Sarga Moussa

  • Le voyage en egypte

    Sarga Moussa

    • Bouquins
    • 22 Janvier 2004

    " c'est grâce à l'expédition de bonaparte que l'egypte est devenue cette destination à la mode qui n'a cessé de faire rêver les voyageurs.
    Français, anglais, allemands se sont précipités en grand nombre au pied des pyramides, aux chutes du nil, dans le désert du sinaï. tous ont été fascinés par les mystères d'une civilisation disparue qui, au gré des fouilles, émergeait peu à peu d'épaisses couches de sable. le déchiffrement des hiéroglyphes a permis de donner des noms aux personnages étranges - dieux, pharaons, hauts fonctionnaires - dont la ronde bariolée orne les parois des tombeaux.
    Beaucoup de ces découvertes ont été banalisées par le tourisme de masse. mais celui qui veut retrouver l'émerveillement suscité par un monde qui est à mille lieux du nôtre se plongera avec délectation dans les textes laissés par les premiers voyageurs. il accompagnera xavier marmier au caire, vivant denon à aboukir, contemplera avec gobineau l'architecture mamelouke et se glissera à la suite de maspero dans le musée de boulaq, flaubert et loti l'entraîneront dans le sinaï ou dans le désert arabique.
    Après avoir emprunté différents itinéraires, d'alexandrie au caire, de karnak à abou-simbel, voici que notre voyageur ira à la rencontre de populations d'origines ethnique et religieuse très différentes. il ne manquera pas de se pencher sur le sort des femmes, d'essayer, grâce à nerval ou à harriet martineau, de forcer la porte d'un harem. la peinture pittoresque du passé égyptien ne doit pas faire oublier la confrontation, souvent douloureuse jusqu'au départ des anglais, entre ce pays et ses envahisseurs européens.
    Aussi le livre s'achève-t-il sur l'émergence de l'égypte moderne et le lent et difficile renouvellement de ses traditions. " robert kopp.

  • Dès le début du XVIIIe siècle, la littérature met en scène et construit une figure de l'esclave qui dit, non sans ambiguïté, sa souffrance et sa révolte et qui prête sa voix à toutes sortes de revendications libertaires ultérieures. L'entrée des esclaves dans la fiction chez des auteurs comme Montesquieu, madame de Staël, Flaubert, Olympe de Gouges, Hugo etc. montre toute la richesse d'un thème qui traverse les siècles (de la fin du XVIIe au début du XXe) et les genres (roman, poésie, théâtre) et sera toujours utilisé pour dénoncer différentes formes d'oppression, de discrimination - de la femme, de l'ouvrier, du peuple.

  • L'objectif de cet ouvrage est d'étudier la façon dont les dialogues interculturels sont représentés, aussi bien dans des textes narratifs de fiction (romans et nouvelles à caractère exotique) que dans des ouvrages non fictionnels (récits de voyage, essais de type ethnographique) ainsi que dans d'autres médias (peinture, illustrations d'ouvrages, films) pendant une période allant de la conquête d'Alger à nos jours. Dans une perspective comparatiste, il s'agira de confronter des corpus en plusieurs langues européennes, principalement en français, en allemand et en anglais, tout en faisant une place à des textes en arabe et en langues africaines, ce qui permettrait d'examiner des regards croisés, dans la perspective d'une «histoire connectée» (S. Subrahmanyam). Cette méthode d'analyse invite, en effet, à mieux rendre compte de toute la complexité des relations interculturelles qui s'établirent entre l'Europe, l'Orient et l'Afrique, à l'époque coloniale - trois aires géographiques qu'on souhaite examiner conjointement, pour mieux en retracer les logiques d'interconnexion. Trois volets :
    - premièrement un volet théorique, introduit par les deux organisateurs et comportant également des réflexions sur les notions de 'dialogue interculturel', d''interaction interculturelle', de 'culture coloniale' d''histoire croisée' et de 'post-colonialisme' ;
    - deuxièmement un volet centré sur l'analyse de textes de l'époque coloniale, embrassant un éventail à la fois large et représentatif de cultures, de genres et de formes de représentations symboliques concernant, outre des textes littéraires narratifs (récits de voyage, romans, nouvelles), des films et des formes iconographiques (notamment des photographies, des illustrations de livres et des tableaux) ;
    - troisièmement un volet d'analyse de textes de l'époque post-coloniale susceptible de mettre en lumière des formes de rupture, mais aussi de continuité avec l'époque coloniale et son héritage symbolique, formel et idéologique

