A Propos

  • Émile Morel, auteur désormais complétement oublié, publie en 1907 un texte consacré aux mineurs, au titre évocateur, Les Gueules noires. Dans une composition parfaitement construite, sept récits montés en kaleidoscope emmènent le lecteur sur le carreau de la fosse, dans le coron et l'estaminet, au plus près d'un mineur, d'une jeune trieuse, d'une veuve ou d'un patron. Peu à peu, au fi l de la lecture, sans aucun élement de chronologie, ni référence géographique, le lecteur, immergé dans un monde d'une dureté à peine imaginable, est gagné par l'émotion. La mort, la maladie, l'exploitation des hommes sont omniprésentes. Un texte noir, forçant sans doute quelque peu le trait sur les conditions de vie des mineurs dans les corons, oubliant la solidarité entre mineurs, mais très juste, notamment lorsqu'il décrit l'attente des familles après la catastrophe au fond du puits.
    Les Gueules noires paraît peu après la catastrophe de Courrières, la seconde catastophe minière de tous les temps qui fi t 1099 mort en 1906. Il est magistralement accompagné de 16 lithographies pleine page et de 41 dessins par Théophile Steinlen, illustrateur plein d'empathie pour la classe ouvrière et les gens du peuple.

  • Quand j'etais photographe

    Nadar

    En 1900, à l'âge de quatre-vingts ans, Nadar publie Quand j'étais photographe, présenté alors comme ses mémoires. En réalité, le photographe, caricaturiste, journaliste et écrivain dans ses vies antérieures, y reprend presque exclusivement des textes précédemment parus dans la revue Paris-Photographe, dirigée par son fils Paul.
    Dans ces quatorze récits courts, apparemment sans lien entre eux si ce n' est un fil - parfois ténu - à la photographie, Nadar nous happe dans son rythme de vie trépidant, et nous fait revivre quelques-unes de ses aventures : les premières photographies dans les catacombes ou dans les égouts, la première photographie depuis les airs, dont il a réellement été l'inventeur, son voyage en ballon jusqu'en Prusse, ou encore l'utilisation de la photographie durant le Siège de Paris en 1870-1871. Il nous livre également de truculents portraits de ses contemporains face à cette nouvelle pratique, considérée comme magique par certains.
    Un texte passionnant, mais parfois obscur, tant les références aux artistes et scientifiques de l'époque sont nombreuses et bien souvent elliptiques. Un commentaire s'imposait pour permettre au lecteur de goûter pleinement la saveur d'un ouvrage étonnant, à l'image de son auteur.

  • Naviguer dans le passé pour découvrir le parcours de la danse modern? jazz à travers la musique qui l?accompagne. S?ouvrir à d?autres formes artistiques dans lesquelles l?idiome jazz est présent et qui partagent une histoire commune. Jeter « l?encre » dans les plantations du Sud des États-Unis du XVIIe siècle. S?imprégner des chants de l?Église baptiste puis de la raucité des blues le long des rives boueuses du Mississippi. Mettre le cap vers les grandes villes du Nord-Est pour assister à un minstrel show. Pousser la porte d?un ancien théâtre pour découvrir des numéros de claquettes hors pairs. Se rendre dans la région du Missouri. Être transporté par une cascade de notes qui s?échappe d?un vieux piano mécanique et voir des danseurs évoluer sans retenue sur un rang endiablé. Découvrir ces bateaux à aubes qui relient Saint-Louis à La Nouvelle-Orléans dans un foisonnement de sons et de couleurs. Rejoindre Congo Square pour observer les esclaves qui y célèbrent leurs rites et tentent de retrouver leurs rythmes ancestraux. Se rendre dans un club de jazz du côté de Storyville. Poursuivre la route du jazz en direction de Chicago puis de New York. Pénétrer dans des salles de danse et des endroits nocturnes célébrant le Jazz Age puis l?ère du Swing et la danse jazz de récital.  C?est cette histoire qui vous attend, forte et émouvante à la fois?

  • Mauvais garçon, dépravé, bagarreur, assassin : si les qualificatifs ne manquent pas pour évoquer Caravage, ils ne sont guère élogieux. Et pour cause : sa vie est un vrai roman, des palais romains de ses commanditaires aux bagarres nocturnes incessantes, de la prison à la condamnation à mort par le pape, de l'exil jusqu'à sa mort précoce.
    Pourtant, entre génie et provocation, Caravage allait révolutionner la peinture et, en ce début du XVIIe siècle, libérer les artistes des codes étouffants du maniérisme. Avec Caravage, la vie quotidienne surgit soudain dans la peinture religieuse, et de quelle manière ! Le peuple des rues de Rome est là, tout près du spectateur, émergeant de l'ombre, comme transcendé par la lumière divine, dans de subtils clairs-obscurs : l'artiste n'hésite pas à représenter la vérité des êtres jusqu'à peindre leur laideur, leur douleur et leur pauvreté. Avec Caravage, l'art sacré s'humanise.
    Témoignages d'époque et données historiques récentes à l'appui, Neville Rowley donne la parole à ce que le peintre nous a laissé de plus précieux : son oeuvre.

