Cerf

  • C'est Philippe Abadie, prêtre, docteur en théologie et en histoire des religions, et professeur d'exégèse biblique à l'université catholique de Lyon, qui se fait ici votre guide à la découverte des livres historiques de l'Ancien Testament - de Josué à Samuel, en passant par les livres des Juges et des Rois.

    Identification de l'auteur ou des auteurs, contexte scripturaire, historique, culturel et rédactionnel, analyse littéraire, structure et résumé, examen détaillé des grands thèmes, étude de la réception, de l'influence et de l'actualité, lexiques des lieux et des personnes, chronologie, cartes géographiques, bibliographie : les plus grands spécialistes de l'Écriture se font votre tuteur.
    « Mon ABC de la Bible » ou la boîte à outils d'une lecture informée et vivante du Livre des Livres.

  • Le lecteur du livre des Juges s'aperçoit vite que chaque récit doit être lu en étant attentif d'une part à la tradition qui le porte et d'autre part à la rédaction.
    Cette dernière intègre volontiers aux souvenirs du passé des motifs de légende et fait des emprunts au folklore universel mésopotamien ou grec. Mais ce n'est pas tout et, au fil d'une analyse des principaux récits qui constituent ce livre biblique, Philippe Abadie trouve dans le présent des rédacteurs bibliques la clé de leur reconstruction du passé israélite et il voit dans ce travail d'écriture un lieu d'interrogation sur l'avenir.
    Pour rendre plus sensible le va-et-vient entre l'histoire et l'interrogation politico-religieuse, l'auteur a choisi de centrer sa lecture sur " des héros peu ordinaires ". En particulier, il souligne l'importance de l'opposition au coeur de l'ouvrage entre le " juge " Gédéon (Jg 6-8) et le " roi " Abimélek (Jg 9). Il donne une traduction littérale et structurée qui permettra à chacun d'opérer sa propre lecture de l'oeuvre et sans doute de découvrir un livre dont la clé ultime est moins de raconter le lointain passé d'Israël - une " période des Juges " antérieure à l'avènement de la royauté - que de s'interroger sur la nature du pouvoir lui-même.

  • Longtemps, l'archéologie fut biblique, c'est-à-dire au service de la vérité du texte.
    En témoignent nombre d'ouvrages grand public dont le but avoué est d'accréditer que " la Bible a dit vrai ". Or aujourd'hui, l'archéologie est redevenue une science pleinement autonome, sans souci apologétique, simplement étude scrupuleuse de données matérielles. Dès lors, elle élabore un discours parallèle, souvent divergent de celui que construit le récit biblique quand il écrit l'histoire d'Israël.
    Historiens, archéologues et biblistes se trouvent donc clairement confrontés à une question cruciale : quelle est la nature du récit biblique et son rapport à la vérité ? Philippe Abadie entre dans le débat en étudiant un certain nombre de points d'histoire en discussion aujourd'hui : les origines du peuple d'Israël, la conquête du territoire ou l'existence d'un grand royaume unifié par David et Salomon...
    Ce faisant, il cherche à établir un juste rapport à l'archéologie et à élargir ce qu'on entend généralement par " vérité historique ". " Utiliser le récit biblique comme "document premier", indépendamment d'une saine critique littéraire, s'avère illusoire. Comme le serait aussi la mise entre parenthèses du récit au profit des seules sources externes. A la question posée : la Bible est-elle un livre d'histoire ? la réponse est forcément nuancée : la Bible est un livre dans l'histoire.
    " Et le lecteur de la Bible est invité à distinguer toujours l'intentionnalité historienne des auteurs bibliques dans leurs grandes synthèses théologico-littéraires et la quête moderne d'historicité.

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