Thomas Schlesser

  • Cet ouvrage est une histoire de ce qui fait rêver et de ceux qui font rêver - en particulier les peintres, les poètes, les cinéastes. Il reconstitue depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours une ambition extraordinaire : trouver les meilleures formules et manières pour stimuler l'imaginaire et concourir à la création d'un monde enchanté, d'un paradis terrestre, grâce à l'influence de la création sur les zones les plus profondes de la psyché. Les grandes figures de cette mission sont aussi prestigieuses et diverses que Turner, Baudelaire, Signac, Jean Cocteau ou John Lennon.
    Mais c'est aussi une histoire politique car cette ambition est sous-tendue par des projets de réformes totales de la société qui ont pu se révéler totalitaires, et notamment celui du diktat ultra-libéral de la communication et de la réclame. Une fois récupéré, le fantasme esthétique vire au cauchemar publicitaire et déshumanisant. Cet essai est donc un essai engagé qui cherche à remonter la piste et la généalogie d'un concept né au moment des Lumières - celui d'une modification des consciences par le songe - pour montrer comment il a pu être travesti jusqu'à rendre la formule « faire rêver » suspecte, sinon dangereuse.
    Alternant récit historique, anecdote vivante et analyse approfondie, cet essai cherche à jeter un éclairage différent sur certains éléments incontournables du sujet, comme le surréalisme, mais il s'attache également à des corpus beaucoup plus inattendus, voire incongrus, comme la communication pour des enseignes sportives. Dialogue entre histoire de l'art, histoire politique et histoire des sciences, il fait écho à des problématiques qui vont bien au-delà de la culture visuelle - jusqu'au transhumanisme.

  • L'univers sans l'homme

    Thomas Schlesser

    • Hazan
    • 26 Octobre 2016

    L'art a, de manière très spectaculaire, dépeint et décrit depuis deux siècles et demi les forces qui dépassent (et déclassent) l'être humain. Non plus les forces invisibles du divin mais les soulèvements de la nature, l'immensité du temps et de l'espace, les conséquences incontrôlables des avancées scientifiques sur le vivant. Oui, de nombreux artistes - et parmi les plus géniaux, de Turner à Pierre Huyghe et de Claude Monet à Stanley Kubrick - ont montré comment l'homme a senti lui échapper son sentiment de centralité dans le cosmos ; ils ont représenté cette crise essentielle en relativisant sa présence d'une part et en exprimant, d'autre part, les mystères enchantés ou les menaces cauchemardesque de l'univers dans lequel il se meut. Aussi ce livre, qui privilégie la peinture mais fraie aussi du côté de la sculpture ou du cinéma, donne-t-il à voir et comprendre des paysages édéniques et vierges, des beautés végétales et animales, la furie mortifère des éléments, le fantasme d'une civilisation complètement mécanisée, le saut dans l'abstraction, l'âme des choses ou encore l'anticipation de l'Apocalypse...En suivant un parcours chronologique de 1755 à nos jours, il raconte, de manière très accessibles les grands événements historiques (le séisme de Lisbonne, la bombe atomique...), scientiques (les découvertes de Darwin, la conquête spatiale...) personnels (les drames de l'enfance de Friedrich, la crise mystique de Chirico...) qui ont conduit des artistes à  montrer ce qu'est, selon la magnifique expression de Baudelaire, "l'univers sans l'homme". 

  • Cet ouvrage propose un voyage à travers les lieux qui ont fait naître le courant impressionniste : les paysages de la vallée de la Seine, les auberges, les maisons des artistes...

  • Première monographie, s'inscrivant dans la collection publiée avec Les presses du réel en lien avec les expositions du Palais de Tokyo, avec des vues d'exposition et une sélection d'oeuvres emblématiques, un entretien, un essai et un ensemble de notices.

    Abraham Poincheval est un explorateur insatiable. Qu'il s'agisse de traverser les Alpes en poussant une capsule qui lui sert d'abri ou de s'enfermer une semaine dans un rocher, ses expéditions - itinérantes ou statiques - nécessitent un engagement total du corps. Les sculptures habitables que l'artiste conçoit sont des laboratoires au moyen desquels il fait l'expérience du temps, de l'enfermement ou de l'immobilité. Elles sont l'enveloppe qui accueille le performeur, l'objet qui perturbe le paysage et qui existe à travers les récits des témoins. Les deux nouvelles performances d'Abraham Poincheval au Palais de Tokyo le conduisent à expérimenter les temporalités des règnes animal et minéral.

  • Un essai pour décrypter le mythe et les fantasmes socio-politiques entourant l'oeuvre et la vie de Courbet sous le Second Empire, en les resituant dans le contexte des conflits d'opinion de l'époque.