  • Lorsque Greco est évoqué en France, c'est pour son art étrange, peuplé de figures étirées magnifiées par de somptueuses couleurs, un art irréaliste, empreint dans bien des oeuvres d'un mysticisme fiévreux. C'est oublier ses magnifiques portraits humanistes, à l'égal de ceux du Titien. Bien mal connu en France, comme bien des peintres espagnols, Greco n'est en réalité pas espagnol, mais crétois. Comment le peintre passe-t-il des icônes de la plus pure tradition byzantine à un art maniériste poussé à l'extrême, considéré au xxe siècle comme d'une absolue modernité, et admiré par les artistes de l'avant-garde, dont Picasso? Pour comprendre ce cheminement artistique, Greco, de la Crète à Tolède invite à suivre les pas du peintre de la Crète à Venise, aux côtés de Tintoret, puis à Rome et enfin à Tolède, en plein coeur au siècle d'Or espagnol.

  • Ce travail se base sur quelques écrits mais également sur les observations de terrain de botanistes dans le cadre de la constitution de l'Atlas de la flore lorraine. Sont abordés dans ce livre les modes de dispersion des semences, volontaires ou non. C'est ainsi que l'on peut distinguer trois voies de dispersion :
    - Par le transport du fourrage des animaux auxiliaires des troupes.
    - Par la dispersion de semences transportées involontairement dans les vêtements ou les sacs des soldats.
    - Par la plantation à des fins alimentaires ou médicinales.
    Le territoire concerné est la Lorraine terrain de combat bien connu lors des dernières guerres. 21 plantes sont décrites et leur introduction suivie par le mouvement des troupes allemandes, russes, américaines mais également françaises. C'est ainsi que la laîche fausse brize formant de grandes populations en Meuse est pour la plupart issues des graines échappées des paillasses des soldats allemands.
    L'herbe aux yeux bleus ou bermudienne, plante américaine suit les troupes US des Vosges à Meuse-Argonne avec le général Pershing. En conclusion, l'étude des plantes obsidionales reflète l'histoire locale dans la grande Histoire et permet de mieux comprendre certains aspects de la vie des combattants.

  • Réédition en facsimilé du récit de voyage au Japon d'Émile Guimet, illustré par son compagnon de voyage Félix Régamey, paru en deux tomes en 1878 et 1880.
    L'industriel lyonnais Émile Guimet, parti étudier les religions de l'archipel nippon, conte à son retour les péripéties du voyage et la découverte de la vie quotidienne au Japon, bien souvent déconcertante pour un occidental. Il évoque également au fil des chapitres les grands mythes de l'empire du Soleil levant. Le voyageur y fait preuve de beaucoup de sensibilité, et d'admiration pour les Japonais. L'ouvrage est ponctué par de nombreuses illustrations de Félix Régamey, toujours très justes.

    Présenté par Hervé Beaumont.

  • L'auteur nous plonge ici dans les coulisses de la Grande Exposition universelle de 1900 à Paris et fait revivre, sous sa plume animée, les personnages clés de cette extraordinaire aventure : le roi Léopold II sans qui les intérêts belges en Égypte n'auraient pu se développer, les hommes d'affaires de même que les architectes de talent. Ceux-ci ont réalisé une ville sublime sur le plan architectural. Héliopolis fut cependant bien plus qu'une superbe ville, elle a représenté tout un art de vivre et un esprit de tolérance permettant aux différents cultes de se côtoyer. Un tableau vivant d'une époque révolue, une parfaite maîtrise du sujet rendent le récit captivant. Au travers des lignes se dessine, comme des hiéroglyphes, la passion qu'éprouve l'auteur pour l'Égypte.

  • 1939. La Banque Nationale de Belgique voit s'approcher l'orage. Elle se hâte de mettre son or à l'abri des nazis, mais le plan échoue. Le régime collaborateur de Vichy vend la mèche et veille à promener l'or de la Belgique (près de 200 tonnes en lingots et monnaies d'or !) via la France, Dakar au Sénégal, le Mali, Alger et Marseille pour aboutir finalement dans les caves de la Reichsbank à Berlin. On s'imagine difficilement combien cela représente en nombre de lingots et quelle en est la valeur.
    L'or à la dérive est un véritable thriller politique : de jour en jour on suit la trace depuis le départ jusqu'au moment où le dernier fragment sera restitué à la banque centrale de Belgique seulement en 1997. Richement illustré, l'ouvrage apporte un nouvel éclairage sur le rôle d'un faible gouvernement en pleine errance, les démarches du roi Léopold III, des gouverneurs de la Banque Nationale et du ministre des Finances de l'époque, Camille Gutt.

