Sciences humaines & sociales

  • « Crise migratoire », « invasion », « grand remplacement », « ruée » : autant d'expressions employées pour décrire l'immigration vers la France, l'Europe ou les « pays du Nord ». Ni anodins ni complètements nouveaux, ces termes font des étrangers une menace.
    Mais sommes-nous réellement au coeur d'une crise migratoire exceptionnelle ? Ou s'agit-il là d'un discours politique et non étayé, alimenté par la peur de l'Autre ? Un discours qui se répète depuis plus d'un siècle et dont seules changent les cibles, et qui se durcit à la faveur de chaque nouvelle crise économique.

    Il est temps de lever le voile sur le processus de fabrication de ce discours sur l'immigration, plus que jamais instrumentalisé au profit de différents acteurs - politiques, entreprises et institutions -, et d'interroger le modèle de société que nous souhaitons bâtir.

  • Robots autonomes, officiers connectés, reconnaissance génomique : les innovations mises au service de la police semblent sans limites.
    Etats et entreprises privées avancent main dans la main pour développer un arsenal sécuritaire hypertechnologique, pas toujours efficace mais qu'un marketing intensif tente de rendre désirable. La « police du futur » ouvre des perspectives orwelliennes : il s'agit autant d'optimiser les équipements et les méthodes des forces de l'ordre que de poser les jalons d'un véritable panoptique policier qui a pour objectif d'aboutir à l'autocontrôle des populations.
    Mais cette mécanique n'est pas implacable. Elle se confronte à des résistances collectives ainsi qu'à la montée en puissance de critiques de plus en plus radicales à l'égard de la police elle-même et de la société qui la produit.

  • Depuis des décennies, la création monétaire n'a plus pour but que de maintenir à flot une économie-monde fondée sur l'hégémonie de la finance et la subalternisation de la production « réelle ». Le fossé est immense entre l'importance des sommes déversées sur les marchés et le manque d'argent consacré aux services publics, aux salaires, à la lutte contre la pauvreté ou le réchauffement climatique. La crise du coronavirus a remis la question monétaire au centre des préoccupations économiques. Mais si l'on ne veut pas revenir à l'ancien monde des milliards qui manquent ici et sont abondants là, il faut changer totalement de pratiques et de priorités. Mettre enfin la monnaie au service du bien comment dans le cadre d'un projet politique égalitaire, afin desubvenir aux besoin réels de sociétés au bord de l'implosion. Par exemple, en passant par la garantie de l'emploi, seule à même de rompre avec le chantage à l'emploi et de réorienter les énergies, les désirs et les compétences vers une économie écologique et solidaire.

  • White

    Bret Easton Ellis

    • 10/18
    • 17 Septembre 2020

    Que raconte White, première expérience de « non-fiction » pour Bret Easton Ellis ? Tout et rien. « Tout dire sur rien et ne rien dire surtout » pourrait être la formule impossible, à la Warhol, susceptible de condenser ce livre, d'en exprimer les contradictions, d'en camoufler les intentions. White est aussi ironique que Moins que zéro, aussi glaçant qu'American Psycho, aussi menaçant que Glamorama, aussi labyrinthique que Lunar Park, aussi implacable que Suite(s) impériale(s). Loin des clichés toujours mieux partagés, plus masqué que jamais, Bret Easton Ellis poursuit son analyse décapante des États-Unis d'Amérique, d'une façon, comme il le dit lui-même, « ludique et provocatrice, réelle et fausse, facile à lire et difficile à déchiffrer, et, chose tout à fait importante, à ne pas prendre trop au sérieux ».
    Que raconte White en ayant l'air à la fois de toucher à tout et de ne rien dire ? Peut-être que le fil à suivre est celui du curieux destin d'American Psycho, roman d'horreur en 1991 métamorphosé en comédie musicale à Broadway vingt-cinq ans plus tard. Ellis a dit autrefois : « Patrick Bateman, c'est moi. » Il ne le dit plus. Et si Patrick Bateman était devenu président ?
    P.G.

  • I am not your negro

    ,

    • 10/18
    • 4 Octobre 2018

    Dans ses dernières années, le grand écrivain américain James Baldwin a commencé la rédaction d'un livre sur l'Amérique à partir des portraits de ses trois amis assassinés, figures de la lutte pour les droits civiques : Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King Jr. Partant de ce livre inachevé, Raoul Peck a reconstitué la pensée de Baldwin en s'aidant des notes prises par l'écrivain, ses discours et ses lettres. Il en a fait un documentaire - salué dans le monde entier, sélectionné aux Oscars et remportant le César 2018 - aujourd'hui devenu un livre, formidable introduction à l'oeuvre de James Baldwin. Un voyage kaléidoscopique qui révèle sa vision tragique, profonde et pleine d'humanité de l'histoire des Noirs aux États-Unis et de l'aveuglement de l'Occident.

