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  • Politiques de l'écologie

    Pierre Charbonnier

    • Aoc
    • 18 Février 2022

    La situation politique de l'écologie interroge. Apparemment fixés depuis une génération sous la forme d'un parti impliqué dans la représentation démocratique - Les Verts, puis EELV -, le discours et le mouvement écologiques débordent pourtant largement ce cadre. Mais si l'écologie n'appartient à aucun parti, comment se repérer ? Il s'agit d'interroger la façon dont les trois grands blocs idéologiques modernes principaux intègrent dans leurs discours des éléments environnementaux. La différenciation entre libéraux, conservateurs et socialistes peut être décrite comme une divergence quant à l'usage du monde, une divergence entre trois façons de nouer le destin des hommes et des choses.

  • Quelles entre-deux-guerres ? guerre et climat : le péril de la nostalgie toxique Nouv.

    Eclipsé par la guerre en Ukraine, le dernier rapport du GIEC souligne l'irrémédiabilité des effets du changement climatique. Si Poutine porte aujourd'hui un coup de semonce inédit à l'idéal de paix issu de 1945, quels bouleversements de l'ordre mondial planétaire découleront du dérèglement climatique ? Au-delà de l'analogie entre ces deux tragédies concomitantes, il s'agit moins de les hiérarchiser que de tenter de les articuler. Saurons-nous tirer partie de cette urgence pour agir en faveur du climat ou succomberons-nous à un ultime et fatal boom des hydrocarbures ? Le sociologue Bruno Latour et la journaliste Naomi Klein éclairent de manière complémentaire la collision inédite de la guerre et du climat.

  • Si je peux faire plus qu'une phrase... entretien avec Jacques Derrida Nouv.

    À en croire Jean-Michel Blanquer, la pensée de Derrida est un virus. Raison de plus pour prendre le temps de laisser au philosophe de la nouvelle cible à abattre - la « déconstruction » - le temps de déployer sa pensée, telle qu'il y a dix-huit ans elle nous permettait déjà de saisir ce qui, dans le cours du monde, de la politique et des médias, n'a fait depuis que s'accentuer.

  • Rarement un seul signe graphique (·), le point médian, aura fait couler autant d'encre. Rarement aussi le débat public, politique, aura été aussi caricatural, réduisant les rapports complexes qu'entretiennent langue et société à une seule marque (détestable), un seul enjeu (dangereux). Côté pile : Julie Neveux s'en amuse très sérieusement dans une comédie très enlevée. Côté face : elle se réjouit de la parution de La Grande Grammaire du français porte ouverte sur la diversité des usages ordinaires du français, dans l'ensemble du monde francophone, et qu'ils soient écrits ou oraux.

  • à qui le tour ?

    Bernard Comment

    • Aoc
    • 18 Février 2022

    Fin de quinquennat. Le président de la République, interviewé à la télévision, annonce de but en blanc qu'il ne postule pas à sa réélection et quitte le plateau. Coup de bluff ? Piège ? Le problème ne s'arrête pas là et la situation s'aggrave avec la non-candidature des ténors de tous bords. « Une élection sans candidat, ce serait drôle tout de même. - Drôle peut-être, et surtout : tragique. » Et si, au final, il n'y avait qu'un seul candidat ?

  • « Reprendre ce matériau souillé et avili qu'aura représenté l'Afrique - et les Africains - et le transformer en matériau astral, voilà où réside la puissance de «Black Panther» et telle est la raison pour laquelle il suscite tant d'effervescence. » Achille Mbembe Black Panther est un blockbuster inédit. Comment interpréter cette apparition de l'Afrique dans la conscience techno-cinématographique de notre temps ? Qu'est-ce qui explique que des foules, aux États-Unis, au Brésil et ailleurs soient prises dans un tel engouement pour ce qui, après tout, n'est qu'un film ? Dans un contexte de reviviscence de BlackLivesMatter, les hommages qui ont suivi la mort de l'acteur principal, Chadwick Boseman, ont pris une résonnance particulière. Bref, de quel projet politique Black Panther est-il le nom ? Deux textes réunis en un volume tête-bêche pour explorer cette question.

