Salah Guemriche

  • Il y a deux fois plus de mots français d'origine arabe que de mots français d'origine gauloise ! D'abricot à zéro, ce dictionnaire retrace l'histoire de près de 400 termes, à travers leur étymologie, leur évolution orthographique, leurs usages anciens et modernes. Tous les domaines du savoir ou de la vie quotidienne sont touchés par ce métissage linguistique vieux de plusieurs siècles.

    Agrémenté de calligraphies arabes et d'une anthologie de textes allant de Rabelais à Houellebecq, cet ouvrage, premier du genre, est d'une valeur éducative exceptionnelle. De quoi méditer la question de l'« intégration » sous un nouveau jour.

  • Depuis que la Sécurité routière a lancé son slogan « Si t'as un Sam*, t'as le swagg ; si t'as pas de Sam, t'as le seum », le public sait à peu près ce que seum et swagg veulent dire. Mais il n'est pas sûr que la publicité faite de ces deux mots ait été du goût de ses locuteurs habituels. Comme le soulignait déjà Victor Hugo : « L'argot cherche toujours à se dérober, sitôt qu'il se sent compris, il se transforme... Aussi va-t-il, se décomposant et se recomposant sans cesse. » C'est, parmi des centaines d'autres, le cas de beur (devenu rebeu, rabza, rabzouz), de l'antique daron(ne) et du classique keuf.

    Ce petit dico est donc un instantané du « langage des jeunes des Cités », comme disent les médias qui oublient que le parler djeun's s'entend aujourd'hui à Trappes comme à Neuilly-sur-Seine. Ici et là, de airbags à zyva, ça rappe et ça zappe la langue de Molière à tout va ! Et à tout âge : l'ado, devenu lycéen puis étudiant, n'abandonne pas le parler de son « tiéquar".

    * Sam : sans accident mortel.

  • Ces Chroniques, qui courent sur quatre décennies, racontent le cheminement d'une pensée d'immigré qui, tout en veillant à sa liberté et à son esprit critique, se découvre, « à l'insu de son plein gré », plus intégré qu'il ne se pensait, voire, aux yeux de certains, « plus français qu'un Français ».

  • En découvrant, à travers l'épopée du peuple "inventeur du dieu unique", les codes et prescriptions qui fondent la morale juive, Salah Guemriche a eu le sentiment de découvrir en Yahvé un Grand ordonnateur de feuilles de route. Une route rigoureusement balisée. Ces pages relatent cependant un cheminement sans balises, avec tours et détours, le cheminement d'une pensée et d'une parole libres, à travers la Bible et autres textes d'auteurs juifs.
    Au bout de quatre années passsées à glaner sur les terres de la littérature judéochrétienne, telle Ruth, l'étrangère moabite, glanant sur les terres de Booz, l'auteur, laïc impénitent, tente ici une lecture profane, une étude soutenue des rapports du Juif à l'autre, qu'il soit proche, voisin, allié, étranger ou ennemi.

  • La reconquête

    Salah Guemriche

    • Orients
    • 4 Octobre 2019

    Sur la base de 102 photos de la révolution algérienne du 22 février 2019, Salah Guemriche a écrit des textes libres, en lien avec le contexte. Il s'agit d'une oeuvre de témoignages, à visée documentaire et historique, illustrant le caractère original et inédit du mouvement, sa vigueur, ainsi que l'inventivité de ses acteurs. L'auteur aborde l'évènement pour en faire une oeuvre-témoin illustrée par les photos, à travers plusieurs thèmes : les marches, les slogans (banderoles et pancartes), et autres animations.

