Arts et spectacles

  • Stefan Banz rassemble des preuves et des documents jusqu'alors inconnus sur l'émergence, la disparition et la réception du célèbre readymade de Marcel Duchamp, Fontaine, et offre une perspective nouvelle sur cette oeuvre qui apparaît comme la plus importante du XXe siècle.
    Stefan Banz examine en détail les cinq différentes répliques de Fountain réalisées en 1918, 1938, 1950, 1963 et 1964. Cette oeuvre questionne la question de l'auteur et elle est posée pour la première fois dans l'histoire par des moyens artistiques.
    On découvre dans son étude que l'urinoir des deux photographies de Roché de 1918 n'est pas le même modèle que celui de la célèbre photographie de Stieglitz de 1917 : l'urinoir des photographies de Roché peut être clairement identifié à un modèle commercial, tandis que celui de la photographie de Stieglitz ne peut être identifié à aucun modèle industriel. Dans ce contexte, l'auteur propose également une nouvelle théorie sur l'origine réelle de cet urinoir qui est aujourd'hui considéré comme le célèbre « original » disparu de Fountain.
    On y trouve aussi des indices sur la raison pour laquelle Duchamp a signé cette oeuvre avec le pseudonyme R. Mutt.
    Les sources et les documents de cet ouvrage prouvent aussi que la proposition d'Irene Gammel, de Glyn Thompson et surtout de Siri Hustvedt concernant l'implication de La Baronne von Freytag-Loringhoven dans la conception de Fountain est plus qu'improbable.
    Curieusement c'est Francis Naumann, le plus célèbre spécialiste américain de Duchamp, qui s'est involontairement trouvé à la base de cette fausse nouvelle, en essayant, en 1994, d'améliorer le travail artistique de la Baronne dans son célèbre livre New York Dada 1915-23 (également par intérêt personnel, car il est aussi marchand d'art et possédait de nombreuses oeuvres de la Baronne). Il lui a attribué par exemple, comme co-autrice, le Readymade God de Morton Schamberg de 1917 (aujourd'hui au Philadelphia Museum of Art), qui représente en quelque sorte une réaction à Fountain.
    Quand Irene Gammel (qui a écrit une monographie sur la La Baronne von Freytag-Loringhoven) a lu ce texte en 2001, elle a poussé l'allégation jusqu'à à prétendre (sans avoir de preuve) que la Baronne pourrait aussi être l'auteur de Fountain de Duchamp. Et l'idée fait son chemin, reprise entre autres par la femme d'une superstar (Paul Auster), et la fausse nouvelle se répand sur Internet, appuyée par la vague de #metoo.

  • Six essais traitant d'aspects encore rarement abordés de l'oeuvre de Joseph Beuys, Max Bill, Fischli | Weiss et Ai Weiwei, mais aussi de Jules Verne, dans leur rapport avec plusieurs concepts artistiques de Marcel Duchamp.

    Par ses essais captivants, le spécialiste renommé de Duchamp explique entre autres pourquoi Max Bill et non Walter Hopps est le premier à avoir monté une exposition de Duchamp dans une institution publique, en quoi Joseph Beuys s'est mépris lorsqu'il a créé Le Silence de Marcel Duchamp est surestimé, de quelle manière Fischli | Weiss ont repris artistiquement à leur compte l'idée d'Équilibre, oeuvre non réalisée de Duchamp, pourquoi Ai Weiwei cite Duchamp dans quasiment toutes ses oeuvres majeures ou encore quelle influence Jules Verne a exercée sur l'approche artistique de ce grand avant-gardiste.

  • Une analyse profonde et captivante de l'oeuvre méconnue de Aldo Walker, réalisée par son ami, artiste et curateur Stefan Banz.

    Cet ouvrage compose le portrait artistique et intime d'Aldo Walker, grand artiste conceptuel suisse à la carrière méconnue. D'éléments biographiques en analyses d'oeuvres (Table 2, Plan d'appartement, Équations, 50 phrases sur l'art, Logotyps I à XIII, Bretelles, Casseroles, Peintures linéales intermoléculaires I et II et l'oeuvre testament Objet morphosyntactique), Stefan Banz livre un essai monographique proche de l'exhaustivité et met en évidence l'influence de deux figures tutélaires, Marcel Duchamp et William Copley, sur la trajectoire de l'artiste. En appendice, les photographies de l'exposition consacrée à Aldo Walker au Mamco en 2013 ainsi que des biographies détaillées de Walker et de Stefan Banz.

    Publié suite à l'exposition « Aldo Walker - Logotyp », Mamco , Genève, du 20 février au 5 mai 2013.

    Aldo Walker (1938-2000) a développé une oeuvre stupéfiante qui s'est manifestée surtout par deux groupes de travaux - les Logotyps (esquisses et ébauches d'arrangements sculpturaux) et les Pictogrammes (images linéaires figuratives). Ceux-ci appartiennent aux trésors encore méconnus de l'art international des années 1970 et 1980. Ils incarnent une étrange homogénéité : style et manque de style se connectent de manière originale pour former un tout autonome.

