Arts et spectacles

  • La pratique de l'écriture du voyage est presque aussi ancienne que l'histoire humaine. A partir du XVIe siècle, elle fit en Europe l'objet d'un intérêt nouveau, des artes apodemicae, ou "arts de voyager", essayant alors de codifier une pratique que les humanistes jugaient essentielle dans la formation de la jeunesse. Par la suite, le grand mouvement d'exploration savante du globe par les Européens conduisit encore à en préciser les codes, jusqu'au tournant des XVIIIe et XIXe siècles où, sous l'influence de l'esthétique romantique, les écrivains entreprirent d'exprimer les émotions ressenties par les voyageurs. Le XXe siècle, enfin, fut dominé par les angoisses nées de la fin de l'exotisme. Ce livre se propose de retracer cette longue histoire : de quelle façon s'est imposé le genre littéraire du récit de voyage, quels en furent les auteurs les plus remarquables, quelle place fut réservé aux grands codes esthétiques et comment furent exprimés le désir de l'exotisme et de l'aventure. Les textes soigneusement choisis de cette anthologie trouvent un écho tout particulier dans les oeuvres appelées à les illustrer -peintures, dessins ou encore gravures -, de Brueghel à Nicolas de Staël, en passant par Friedrich ou encore Manet.

  • Saviez-vous que le surf fut d'abord une pratique politique et religieuse ? Que le préservatif masculin, autrefois en tissu ou en boyaux d'animaux, n'a connu son essor qu'avec le caoutchouc ? Que le chewing-gum doit son succès à un général mexicain chassé par la révolution dans son pays ?
    À l'invitation de Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre, des historiennes et historiens nous entraînent dans un voyage insolite et passionnant à travers le petit magasin du monde.

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  • Le projet artistique de Raymond Escomel s'établit sur une rêverie et sur une transformation du réel. Son voyage en Orient passe par les lieux mythiques de la route de la Soie, de Venise à Istanbul. Son intention n'est pas documentaire, il offre plutôt une réflexion sur le temps du voyage. La longueur du temps de pose coïncide avec une sorte de lenteur orientale. Les photos témoignent de cette fusion.
    Elles s'insèrent dans une suite au sens musical mais chacune d'elles peut composer un tableau, une oeuvre en soi. La magie du bougé, du filé, la rhétorique du flou proposent une vision cinétique d'une grande fluidité. Sylvain Venayre, historien du voyage, est invité dans ce livre en contrepoint. Il s'intéresse ici à la pratique de la photographie en voyage et au voyage en photographies. Son texte soulève cette question à partir de l'expérience d'un voyage ensemble en Orient de Maxime Du Camp et de Gustave Flaubert en 1849.
    Dans les premiers temps de la photographie, la question du statut du nouveau medium comme art était posée : simple servante des arts ou art en tant que tel ? quelle application peut-on en faire dans le cadre du voyage et de l'observation ? quels sont ses rapports avec la littérature de voyage ? L'enjeu de la " recherche d'images " (Chateaubriand) pour rapporter le monde est débattu entre écrivains, peintres et artistes à cette époque : rapportées par le " regard écrit " (Lamartine) ou reproduites grâce à la photographique dans des livres illustrés ? La leçon d'Orient de Raymond Escomel et de Sylvain Venayre nous invite à voir autrement quand nous sommes nous-mêmes en situation de voyage.
    Après son premier livre aux éditions Créaphis, Saurais-je me souvenir de tout ?, le photographe affirme un style original et ses photographies s'inscrivent dans un même rapport à la mémoire.

  • Les vingt dernières années de la discipline historique ont été celles du " tournant culturel " de l'histoire, marqué en particulier par le déploiement de la notion de représentation.
    A l'issue de ce qui peut apparaître comme un cycle dans la vie de la recherche, un bilan s'imposait. Comment s'est opéré, pendant ces vingt ans, le renouvellement des questionnaires? De quels objets nouveaux les historiens se sont-ils emparés ? Avec quelles méthodes et quels résultats? Quels rapports l'histoire culturelle nouvellement définie a-t-elle entretenu avec les autres sciences sociales qui, au même moment, connaissaient des bouleversements du même ordre? C'est avec en tête toutes ces interrogations que quelques dizaines de chercheurs, la plupart spécialistes de la période contemporaine, mais venant d'horizons divers, se sont réunis au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle.
    Ce livre constitue la trace la plus visible de cette rencontre vivante. On y trouvera l'exposé de démarches très variées - dans leurs objets comme dans leurs méthodes -, de prises de position plus ou moins tranchées, de contradictions parfois. On y verra surtout le résultat de discussions serrées, érudites et ouvertes - aux fortes ambitions : dans le débat actuel autour de la définition de l'histoire culturelle, en effet, c'est la matière même des recherches à venir qui est en jeu.

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