Al Dante

  • Sade épouse Sade

    Liliane Giraudon

    Un essai sur la relation amoureuse entre Sade et Renée Pélagie, son épouse, suivi d'une anthologie de lettres qu'il lui a écrites en prison.
    Sade l'écrit : Je suis un libertin, mais je ne suis pas un criminel ni un meurtrier.
    Enfermé une partie de son existence, il allait fabriquer une machinerie de contre-censure et sur un mode littéral, à partir de l'interdit-faire du romanesque.
    On s'est peu intéressé à Renée Pélagie son épouse.
    Que sait-on de cette singulière conjugalité ? De cette forme d'amour qui les unit ?

    Ce livre est construit en deux parties :
    1. 111 notes pour Lacoste de Liliane Giraudon.
    2. Épouse Sade : une mini anthologie de lettres de Sade à son épouse.

  • Anatomique comme

    Amandine André

    De Pantin à Paris-gare du Nord en passant par « quelque part en Amérique latine » : une écriture implosive pour une cartographie de la violence. À la fois document poétique, et carnet de chorégraphe.

  • LE LIVRE # Hymne à l'Europe universelle (sic) est une chronique poétique, où il est question du racisme ordinaire envers les Rroms. Des petites remarques insidieuses entendues au hasard de la rue, jusqu'aux décisions de nos élus, Florence Pazzottu recense toutes les étapes participant de la fabrication d'une mythologie raciste les persécutant.
    Mais les RomsManouches Tziganes / - qui ne sont pas tous d'exotiques / nomades étrangers venus d'une Inde /mythique -,mais lesManouches Roms / Tsiganes - qui n'ont pour point commun / que le regard malade qu'une Europe malade, dissociée, porte sur eux -, /mais les Tziganes RomsManouches ne sont pas / à intégrer ils sont des parties du corps / de l'Europe que soudain elle rejette / ne veut plus reconnaître les ayant transformés / au XXe siècle par statut d'exception / en errants apatrides.
    EXTRAIT DE LA POSTFACE DE FLORENCE PAZZOTU > Écrire en poète, c'est étreindre le corps obscur de la langue et viser la plus grande clarté. C'est tisser une forme-pensée, une prose offerte à la trouée du vers, sans rien éluder des multiples expériences du vivre.
    C'est s'éprouver toujours inconnu, intimement étranger à soi-même et étrangement lié à l'autre - et faire l'expérience que le dire qui nous fonde est toujours une adresse à autrui (à je ne sais qui).
    C'est nouer ensemble des strates de pensée ou de perception de réalités hétérogènes (rugueuses, rétives ou éruptives), - et déployer un dire qui témoigne d'unmonde en l'inventant toujours autre - en avant de lui-même et à flanc d'impossible : car le récit, s'il est poème, ne colle pas à ce qui est, n'est ni conforme ni adéquat, ne restitue pas, mais performe, - invente et ouvre le possible à venir.
    [.] C'est autour dumot Rromque se cristallise aujourd'hui le plus fortement cet enjeu.

  • La bonne conscience des Européens à l'égard desmigrant-e-s et des réfugié-e-s varie selon les circonstances;
    Ainsi, lorsque les atrocités de la guerre en Syrie apparaissent dans toute leur crudité, elle s'éveille et s'affirme au grand jour.Malgré le poids des clichés et la déliquescence politique généralisée d'une Europe où les opinions vacillent aumoindre séismemédiatique, un peu partout en France et dans d'autres pays des gens semobilisent pour accueillir ces fugitifs toujours plus nombreux, qui passent nos frontières avec, pour seuls bagages, leurs tragiques épopées. Face à cette situation inédite, certains gouvernements, plus oumoins timorés, cherchent - ou font mine de chercher - des solutions d'aides, d'autres verrouillent leurs frontières et n'hésitent pas à lancer leurs cerbères armés contre cette populace désorientée - tandis que l'Allemagne, à la surprise générale, se pose en toute magnanimité comme État providence.
    Mais les attaques terroristes de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015 changent soudainement la donne, et renvoient à la case départ le sort des déplacé-e-s, déporté-e-s, réfugié-e-s, migrant-e-s. Il n'est plus question d'hospitalité. Désormais, pour la grande majorité des gouvernements européens (dont la France), ces personnes, hier victimes à plaindre, deviennent indésirables assimilées à des terroristes : des jetables. Les frontières, à l'instar des opinions publiques, se referment. On « peut » désormais les renvoyer au pire d'où ils viennent, à l'eau ou ailleurs. Qu'importe ce qu'ils et elles deviendront, on entretient et nourrit l'amalgame :
    Ils et elles paieront pour les terroristes.
    La mémoire historique est courte.

