Vrand Caroline

  • Raphaël est sans nul doute l'un des artistes les plus connus de l'histoire de l'art occidental. Sa renommée est due assurément à son génie, mais aussi à l'ampleur de la diffusion de sa « manière », permise dès son vivant à la fois par le nombre d'élèves qu'il a formés et par la circulation des estampes. Raphaël compte en effet parmi les premiers artistes de la Renaissance à s'associer durablement avec des graveurs professionnels, au premier rang desquels l'artiste originaire de Bologne, Marcantonio Raimondi. La collaboration entre le peintre et le graveur fut particulièrement fructueuse, ne se limitant pas à la reproduction servile, en noir et blanc, des oeuvres de l'Urbinate. Le nom de Raphaël est également attaché à l'épanouissement de la technique du « clair-obscur », un procédé de gravure en couleurs, en camaieu, obtenu par l'impression d'autant de matrices que de couleurs souhaitées. Les chiaroscuri d'Ugo da Carpi qui portent l'invenit de Raphaël comptent ainsi parmi les premières gravures en couleurs réalisées en Italie.

  • La technique de la gravure apparaît en Occident au tournant des xiv e et xv e siècles et connaît un extraordinaire épanouissement.
    Son utilisation s'étend alors à de nombreux domaines et l'estampe se voit employée pour des usages quotidiens, commerciaux, dévotionnels et artistiques. L'ouvrage s'attache à un corpus d'objets bien précis ayant trait aux origines de la gravure française, et notamment parisienne : les coffrets à estampe.
    Ces coffrets en bois recouvert de cuir et de bandes métalliques datent pour la plupart de la période 1480-1550 et présentent la particularité de contenir une gravure sur bois collée à l'intérieur, sur le revers de leur couvercle. Cette image, dont le sujet est le plus souvent religieux, est coloriée au pochoir et fréquemment accompagnée de quelques lignes de texte gravé.
    S'ils ont longtemps été appelés, à tort, « coffrets de voyage » ou « coffrets de pèlerinage », l'usage de ces objets reste aujourd'hui incertain, d'autant que les sources, tant visuelles que textuelles, manquent.
    Afin de les replacer dans le contexte de la production artistique des années 1500, les coffrets sont mis en regard avec des livres imprimés ou manuscrits, des ivoires, des vitraux et des tapisseries. Cette confrontation permet de mettre en exergue la person- nalité d'un acteur majeur de la vie artistique parisienne de la fin du Moyen Âge, le Maître des Très Petites Heures d'Anne de Bretagne, identifié à Jean d'Ypres. Ce peintre-enlumineur a fourni quantité de modèles aux artistes de son temps ; c'est notam- ment à lui que l'on attribue les petits patrons de la tapisserie de la Dame à la Licorne.

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