    De Gustave Courbet, on fixa fort tôt des images en pagaille : le démocrate rouge de la Commune, l'amoureux de la nature, le paysan foulant Paris de ses sabots, le bohème alcoolique. On affecta surtout à son style dit « réaliste » de saisissantes vertus et des dangers potentiels qui émanaient d'aspirations socio-politiques antagonistes. Pourtant, dans ce concert dissonant - dont on doit les plus fameux morceaux de partition à Baudelaire, Bruyas, Castagnary, Cham, Champfleury, Gautier, Planche, Proudhon, Sabatier-Ungher ou Zola - , il y avait la projection d'une obsession commune. Cette peinture éprise de mimesis, excluant l'imagination, assujettie à une pure représentation de l'univers sensible, pouvait, comme le miroir des frères Grimm, dire son mot sur le monde et aiguillonner son cours : l'harmoniser ou le désunir, le soigner ou l'achever, lui promettre l'avenir ou le promettre au passé... Cette esthétique qui semblait prendre acte de la réalité était en réalité une esthétique en actes.

    Ce livre décrypte la généalogie d'un mythe de l'histoire de l'art, dont le début du XXIe siècle n'est pas encore revenu. Il relève certaines des facultés fantasmatiques prêtées aux productions de Courbet sous le Second Empire pour révéler la nature d'attentes collectives. Plus encore, le présent essai tempère l'idée selon laquelle l'oeuvre et la vie de Courbet seraient dépositaires d'une dimension démocratique. Si cette dernière existe, elle procède davantage des conflits d'opinion que provoquait un art à la fois puissamment matériel et inintelligible parmi des contemporains à l'affût du moindre espace d'expression.

  • Avec une approche identique à celle qui a valu son succès au volume précédent - l'appétit de comprendre le mystère des oeuvres et le goût de la narration - ce nouvel ouvrage traite des énigmes de la beauté. Rien de plus changeant, de plus sujet à polémique et à discrédit, dans les siècles passés, que les canons de la beauté, les idéaux d'harmonie ou de perfection de la forme. Ce qu'a adoré une génération est démodé pour la suivante, puis ressuscité par les petits-enfants des révolutionnaires du goût. La beauté n'a pas toujours rimé avec harmonie. L'énergie, le désordre, la violence des passions, les orages intérieurs, précurseurs de notre connaissance de l'inconscient et de la libido, ont passionné les artistes romantiques épris de beauté convulsive autant sinon plus que celle de l'harmonie héritée des Anciens (grecs ou romains). Raphaël ne règne plus depuis longtemps dans les écoles des Beaux-Arts. L'idée du beau, dans l'art contemporain, paraît problématique sinon provocatrice. Ce livre raconte ces enjeux du temps, leurs querelles, leurs excès, leurs équivoques, sur un ton à la fois savant et badin, humoristique mais toujours attentif à ne pas composer avec le sens ni à céder avec l'ennui.

  • Depuis 30 ans, le Fonds d'Action Sacem conduit " sans bruit " une politique de mécénat en faveur de la musique particulièrement active et diversifiée. Il se donne pour objectifs : d'encourager les jeunes à venir aux concerts de musique classique ; de promouvoir la musique de film et le métier de compositeur de musique de cinéma ; de soutenir la création des compositeurs au travers des commandes ; de favoriser les opérations musicales en faveur des jeunes défavorisés... Son histoire épouse celle de moments forts de la vie artistique des trois dernières décennies. Présent sur des festivals d'envergure internationale, il initie également des publications scientifiques de tout premier plan. La musique passionnément retrace les actions et les engagements de cette institution. Au travers de témoignages et projets les plus audacieux, le Fonds d'Action Sacem souhaite continuer pour longtemps à servir la musique, toutes les musiques.

  • Visionnaire, célèbre et célébré, talentueux et redoutablement savant, le peintre d'origine lyonnaise Paul Chenavard fut tout au long du XIXe siècle - dont il rallia quasiment les deux extrémités (1807-1895) - un personnage central de la vie artistique. Il n'en demeure aujourd'hui rien, ou presque. Son obsession d'un dispositif esthétique absolu, susceptible de dévoiler les ressorts de l'histoire et de l'infléchir, écrasa sa vie. Incapable d'achever son gigantesque projet de Palingénésie universelle que lui inspirèrent Hegel et les peintres mystiques allemands, ratant l'occasion de l'installer au coeur du Panthéon, il finit par promener, au fil des coteries et des portraits qui lui rendaient hommage, sa tenace mélancolie.
    La carrière de Paul Chenavard fait partie des grands exemples de l'auto-investiture sociale de la création, ambitionnant, à compter du romantisme, de rénover le monde. La vocation du peintre-prophète est surtout l'illustration édifiante de l'écart entre les prétentions historiques qui construisent le mythe moderne de l'artiste et une efficacité pour le moins relative. C'est cet écart que mesure le présent essai, à la recherche d'un être dont le trajet, faute d'être digne des grands maudits, confina à l'errance des destins manqués.