  • Ce roman raconte la vie de Janis Joplin, artiste chanteuse qui, à l'instar de toute une génération, se révoltera contre l'AmericanWay of Life. Rejetant le rêve américain, samorale oppressive, son traditionnalisme obtu et sa promesse de vie aseptisée, elle se bat en faveurs du droit des noirs Américains, vit pleinement sa musique hors de toute contrainte, tout en brûlant la vie en affamée, se perdant, lumineuse, dans l'alcool, la drogue et le plaisir des sens.
    Dans ce récit tendu sous tension, on croise également Jim Morisson et Jimmy Hendrix, autresmembres du club des 27 - ainsi que Ferlinghetti, l'un des apôtres de la beat generation. C'est tout un pan de la contre-culture américaine qui se vit sous nos yeux, en insuflant dans nos cerveaux une écriture aussi débridée que les volutes libératoires et fantasmatiques du LSD...

  • Après 25 années passées de prison, et une semi-liberté (17-12-2007/2-10-2008) abrégée à cause de quelques mots délivrés à la presse, Jean-Marc Rouillan, militant du groupe Action Direct, est enfin " dehors " depuis mai 2011 - mais sous surveillance électronique (un bracelet électronique lui a été mis à la cheville), avec des horaires de sorties à respecter : en semaine de 10h à 20h30; le samedi de 14h à 19h.
    Et obligation de rester enfermé chez lui le dimanche. Pendant ses premiers mois de liberté, Jean-Marc Rouillan s'immerge dans ce monde "du dehors ". Lorsque sa journée de travail se termine, et jusqu'à ce que sonne l'heure fatidique du retour obligé chez soi, il marche dans Marseille, rencontre et écoute les gens, observe leur façon de vivre, s'attache à comprendre ce qui les motive, s'intéresse à leurs problèmes, et aux multiples façons qu'ils gèrent (ou pas) leur quotidien, avec leurs joies, leurs colères et leurs doutes.
    Ainsi, il rencontre des hommes et des femmes, des ouvriers, des chômeurs, des poivrots, des poètes, des artistes, des intellectuels, des gens de la rue, des gens biens sous tous rapports et des voyous. Des révoltés et des soumis. Ce livre, écrit dans la solitude du dimanche, présenté comme un carnet, se construit plus en bribes et en accumulations d'indices que comme successions de narrations construites.
    Il note des gestes, des faits, des images, des mots, parfois importants, parfois a priori infimes (pas de hiérarchies dans ce qui est raconté) qui permettent de penser et de réagir face à ce monde de dehors (qui souvent fait penser à une autre forme de prison). C'est dans l'accumulation de ces indices, et dans la faculté du lecteur à les mettre en lien les uns aux autres que la matière à penser se construit.
    Et le constat est plutôt triste : Derrière la rumeur des bars, des rencontres, des discussions, des amitiés affirmées et d'autres naissantes et des rires, s'entendent les démerdes individuelles, les arrangements avec la solitude, les paroles vaines, les révoltes étouffées, le tout sur un fond de mémoire politique effacée. Ce carnet est illustré de dessins de Marie-Claire Cordat. Dessins noirs, expressifs, violents, effectués à la lame de rasoir sur carte à gratter.

  • Ce livre, au titre évocateur, regroupe plusieurs textes, chacun proposant la vie d'un homme illustre écrit par un autre homme illustre. En son et en mots, et au gré de techniques de composition propre à chacune de ces vies (que ce soit celle de l'écrivain, ou celle du sujet), prendront successivement corps l'Empereur Tibère (par Suétone), Christophe Clomb (par Jules Verne), Richard Wagner (par Nietzsche), Jésus (par Ernest Renan), Dante (par Boccaccio), Descartes (par Adrien Baillet), Napoléon 1er (par Stendhal), Sigmund Freud (par lui-même), James Joyce (par Italo Svevo), et Margaret Thatcher (par Hugo Young). Ici, ce sont les tics de langage, les mises en pages, les récurrences stylistiques qui font portrait.

