Marie-Laure Derat

  • Cet ouvrage, qui dessine une géographie historique du royaume chrétien éthiopien, retrace l'histoire de l'installation des souverains et le transfert de leur pouvoir dans deux nouvelles provinces, l'Amhära et le Säwa, entre la fin du XIIIe et le début du XVIe siècle : une nouvelle dynastie y implante son domaine royal et fonde la légitimation de son pouvoir sur le contrôle des réseaux monastiques.
    L'enquête, qui explore les chroniques royales, les sources hagiographiques, les récits de géographes arabes ou d'ambassades européennes, tente de démêler les étapes de l'écriture et des réécritures qui sacralisent une histoire, devenue mythe. La rencontre du monachisme et du pouvoir dans cet espace en construction est à la fois un facteur de renforcement du pouvoir royal et un facteur de fragilisation de ce même pouvoir, lorsque les moines font du martyr, idéal de sainteté, l'expression privilégiée de leur indépendance vis-à-vis du politique.
    En réponse, les souverains éthiopiens superposent aux réseaux monastiques leurs propres fondations religieuses qui, étapes pour la cour, lieux de conciles et nécropoles royales, deviennent des lieux privilégiés de l'exercice du pouvoir.

  • Lieu de pèlerinage pour les chrétiens d'Éthiopie, le site de Lalibela est mondialement connu pour son complexe d'églises taillées dans une roche de couleur rouge sous le niveau du sol. Perchés à 2 500 mètres d'altitude sur les hauts plateaux de l'Éthiopie septentrionale, les monuments se répartissent en trois groupes dans lesquels s'enchevêtrent églises, passages souterrains et à ciel ouvert, cours et salles troglodytes. L'ensemble est communément attribué au souverain qui porte le même nom, le roi Lalibala, dont on sait avec certitude qu'il régnait durant le premier tiers du XIIIe siècle.
    Codirectrices de la mission française de recherche sur le site de Lalibela, Claire Bosc- Tiessé et Marie-Laure Derat livrent ici une synthèse des études historiques menées sur Lalibela et sa région et posent les principes d'une méthodologie archéologique spécifiquement développée pour ce site rupestre, à la fois témoin géologique exceptionnel et haut-lieu du christianisme éthiopien depuis le XIIIe siècle.
    Comprendre les raisons d'une implantation royale à Lalibela sans disposer de textes se rapportant à la région avant et pendant le règne de Lalibala ; déployer sur le site un regard archéologique sans avoir accès à des niveaux stratigraphiques ; croiser histoire et archéologie afin d'amplifier la force du signal témoignant de la vie du site et de son inscription dans un contexte régional, royal, puis fédéral ; telles sont les gageures des recherches menées à Lalibela et exposées dans cet ouvrage.

  • Cet ouvrage complète magistralement une historiographie qui demeure largement dominée par les études sur l'Atlantique. Par le biais d'une approche globale, océanique comme continentale, il renouvelle en profondeur les questions de la traite et de l'esclavage ainsi que de leurs mutations complexes du XVe au XXIe siècle dans l'espace de l'Afrique orientale et de l'océan Indien. Il offre ainsi au public francophone une approche novatrice et percutante à partir d'études de cas originales et fouillées menées par les meilleurs spécialistes de ces questions.

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