    Achille Mbembe est aujourd'hui l'un des très grands intellectuels africains, historien et philosophe il enseigne en Afrique du Sud et aux États-Unis.
    Bérénice Hamidi-Kim est sociologue du théâtre, maître de conférence à l'université Lyon 2 AOC est un quotidien d'idées numérique fondé en janvier 2018 par Sylvain Bourmeau, Raphaël Bourgois et Cécile Moscovitz. Du lundi au vendredi, il publie chaque jour une Analyse, une Opinion et une Critique, le samedi un entretien et le dimanche un texte littéraire.
    En presque trois ans, AOC a publié 2 500 articles de plus de 1 300 auteurs différents (chercheuses et chercheurs, écrivain.e.s, artistes, journalistes...). Plus de 80 000 lecteurs reçoivent chaque jour par email le sommaire, parmi lesquels 7 000 sont abonnés.
    Dès avant son lancement, le quotidien d'idées AOC a imaginé publier dans un ouvrage de belle facture certains de ses articles de référence, renouant ainsi, à l'ère numérique, avec les brochures du XVIIIe siècle.

  • Festival de Cannes, au milieu du cinéma Nouv.

    « Un biotope n'a rien de sympa, n'a rien de cool. On dévore et on y est dévoré, on y meurt pour que d'autres vivent, la justice ou l'équité sont loin d'y avoir toujours leur place. Cannes est un univers ultra-hiérarchisé, une forme extrême de la société de cour chère à Norbert Elias, qu'il s'agisse des festivaliers, dans et hors du Palais, ou des films. Mais ce système permet que perdure une multiplicité d'êtres qui ne s'aiment pas forcément, qui appartiennent à des espèces différentes, et qui ont besoin les uns des autres de manière plus ou moins amicale. L'essentiel est que l'équilibre général et ses effets sur les « individus », c'est à dire sur les films, sur ceux qui les font, ceux qui les montrent, ceux qui en parlent, ceux qui iront les voir, continuent de bénéficier globalement de tout ce circuit, ou même, comme on dit parfois, de tout ce cirque. Et c'est effectivement le cas, jusqu'à aujourd'hui et il faut le souhaiter pour longtemps encore, du Festival de Cannes.» - Jean-Michel Frodon

  • Après une première vague de séries télé qui a donné davantage de visibilité aux femmes, nous voici au coeur d'une deuxième vague, avec des productions - Unbelievable, Mrs America... - qui offrent au public des outils d'analyse en vue d'un changement culturel et politique. Des séries qui ont notamment été vues et partagées lors des confinements, période durant laquelle cette forme culturelle semble avoir pris le contrôle de nos vies en s'occupant de nous et pas seulement en nous occupant, à l'instar d'En thérapie, qui illustre à merveille cette nouvelle esthétique du care. Ce sont ces deux textes qu'AOC a voulu réunir (en un volume tête- bêche) pour en faire l'un de ses « Imprimés ».

  • « La première leçon du coronavirus est aussi la plus stupéfiante : la preuve est faite, en effet, qu'il est possible, en quelques semaines, de suspendre partout dans le monde et au même moment, un système économique dont on nous disait jusqu'ici qu'il était impossible à ralentir ou à rediriger. » Bruno Latour En décembre 2019, Bruno Latour envoie, tel un cadeau, un conte de Noël au quotidien numérique AOC, qui le publie immédiatement. Trois mois plus tard, alors que la pandémie de Covid-19 vient de nous installer dans le confinement, il envoie un second cadeau : un article qui sera certainement l'un des plus lus à travers la planète durant ces mois reclus, traduit en une vingtaine de langues. Ce sont ces deux textes qu'AOC a voulu réunir (en un volume tête-bêche) pour en faire l'un de ses « Imprimés ».