  • Gang blues ecchymoses, un roadmovie visuel et poétique signé Sadie von Paris et Véronique bergen.
    Sous l'objectif de la jeune photographe Sadie von Paris, les cris d'une génération en quête d'un ailleurs, un voyage dans la jungle de l'asphalte, l'ivresse des sens, les rituels des substances et de l'éros.
    Aux paysages mystico-urbains de la colère shootés par Sadie von Paris se noue la danse des mots de Véronique Bergen.
    Un livre placé sous le signe de l'insurrection contre tout ce qui emprisonne, un braquage du réel étriqué un « non » à l'assassinat de nos existences un rugissement de tendresse aussi une création de mondes alternatifs dans le chaos acosmique contemporain Tout ce qui bouge est politique.

  • À la croisée du théâtre, de la performance et de la poésie - sans jamais s'arranger du confort d'un genre - Nadège Prugnard rend audible les paroles suffoquées - car selon d'où on vient et ce qu'on a vécu, raconter est difficile, et être entendu encore plus malaisé. Avec "M.A.M.A.E.", des femmes s'explosent en public, renvoyant aux lecteur-e-s / spectateur-e-s toute la violence accumulée, que ce soit dans la vie ou au théâtre ; "Monoï", « Indescriptible Notre-Dame des outrages », rappelle que l'intime aussi est politique, dans un récitatif débridé et volcanique qui met à mal tous les poncifs se rapportant au désir, à la sexualité et à la jouissance féminine pour s'imposer, enfin, pulsion de vie ; "Putain de campagne !" raconte, à travers leurs propres paroles, les doutes, rancoeurs, colères, espoirs et désirs des habitant-e-s des campagnes ; "Suzanne takes you Down", écrit à partir de témoignages, relate la résistance en Auvergne avec, comme compagnonne, le fantôme de Suzanne, actrice-

  • Ce premier livre regroupe la totalité des Poèmes-partitions encore inédits (écrits entre 1955 et 1965), poèmes composés pour être lus à voix nue et en direct au public.
    « Ces premiers poèmes, à compter de cette date [1955], je les ai intitulés Poèmes-partitions par référence, bien entendu, à la musique, où une oeuvre qui existe, préalablement en tant que partition, ne vit totalement que lorsque cette partition est exécutée. Il en était ainsi de même pour moi, avec la poésie, dans la mesure ou le poème, disposé sur le papier tel une partition simpliste, me fournissait rythmes, intensités, vitesse, ruptures et silences, n'existant donc pleinement, en tant que poème, qu'une fois dit publiquement à haute voix, ou retransmis par un support tel que un disque vinyl ou un CD ».
    Introduisant cet ensemble, nous rééditions (pour la première fois depuis 1955) Sitôt dit, le premier livre de Bernard Heidsieck, et son unique livre de «poésie sèche».

  • le chantier poétique de Jacques Sivan (1955-2016) est certainement l'un des plus passionnant qu'il nous est donné d'explorer. Inventeur d'une écriture motléculaire (une écriture désaffublée des conventions et des codes contre lesquels l'auteur nous invite à résister), Jacques Sivan réinvente une langue qui reflète la complexité plurielle du monde tout en témoignant de son rapport au monde, de son expérience de vivre. Ici la poésie est pensée en action. Cette ouvrage, qui continue autrement ce chantier, donne à lire un important choix de textes écrits entre 1983 et 2016, sorte de bibliothèque portative qui permet d'appréhender toute la singularité de cette oeuvre. En ouverture, les préfaces de Vannina Maestri, Jennifer K. Dick, Jean-Michel Espitallier, Emmanuèle Jawad, Luigi Magno et Gaëlle Théval nous offrent quelques pistes de lecture pour mieux aborder cette poésie hors du commun, notamment en pointant les liens affirmés entre cet univers poétique et ceux d'ainés tels que Denis Roche

  • La démocratie

    Alain Brossat

    • Al dante
    • 19 Novembre 2013

    Dans les quatre essais qui composent ce livre s'ébauche ce que Foucault nommerait une analytique de la démocratie contemporaine en rupture ouverte avec les courants dominants de la science politique et de la philosophie politique. Il ne s'agit pas en effet de s'y demander ce qui définirait à proprement parler un régime démocratique, quelles seraient les normes de la culture démocratique, à quelles valeurs se réfèrent les usages démocratiques, en quoi consiste la vie démocratique, quelles en sont les institutions appropriées, (etc.) - mais de partir d'une tout autre question : de quelle espèce est l'opération contemporaine consistant à faire valoir le nom de la démocratie comme celui de la seule figure d'organisation et de vie politique acceptable et conforme aux exigences d'une vie civilisée ? Qu'est-ce qui est en jeu dans le balisage de notre présent par l'ensemble des discours tendant à accréditer la notion d'un horizon indépassable de « la démocratie », comme horizon du politique et de la vie commune ? De quoi cet usage du mot démocratie est-il la manifestation ou le symptôme ?