  • La censure sur les oeuvres d'art existe depuis des siècles, elle fut d'abord l'apanage de l'Eglise, grande spécialiste de la mise à l'index et des autodafés, qui livra une véritable guerre contre les images, censurant ce qui s'éloignait des canons officiels. On pouvait penser qu'après la révolution de 1789, la censure allait reculer devant la raison.
    Mais dès 1793 un décret propose la destruction des gisants de Saint-Denis et une vague de vandalisme détruit de nombreux chefs d'oeuvre du patrimoine. Au XIXe siècle, la censure est surtout politique et s'attaque à la presse, notamment ses illustrateurs tel Daumier. La liste des artistes frappés par la censure religieuse ou étatique est longue : Courbet, Manet, Munch, Schiele, Malévitch, Picasso, Dali...
    Fer de lance de la paranoïa dans les régimes totalitaires, la censure n'existe plus officiellement dans les pays démocratiques, mais elle emprunte des voies plus insidieuses : pressions contre les musées, dénonciations calomnieuses, interdictions à certaines catégories de public.
    Les artistes n'ont pas fini de se battre contre les hérauts de l'ordre moral et les conservateurs de tous ordres. Car la censure pose la question des limites de l'art : que peut-on ou que doit-on représenter ? pour quel public ? Jusqu'où l'art peut-il aller trop loin ?
    A travers un choix d'un cinquantaine de cas de censure, de la Renaissance à nos jours, Thomas Schlesser, historien de l'art et romancier, invite à redécouvrir des chefs d'oeuvre méconnus, des tableaux scandaleux, des gravures interdites, des films censurés.
    Du procès de Véronèse aux photographies récemment censurées de Larry Clark, en passant par l'iconoclasme de la Réforme, les scandales Courbet et Manet, l'emprisonnement de Daumier ou d'Egon Schiele ou l'exposition d'art dégénéré organisée par les Nazis, l'auteur raconte en détails, à l'aide d'anecdotes, de documents et de commentaires détaillés, l'histoire de ces oeuvres, qui ont affronté les pouvoirs en place et qui ont témoigné de la progression de la liberté en art.
    Raconter les épisodes de censure, c'est en effet voir tout à la fois ce qu'on attend et ce que l'on craint de la création, c'est surtout mesurer le pouvoir des images et le désir de contrôle que l'autorité cherche à exercer sur elle. C'est donc raconter une histoire des consciences.

  • Depuis la Renaissance italienne, peintres, sculpteurs, architectes puis photographes et vidéastes n'ont cessé de s'exprimer, et pas seulement par un biais visuel : traités, manifestes, correspondances, discours publics, récits autobiographiques forment un épais corpus de propos d'artistes.

    Les sujets qu'ils abordent sont innombrables, d'où la nécessité d'isoler tout ce qui traite de la création. Ce qui, dans les écrits d'artistes, est le plus important, c'est le regard sur l'art, la conception esthétique, et les conseils pratiques de l'artiste s'adressant à ses émules, ou encore ses jugements sur sa propre condition, sur les liens qu'il entretient avec la société, l'argent, la politique, la religion, etc.

    On trouvera dans ce recueil des centaines de sentences plus ou moins longues, de l'aphorisme au « morceau choisi » lyriques ou ironiques, didactiques ou intuitives, parfois cruelles, le plus souvent brillantes.

    Les regroupements sont faits par thèmes, en suivant l'ordre alphabétique, d'« abstraction » à « zéro », l'ensemble étant précédé d'une préface montrant les enjeux de cette constellation de bons mots. Mieux comprendre la fonction tutélaire (parfois surdimensionnée) qu'on prête à l'artiste aujourd'hui exige de mesurer la façon dont il a construit son mythe.

    Ce recueil permettra de pénétrer les grandes formules du génie. Il offrira surtout le plaisir de savourer de petits génies de la formule.

