Hazan

  • Le Musée de Montmartre organise une exposition consacrée à l'artiste Otto Freundlich (1878-1943). Dans un parcours chronologique, elle présentera l'évolution de son oeuvre et mettra notamment en lumière comment, par la multiplicité de sa création artistique - sculptures, peintures, vitraux, mosaïques, oeuvres graphiques - et par sa pensée philosophique, il a joué un rôle précurseur dans la conception de l'art moderne et abstrait.

    Né en 1878 à Stolp en Pologne, Freundlich entame des études d'histoire de l'art et de philosophie puis rencontre en 1904 Vassily Kandinsky et Paul Klee à Munich, marquant un tournant dans sa vie. Deux ans plus tard, il crée ses premières oeuvres, des dessins et des sculptures. En 1908, l'artiste s'installe à Paris au Bateau-Lavoir où il fréquente la bohème artistique : Picasso, Herbin, Braque, Jacob, Gris, Modigliani, Derain, Apollinaire et Delaunay. Par l'intermédiaire de Picasso, il devient ami avec Adya et Otto van Rees et passe avec eux des séjours à Fleury-en-Bière. Il prend ensuite un atelier au 55, rue des Abbesses à Montmartre et il peint en 1911 sa première Composition abstraite. En 1912, il prend un atelier à Montparnasse au 17, rue Boissonade, et fréquente Max Ernst, Piet Mondrian et Brancusi. Apollinaire rattache ses recherches d'une spiritualisation dans la fusion de la couleur et des formes organiques à l'orphisme de Delaunay (1913) que Freundlich fréquente depuis son séjour au Bateau-Lavoir. À Chartres, il prend un atelier dans la cathédrale pour des études de vitraux et participe à la restauration. Entre l'Allemagne et Paris, il contribue à divers mouvements d'avant-garde  : il est membre du Novembergruppe et prend part à la fondation du mouvement dada à Berlin. En 1924, il revient définitivement à Paris et continue de nouer de solides amitiés avec les artistes les plus importants de son temps comme Braque, Picasso, van Doesberg et Delaunay. Dans l'entre-deux guerres, il rejoint les groupes «  Cercle et Carré  » (1930) et «  Abstraction-Création  » (1931).

    En théoricien de l'art, il écrit en 1934 Die Wege der Abstrakten (Les Chemins de l'art abstrait) et fonde un collectif des artistes allemands (KDK) à Paris. En 1936, il ouvre une académie privée baptisée « Le Mur » où il enseigne peinture, dessin et gravure. L'abstraction de son art était un renouveau radical dépassant les limites de l'art plastique, et son universalisme total, évoqué par l'harmonie des couleurs de ses peintures dans un contexte global, cherche à abattre les frontières entre le monde et le cosmos, entre les êtres humains, entre tout ce qui est perceptible.

    En 1937, sa sculpture L'Homme nouveau (1912 - au titre d'origine  : Grosse tête falsifié par les nazis) figure en couverture du catalogue de l'exposition itinérante organisée par les nazis « Entartete Kunst  » (Art dégénéré) visant à conspuer l'art moderne. Quatorze de ses oeuvres, conservées dans différents musées allemands, sont alors confisquées et détruites. L'artiste est déporté en 1943 et assassiné au camp d'extermination de Sobibor.

    L'exposition rend hommage à cet artiste pionnier de l'abstraction en restituant son oeuvre dans son évolution (orphisme, dadaïsme, De Stijl, Bauhaus, art abstrait), ses théories et la diversité de sa production en sculpture, peinture et art appliqué.

  • Catalogue officiel de l'exposition « Collection Weisman & Michel Fin de siècle - Belle Époque (1880-1916) qui se tiendra du 11 octobre au 31 décembre 2019 au musée de Montmartre.

    Le Musée de Montmartre donne à voir pour la première fois dans sa totalité l'importante Collection de David E. Weisman et Jacqueline E. Michel. Un ensemble unique et rare qui comporte 130 pièces (dessins, peintures, aquarelles, pastels, affiches et lithographies) réalisées par les artistes, qui par leur art, ont offert à Montmartre sa réputation universelle.

    En concentrant leur choix sur la période de la fin du 19e et le début du 20e siècle (1880-1914), les collectionneurs américains David E. Weisman et Jacqueline E. Michel dressent avec ce corpus le portrait d'un Montmartre éclectique où triomphent la créativité et la beauté de l'instantané.

    Après la défaite de la guerre franco-prussienne de 1871, la France retrouve une certaine insouciance que marquent les grandes réussites économiques. C'est ainsi un moment de libertés et de foisonnement culturel intense où la fête est à l'honneur. Un quartier indépendant de Paris en deviendra le symbole, c'est Montmartre ! Les cafés-concerts, cabarets, cirques, les rues et places seront de véritables sources d'inspiration pour les artistes qui souhaitent rompre avec l'art académique. Ibels, Steinlen, Toulouse-Lautrec, Anquetin, Grasset, Rivière, Chéret, Faverot, Carrière, Valtat, Valadon et Willette... présents dans la collection avec plusieurs oeuvres, en sont les célèbres témoins.

    Théophile Alexandre Steinlen et Suzanne Valadon tiennent une place importante dans la collection avec un grand nombre d'oeuvres. Des oeuvres de Pierre Bonnard, Georges Rouault, Louis Valtat et Eugène Grasset ont été patiemment recherchées pour compléter le témoignage sur cette période d'avant-garde. Gravures, illustrations, journaux de l'époque complètent la collection et plongent le visiteur dans le Montmartre d'antan.

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