    Il s'agirait donc bien de déplacer l'angle du questionnement, de se situer dans un autre champ. On ne se demandera pas dans ces textes ce qu'est en vérité la démocratie contemporaine, on n'en dénoncera pas les faux-semblants ou les illusions, on n'opposera pas à ces mensonges ou ces trahisons allégués ce qu'elle devrait être - on s'interrogera plutôt sur le point suivant : sous quelles conditions sommes-nous astreints aujourd'hui à parler de la démocratie, quels sont les principes d'agencement qui président à l'établissement de l'ordre des discours régissant la formation des énoncés à propos de « la démocratie » aujourd'hui ?

    Ce qui constitue donc la trame de ces textes, ce ne sont pas des questions de définitions adéquates, ce n'est pas la critique des apparences fallacieuses ou des impostures des appareils de la démocratie contemporaines, c'est plutôt l'analyse du champ de forces et des jeux stratégiques de pouvoir qui s'établissent autour du nom de la démocratie dans nos sociétés.

  • Ossip Mandelstam écrit en 1933 une Épigramme contre Staline. Plusieurs personnes peuvent en prendre connaissance. Arrêté en 1934, il est déporté à Voronej, une grande ville sur le Don.
    Dès 1935, il commence à écrire les poèmes des Cahiers de Voronej (demeurés longtemps inédits et publiés après sa mort par sa femme qui les avaient appris par coeur et sauvés ainsi de la censure).
    Libéré, puis à nouveau arrêté, il meurt en 1938, dans un camp de transit.
    Sont ici publiés la plupart des poèmes des "Cahiers de Voronej", avec les deux poèmes consacrés à Staline (L'épigramme contre Staline et le Poème à Staline, sans doute une dernière tentative du poète pour sauver sa vie).
    Les poèmes des "Cahiers" approchent une sorte d'"écriture automatique" dans laquelle des phrases semblent sorties d'un chapeau. Les moments d'écriture, basés sur une sonorité, s'emboitent pour former une polysémie imposante.
    Peu de poètes ont écrit avec un tel malheur pour mémoire, une détresse, comme une fatalité du deuil. Les poèmes, donc, cette mémoire du malheur et de la mort. Au mot à mot.

  • Le baroque

    Christophe Tarkos

    • Al dante
    • 14 Novembre 2009

    " Quel sera le dernier mot de ce cahier pour le cas où vous joueriez au jeu idiot de prendre le dernier mot d'un cahier quelconque pour savoir ce qu'il faut décider dans un monde moins baroque que votre tête ? " Tarkos.

  • Biopsies

    Bernard Heidsieck

    Ce second livre regroupe la totalité des Biopsies encore inédits (écrits entre 1965 et 1969), poèmes composés pour être lus à voix nue et en direct au public.
    Biopsie : «prélèvement d'un fragment de tissu sur un être vivant pour l'examen histologique» (Petit Larousse illustré).
    « M'appuyant sur cette définition, j'ai, dans la seconde moitié des années soixante, réalisé toute une série de poèmes, souvent courts en partant d'éléments, non pas prélevés sur le corps humain, mais appartenant au corps social. Ce furent ainsi, pour certain d'entre eux, parfois des sortes de Poèmes Trouvés, autour de moi, dans le domaine économique, administratif, social, citadin. Mon activité professionnelle me fournissait une mine d'informations, banales, cocasses et quotidiennes, parfois fascinantes par leur impact, leur rôle, leur jeu, leur efficacité, leur utilaité, leur bêtise. Il m'est arrivé souvent d'écrire que mes poèmes étaient des poèmes « Serpillère, des poèmes Attrape-tout, des poèmes Éponges, des poèmes Caniveaux, ceci en vue de tenter de sublimer le Banal, l'ordinaire, le rien-du-tout, notre « ordinaire », notre quotidien. Ne serait-ce que pour le mettre en évidence, le comprendre, le vivre et l'exorciser. Et se familiariser ou rire de ses riens. » Dans ces Biopsies, on peut remarquer que le magnétophone prend une place de plus en plus importante, et qu'il n'est plus seulement un simple transmetteur de la voix, mais sert également de mini-laboratoire, avec des interventions directes sur la bande. On peut remarquer également l'utilisation de plus en plus évidente de sons ambiantiques (foules, rues, brouhahas, voitures, etc.).