  • " Le 1er juillet 1962, le jour où l'Algérie entrait dans l'indépendance, Larbi entra dans le coma.
    " Larbi, collégien de 16 ans, a été victime d'un attentat " OAS ". Lorsqu'il se réveille, trente-trois jours plus tard, il ouvre les yeux sur une vision insolite, qui va le poursuivre toute sa vie. Avant de lui faire retrouver sa mémoire, le narrateur revient sur le grand chambardement : " un temps de délire et de prévarication. Rapatriement à double sens : la ville se vidait de ses pieds-noirs, que des colonnes de familles entières, réfugiés en Tunisie ou regroupées dans les camps de sinistre mémoire, allaient remplacer, dans une confusion de fin du monde.
    Fin d'un monde. Une usurpation de droit venait de supplanter l'usurpation de fait, cette imposture séculaire aux origines de tant de forfaits et d'injustices. Ici et là, l'arbitraire semblait avoir changé de camp. " Représailles ainti-harkis, ruée sur les biens vacants, lynchage du dernier Lévy de la ville... Témoin des prévarications, Larbi le sera aussi des heurs et malheurs de la société des femmes : l'occasion, pour l'auteur, dans des scènes où l'intensité dramatique n'exclut pas la tendresse ni l'érotisme, de nous faire pénétrer un univers aux antipodes des clichés et partis pris qui grèvent le regard porté encore de nos jours sur la complexe réalité algérienne.
    Des pages douloureuses, d'où, cependant, la dérision et l'humour ne sont pas absent, composent ce " roman de l'indépendance " qui restait à écrire et que voici, enfin, au moment du 50e anniversaire du déclenchement de la guerre (1er novembre 1954).

  • "...
    Depuis ses années de lycée, toute première phrase de roman exerce sur lui un attrait quasi mystique. " Ainsi commence le livre de Salah Guemriche qui raconte l'histoire de Youssef, écrivain d'origine algérienne. Fasciné par la première phrase des romans de la littérature mondiale. Le jour où il signe sa première phrase à lui, Youssef ne sait pas encore qu'elle sera le fil conducteur d'une fatwa occulte.
    Après l'assassinat de son épouse, il fuit l'Algérie pour s'installer à Paris. Un Paris " décalé " par son regard d'exilé, lieu de rencontre où règnent aussi la suspicion et la haine. La boucle sera bouclée quand Youssef sera rattrapé par son destin dans une ville de province... par la faute d'une fatale première phrase.
    Bâti autour d'une extraordinaire idée - la collection très oulipienne des premières phrases de romans -, ce livre mêle la dérision au tragique pour dire l'immense noirceur des " événements ", le déchirement et les désillusions de l'exil.

  • Depuis la fin du XXe siècle, un mouvement qui semble irrépressible, en particulier au Maghreb mais aussi dans le reste du monde arabe et même en Occident, conduit de plus en plus de musulmans à tourner le dos à l'islam pour rejoindre la religion de Sidna Aïssa - autrement dit de " Notre Seigneur Jésus ".
    Au Maroc et en Algérie comme dans la discrète Tunisie, on parle de milliers de convertis au christianisme chaque année. L'oeuvre d'un ou de plusieurs réseaux d'évangélisateurs en quête de nouveaux adeptes ? Une réaction face à certaines évolutions en terre d'islam et notamment à la montée de l'islamisme ? Des candidats à l'exil qui n'hésitent pas à " vendre leur âme " ? Des conversions troublantes de sincérité ? Cet ouvrage propose une enquête sur ce phénomène nouveau aux multiples facettes.
    Et qui, au fur et à mesure qu'il prend de l'ampleur, suscite régulièrement l'émoi en terre d'islam, où les autorités comme les familles portent un regard pour le moins suspicieux sur les" apostats ". Une enquête qui a conduit l'auteur, un Algérien qui réside en France depuis plus de trente ans, dans son pays d'origine, tout particulièrement en Kabylie. Mais aussi dans les autres pays du Maghreb, en Espagne - notamment en Andalousie - et dans plusieurs régions de France.
    Ce qui lui a permis de recueillir, et de rapporter ici, de nombreux témoignages de convertis pour illustrer son propos.

