et quelques trésors : une montre qui sonne les heures, un stylo dont la plume penche à droite et cette carte postale, où il me demandait en lettres capitales :
    QUE DIT LA REINE DU SILENCE ?
    Cette phrase posait une énigme impossible à résoudre pour la petite fille que j'étais, énigme cruelle et envoûtante qui résume toute la difficulté du métier d'enfant. Énigme qui, à l'époque, se formulait ainsi :
    Que pourrait bien dire la Reine du silence sans y perdre son titre, et l'affection de son papa ?
    Ou encore : comment, à la fois, parler, et ne pas parler ?
    J'étais coincée. Prise au piège de l'intelligence paternelle.»

  • Je suis un homme

    Marie Nimier

    "J'aime les femmes. J'envie leur aptitude à jouir plusieurs fois d'affilée, même si avec moi, il faut l'avouer, ce n'est pas arrivé souvent. Est-ce ma faute si je m'endors tout de suite après l'amour?
    Je suis beau, tout le monde s'accorde à le dire, de cette beauté rugueuse que je tiens de mon père. Zoé et Delphine prétendent que je suis un macho, dans le bon sens du terme (sic), et les voilà qui dressent l'inventaire de mes petits défauts. Si elles ont tant de choses à me reprocher, pourquoi parlent-elles de moi avec des étoiles dans les yeux? À leur place, je me serais quitté depuis longtemps."

  • Les inséparables

    Marie Nimier

    " J'aimais la voix traînante de Léa, ses cheveux roux, son incroyable vitalité.
    Nous nous comblions, est-ce qu'on peut dire cela ? Se combler, comme deux pièces de puzzle qui s'ajusteraient parfaitement, mais ne viendraient pas de la même boîte. Que nous est-il arrivé ? Où sont passées les deux amies perchées sur le tabouret du photomaton ? Il faudrait retourner dans la cabine, glisser une pièce dans la fente pour obtenir la preuve tangible de cette force qui nous habitait. Au lieu de ça, un rideau se lève, et c'est Léa qui apparaît.
    Léa et son nouveau métier, rue Saint-Denis. Léa et ses bras troués. Il n'est pas besoin d'aller très loin, parfois, pour être dans un autre monde. " Marie Nimier trace, entre souvenirs heureux et combats contre les fantômes, le portrait d'une amitié sans pareille.

  • Photo-photo

    Marie Nimier

    Découvrez Photo-Photo, le livre de Marie Nimier. Il est une question que l'on me pose souvent, la question des idées. Comment elles arrivent, où je les pêche, le fameux "mais où va-t-elle chercher tout ça". De quelle façon s'est imposée, en l'occurrence, l'idée d'écrire un roman à partir d'une séance photo avec Karl Lagerfeld ? J'ai tendance à répondre que les idées n'existent pas, qu'il n'y a que du temps.
    Ou si elles existent, elles ont bien peu à faire avec la pratique du roman, son écriture au jour le jour. Elles sont là en amont, couvrent des pages de notes préparatoires, puis fondent comme neige au soleil. Restent les parties du corps qu'elles ont mises en lumière, les lignes qu'elles ont inspirées.
    L'apparition d'un chat. Le clignement d'une paupière. Des chaussures vert tilleul. Deux lettres, un angle, une jetée. Un voyage à Baden-Baden, le rendez-vous des évaporés. La douceur de la bouche de Frederika, son velouté.

  • Vous dansez ?

    Marie Nimier

    Si l'on admet qu'un danseur danse non seulement avec son corps, mais aussi avec son imaginaire, reposons les questions simples qui sont à la base de ces monologues.
    Que se passe-t-il dans la tête de celui qui danse, pendant les répétitions et pendant le spectacle? Comment pense-t-il ses gestes, quels mots servent d'appui à sa chorégraphie? Comment les mouvements sont-ils perçus, de l'intérieur? D'où viennent-ils? Quelles sont leurs histoires, et que voit le danseur pendant qu'il est sur la scène? Voit-il cette femme au troisième rang qui tripote son collier de perles? Remarque-t-il que son voisin regarde sa montre?

    Des textes qui coulent, comme de la musique, pour cultiver ce que la danse contemporaine affirme depuis une vingtaine d'années : la différence des danseurs au-delà des critères esthétiques et des figures imposées.

