Langue française

  • Du début de l'histoire du cinéma jusqu'à nos jours, de Lubitsch à Jeunet, Montmartre a toujours suscité l'amour des réalisateurs, aussi bien français qu'internationaux. Montmartre, par son charme et son histoire, personnifie l'image même de Paris, devenant un acteur à part entière de l'oeuvre cinématographique.
    « Montmartre, décor de cinéma » évoque les différents lieux de prédilection de ces tournages (Moulin Rouge, place Pigalle, Barbès, Sacré-Coeur...), ses tableaux atypiques (escaliers, ruelles, maisonnettes, lampadaires...), ou encore ses personnages (artistes, danseuses, gens ordinaires, flics et voyous, filles de joie...). Le Paris de la fête et du plaisir mais aussi celui du crime et de la perdition, souvent incarnés dans les quartiers de la Chapelle, de Pigalle ou de la Goutte d'Or, se mêlent à la célébration de l'art et de la poésie à travers la Butte montmartroise.

  • Au tournant du XXe siècle, les ateliers du 12-14 rue Cortot furent d'importants lieux de création où vécurent de nombreux artistes. Après y avoir habité jusqu'en 1905 avec son premier mari, le banquier Paul Moussis, Suzanne Valadon retourne à la rue Cortot en 1912 et s'y installe avec son fils Maurice Utrillo et son compagnon, André Utter. Malgré les disputes avec André Utter et les frasques de son fils, Suzanne Valadon y passe les années les plus productives de sa vie.
    Rapidement surnommés le "trio infernal", ces peintres ont marqué les esprits du monde de l'art. De ces tensions et passions naquit une énergie créatrice qui permit aux oeuvres des trois artistes de s'intensifier, s'épanouir et se renouveler durant cette période de vie commune. A l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de Suzanne Valadon, le musée de Montmartre rend hommage au "trio infernal" en présentant une sélection de près de cent cinquante oeuvres qui témoigne de leur complicité créative et intime dans ce lieu magique, récemment restauré.

  • Le Musée de Montmartre organise une exposition consacrée à l'artiste Otto Freundlich (1878-1943). Dans un parcours chronologique, elle présentera l'évolution de son oeuvre et mettra notamment en lumière comment, par la multiplicité de sa création artistique - sculptures, peintures, vitraux, mosaïques, oeuvres graphiques - et par sa pensée philosophique, il a joué un rôle précurseur dans la conception de l'art moderne et abstrait.

    Né en 1878 à Stolp en Pologne, Freundlich entame des études d'histoire de l'art et de philosophie puis rencontre en 1904 Vassily Kandinsky et Paul Klee à Munich, marquant un tournant dans sa vie. Deux ans plus tard, il crée ses premières oeuvres, des dessins et des sculptures. En 1908, l'artiste s'installe à Paris au Bateau-Lavoir où il fréquente la bohème artistique : Picasso, Herbin, Braque, Jacob, Gris, Modigliani, Derain, Apollinaire et Delaunay. Par l'intermédiaire de Picasso, il devient ami avec Adya et Otto van Rees et passe avec eux des séjours à Fleury-en-Bière. Il prend ensuite un atelier au 55, rue des Abbesses à Montmartre et il peint en 1911 sa première Composition abstraite. En 1912, il prend un atelier à Montparnasse au 17, rue Boissonade, et fréquente Max Ernst, Piet Mondrian et Brancusi. Apollinaire rattache ses recherches d'une spiritualisation dans la fusion de la couleur et des formes organiques à l'orphisme de Delaunay (1913) que Freundlich fréquente depuis son séjour au Bateau-Lavoir. À Chartres, il prend un atelier dans la cathédrale pour des études de vitraux et participe à la restauration. Entre l'Allemagne et Paris, il contribue à divers mouvements d'avant-garde  : il est membre du Novembergruppe et prend part à la fondation du mouvement dada à Berlin. En 1924, il revient définitivement à Paris et continue de nouer de solides amitiés avec les artistes les plus importants de son temps comme Braque, Picasso, van Doesberg et Delaunay. Dans l'entre-deux guerres, il rejoint les groupes «  Cercle et Carré  » (1930) et «  Abstraction-Création  » (1931).