  • Courbet

    Thomas Schlesser

    • Scala
    • 4 Octobre 2007

    Un " peintre en sabots " descendu du Jura et marchant sur Paris pour secouer les beaux-arts en y administrant un souffle nouveau, à forte teneur républicaine et socialiste : c'est ainsi que Courbet fut perçu par ses contemporains. L'homme goûte la publicité tapageuse et affectionne les sujets qui excitent le public. Un enterrement à Ornans, présenté en 1851, inaugure ainsi deux décennies d'excès marquées par l'exposition de toiles que les contemporains jugeaient outrancières. Doté d'une liberté technique qui confère à ses tableaux une saisissante originalité, Courbet, avec ses compositions dissonantes, ébranle le Second Empire soumis à un académisme encore tout-puissant. Cet ouvrage permettra de se familiariser avec ses inventions picturales qui, en de nombreux points, annoncent les avant-gardes du XXe siècle. II tentera également de saisir le " mythe " Courbet en mesurant son influence sur ses plus notables confrères (Millet, Manet, Monet...) et en décryptant les savoureux détournements des caricaturistes. Hérault d'une peinture nouvelle, Courbet devint finalement le martyr de la Commune, emprisonné puis contraint à l'exil suite au " déboulonnage " de la colonne Vendôme. Selon les principes de la collection " Tableaux choisis ", ce livre propose des clefs d'analyse pour comprendre l'oeuvre de Courbet présentée à travers le prisme de douze toiles emblématiques exposées dans les plus grands musées.

  • Catalogue de l'exposition mettant en vis-à-vis des grandes oeuvres de Gustave Courbet et des créations de l'artiste contemporain Yan Pei-Ming, à l'image de ce qu'il créa en 2009 au musée du Louvre avec ses « Funérailles de Mona Lisa » : Yan Pei-Ming propose une série d'oeuvres inédites spécialement créées pour le bicentenaire de la naissance de Courbet.
    Pour célébrer le Bicentenaire de la naissance de Gustave Courbet, il fallait nécessairement, après avoir rappelé tout ce que l'art doit à la liberté esthétique que le peintre a su imposer en son temps, montrer combien il reste une référence pour les artistes d'aujourd'hui.
    C'est Yan Pei-Ming, peintre contemporain et internationalement reconnu, qui se confronte à une dizaine d'oeuvres majeures du maître d'Ornans. C'est d'ailleurs dans l'atelier de Courbet à Ornans que Yan Pei-Ming a réalisé les toiles qui viennent relever le défi d'un face-à-face.
    L'exposition Yan Pei-Ming face à Courbet s'attache à traduire les multiples connivences artistiques entre ces deux peintres à quelque six générations d'écart. Il y a dans la manière d'être et de peindre de Yan Pei-Ming bien des points communs avec Courbet, un geste large et sûr, une bataille livrée sur de grands formats et toujours une densité émotionnelle que l'artiste sait cacher sous son apparence sereine et joyeuse.

  • Plus qu'une histoire de l'impressionnisme, ce sont des histoires qui sont ici racontées par deux spécialistes.
    Documentés de façon très précise, mais dans un style romancé, ces trente récits de journées bien réelles retracent l'évolution d'un mouvement qui a révolutionné la peinture. Du scandale d'Impression, soleil levant exposé chez Nadar en 1874, au don par Claude Monet de ses Nymphéas à l'État français en 1918, l'ouvrage nous fait revivre les disputes d'Edgar Degas et Gustave Caillebotte au café Guerbois, le mariage d'Eugène Manet avec Berthe Morisot, le conflit qui oppose Pierre-Auguste Renoir à Camille Pissarro, l'installation du docteur Gachet à Auvers-sur-Oise ou la faillite du marchand Paul Durand-Ruel.
    En revenant sur les hauts lieux et les grandes dates de l'impressionnisme, ce « roman vrai » permet de comprendre l'histoire de ce groupe d'artistes qui, en quittant l'atelier pour peindre sur le motif, allaient, par leur travail sur la touche et la lumière, bouleverser le regard.

  • Cet ouvrage, édité sous la direction de Xavier Douroux à l'occasion de l'exposition présentée au FHEL en 2017, cherche à montrer la vision d'un artiste, Hans Hartung qui s'est imposé comme une des figures centrales d'une peinture libérée des règles classiques comme de la tentation d'un nouvel académisme : une peinture abstraite, où prime une facture très expressive - une mise en forme qui donne naissance à des formes amples et à des contrastes de couleurs puissants.
    Cette peinture, tout en étant émancipée, demeure habitée par un sens aigu du contrôle, une adhésion choisie à la maîtrise.
    L'oeuvre de Hartung entre en résonance avec celles d'autres artistes : ceux que l'on relie historiquement à « l'abstraction lyrique », mais aussi de grands noms de la scène internationale.