  • Il peint les repasseuses au travail, mais n'est pas considéré comme un artiste réaliste. Il côtoie les impressionnistes, organise activement les expositions du même nom, mais exècre la peinture en plein air. Edgar Degas est inclassable.
    Résolument à l'avant-garde, cet admirateur inconditionnel des maîtres du passé transgresse dans de déconcertants cadrages les règles de la composition classique. Repoussant sans cesse les limites de son métier, il réinvente le monotype et le pastel, s'initie à la photographie et pratique la sculpture.
    Degas, un temps attiré par la peinture d'histoire, a su porter un regard inédit sur la modernité de son temps : scènes de cafés et spectacles de cafés-concerts, répétitions dans les coulisses de l'Opéra, courses à l'hippodrome. Et, mieux que quiconque, il a su dévoiler l'intimité des femmes à travers des nus audacieux, tantôt d'une grande crudité, tantôt d'une délicatesse inouïe. Degas n'est pas seulement le peintre des danseuses...

  • Coincée six pieds sous terre depuis plusieurs décès qui l'ont bien arrangée mais la laissent fermenter dans la culpabilité, Claire fait semblant de vivre en crachant son acidité à voix basse sur un entourage qu'elle aime gentiment asservir. Lorsqu'elle apprend que son fils, encore lycéen, compte finir sa scolarité en Inde, elle sent qu'elle perd pied. Pour faire diversion elle envisage d'échanger sa maison du Cap Ferret avec une certaine Estelle. Sur l'île où elle s'est réfugiée, Claire ne distingue plus vraiment ses contours au point qu'elle s'étonne à peine de trouver chaque nuit, écrits dans des carnets, les récits que son hôte lui fait en simultané de son séjour à Ferret. Alors qu'elle commence à peine à se redessiner et à faire entendre sa voix de sous les gravats, son frère Arnaud lui fait une terrible révélation.

  • En 1880, Edmond de Goncourt publie La Maison d'un artiste, un ouvrage d'un genre totalement nouveau, dans lequel il décrit minutieusement chaque pièce de sa maison. En collectionneur chevronné, il y a accumulé ici des dessins et sculptures du xviiie siècle, là des livres de bibliophilie qu'il a fait relier de cuirs exceptionnels, et là encore des objets extrême-orientaux. S'il prétendit être à l'origine de la vague de japonisme qui déferla en France - ce qui n'est pas tout à fait exact -, il fut néanmoins l'un des premiers collectionneurs occidentaux d'estampes japonaises, de gardes de sabre, de netsukés et autres objets alors inconnus. La réédition proposée ici reprend les textes de l'oeuvre en rappport avec les arts extrême-orientaux. Geneviève Lacambre aborde dans une large préface les ressorts de cette collection, les étapes de sa constitution et son devenir. Elle y étudie le parcours d'une dizaine d'objets jusqu'à nos jours - objets pour lesquels des illustrations photographiques sont proposées.

  • Atlas de la flore lorraine

    Floraine

    Il répond à un besoin essentiel de connaissance de la biodiversité dans un but de préservation, de protection et d'arrêt de l'érosion de nos richesses naturelles. Cet atlas est une oeuvre collective, dont les auteurs sont tous des botanistes de terrain ayant contribué largement à l'amélioration de la connaissance de notre patrimoine végétal, tant dans la flore « banale » que dans celle plus exceptionnelle que constituent les espèces protégées, déterminantes ZNIEFF, de la future liste rouge régionale, ou encore à protéger.

    Destiné aux aménageurs, bureau d'études, décideurs ainsi qu'à tous les botanistes professionnels et amateurs, cet atlas de la flore lorraine est le premier ouvrage du genre pour la région Lorraine.

  • Claudine à Paris, d'après les romans de Willy et Colette, est la seule pièce de théâtre de Colette à n'avoir jamais été publiée bien qu'elle ait fait l'objet de nombreux articles dans la presse ! Après l'avoir miraculeusement retrouvée, nous vous la donnons à lire aujourd'hui. En point d'orgue !

  • Ce livre repose sur un constat?: quels que soient les dossiers et les commissions auxquels Planète-Vie a participé durant ces vingt dernières années, les intérêts économiques ont toujours primé sur la protection des animaux. Certes, des textes de loi existent, mais ils sont limités dans leur portée et les moyens pour les faire appliquer manquent.

    L'homme est ainsi devenu responsable du zoocide le plus important que la Terre ait jamais connu?: chaque année, 60 milliards d'animaux domestiques sont tués dans nos élevages industriels, près de 1000 milliards dans l'écosystème marin, et 30?% des espèces de la faune sauvage devraient disparaître d'ici 2050...

    La situation qui prévaut pour les cétacés et les delphinariums en est un exemple flagrant. Ce système aveugle, dénué de toute forme d'éthique ou de compassion, repose sur un fait juridique?: l'animal est une «?chose?», relevant de la catégorie juridique du mobilier, et ce dans la plupart des ordres juridiques du monde. Or, si nous voulons réellement respecter la nature et les animaux, nous devons leur reconnaître une identité et des droits.

    Prenant le dauphin comme ambassadeur, ce manifeste vibrant, appuyé par le monde artistique et de nombreuses associations, est un appel adressé à l'Homme et plus particulièrement à ses représentants politiques.

    Accordez au monde vivant une catégorie juridique propre et indépendante de celles de l'humain et du mobilier, avec à la clé des droits qui permettront de changer leur destin.
    Et le nôtre, car tout est lié.

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