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La Tête de Lénine est un livre marquant dans l'histoire de la littérature : cette satire féroce paraît pour la première fois à Paris en 1972, de manière anonyme.
Son auteur vit alors en URSS, où il est très actif dans le samizdat. Réédité chez Laffont en 1982, l'ouvrage participe sans conteste à la déstabilisation de l'Empire soviétique.
Dans sa préface à l'édition de 1982, Alexandre Zinoviev écrit : « Ce petit livre est paru à Moscou en samizdat il y a quelques années et il a produit immédiatement une forte impression dans le milieu des lecteurs de la littérature proscrite. Je sais qu'il y circule toujours avec le même succès. Et cela ne m'étonne pas. Je suis en effet convaincu que tout propos sérieux et objectif sur la littérature russe des années 1960 et 1970 ne peut plus, désormais, ignorer La Tête de Lénine. » Dans ce bref roman, un jeune pickpocket moscovite, las de dérober des portefeuilles, décide un jour de voler la tête de Lénine dans le mausolée de la place Rouge. Il y réussit - ce qui n'étonnera personne. Ce qui est étonnant, et encore plus subversif, ce sont les rebondissements qui s'ensuivent... Chez Nicolas Bokov, les statues sont renversées, les masques des puissants arrachés et les institutions ébranlées.
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« Publiés » à l'origine artisanalement par leur auteur à quelques exemplaires [Samizdat], ces courts poèmes évoquant la forme du haïku pourraient être une méditation sur l'automne et celui de la vie. Nicolas Bokov, connu en France depuis la publication anonyme de Nikto aux Lettres nouvelles en 1973, recherché par le K.G.B. pour ses écrits ouvertement critiques à l'égard du régime soviétique, s'est réfugié en France à partir de 1975 où une dizaine de ses livres sont publiés aux éditions Noir sur Blanc.
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Gaston Mba, un informaticien africain, tombe amoureux de la pianiste japonaise Tamiko. Avec son ordinateur dénommé Jerry, une " super-machine " autonome et intelligente, il peut entrer dans les systèmes les plus inaccessibles. Gaston doit déjouer les plans d'un réseau de hackers basé à Moscou : liés à l'ex-KGB, les hackers s'infiltrent dans le système informatique du Conseil de l'Europe pour voler les données concernant la culture de la betterave à sucre. La betterave, voilà l'énergie du futur : les Russes craignent que l'Europe commence à fabriquer de l'essence et du gaz à partir des produits de la terre. Gaston déjoue le plan des hackers et détruit les ordinateurs moscovites impliqués dans l'affaire. Plusieurs espions russes se lancent alors à ses trousses et parviennent à l'empoisonner au Polonium-210.
Gaston est à l'article de la mort ; Tamiko désespérée s'envole pour le Japon pour mettre fin à ses jours. Sur une montagne sacrée, elle se rend compte qu'elle attend un enfant et renonce à se tuer. Elle apprend alors que Gaston est sauvé.
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Un enfant dans la campagne russe, en proie à une étrange terreur...
Un jeune homme interné dans un hôpital de Sibérie, rêvant d'amour et de liberté... Un père reconnaissant dans l'infirmité de sa fille le pendant de ses propres souffrances morales... Un SDF sauvé par une voix intérieure... Un pèlerin attendant à Athènes que son billet pour la Terre sainte lui soit accordé de manière divine, c'est-à-dire inattendue... Revenant sur divers épisodes de sa vie, une vie riche d'expériences - dont celle de la rue -, de révoltes, de rencontres et de coïncidences, l'auteur constate qu'il n'y a pas de réponse claire aux grandes questions de la destinée humaine.
" Mais, dit-il, il existe une zone de réponse: il faut entrer à l'intérieur et attendre. La réponse se formera d'elle-même dans l'âme, et ne s'exprimera pas toujours par des mots. Parfois, elle restera tout à fait informulée, ce qui ne lui enlèvera nullement son efficacité. " On retrouve dans ces huit récits, le sens aigu du détail, l'humour et tout ce qui fait l'originalité du style de Nicolas Bokov.
De la part de l'homme et du philosophe, c'est peut-être aussi une ouverture vers un chemin de sérénité.
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Le narrateur de Déjeuner au bord de la Baltique voyage sur les lieux de son passé.
Ses souvenirs d'enfance l'assaillent et se télescopent avec la mémoire des événements d'il y a vingt ans: un dissident de l'époque partage ses derniers moments avant l'exil avec la femme qu'il aime.
Le destin des opposants dans l'Union soviétique des années 70 s'inscrit dans la mélancolie des plages brumeuses et dans la tristesse du souvenir. La neige enveloppe le fugitif dans son cocon et le protège contre les limiers du KGB ; le gel dessine sur les vitres des paysages dans lesquels les enfants s'amusent à gratter des lucarnes...
Les sensations qui envahissent le narrateur sont distillées par petites touches délicates imprégnant le texte d'une atmosphère surannée et pourtant gravée à tout jamais dans la mémoire.
Déjeuner au bord de la Baltique nous off re un beau morceau de prose, poétique et étrange, où les réminiscences personnelles suggèrent plus qu'elles n'évoquent, évitent toujours l'écueil du sentimentalisme ou de l'emphase, et se donnent à lire avec modestie et retenue.