  • La Fondation de l'Hermitage consacre une importante rétrospective au peintre lucernois Hans Emmenegger (1866-1940) - une première en Suisse romande. Avec une centaine de tableaux, l'exposition dévoile l'oeuvre de cet artiste resté méconnu du grand public, malgré un fort engagement au sein de la communauté culturelle suisse alémanique. Fin observateur et amoureux de la nature, Emmenegger est un peintre d'une originalité frappante, dans le traitement insolite de ses paysages et natures mortes, comme dans l'audace de ses compositions. Il compte parmi les artistes suisses les plus importants de sa génération.
    Formation artistique : Emmenegger commence sa formation à l'école des arts appliqués de Lucerne (1883-1884). Il la poursuit à Paris, à l'Académie Julian, puis dans l'atelier de Jean-Léon Gérôme. Dans cette effervescence artistique, il se lie d'amitié avec Cuno Amiet et Giovanni Giacometti. En hiver 1885-1886, il séjourne à Munich, où il rencontre Max Buri, avec qui il voyagera en Afrique du Nord en 1891. En 1893, Emmenegger hérite du domaine de son père à Emmen, près de Lucerne, où il vivra et travaillera jusqu'à sa mort. En 1895-1896, il passe un second hiver à Munich. Il y pratique la gravure avec Albert Welti et s'initie à la peinture de plein air avec Bernhard Buttersack. Fasciné par le travail d'Arnold Böcklin, il séjourne à plusieurs reprises au Tessin et en Italie entre 1897 et 1903.
    Un artiste singulier : Au début du 20e siècle, Emmenegger s'affranchit de l'influence de Böcklin et développe son propre langage artistique, se consacrant à des thèmes récurrents - intérieurs obscurs de forêt, fonte des neiges, ombres portées ou reflets à la surface de l'eau. Son style figuratif plonge le spectateur dans des décors au cadrage serré, parfois sans horizon, et génère une atmosphère aussi étrange que mélancolique. Grâce à de subtils agencements d'aplats de couleur et à de puissants contrastes d'ombre et de lumière, une grande tension se dégage de ses compositions. Dès les années 1910, Emmenegger se passionne pour la question de la représentation du mouvement et livre des toiles inspirées de la chronophotographie, qui rappellent les expérimentations des artistes futuristes.
    Engagement dans le milieu artistique : Emmenegger était notamment président de la section lucernoise de la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses et membre du comité de la Société des beaux-arts de Lucerne. Philatéliste et collectionneur averti, il possédait, entre autres, des oeuvres de Ferdinand Hodler, Cuno Amiet, Max Buri, Giovanni Giacometti et Albert Trachsel, ainsi qu'un ensemble de photographies, de minéraux et de fossiles.
    Dialogue avec d'autres artistes / carte blanche à l'ECAL : L'époustouflante modernité de l'oeuvre d'Emmenegger est mise en évidence par le biais d'une centaine de tableaux, qui dialoguent avec des peintures de ses mentors, amis et contemporains Cuno Amiet, Arnold Böcklin, Giovanni Giacometti, Ferdinand Hodler, Félix Vallotton et Robert Zünd. Le parcours est également ponctué d'oeuvres d'artistes contemporain·e·s inspiré·e·s par son travail : Caroline Bachmann, Stefan Banz, Michel Grillet, Alois Lichtsteiner, Nicolas Party et Albrecht Schnider.
    À découvrir dans les salles et dans le parc de l'Hermitage, la carte blanche confiée à l'ECAL/Ecole cantonale d'art de Lausanne, mettant en résonance l'oeuvre d'Emmenegger avec les travaux de photographes de la nouvelle génération.

  • Ce catalogue réunit une sélection des oeuvres du plus célèbre des artistes chinois de 1995 à aujourd'hui et présente des travaux récents et des interventions spécialement conçues pour les espaces du Palais de Rumine réunissant une ultime fois les institutions ayant fortement contribué à l'identité du lieux dès son origine, à savoir les musées d'archéologie et d'histoire, de zoologie et de géologie.
    Des oeuvres en porcelaine, bois, aluminium, marbre, jade, verre, bambou et soie ainsi que des papiers peints, des photographies, de la vidéo et un %lm témoigneront de la richesse de cet oeuvre et de la connaissance profonde que possède Ai Weiwei, %ls d'un éminent poète chinois, de la tradition culturelle de son pays. Mais en même temps, l'artiste détourne ces motifs, modes de fabrication et matériaux traditionnels de manière ludique ou iconoclaste (on y décèle un esprit proche de Marcel Duchamp) pour aboutir à une critique - tantôt cachée tantôt plus manifeste - du système politique chinois. Des oeuvres plus récentes constituent autant de commentaires au sujet de la complexité problématique de nos relations internationales (dépendances économiques, +ux des réfugiés, etc.).
    Ai Weiwei. C'est toujours les autres présente un artiste complet : plasticien remarquable, esprit encyclopédique, communicateur exceptionnel et homme engagé dans les grandes questions de ce monde. Ai Weiwei est peut-être bien le premier artiste véritablement « global ».
    Dans son travail sculptural, il réactive et détourne les traditions artisanales chinoises tout en parodiant le pop art ou la sculpture minimale américaine. Avec les moyens de la photographie et du %lm, il tente d'enregistrer les transformations des cités et des mouvements de population.
    Proli%que et engagé, utilisateur virtuose des réseaux sociaux, Ai Weiwei mêle habilement art, vie privée et engagement politique.

  • Nicolas Party Nouv.

    The first and highly-anticipated monograph on one of the most successful and exciting painters today.

    Swiss-born Nicolas Party is an artist known for his color-saturated paintings of everyday objects. He captures the essence of his subjects in surprising ways, heightening their physical and emotional resonance. Fascinated by the power of paint to alter our perception of the built environment and, within a gallery context, how we experience art, Party regularly paints murals, either as stand-alone works or as carefully orchestrated settings for his work.
    This is the first book to examine his career to date and will be a must-read for collectors and followers of the contemporary art scene.

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