Les Presses Du Reel

  • Six essais traitant d'aspects encore rarement abordés de l'oeuvre de Joseph Beuys, Max Bill, Fischli | Weiss et Ai Weiwei, mais aussi de Jules Verne, dans leur rapport avec plusieurs concepts artistiques de Marcel Duchamp.

    Par ses essais captivants, le spécialiste renommé de Duchamp explique entre autres pourquoi Max Bill et non Walter Hopps est le premier à avoir monté une exposition de Duchamp dans une institution publique, en quoi Joseph Beuys s'est mépris lorsqu'il a créé Le Silence de Marcel Duchamp est surestimé, de quelle manière Fischli | Weiss ont repris artistiquement à leur compte l'idée d'Équilibre, oeuvre non réalisée de Duchamp, pourquoi Ai Weiwei cite Duchamp dans quasiment toutes ses oeuvres majeures ou encore quelle influence Jules Verne a exercée sur l'approche artistique de ce grand avant-gardiste.

  • Une analyse profonde et captivante de l'oeuvre méconnue de Aldo Walker, réalisée par son ami, artiste et curateur Stefan Banz.

    Cet ouvrage compose le portrait artistique et intime d'Aldo Walker, grand artiste conceptuel suisse à la carrière méconnue. D'éléments biographiques en analyses d'oeuvres (Table 2, Plan d'appartement, Équations, 50 phrases sur l'art, Logotyps I à XIII, Bretelles, Casseroles, Peintures linéales intermoléculaires I et II et l'oeuvre testament Objet morphosyntactique), Stefan Banz livre un essai monographique proche de l'exhaustivité et met en évidence l'influence de deux figures tutélaires, Marcel Duchamp et William Copley, sur la trajectoire de l'artiste. En appendice, les photographies de l'exposition consacrée à Aldo Walker au Mamco en 2013 ainsi que des biographies détaillées de Walker et de Stefan Banz.

    Publié suite à l'exposition « Aldo Walker - Logotyp », Mamco , Genève, du 20 février au 5 mai 2013.

    Aldo Walker (1938-2000) a développé une oeuvre stupéfiante qui s'est manifestée surtout par deux groupes de travaux - les Logotyps (esquisses et ébauches d'arrangements sculpturaux) et les Pictogrammes (images linéaires figuratives). Ceux-ci appartiennent aux trésors encore méconnus de l'art international des années 1970 et 1980. Ils incarnent une étrange homogénéité : style et manque de style se connectent de manière originale pour former un tout autonome.

  • Stefan Banz rassemble des preuves et des documents jusqu'alors inconnus sur l'émergence, la disparition et la réception du célèbre readymade de Marcel Duchamp, Fontaine, et offre une perspective nouvelle sur cette oeuvre qui apparaît comme la plus importante du XXe siècle.
    Stefan Banz examine en détail les cinq différentes répliques de Fountain réalisées en 1918, 1938, 1950, 1963 et 1964. Cette oeuvre questionne la question de l'auteur et elle est posée pour la première fois dans l'histoire par des moyens artistiques.
    On découvre dans son étude que l'urinoir des deux photographies de Roché de 1918 n'est pas le même modèle que celui de la célèbre photographie de Stieglitz de 1917 : l'urinoir des photographies de Roché peut être clairement identifié à un modèle commercial, tandis que celui de la photographie de Stieglitz ne peut être identifié à aucun modèle industriel. Dans ce contexte, l'auteur propose également une nouvelle théorie sur l'origine réelle de cet urinoir qui est aujourd'hui considéré comme le célèbre « original » disparu de Fountain.
    On y trouve aussi des indices sur la raison pour laquelle Duchamp a signé cette oeuvre avec le pseudonyme R. Mutt.
    Les sources et les documents de cet ouvrage prouvent aussi que la proposition d'Irene Gammel, de Glyn Thompson et surtout de Siri Hustvedt concernant l'implication de La Baronne von Freytag-Loringhoven dans la conception de Fountain est plus qu'improbable.
    Curieusement c'est Francis Naumann, le plus célèbre spécialiste américain de Duchamp, qui s'est involontairement trouvé à la base de cette fausse nouvelle, en essayant, en 1994, d'améliorer le travail artistique de la Baronne dans son célèbre livre New York Dada 1915-23 (également par intérêt personnel, car il est aussi marchand d'art et possédait de nombreuses oeuvres de la Baronne). Il lui a attribué par exemple, comme co-autrice, le Readymade God de Morton Schamberg de 1917 (aujourd'hui au Philadelphia Museum of Art), qui représente en quelque sorte une réaction à Fountain.
    Quand Irene Gammel (qui a écrit une monographie sur la La Baronne von Freytag-Loringhoven) a lu ce texte en 2001, elle a poussé l'allégation jusqu'à à prétendre (sans avoir de preuve) que la Baronne pourrait aussi être l'auteur de Fountain de Duchamp. Et l'idée fait son chemin, reprise entre autres par la femme d'une superstar (Paul Auster), et la fausse nouvelle se répand sur Internet, appuyée par la vague de #metoo.

empty