  • Vers une vie simple

    Edward Carpenter

    • 10/18
    • 4 Novembre 2021

    Publié en 1887, ce livre est un réquisitoire contre l'idéal qui prédomine alors en Angleterre : s'enrichir en fournissant le moins d'efforts possible. Toute une population rêve en effet de parvenir à l'état de consommateur passif qui vit aux crochets des autres. À l'économie politique bourgeoise qui détruit la fraternité, Carpenter oppose un tout autre idéal : que chacun se dépouille du superflu et se retrousse les manches pour répondre à ses besoins, tout en partageant et en s'entraidant avec ses prochains. S'appuyant à la manière d'un Henry David Thoreau sur sa propre expérience de retour à la terre, sur sa sensibilité à la nature et sur les principes de la simplicité volontaire qu'il expose ici, l'écrivain-maraîcher plaide pour un socialisme anti-industriel. Soit une production à petite échelle fondée sur le travail des paysans et des artisans, qui maîtrisent leurs moyens de subsistance.
    Non seulement une telle société décentralisée serait plus juste et égalitaire, mais elle permettrait aussi une plus grande liberté et un épanouissement des individus. Car l'Homme n'est pas fait pour s'enfermer dans des villes fumantes, mais pour vivre au grand air et travailler avec ses mains. Voici l'une des leçons de ce magnifique traité de philosophie pratique.

  • Le maitre ignorant

    Jacques Rancière

    • 10/18
    • 2 Septembre 2004

    En 1818, Joseph Jacotot, révolutionnaire exilé et lecteur de littérature française à l'université de Louvain, commença à semer la panique dans l'Europe savante. Non content d'avoir appris le français à des étudiants flamands sans leur donner aucune leçon, il se mit à enseigner ce qu'il ignorait et à proclamer le mot d'ordre de l'émancipation intellectuelle : tous les hommes ont une égale intelligence. Il ne s'agit pas de pédagogie amusante, mais de philosophie et de politique. Jacques Rancière offre, à travers la biographie de ce personnage étonnant, une réflexion philosophique originale sur l'éducation. La grande leçon de Jacotot est que l'instruction est comme la liberté : elle ne se donne pas, elle se prend.

  • Manifeste du parti communiste

    ,

    • 10/18
    • 16 Septembre 2004

    Cette oeuvre fut publiée pour la première fois en 1848 et rédigée à la demande du deuxième congrès de la Ligue des Communistes, réunie à Londres en décembre 1847.
    Une seule phrase et tout l'acquis de la civilisation a été remis en question : « Prolétaires du monde entier, unissez-vous. » Ainsi se termine le Manifeste du Parti communiste. Et ainsi s'ouvre l'ère des grands bouleversements sociaux.

    « On ne peut prétendre que quelques belles pages peuvent à elles seules changer la face du monde. L'oeuvre de Dante tout entière n'a pas suffi à rendre un saint empereur romain aux Communes italiennes. Toutefois, lorsque l'on parle de ce texte que fut le Manifeste du parti communiste publié par Marx et Engels en 1848 et qui a, indéniablement, exercé une influence considérable sur deux siècles d'histoire, je pense qu'il faut le relire du point de vue de sa qualité littéraire ou, du moins, de son extraordinaire structure rhétorique et argumentative.» Umberto Eco

  • L'herbe du diable et la petite fumee

    Carlos Castaneda

    • 10/18
    • 2 Février 2012

    Arizona, 1961.
    Alors qu'il est étudiant en anthropologie de l'université de Los Angeles, Carlos Castaneda rencontre don Juan Matus, un indien Yaqui de la province de Sonora.
    L'homme de savoir, étrange sorcier, l'initie au chamanisme en lui dévoilant l'envers du monde et la manière d'apprivoiser la racine Datura Inoxia : l'herbe du diable.

  • Le savant et le politique

    Max Weber

    • 10/18
    • 15 Février 2002

    La science, la politique : deux vocations profondément divergentes.
    L'une requiert modestie et disponibilité de l'esprit. l'autre, déchirée entre l'éthique de la conviction et l'éthique de la responsabilité, souffre d'une contradiction nécessaire qui toujours lui interdira la certitude scientifique. telles sont les lignes directrices de cette profonde analyse, d'une urgence si actuelle, à laquelle nous convie le plus grand sociologue allemand de ce siècle.

  • Nostalgie de l'absolu Nouv.

    Nostalgie de l'absolu

    George Steiner

    • 10/18
    • 13 Mai 2022

    Le déclin des systèmes religieux institutionnalisés a laissé un grand vide moral et affectif au sein de la culture occidentale. Après la décomposition du christianisme et de sa théologie, Steiner examine les mythologies de substitution offertes par le programme philosophico-politique de Marx, la psychanalyse freudienne et l'anthropologie structurale de Lévi-Strauss. S'intéressant à leur dimension rédemptrice ou apocalyptique, il s'interroge également sur les racines juives de ces trois grands mouvements prophétiques qui ont pris la relève d'un christianisme qui avait voulu supplanter l'héritage du judaïsme. À côté de ces sommets de l'intelligence spéculative, il examine ensuite la vogue des « petits hommes verts », mais aussi des sciences occultes ou de l'astrologie, sans oublier les cultes orientaux : autant de tentatives incapables à ses yeux d'apporter une réponse à la « crise du sens » qui frappe l'homme moderne.

