Sarah Scholl

  • Entre droits de l'homme, darwinisme et industrialisation, que devient le christianisme? En scrutant la genèse du catholicisme-chrétien à Genève, entre 1870 et 1907, cet ouvrage montre comment des chrétiens adaptent leur religion aux nouveaux besoins des sociétés démocratiques du xixe siècle. Culte et nation sont remodelés ensemble à l'aune de la modernité et de ses valeurs, en particulier la liberté de conscience, ce qui suscite bien des résistances. Les catholiques chrétiens des années 1870, issus du radicalisme, profondément anticléricaux, sont des acteurs essentiels du Kulturkampf helvétique, notamment à Genève. Ils participent à la laïcisation de l'État et de la sphère publique, tout en cherchant à imposer - parfois par la force - une réforme libérale du christianisme.
    Cette enquête renouvelle l'histoire du XIXe siècle et de ses conflits en faisant émerger des personnalités restées jusque-là dans l'ombre. Quelles sont leurs motivations et leurs convictions pour entamer une guerre législative et symbolique contre le catholicisme intransigeant du pape Pie IX? Que veulent-elles changer dans les pratiques sociales, les rituels, leur manière d'être croyants et citoyens ? Si leur combat n'a rencontré qu'un succès institutionnel mitigé, leur programme à la fois politique et religieux a contribué à dessiner les contours de la société que nous connaissons aujourd'hui, entre laïcité et christianisme sécularisé.

  • À l'heure actuelle, les Églises protestantes sont devenues des acteurs minoritaires dans nos sociétés sécularisées et elles n'encadrent plus qu'une petite partie de la population; il est facile d'oublier qu'elles ont été centrales dans l'histoire des cantons protestants romands, bien qu'elles aient vécu des fragmentations et divisions, qui ne furent pas anodines.

    Afin de comprendre l'histoire culturelle et politique de nos sociétés ainsi que le présent des communautés religieuses, se saisir de ces fractures religieuses du XIXe siècle permet de comprendre ce que la modernité fait de la religion, ce que les principes de liberté individuelle font au christianisme, et, à l'inverse, ce que la religion fait à la modernité. Ni l'histoire de la culture occidentale, ni celle des institutions démocratiques ou de la société civile, ni l'histoire de l'art, ni, a fortiori, celle du christianisme, ne peut se passer d'un détour par les conflits et les scissions religieuses du XIXe siècle.

    Cet ouvrage, en réunissant de manière interdisciplinaire les dernières études touchant aux causes et aux effets liés à la formation des Églises libres/indépendantes de Genève (1849-années 1940), Neuchâtel (1874-1943) et Vaud (1847-1966), veut amorcer un renouvellement du regard historique sur cette période et ses effets. L'objectif est de fournir les bases d'une histoire à la fois religieuse, sociale et politique des protestantismes romands au XIXe siècle, en traitant conjointement les questions institutionnelles et les dimensions culturelles, philosophiques et théologiques.

    Avec les contributions de Frédéric Amsler, David Auberson, Jean-Pierre Bastian, Patrick Cabanel, Roland J. Campiche, Cédric Cotter, Nathalie Dahn, Christian Grosse, Irène Herrmann, Aline Johner, Philippe Kaenel, Valérie Lathion, Jean-François Mayer, Olivier Meuwly, Maria-Cristina Pitassi, Bernard Reymond et Sarah Scholl.

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