    En théoricien de l'art, il écrit en 1934 Die Wege der Abstrakten (Les Chemins de l'art abstrait) et fonde un collectif des artistes allemands (KDK) à Paris. En 1936, il ouvre une académie privée baptisée « Le Mur » où il enseigne peinture, dessin et gravure. L'abstraction de son art était un renouveau radical dépassant les limites de l'art plastique, et son universalisme total, évoqué par l'harmonie des couleurs de ses peintures dans un contexte global, cherche à abattre les frontières entre le monde et le cosmos, entre les êtres humains, entre tout ce qui est perceptible.

    En 1937, sa sculpture L'Homme nouveau (1912 - au titre d'origine  : Grosse tête falsifié par les nazis) figure en couverture du catalogue de l'exposition itinérante organisée par les nazis « Entartete Kunst  » (Art dégénéré) visant à conspuer l'art moderne. Quatorze de ses oeuvres, conservées dans différents musées allemands, sont alors confisquées et détruites. L'artiste est déporté en 1943 et assassiné au camp d'extermination de Sobibor.

    L'exposition rend hommage à cet artiste pionnier de l'abstraction en restituant son oeuvre dans son évolution (orphisme, dadaïsme, De Stijl, Bauhaus, art abstrait), ses théories et la diversité de sa production en sculpture, peinture et art appliqué.

  • Tout au long de sa vie, Bernard Buffet a revisité les lieux et les thèmes de son enfance. Montmartre bien sûr, de la place Pigalle où il naquit en 1928 aux Batignolles où il grandit, jusqu'à cette maison du 20 rue Cortot, voisine du musée de Montmartre, qu'il habita durant dix ans ; le cirque qu'il déclinera en série de 1955 à la fin des années 1990, avec les parades bouffonnes du cirque Medrano ; ou encore les intérieurs et natures mortes, dont il déstructura l'espace et pour lesquels il inventera une apesanteur silencieuse en résumant le motif à son trait le plus épuré et incisif.
    Les principaux rendez-vous du peintre avec lui-même et avec le monde qui le hante dessinent le parcours original de ce génie polymorphe et protéiforme. Bernard Buffet, Intimement revient notamment sur ses relations fusionnelles avec le monde de la littérature et du théâtre, son travail acharné dans l'atelier Lacourière et Frélaut à Montmartre, son amour pour Annabel, épouse et égérie, ses promenades solitaires recomposées dans les paysages...
    Des oeuvres d'exception provenant de la collection de son fils Nicolas Buffet et de collections publiques et privées sont ici réunies pour proposer un portrait intime de l'un des plus célèbres peintres du XXe siècle.

  • Montmartre connaît à la fin du XIXe siècle une transformation décisive. L'installation des cafés, bals et cabarets artistiques ainsi que la venue d'artistes métamorphosent l'apparence de ce village tranquille. Les ateliers et les cités d'artistes se démultiplient et accueillent des peintres venus d'horizons divers. Montmartre devient le centre de l'avant-garde artistique où peintres, poètes et musiciens côtoient chansonniers, clowns et danseuses, où la culture populaire fusionne avec celle des intellectuels, et où les frontières entre les arts s'estompent. Naît alors l'esprit bohème qui fera la légende et l'identité de Montmartre.

    Ce guide vous invite à découvrir Montmartre, son histoire, ses artistes, ses ateliers, son musée patrimonial historique et ses collections, à travers plus de cent cinquante chefs-d'oeuvre, parmi lesquels peintures, dessins, gravures, affiches et photographies, véritable témoignage de la richesse artistique au tournant du XXe siècle.

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