  • Archéologie du chaos (amoureux) est le récit abracadabrant de Yacine Nabolci, farfelu Don Juan amoureux des livres - prétentieux et arrogant qui ne prétend rien moins que révolutionner le monde par la littérature -, narré par Marwan Kanafani, antihéros, aussi laid que Yacine est beau, marginal sans le sou, toxicomane etmisanthrope à la limite de la schizophrénie, qui ne voit à travers Yacine Nabolci que la personne qu'il aurait voulu être.
    Alors que Marwan Kanafani décède (laissant son roman inachevé), un flic désabusé et alcoolique refuse de croire à une mort naturelle et s'épuise dans une enquête qui prend forme d'une quête, et dans laquelle il se perd... A travers ce roman, c'est un portrait de l'Algérie contemporaine que nous offre l'auteur. Tous les problèmes à laquelle elle est confrontée sont traités avec un humour provocateur et transgressif : la politique, la famille, la corruption, la crise sociale et économique, la religion, la sexualité, la place de la femme...
    Et une jeunesse perdue, étouffée, qui ne sait comment réinventer un langage de la révolte. Mustapha Benfodil s'accorde quelques échappées poétiques et théâtrales dans cette folie littéraire, longue historiettemélangeant l'hilarant, l'absurde et le grotesque, le tout sur fond demélancolie et de profond fiel. L'écrivain-journaliste truffe son roman de références littéraires, principalement de E. M. Cioran.

  • Le rat empoisonné

    Jann-Marc Rouillan

    • Al dante
    • 21 Octobre 2014

    Avec Le rat empoisonné, Jann-marc Rouillan clôt une trilogie sur la chronique de samise en liberté. Dans Autopsie du dehors (paru enmars 2012), l'auteur raconte sa sortie de prison et son quotidien de relégué sous surveillance électronique. Le tricard (paru en septembre 2013) relate samise en liberté conditionnelle. La prison est toujours présente, dans la chair et dans lamémoire. Et le récit est émaillé de rencontres, de discussions, d'échanges.
    Dans ce dernier opus, Jann-marc Rouillan continue d'explorer cemonde dont il futmis à l'écart pendant plus de 25 ans. Tout en composant avec les règles imposées par les juges : les interdictions de séjours, les interdictions de prises de paroles, les interdictions de rencontrer certaines personnes, etc., il tente de se construire une vie en dehors des murs de la prison. La portée plus évidemment réflexive de cette troisième chronique n'est pas seulement porteuse d'une analyse radicale de notre société, qui voit le gouffre se creuser entre classes dominantes et populations opprimées et exploitées. C'est également le témoignage, rarement porté, de la difficulté pour un ex taulard de reprendre le cours normal de sa vie. Et c'est ainsi que l'auteur raconte ses relations kafkaiennes avec les diverses structures administratives, juridiques, économiques... qui contraignent autrement que la prison, mais avec cette même implacable volonté de casser chez l'ancien prisonnier toute velléité de s'en sortir...

  • ... alors vous entendez, ça gronde, ça bombe le torse, ça tape du poing et ça sanctionne, les voyageurs sans billets, les profiteurs du rsa, les resquilleurs, les agités, agitateurs, les militants incontrôlables ça dit, ça fait des listes, les délinquants, les activistes, les intégristes, les fraîchement radicalisés, des djihadisés plus ou moins, et s'il y en a un, même un seul, qui, terroriste, l'est ou pourrait l'être, ça justifie toutes les écoutes ça dit, la mise en fiche de tous les autres, car c'est au nom de la Liberté qu'on conditionne les libertés, c'est pas pareil, après la flexisécurité voici la sûreté libérale, ça promet, ça promet des flingues aux vigiles, exit le privilège d'État, et tant pis si ça ouvre la porte aux polices privées, auxmilices, ça nettoie, ça intensifie, ça hisse au rang de paradigme la lutte contre le terrorisme, toute la société scrutée, surveillée, mutique par solidarité...
    Cette harangue poétique, écrite d'un souffle le 8mars 2016, participe au présent aux mouvements de colère pré-insurrectionnels (manifestations des jeunes, «Nuit debout» - La nuit n'a pas de bout, nous sommes l'aurore, lit-on sur une pancarte brandie lors d'une manifestation -, convergence des luttes ici et ailleurs...) nés de l'après 31 mars.
    Une longue postface de Bernard Noël prend élan de ce texte pour continuer et développer les raisons de la colère, et porter son soutien à toutes les formes de paroles libérées et de révoltes qui s'insurgent contre cette civilisation mortifère et répressive.