  • Quatre vieux orphelins écrivains s'affrontent afin d'être adoptés. Ils rejouent de cruelles scènes de vie familiale qui interrogent la légitimité des parents, la solitude, le besoin de reconnaissance, la vieillesse et la mort.
    Par l'intermédiaire d'une agence, quatre écrivains orphelins "d'un certain âge" sont candidats à l'adoption. A l'issue de la représentation, un seul sera choisi. Ils ont été sélectionnés par l'invisible Rebecca aux jambes interminables. Ils sont jugés par leurs futurs parents, assis parmi les spectateurs, qui les soumettent à une succession d'épreuves et de questions défilant sur une bande passante. Dans ce huis clos aux airs de reality-show, tour à tour en compétition ou complices, ils revêtent tous les rôles de la structure familiale, le temps d'un jeu cruel exorcisant fantasmes et obsessions. Ils questionnent alors la légitimité de ces parents qui les observent. Que perd-on en gagnant ? Lars, le vainqueur, préfère rester seul - et libre. Orson, qui a toujours dit qu'il serait choisi, devient un fils, l'enfant que tout homme est, à l'approche de la mort, allégorie de la dépendance de l'écrivain face à son public.

    "Chaque spectateur, quel que soit son âge, est un parent en puissance. Chaque spectateur doit se demander, à un moment ou à un autre de la pièce : lequel prendrais-je, moi, si j'étais dans cette situation, lequel aimerais-je avoir à la maison ?
    Si le sujet de ce texte est l'adoption (et son revers, l'abandon - ou le contraire), sa figure centrale est celle du renversement. Renversement, comme on renverse un pouvoir établi, des règles, une situation." Marie Nimier PERSONNAGES : 4 hommes, 1 voix de femme.
    DURÉE : 1h30.

  • Ce n'est pas un, mais dis Noël qui défilent sous nos yeux. Chaque fois à un moment différent de la soirée.
    Année après année, façon coeur de palmier, on en rajoute une couche. La mère, le fils et l'amie du fils (tour à tour Patricia, Nathalie, Catherine, etc.) fêtent ensemble le réveillon. Enfin ensemble, c'est à voir. Aux yeux de la mère, toutes des filles se ressemblent et ressemblent à sa fille, sa fille qui n'est pas là. Ce qui lui est arrivé ? Mystère. Les absents sont très forts pour s'installer au centre des conversations de Noël...
    PERSONNAGES : Deux femmes et un homme.

  • «- Nous allons initier un courant original, Marie, quelque chose qui sera à la pornographie ce que la nouvelle cuisine est à l'ancienne. Moins chargée, moins sauçue, plus inventive...
    L'éditeur riait en se frottant les mains, il était emballé, conquis par son propre titre. Il déchira une page de son carnet et me la tendit.
    - Vous imaginez la couverture, un aplat de couleur mate, du rose peut-être, un rose chair, et l'impact de ces mots ?
    L'éditeur avait écrit : "LA NOUVELLE PORNOGRAPHIE".
    La couverture, je la voyais, mais ce que j'avais du mal à imaginer, c'était mon nom de famille, et mon prénom, accolés à ces vingt-deux lettres.
    Et la tête de ma mère.»

  • La caresse

    Marie Nimier

    "je suis un chien.

    Mon corps n'est pas bien grand, environ trois poulets compressés, inscrits dans un cube. malgré ma petite taille, rien ne m'échappe : ni les pastis que mon maître se verse en douce ni cette odeur étrange qui imprègne les vêtements de ma maîtresse.
    Je vois tout, d'en bas, par fragments, ensuite je recompose. j'observe avec mon nez, mes oreilles, ma mémoire et surtout avec mon imagination. j'aimerais penser, raisonner comme le font les hommes les plus bêtes, mais souvent je m'enlise, je me trompe dans les temps.
    Heureusement il y a sonia qui m'aide et me protège, sonia potemkine.
    Elle dit : le chien est une fenêtre qui ouvre sur l'autre monde.
    Elle dit : le chien est un signe de ponctuation entre les êtres, un trait d'union.
    J'aime l'écouter parler. je m'allonge à ses pieds. une douce chaleur m'envahit. je suis un lien, un prétexte tendre. un souffle apaisé par la caresse des mots. ".

  • Elles parlent toutes de leur corps - c'est-à-dire à partir de leur corps, et à propos de leur corps. Et parfois, du corps des autres, passants, clients, amants, fils, maris. Corps aimés, corps silencieux, immobiles, heureux, morts, attendris, étrangers, exultant. Épluchant des oignons, repassant des chemises, assis au volant d'un taxi ou sur un tabouret de bar.

  • Anatomie d'un choeur

    Marie Nimier

    Anatomie d'un choeur est l'histoire des rencontres, des conflits, des idylles entre quatre-vingts choristes qui s'aiment, se jalousent, se haïssent et pourtant ne feront qu'une seule voix le soir du concert.

    L'intrigue épouse le rythme à trois temps des répétitions de la marche funèbre pour la mort d'un nénuphar.
    On découvre d'abord la figure passionnée du chef, thomas morhange, hanté par le désir de révéler au public l'oeuvre de son arrière-grand-père, compositeur inspiré dont les contemporains ne retinrent que la fin pittoresque : il mourut écrasé par sa bibliothèque.
    En contrepoint, l'univers chaotique des manigances de l'administrateur et de sa complice, plus intéressés par les bruits de couloir que par la musique.

