Profac

  • La Bible est un texte ouvert qui appelle une pluralité de lectures, de méthodes et d'approches, aussi bien confessantes que culturelles.
    Le Colloque " Aujourd'hui, lire la Bible ? ", organisé dans le cadre des " Dix-Neuvièmes Entretiens " du Centre Jacques Cartier Rhône-Alpes par la Faculté de Théologie de l'Université Catholique de Lyon, du 30 novembre au 2 décembre 2006, manifeste l'intérêt constant que la Bible suscite dans les recherches universitaires. Le Colloque explore les passages entre divers champs, disciplines et méthodes, en tenant un axe herméneutique dont le fil conducteur est celui de la " lecture " et un axe thématique qui explore la question fondatrice de la Loi.
    Fruits des conférences dialoguées et des tables rondes interconfessionnelles et interdisciplinaires, les vingt-et-une contributions présentées dans ces Actes sondent avec intelligence les rapports que l'histoire, les sciences du langage, la littérature, le droit, la théologie et la philosophie nouent avec la Bible. Le lecteur trouvera profit à interroger son propre acte de lecture du texte biblique au contact de ces approches diversifiées et très stimulantes.

  • En apparence, le livre d'Esther en est un épisode périlleux à la cour des Perses, entre intrigue amoureuse, complot génocidaire et massacre joyeux... Pourquoi lire cette sanglante histoire de vengeance, cette revanche sur l'adversaire quand l'évangile dit d'aimer jusqu'à son ennemi ? La question encombre la mémoire chrétienne jusqu'à faire douter parfois de l'inspiration d'une telle histoire.
    Et si derrière le sang promptement versé se cachait un masque, une énigme à lever au-delà de ce qui est mis en scène par le récit ? Si la fête qui lui sert de prétexte - et de mémoire - ne faisait pas d'Esther une subversion de la violence ? Sans doute est-ce là une manière assez contemporaine de lire quand le livre reflète d'abord le miroir complexe d'une vie juive en diaspora. Mais le pari mérite d'être tenté.
    Il suppose de connaître au préalable l'historiographie juive tardive et ce qu'elle doit à l'environnement perse, puis grec. Mais aussi de lire Esther dans une traduction au plus proche de l'hébreu, malgré la grande complexité textuelle. D'en connaître le genre littéraire, la date de composition, les références scripturaires, la réception canonique, et, plus fondamentalement, ses liens avec la fête de Pourîm.

  • Ces vieux récits de la Genèse ont-ils encore quelque actualité ? Il est dans la nature de toute culture religieuse de s'interroger sur l'origine de la vie à travers des récits fondateurs qui répondent à une obligation existentielle : comprendre le monde pour se comprendre soi-même. La question de la liberté est au coeur d'un drame qui décrit le difficile chemin de l'humanisation. Dépassant le faux débat entre science et foi, l'ensemble Gn 1 à 4 invite à s'interroger sur ce devenir. En termes d'harmonie d'abord, en quoi le premier récit de création (Gn 1) diffère du mythe qu'il interprète. Ici, point de combat au coeur de l'oeuvre créatrice, mais une mise en ordre du cosmos, de séparation en séparation, sous l'effet de la parole divine. Vient ensuite la lecture de Gn 2 à 3, l'histoire bien connue du premier couple humain, Adam et Ève. À nouveau, le récit sera situé dans son univers propre, le Proche-Orient ancien, avant d'être relu dans une tension entre le don salutaire de l'interdit et le refus d'assumer la liberté qui en découle. La lecture ne serait pas complète sans le récit de Gn 4 qui introduit la violence homicide dans cette liberté blessée. Avec lui, on passe de la génération des pères à celle des fils, c'est-à-dire, selon la symbolique biblique, à l'ordre de l'histoire humaine. Cet essai s'inscrit dans le cadre d'un cours plus large consacré à Genèse-Exode. Nous n'en retiendrons ici que quelques éléments, destinés en premier aux étudiants, puis à tout lecteur soucieux de comprendre le texte en dialogue avec les sciences humaines.

  • Le but avoué de ce guide est de répondre à la demande de nombreux lecteurs : comment aborder un texte biblique ? Existe-t-il une, ou plusieurs méthodes d'analyse ? Pour ce faire un groupe d'enseignants de la Faculté de Théologie de Lyon propose sa lecture d'une péricope (ou d'un ensemble plus vaste) pris dans le corpus biblique.
    La démarche suivie est didactique : chaque texte analysé est précédé d'une brève présentation des règles de lecture retenues, d'une grille et du passage étudié. Il ne s'agit donc pas d'un recueil d'articles, accolés les uns aux autres, mais d'un guide pratique ouvrant le lecteur, étudiant ou non, à une intelligence renouvelée de la lecture.

empty