  • Un monologue acide sur la vie au sud de l'Algérie, par l'unique employé de la morgue d'un petit village pétrifié entre l'ennui et la pauvreté.

    Moussa est le seul employé de la morgue de BalBala, petit village perdu au sud de l'Algérie. Tous les morts du bled passent ici : femmes tuées par des hommes jaloux, personnes terrassées par des cancers provoqués par la pollution de l'importante plate-forme pétrolière voisine (à la fois distilleuse de mort et seule source de travail...), migrants, contrebandiers et autres fuyards, enfants abandonnés à eux-mêmes, suicides, victimes de scorpions... C'est à une véritable étude socio-politique sauvage à laquelle se livre Moussa, en enregistrant ses réflexions à l'aide d'un dictaphone, comme le lui a demandé Aziz, son seul confident et ami, dans le but d'écrire un livre - Aziz, qui est également le trublion du village, celui qui n'a de cesse de dénoncer les injustices,de pointer du doigt les véreux de toutes espèces : religieux, politiques, patrons, etc.
    Jusqu'au jour où Aziz s'immole en plein tribunal de BalBala, et se retrouve à la morgue, en compagnie de son ami Moussa...
    BalBala (mot qui veut dire tumulte en arabe) est un petit village fictif imaginé près de Ouargla, ville qui connaît une forte agitation sociale en ce moment avec le soulèvement des chômeurs du Sud (guidés par le Comité national pour la défense des droits des chômeurs, CNDDC) qui réclament un peu de justice dans l'accès au marché du travail dans les champs pétroliers. Et c'est exactement ce qu'aborde ce monologue.
    Le texte repose, en partie, sur des enquêtes menées personnellement par l'auteur (reporter au quotidien algérien El Watan), à plusieurs reprises, dans le Sud algérien, où des activistes comme Aziz sont régulièrement persécutés et condamnés. L'un d'eux, un jeune juriste sans travail, avait même défrayé la chronique en s'immolant dans le bureau du directeur de l'agence de l'emploi de la ville de Ouargla...

  • Connu pour être l'un des créateurs du groupe « Action Directe », Jean-Marc Rouillan activiste politique et écrivain, était en prison depuis 1987, avec une brève période où il a bénéficié d'un régime de semi-liberté, du 17 décembre 2007 au 2 octobre 2008.
    Suite à un interview publié dans l'Express ce régime à été annulé « pour quelques mots », le tribunal d'application des peines anti-terroristes jugeant que ses propos constituaient une « apologie de la lutte armée ». Il est de nouveau en semi-liberté depuis le 19 mai 2011, avec l'obligation de porter un bracelet électronique.
    Ce collectif est constitué de textes réflexifs, poétiques ou fictionnels, qui interrogent, en lien ou en discussion avec Jean-Marc Rouillan, la situation politique actuelle, l'hypothèse insurrectionnelle ainsi que les notions d'action et d'« engagement ».
    Deux textes de Jean-Marc Rouillan, qui témoignent de sa vie en prison et font montre d'une « pensée en action », ouvrent ce dossier.

  • Le patient

    Jérôme Bertin

    • Al dante
    • 13 Septembre 2012

    Le Patient est le récit sans fard du quotidien d'une humanité blessée, oubliée, vidée, épuisée, mise à l'écart : celle des hôpitaux psychiatriques.
    Jérôme Bertin nous raconte le quotidien de cet hôpital d'un quartier populaire de Lille, les gens qui y vivent (patients, mais également psychiatres, infirmiers, personnes de l'accueils.), et les rencontres, les menus événements et autres incidents ponctuant un temps qui s'étire dans l'ennuie et la déprime.

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