Michelle Lenoir

  • La collection des Vélins, un ensemble de près de 7000 gouaches et aquarelles représentant fleurs et animaux, est un précieux patrimoine que partagent l'art et la science. La constitution de ce riche ensemble remonte à la période où l'observation et la description s'inscrivent profondément dans les sciences de la nature. De la fin du XVIIe siècle, moment où la collection est rattachée au Jardin royal, jusqu'au milieu du XIXe siècle environ, la production de ces images reste toujours liée à un processus scientifique.
    Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, est à l'origine de cette entreprise. Grand collectionneur, passionné de plantes, il entretient, avec l'aide des botanistes Abel Brunyer et Robert Morison, un vaste jardin botanique au château de Blois. Pour compléter le catalogue des plantes rares que ces derniers rédigent, Gaston d'Orléans engage dans le deuxième quart du XVIIe siècle le peintre et graveur Nicolas Robert qui les reproduira d'après le naturel. À sa mort, en 1660, le Prince possède ainsi plusieurs grands portefeuilles in-folio remplis de peintures sur vélin, répertoriant fleurs, plantes rares et oiseaux de ses volières. La série est léguée à Louis XIV et attire l'attention de Colbert, qui convainc le roi de faire continuer la collection.
    À la création du Muséum d'histoire naturelle en 1793, la collection est transportée dans le nouvel établissement, qui s'engage à la poursuivre, moyennant quelques évolutions notables, notamment la spécialisation des peintres entre la botanique et la zoologie. La création de la Ménagerie cettte année-là va d'ailleurs favoriser l'illustration de sujets zoologiques variés et exotiques. Les vélins sont plus que jamais de véritables outils au service de la science et la collection connaît une croissance importante : de 5321 pièces en 1809, elle passe à plus de 6000 en 1850. Et ce sont les scientifiques, réunis en assemblée des professeurs, qui décident des sujets à traiter et de l'entrée ou non d'un vélin dans la collection.
    Liée aux évolutions des méthodes et de la pensée scientifique, la collection des vélins voit sa production se ralentir à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle sera tout de même enrichie jsuqu'en 1905, date à laquelle la production s'arrête, faute de budget ; elle sera remplacée partiellement par la photographie.

  • La Couze, affluent de la rive gauche de la Dordogne, prend sa source dans la région de Belvès et débouche sur la plaine alluviale de la Dordogne à Port de Couze, en rive opposée du gisement magdalénien de la Gare de Couze. Elle traverse des dépôts calcaires dessinant des lignes de falaises, localement creusées d'abris sous-roche. Elle est, surtout dans ses cours inférieur et moyen, riche en gisements préhistoriques en plein air, sous abri et en pied de falaise, plus rarement en grotte.
    Parmi ces derniers, l'un est éponyme - La Gravette - ; un autre, Combe-Capelle, a eu une importance historique capitale suite à la découverte de restes humains que l'on croyait les plus anciens du Paléolithique supérieur européen. D'autres enfin, moins connus, livrent des séquences intéressant le Paléolithique moyen et supérieur. Une cavité a livré des gravures pariétales.

  • Bassin d'Arcachon, 1925 La route était presque impraticable, il fallait traverser le Bassin en pétroleuses, ces pinasses à moteur qui fendaient bruyamment l'eau du Bassin. Et à la période de chasse, en hiver, avec le froid, le vent et les vagues qui passaient souvent par-dessus bord, « les gros becs », comme nous les appelions, arrivaient de l'autre côté du Bassin dans un triste état.
    Ils étaient trempés, gelés, les cheveux en bataille, leurs couvrechefs n'étant d'aucune utilité. Les pêcheurs les extrayaient du bateau avec des palans. Ils les attachaient avec de solides cordes de chanvre autour de la taille, et, à deux ou trois, ils les hissaient avec force, han, han, en haut du débarcadère. Ces riches, que l'on n'aimait pas, geignaient comme un chien qui se blesse à une patte.
    Tout ce tintouin, pour atteindre, finalement et lamentablement le Cap ferret, fourbus et grincheux.
    On les trouvait grotesques ces gens qui venaient d'ailleurs. Pour nous, gens simples, tout nous séparait et nous repoussait. La langue bien sûr. Ici tout le monde parlait patois. L'habillement, la démarche, les gestes, le regard. Ah, le regard ! Ils ne nous regardaient pas. Nous étions observés, ce qui est différent. A la méthode du naturaliste qui étudie une espèce nouvelle.
    Et c'était fort désagréable...

  • Cinquante ans après la mort dramatique du président Kennedy, il était inévitable que les théories du complot concernant cet assassinat refassent surface. En fait, les premières théories sont sorties au lendemain de la publication du rapport Warren, moins d'un an après les terribles événements.
    Rassurez-vous, il ne s'agit pas ici d'un ouvrage qui mettra en lumière une nouvelle théorie sur cet événement, qui tentera de remettre au goût du jour une ancienne ou qui fera l'apologie de la version officielle et du rapport Warren.
    L'auteur tente de découvrir pourquoi, depuis un demi-siècle plus particulièrement, les théories du complot, jadis le dada de quelques amateurs passionnés cachés dans leur soussol, sont devenues pour ainsi dire un réflexe naturel quand survient un événement catastrophique ou incompréhensible.

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