  • Que s'est-il vraiment passé à Poitiers le 25 octobre 732 ? Dans un récit passionnant, Salah Guemriche, d'origine algérienne, retrace cette histoire épique qui opposa dans un face-à-face meurtrier l'Espagne de l'émir Abd er-Rahman au royaume franc gouverné par Charles Martel, et stoppa l'expansion des Arabes.
    Peu de batailles dans notre histoire auront nourri autantde fantasmes que celle de Poitiers. Depuis Chateaubriand, lesFrançais ont appris que la victoire de Charles Martel avait sauvéla France du péril musulman.
    Mais de quelle France s'agit-il ? Ses frontières ne sont pascelles que l'on connaît aujourd'hui.
    Et quel est ce péril musulman ? L'Espagne, conquise par lesArabes dès 711, s'étend, à la veille de Poitiers, au-delà des Pyrénées.Ainsi la Septimanie ? notre actuel Languedoc-Roussillon?est-elle une province arabo-berbère gouvernée par Munuzadepuis Narbonne. Les religions du Livre y cohabitent jusqu'aujour où Munuza épouse une chrétienne, Lampégie d'Aquitaine,fille du duc de Toulouse. Pour l'émir d'Espagne Abd er-Rahman,Munuza est un renégat qu'il faut punir ; pour le duc des Francs,Charles, cette alliance est une menace et une provocation. Semettent alors en place les conditions d'une confrontation quidemeurait jusqu'alors méconnue.
    Salah Guemriche raconte la véritable histoire de la bataillede Poitiers, telle qu'elle fut vécue des deux côtés, musulman etchrétien. Il dissèque ce mythe national construit au fil des sièclespour faire peur. Poitiers, dit-il, ne fut pas le Waterloo des Arabeset, malgré les lourdes représailles exercées par les Francs dansle Midi, beaucoup de musulmans y firent souche. Sans que celaait jamais gêné personne...

  • Alger la blanche

    Salah Guemriche

    • Perrin
    • 19 Avril 2012

    La passion entre les deux pays s'est déclenchée dès leur rencontre : « Il pleut aujourd´hui des ouvrages sur Alger, à voir le catalogue de tout ce qui se publie sur cette ville [...], il n´y a pas d´éditeur qui ne nous offre quelque description du pays...» Ces mots, que l´on croirait sortis tout droit d´un reportage d´actualité, sont de Balzac et datent de 1830, l´année de la conquête de l´Algérie ! Salah Guemriche retrace l'histoire d'une ville au destin si singulier qu'il a voulu en faire sa « biographie » comme on la ferait d'une personnalité. Remontant le temps, aux origines, il entraîne le lecteur sur les traces des fondateurs (berbères) de la cité, aux côtés des fameux corsaires Barberousse, de Cervantès, des Goncourt, de Karl Marx - pris en photo après un passage chez un barbier de la Casbah !, de Saint-Saëns (qui y composa Samson et Dalila), de Camus, du général de Gaulle (« Alger, capitale de la France libre » !), de Bigeard et Massu, sans oublier, ses heures de gloire lorsqu'elle se prête aux sunlights et joue la figurante pour le « Coup d´éventail », Tarzan (le premier de la série y fut tourné), Pépé le Moko, ou le modèle pour Delacroix et Renoir. Elle est Notre Dame d´Afrique, reine de la Conquête et tient son rôle (dramatique) avec panache lors de la Bataille d´Alger, ou aux heures difficiles de l´Indépendance ou du terrorisme durant les années 90...
    Aujourd´hui, tant bien que mal, Alger conserve sa « candide blancheur ». L´expression est de Le Corbusier, dont l'ambition démesurée pour la ville se lit dans un de ses projets les plus fous que ses détracteurs baptisèrent « Projet Obus » parce qu´il « pulvérisait toutes les idées reçues ». Loin d´être un guide, cette « biographie » d´Alger, la première du genre, se veut comme un cheminement à travers les méandres de son histoire, l´histoire de ses quartiers, ou de ceux qui l´ont faite ou défaite, qui l´ont préservée ou qu´elle a préservés, qui l´ont servie ou qu´elle a servis ; de ceux enfin, indigènes ou pieds-noirs, qui l´ont habitée ou qu´elle a « habités »...à jamais.

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