  • Les liens entre le voyage et la mémoire sont aussi anciens que l'histoire et la littérature, mais ils sont loin d'être toujours de même nature. Soit Homère : l'Odyssée qui propose d'emblée au roman occidental le paradigme d'un périple méditerranéen, repose sur l'idée de retour d'Ulysse dans sa patrie (...). Et pourtant, tout le roman d'Homère nous entretient de l'ailleurs. C'est sans doute l'une des spécificités de ce texte - et peut-être aussi du récit de voyage - que de s'inscrire dans une tension permanente entre ici et là-bas, entre le détachement de soi-même (sans quoi il n'y aurait pas d'aventure) et une forme de retour (sans quoi il n'y aurait pas de récit). Ici le parti-pris a pour objet les pratiques et les représentations du voyage, indépendamment de la question des destinations ou de la catégorie sociale des voyageurs, qui sous-tend trop souvent l'étude des récits de voyage. Réunissant à parts égales des spécialistes de la littérature de voyage et des historiens, l'étude a été centrée sur le XIXe siècle, car, par-delà toutes les ruptures qui le définissent (révolutions, explorations, colonisations, industrialisation), il constitue une séquence homogène dans l'histoire du voyage. Ont été abordées les pratiques et les représentations du voyage des hommes et des femmes du XIXe siècle à partir des différentes conceptions de la mémoire qui étaient les leurs.Sarga Moussa est directeur de recherches au CNRS, directeur de l'UMR LIRE, Lyon 2.Sylvain Venayre est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Paris 1.

  • Cet ouvrage analyse le devenir d'un "imaginaire raciologique", c'est-à-dire des représentations fondées sur l'idée de l'existence de "races" humaines - ces représentations qui se sont développées, dans le cadre d'une anthropologie classificatoire, au cours du XIXe siècle, selon une pensée de type polygéniste, avec les implications racistes qu'elle a pu véhiculer ou légitimer. Cet imaginaire raciologique n'est pas sans contradiction : il postule parfois aussi bien une fixité des "races" qu'une peur qu'elles ne se mélangent.
    Mais dans un cas comme dans l'autre s'établissent des hiérarchies, mises au service de différents discours de domination et d'exclusion. La spécificité de l'approche comparatiste développée ici consiste à s'interroger sur la diffusion, en France, de ces discours raciologiques, mais aussi sur leurs réinterprétations (souvent mises au service d'un discours nationaliste), au XXe siècle, dans l'espace soviétique et russe, que ce soit dans la littérature ou dans des corpus de type anthropologique, sociologique, politique ou philosophique.

  • Ce volume examine les voies ouvertes par la littérature depuis le XVIIIe siècle pour « décen- trer le cosmopolitisme » en dépassant la tradition élitiste et européenne dans laquelle on l'inscrit habituellement et en mettant l'accent sur sa dimension politique et sociale. On y trouvera donc des réflexions consacrées à des lieux, des oeuvres, et des pratiques qui ressaisissent la visée critique voire émancipatrice du cosmopolitisme, mais aussi à des écrivains, des essayistes, des journalistes et des voyageurs, venus d'espaces culturels divers, qui ne se sont pas limités à parcourir le monde pour dire qu'ils s'en sentaient les citoyens, mais qui se sont aussi intéressés à ses marges culturelles et sociales. Ce qui apparaît ici, c'est un cosmopolitisme pluriel et « d'en bas » que la littérature reconfi- gure, parfois en lui donnant des lettres de noblesse paradoxale.

  • Le discours sur l'« union des deux mers », qui naît avec le chantier du canal de Suez, à la fin des années 1850, se cristallise assez vite en un mythe célébrant le triomphe de la modernité technologique et industrielle, dont le héros serait Ferdinand de Lesseps. Un point de vue « global » révèle que la France, dans ce contexte, a bel et bien contribué à développer le commerce - mais pas au profit de l'Égypte : en poussant le khédive Ismaïl à la ruine, elle a ouvert la voie à l'occupation du pays par l'Angleterre, en 1882. On voudrait, dans ce dossier réalisé conjointement par des chercheurs égyptiens et français, rappeler que derrière certains stéréotypes idéalisants, l'histoire du canal de Suez se construisit dans la douleur, même après la date symbolique de 1956, celle de la nationalisation de la Compagnie de Suez par Nasser. On voudrait également montrer que, dès la fin du XIXe siècle, des voix critiques s'élevèrent, des deux côtés de la Méditerranée. La littérature, mais aussi la caricature, la peinture, la photographie, le cinéma, peuvent rendre compte d'une pluralité de représentations dont les enjeux sont à la fois esthétiques, culturels, sociaux et idéologiques.

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