    Et surtout, un grand amour avec sa menue monnaie de compromissions, de chantages, mais aussi le timbre clair de ses fous rires, lorsque les lumières s'éteignent dans l'escalier et qu'il est impossible de résister.

  • Domino

    Marie Nimier

    «On ne découvrit sur le buste de Catherine Claire que les marques d'une légère altercation. Connaissait-elle son agresseur ? Le garçon certifiait que l'écrivain avait quitté les lieux à dix-neuf heures trente précises, heure de fermeture de l'établissement. Il l'avait servie lui-même, deux grogs coup sur coup, l'un plus chaud que l'autre. Il l'avait trouvée un peu bizarre, et j'étais bien la seule à savoir pourquoi : ce n'était pas Catherine Claire que le serveur avait raccompagnée à la porte du Café des Charmes, pas elle qui avait emporté le cabas vert, c'était moi».
    Témoin de la disparition de l'écrivain Catherine Claire, Domino devient détective malgré elle. De ce nouvel emploi elle ne connaît ni les dangers ni les ficelles, mais elle est prête à tout pour innocenter Silvio, son amant. Prête à tout pour échapper aux persécutions de l'homme maigre. Il y a des pots cassés, un cadavre dans le placard, une prof de gym en short court, un masque égyptien et le petit Tom dont on ne sait rien.
    Un pion après l'autre, le passé de Silvio se révèle et Domino, la narratrice, se construit. Sur fond de banlieue faussement paisible, Marie Nimier taille un polar cocasse et sensuel dans l'étoffe d'un rêve inquiétant.

  • Voici un livre qui commence comme un roman d'amour et finit comme un polar.
    Magda, sauvageonne aux pieds nus, vit dans un autobus abandonné avec vue sur la mer. mikis est un jeune employé des salines. ils se rencontrent, ils s'aiment, elle disparaît. mikis laisse tout tomber pour partir à sa recherche. il découvre au passage quelques secrets bien enfouis dans une mine de sel. rien n'est enterré qui, un jour, n'affecte la surface. un livre piquant, vif, un traité original sur l'art et la manière de vivre en couple (avec son passé).

  • Sirène

    Marie Nimier

    Marine Kerbay a vingt ans lorsqu'elle décide d'aller se jeter dans la Seine. C'est avec détachement qu'elle se prépare à célébrer son départ, comme si mourir pouvait signifier autre chose que partir à jamais, à tout jamais. Marine écoute le chant désespéré de Lorelei, celui d'Ondine la belle naïade, victimes de l'inconstance de leurs amants. Elles se précipiteront dans les flots, suivant ainsi le chemin des Sirènes antiques après le passage d'Ulysse. Leurs corps charmants, raconte la légende, furent métamorphosés en écueils.
    Faute de pouvoir crier la vérité, Marine se réfugie dans le silence. Elle va rejoindre ses soeurs les Sirènes, déesses déchues, abusées, mais aussi femmes fatales, irrésistibles et intouchables, figures de proue du monde merveilleux des rêves de l'enfance.

  • La girafe

    Marie Nimier

    "Je n'ai aimé qu'un seul être au monde, et je l'ai tué. Elle s'appelait Hedwige. Son squelette est exposé au Muséum d'histoire naturelle. Des milliers d'enfants passent devant lui chaque année. J'ignore tout de l'enquête qui suivit sa mort. Il me semble que personne ne se douta de rien. L'analyse des viscères ne révéla aucune trace suspecte, peut-être n'y eut-il simplement pas d'enquête. Trop heureuse de trouver un sujet en parfaite condition physique, la science aura récupéré le corps et étouffé l'affaire..." Ainsi commence le plus insolite des romans d'amour. Mais qui est Hedwige ?

  • La confusion

    Marie Nimier

    Faire tourner la machine à laver.
    Systématiquement, machinalement. Mais cette fois, pour faire le vide. Trier les mots, les ranger, les jeter. Pièce à conviction, pièce à vivre, pièce rapportée : le français est une langue compliquée. Sandra et Simon ont été élevés comme frère et soeur. Ils se sont aimés comme des amants. Aujourd'hui, tout bascule. Sandra a décidé de faire la part des choses.

  • "je suis un chien.

    Mon corps n'est pas bien grand, environ trois poulets compressés, inscrits dans un cube. malgré ma petite taille, rien ne m'échappe : ni les pastis que mon maître se verse en douce ni cette odeur étrange qui imprègne les vêtements de ma maîtresse.
    Je vois tout, d'en bas, par fragments, ensuite je recompose. j'observe avec mon nez, mes oreilles, ma mémoire et surtout avec mon imagination. j'aimerais penser, raisonner comme le font les hommes les plus bêtes, mais souvent je m'enlise, je me trompe dans les temps.
    Heureusement il y a sonia qui m'aide et me protège, sonia potemkine.
    Elle dit : le chien est une fenêtre qui ouvre sur l'autre monde.
    Elle dit : le chien est un signe de ponctuation entre les êtres, un trait d'union.
    J'aime l'écouter parler. je m'allonge à ses pieds. une douce chaleur m'envahit. je suis un lien, un prétexte tendre. un souffle apaisé par la caresse des mots. ".


