Patrick Le Moal

  • Le slogan de campagne de François Hollande, élu en mai 2012, promettait le changement maintenant. Un changement d'emblée très sérié puisqu'il se limitait à soixante mesures à la réalisation déjà incertaine (cf la taxation des plus hauts revenus). Un an après, où en est-on précisément ? De combien le Smic a-t-il augmenté (quand il a été augmenté de 10 % en 1981) ? Quelles mesures ont été prises pour aider les plus fragiles (comparé au blocage des prix pendant six mois en 1981-1982, ou au contrôle des loyers et des expulsions de logements en juin 1982) ? Est-ce que la justice sociale et fiscale a été restaurée (rappelons-nous la création de l'ISF en décembre 1981) ? Quelle politique pour l'emploi (on se souvient des nationalisations en février 1982 pour les trente-six premières banques de dépôt et de la plupart des grandes entreprises industrielles) ? Il y a eu cette année des plans de licenciements en cascade.
    Quelles avancées pour les salarié(e)s (avec les accords Wagram, nous sommes si loin des lois Auroux, des 39 heures, de la retraite à 60 ans en mars 1982, et de la cinquième semaine de congés payés en janvier 1982) ? Quelle réorientation de la politique énergétique ? Quelle politique d'aménagement du territoire (cf les choix faits avec l'aéroport de Notre-Dame des Landes) ? Quels changements pour les sans-papiers, les sans-toit, les sans-emploi ? Quels rapports aux multinationales, aux institutions européennes, au FMI, aux banques qui endettent les peuples ? Pourquoi ce choix de l'austérité ? Sous la forme d'un abécédaire, à l'instar de Sarkozy, bilan de la casse, cette Note de la Fondation Copernic veut dresser l'inventaire des promesses réalisées ou oubliées, depuis un an de présidence Hollande.
    Et d'évidence, la politique développée, très souvent, ne marque pas de ruptures avec les orientations libérales. Tantôt, le gouvernement Ayrault revient sur certaines mesures de la droite au pouvoir, mais sans pour autant restaurer les droits perdus (cf la formation des enseignants ou la LRU ou bien encore la RGPP). Tantôt, le gouvernement Ayrault poursuit les mêmes politiques, les mêmes projets que l'équipe Sarkozy (cf la compétitivité ou l'Europe).
    Et puis, le gouvernement n'a pas dit un mot, n'a en rien défait tant de mesures insupportables prises par la droite (cf services minimums dans les services publics).

  • La négociation collective, à rebours du rôle qu'elle a pu jouer, n'a plus aujourd'hui pour fonction d'ajouter de nouvelles protections au socle légal.
    Elle prétend dicter le contenu de la loi, par des négociations interprofessionnelles.
    Elle prétend surtout se substituer à la loi, pour la remplacer par des conventions d'entreprise négociées au cas par cas.
    Or, le système traditionnel de la négociation collective à la française est déséquilibré et, sauf réforme de très grande ampleur, il le demeurera.
    Dans ce contexte, la revendication d'un nouvel essor de la convention collective, n'est qu'un moyen pour le patronat de réclamer plus d'influence (encore) sur les normes du travail.
    Cette tendance à la vampirisation de la loi par la convention collective n'est pas nouvelle.
    Elle a commencé il y a une trentaine d'années. Elle a déjà eu de graves répercussions. Elle a notamment permis que de nombreux salariés ne sachent même plus, d'une semaine sur l'autre, à quels horaires ils vont travailler.
    Aujourd'hui, il est question de poursuivre, voire de parachever, ce mouvement et d'autoriser la destruction non plus seulement des rythmes de travail et de vie, mais la destruction par convention collective de la représentation du personnel, du droit du licenciement, et finalement de l'ensemble du droit du travail.
    L'objet de cette « Note de la Fondation Copernic » est de dresser le bilan critique de cette « démocratie sociale », de mesurer les évolutions en cours en France et dans d'autres pays européens et de mettre en évidence le processus de détricotage du Code du travail.
    Elle a pour objectif d'aider à mesurer les enjeux de la discussion actuelle, pour ébaucher les voies d'une contre-offensive, et de redonner toute sa place au débat démocratique sur les droits des salariés.

  • Les peuples libres ont échoué. Ils ont perdu l'ultime bataille contre le seigneur des ténèbres. Humains, elfes et nains ont été détruits. Leurs terres ont été dévastées, leurs forêts brûlées, leurs villes saccagées. Seul le grand nord, loin des confl its, loin des enjeux, a été épargné.
    Brögunn est un guerrier. Il arpente les terres gelées, pour nourrir un petit village de faunes, perdu dans les montagnes. Lorsqu'un convoi de rescapés tente de traverser les montagnes, un huis clos cruel va se mettre en place et faire de cet environnement glacial et hostile, le théâtre d'une lutte impitoyable pour la survie.

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