  • La mort du roi Arthur

    Anonyme

    • 10/18
    • 15 Décembre 1997
  • De la propagande

    Noam Chomsky

    • 10/18
    • 2 Octobre 2003

    " la pratique de noam chomsky, c'est de vous dire ce qu'il pense, pas ce que vous devez penser.
    Il ne se contente pas de maudire l'obscurantisme, il allume une bougie pour que nous puissions y voir. " voir ou comprendre quoi ? l'impérialisme américain, d'abord, qu'il démonte avec une remarquable acuité - de l'éradication des résistances sud-américaines au contre-terrorisme. les ressorts psychologiques et lexicaux de la " fabrication de l'assentiment " dans le monde. mais aussi la signification de la mobilisation contre l'omc à seattle, le fonctionnement de l'onu et des cours internationales de justice, notamment à propos du cas pinochet, le fondement de l'économie capitaliste depuis les années 1970.
    Derrière le chomsky politique apparaît alors le chomsky linguiste, insistant sur la détérioration et la falsification du langage, moyen pour une certaine idéologie néolibérale de faire passer les vessies pour des lanternes.

  • Little rock 1957

    Thomas Snégaroff

    • 10/18
    • 5 Septembre 2019

    La photographie de l'une des Neuf, Elizabeth Eckford, 15 ans, huée et insultée, fait la une des journaux le lendemain. L'Amérique est bouleversée. Commence alors un bras de fer qui oppose le gouverneur de l'Arkansas Orval Faubus au président des États-Unis Dwight Eisenhower. Thomas Snégaroff, spécialiste des États-Unis, est allé sur place pour enquêter sur cet épisode majeur de l'histoire de la lutte pour l'égalité des droits. Grâce à des témoignages inédits et des archives publiques exploitées pour la première fois, il nous livre un récit captivant et émouvant qui brosse un portrait de l'Amérique d'hier et d'aujourd'hui.

  • Il peut sembler qu'en publiant sous forme de livres séparés les deux textes de Schopenhauer intitulés Métaphysique de l'amour et Métaphysique de la mort, qui constituent deux chapitres des Compléments au Monde comme Volonté et Représentation, on aille contre les intentions de l'auteur, lequel nous avertit d'avoir, si on veut le comprendre, à lire intégralement tout ce qu'il a écrit. Cependant, cette exigence, qui est au fond celle de tous les philosophes, est en réalité moins impérieuse lorsqu'il s'agit de Schopenhauer. En effet, son oeuvre n'étant, comme il ne cesse de le répéter, que "l'épanouissement d'une pensée unique dont toutes les parties ont entre elles la plus intime liaison", cette pensée, partout latente, est partout décelable. On peut donc, beaucoup plus impunément que dans une philosophie déductive, détacher de la doctrine tel ou tel de ses fragments.

  • L'amour et l'occident

    Denis de Rougemont

    • 10/18
    • 21 Mars 2001

    L'occident, c'est avant tout une conception de l'amour.
    Denis de rougemont rejoint l'actualité la plus brûlante en traitant ce sujet éternel qu'il a su entièrement renouveler. il a mis l'accent avec une autorité exceptionnelle sur les valeurs de fidélité que l'homme ne peut nier sans se condamner à la perdition.

  • Introduction à la philosophie

    Karl Jaspers

    • 10/18
    • 3 Décembre 2001

    Jaspers incarne, en Allemagne, l'existentialisme chrétien. Partant de la constatation primordiale de l'existence, le philosophe, échappant au réalisme matérialiste, doit rechercher les conditions du salut de l'homme, c'est-à-dire l'accomplissement de sa liberté. Cet accomplissement, Jaspers le situe en Dieu. Récusant donc la primauté de la science sur la métaphysique et la foi, Jaspers montre comment on peut, depuis Platon, déduire et construire un humanisme philosophique de la liberté.

  • Le profit avant l'homme

    Noam Chomsky

    • 10/18
    • 6 Mai 2004

    Depuis l'effondrement des régimes communistes, le dogme néo-libéral est le pavillon sous lequel les etats-unis, imités par la majorité des pays occidentaux, ont décidé de défendre leurs intérêts stratégiques.
    Les deux grands mots d'ordre de ce que l'on appelle la " mondialisation " - " moins d'etat " et " liberté des marchés " - sont désormais leurs armes privilégiées pour assurer leur domination sur le reste du monde. pourtant, noam chomsky souligne à quel point la réalité du néo-libéralisme actuel tourne le dos aux principes du libéralisme " classique ". la compétition est truquée et les pays riches, en position de force, recourent à toutes sortes de mesures qui sont autant de violations déguisées de la liberté qu'ils prétendent défendre.
    " un brûlot fustigeant les hypocrisies du dogme néo-libéral. ", midi libre.

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