    Illustré par un ensemble inédit d'oeuvres provenant des collections de la Fondation Hartung- Bergman.
    Mise en persperctive de l'oeuvre d'Hartung avec une sélection de peintures d'artistes internationaux.
    Enrichi de textes de spécialistes tels que Xavier Douroux, Thomas Schlesser, Juliette Evezard ou Judicaël Lavrador.

  • Un retour sur la correspondance de Gustave Courbet, par un ethnologue, une écrivaine, un psychanalyste, un chasseur, un philosophe, un gastroentérologue, un psychiatre, deux conservatrices du patrimoine et six historien.ne.s d'art.

    Il y a 20 ans, paraissait l'intégrale de la correspondance de Gustave Courbet sous l'égide d'une chercheuse américaine : Petra ten-Doesschate Chu. Sa publication nous permettait d'accéder à un panorama autobiographique de Courbet, depuis ses 18 ans jusqu'à l'heure de sa mort. Il fallait fêter cet événement. D'une part pour remercier Petra Chu en personne, toujours très active, de son travail considérable, précis, minutieux, et obtenir ses confidences sur les origines de cette publication, avant elle plusieurs fois annoncée d'intention mais jamais aboutie. D'autre part, pour prendre la mesure des renouvellements considérables que la Correspondance de Courbet a introduits dans la réception du peintre, la compréhension de ses toiles, la perception de l'homme. À ce titre, pour beaucoup de chercheurs réunis dans cet ouvrage anniversaire, la parution de la somme de Petra Chu en 1996 est un jalon aussi important dans l'historiographie du peintre d'Ornans que l'accrochage public de L'Origine du monde au musée d'Orsay en 1993.
    Autour de Petra Chu sont donc ici réunis : un ethnologue, une écrivaine, un psychanalyste, un chasseur, un philosophe, un gastroentérologue, un psychiatre, deux conservatrices du patrimoine et six historien.ne.s d'art. Une multiplicité de perspectives et de discours pour célébrer la richesse du matériau réuni par « Le Chu », en croisant les champs disciplinaires pour démontrer l'inépuisable source de l'ouvrage, et découvrir un Courbet homme de lettres, plus protéiforme, plus humain et plus subtil que jamais. Tantôt séducteur, tantôt procureur ; tantôt ostensible, tantôt inconscient ; tantôt syntone à l'interlocuteur ou à l'événement, tantôt digressif, ordalique : toujours Courbet vibre au rythme de son temps, du temps historique, politique, et du temps biologique aussi, que viennent rythmer les grands cycles de la vie du peintre, ses maladies comme ses ivresses, ses réactions irréfléchies comme ses adresses stratégiques. À la veille de son bicentenaire, un Courbet plus vivant que jamais.

  • Plus qu'une histoire de l'impressionnisme, ce sont des histoires qui sont ici racontées par deux spécialistes.
    Documentés de façon très précise, mais dans un style romancé, ces trente récits de journées bien réelles retracent l'évolution d'un mouvement qui a révolutionné la peinture. Du scandale d'Impression, soleil levant exposé chez Nadar en 1874, au don par Claude Monet de ses Nymphéas à l'Etat français en 1918, l'ouvrage nous fait revivre les disputes d'Edgar Degas et Gustave Caillebotte au café Guerbois, le mariage d'Eugène Manet avec Berthe Morisot, le conflit qui oppose Pierre-Auguste Renoir à Camille Pissarro, l'installation du docteur Gachet à Auvers-sur-Oise ou la faillite du marchand Paul Durand-Ruel.
    En revenant sur les hauts lieux et les grandes dates de l'impressionnisme, ce "roman vrai" permet de comprendre l'histoire de ce groupe d'artistes qui, en quittant l'atelier et pour peindre sur le motif, allaient, par leur travail sur la touche et la lumière, bouleverser le regard.

  • Rodin était un créateur hors pair, un travailleur acharné et un génie de la sculpture. L'exposition sur les marbres restitue l'évolution du style de Rodin : du fini, du précis au flou, au non finito. L'album se consacre à l'importance du marbre dans l'évolution de l'esthétique de Rodin.
    Le marbre, matériau mythique évoquant la Grèce antique ou l'Italie de Michel-Ange, est considéré comme le plus apte à représenter la chair. Il stimule le talent de Rodin à jouer de la lumière et des ombres, des creux et des saillies, à cultiver le modelé, par opposition à la ligne néo classique. Le non finito, symptomatique de l'art de Rodin, est autant une réflexion sur l'inachèvement que sur la trace.

    Exposition au musée Rodin, Paris, du 8 juin 2012 au 1er septembre 2013

empty