  • " cette gamine, je l'aimais bien.
    j'aimais sa façon de parler, en vous regardant droit devant. et de bouger aussi, embarrassée par ce corps qui la dépassait de quelques années. alors quand la directrice de l'école nous a réunis pour nous présenter le commissaire de police chargé de l'enquête, ça m'a fait un choc. magali lescure avait disparu. elle était sortie la veille pour se rendre à son cours de danse, et depuis, on était sans nouvelles.
    ".

  • La girafe : un jeune homme d'origine Mauricienne éprouve une passion dévorante pour une girafe prénommée Hedwige. L'hypnotisme à la portée de tous : Cora, 10 ans, découvre lors des grandes vacances un traité d'hypnose qui va modifier le cours de sa vie. La Nouvelle Pornographie : Une jeune femme, portant le nom de l'auteur, se laisse convaincre par son éditeur d'écrire des récits pornographiques d'un genre nouveau.

    Le corps est la matière littéraire de ces trois romans. Corps tendre, moite et inaccessible d'une girafe africaine dont l'étrangeté n'a d'égale que celle de son gardien et dresseur. Il tentera de la convertir à la littérature avant de surveiller dans ces 2m82 ardemment désirés les signes d'une passion réciproque. Ce récit d'une intégration douloureuse est aussi une parabole pleine de tendresse sur la misère sexuelle masculine et ses doubles fonds tordus.

    Mais qu'en est-il des femmes et tout particulièrement des jeunes filles ? Avec son traité d'hypnose, Cora tente d'apprivoiser cette matière gélatineuse qu'est le cerveau de ses contemporains. Pour parvenir à se libérer du joug de parents pleins de bonne volonté, mais très ennuyeux, et rompre enfin cet hymen qui la lie à l'enfance, elle n'aura de cesse de mettre en acte ce paradoxe : endormir pour réveiller.

    Le corps est bien le lieu où naissent les dépendances, toutes les manipulations mais aussi l'outil d'une libération rêvée. Toutes les femmes n'ont pas un joli nez, des jambes fuselées, des seins en obus mais toutes ont un sexe en creux. On n'échappe pas à la sexualité. Lorsque la narratrice Marie Nimier décide de publier, sous une couverture rose chair, un recueil intitulé La Nouvelle Pornographie, elle explore le corps désirant à l'épreuve de la société marchande. Les représentations de la femme en ce domaine ont trente ans de retard. En mêlant dans ce troisième roman, récits pornographique et traditionnel, l'auteur bouscule l'image avilie des femmes pour redonner à l'érotisme ses lettres de noblesse en tant que voyage au royaume de l'imaginaire.

    Car l'imagination est ici au pouvoir. Marie Nimier enchante le quotidien d'éléments saugrenus souvent puisés dans le travail même du langage. Chaque mot, comme chaque organe, prend sous sa plume une saveur inattendue : «l'orthographe du mot amygdale m'impressionna. Les jambes du Y et du G, calligraphiés à l'ancienne, pendaient comme des bourses pleines.» Révélatrice est à cet égard la scène d'ouverture de La Nouvelle Pornographie. Une table à repasser révolutionnaire « chauffante et aspirante » devient un ustensile sexuel. « Fini les tables objets, les tables inertes, les femmes reléguées aux tâches ménagères ! » L'imaginaire a de belles heures devant lui, voilà ce que semble dire Marie Nimier derrière les scènes érotiques de ces trois romans. Aimer et rêver sont peut-être les actes audacieux par excellence dans une société ou pudeur et générosité s'effacent au profit du tout dire, tout acheter.

    Il faut se libérer du discours normatif ambiant. Il faut grandir, à n'importe quel âge. Les héros de ces trois histoires prennent chacun leur vie en main. Pour le meilleur ou pour le pire, en tentant de conserver la cruelle innocence de l'enfance. Que la narratrice de La Nouvelle Pornographie se nomme Marie Nimier n'est pas anodin. Un petit pas encore, et viendront les romans d'inspiration autobiographique, dont le dernier à paraître en août 2010, Photo-Photo, centré lui aussi sur le corps et ses représentations. Les titres rassemblés ici sont des romans d'apprentissage, autant finalement que les romans qui suivront, et il est intéressant aujourd'hui de les lire ou de les relire pour y voir en germe tout ce qui fera le succès de la Reine du Silence ou des Inséparables.

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