  • La gauche et les siens

    Michel Feher

    • Aoc
    • 22 Octobre 2021

    La gauche a un problème d'adresse. Il ne s'agit pas tant de regretter qu'elle se montre malhabile que de constater qu'elle se trompe souvent de destinataires. Plus qu'à susciter la confiance de ses partisans d'aujourd'hui, elle s'ingénie alternativement à obtenir la reconnaissance de leurs adversaires et à invoquer les mânes de leurs ancêtres. Pour s'arracher à la mélancolie, elle gagnerait à mieux s'occuper des siens.
    Ce sont ces trois textes qu'AOC a voulu réunir en un volume pour en faire l'un de ses "Imprimés" .

  • À quelques mois d'intervalle, entre 1988 et 1989, et à la faveur d'un film de Martin Scorsese, La Dernière tentation du Christ, et d'un roman de Salman Rushdie, Les Versets sataniques, l'accusation de blasphème a soudainement refait actualité dans nos paisibles démocraties pluralistes. Ce fut un tournant pour l'anthropologue Jeanne Favret-Saada, qui n'a eu de cesse, depuis, d'enquêter sur ce retour de bâton religieux, y compris les caricatures de Mahomet.

    Un an avant l'assassinat du professeur Samuel Paty, AOC avait choisi d'accueillir un entretien important entre Jeanne Favret-Saada et Arnaud Esquerre, un texte refusé par la revue Terrain qui l'avait initialement commandé pour un dossier intitulé... « Faire taire». En revenant sur les enquêtes qu'elle mène depuis trente ans sur ces sujets, Jeanne Favret-Saada nous permet de mieux saisir comment le mot blasphème a fait son grand retour à la « une » des journaux.

    Jeanne Favret-Saada est anthropologue, elle a travaillé successivement sur les systèmes politiques tribaux en Algérie, la sorcellerie dans le bocage de l'Ouest français, l'antisémitisme et l'antijudaisme catholiques et les accusations de blasphème dans l'Europe contemporaine.
    Arnaud Esquerre est sociologue, il a notamment travaillé sur les sectes, les cimetières, l'astrologie, la censure. Il est le co-auteur avec Luc Boltanski d'Enrichissement (Gallimard).

    AOC est un quotidien d'idées numérique fondé en janvier 2018 par Sylvain Bourmeau, Raphaël Bourgois et Cécile Moscovitz. Du lundi au vendredi, il publie chaque jour une Analyse, une Opinion et une Critique, le samedi un entretien et le dimanche un texte littéraire.
    En presque trois ans, AOC a publié 2 500 articles de plus de 1 300 auteurs différents (chercheuses et chercheurs, écrivain.e.s, artistes, journalistes...). Plus de 80 000 lecteurs reçoivent chaque jour par email le sommaire, parmi lesquels 7 000 sont abonnés.
    Dès avant son lancement, le quotidien d'idées AOC a imaginé publier dans un ouvrage de belle facture certains de ses articles de référence, renouant ainsi, à l'ère numérique, avec les brochures du XVIIIe siècle.

  • « Signes et déchets de signes, phrases et déchets de phrases font nos milieux de vie. En cela, l'actualité récente a souvent révélé, s'il en était besoin, quelque chose comme des états pourris de la parole, pourris à force de déliaisons, de rétrécissements, d'inattention, de bâclage, de négligence, de morgue, de dédain. Des états pourris de la parole politique, de la parole médiatique, et de nos propres échanges, c'est-à-dire des phrases que nous mettons dans le monde et entre nous, dans la rue, dans le travail, sur les réseaux, dans les tweets, ces « gazouillis » ». Marielle Macé - Déjà auteure pour AOC d'un formidable texte sur « Nos cabanes », Marielle Macé a confié au début 2021 un long et important article à propos des « états pourris de la parole » tels que notamment révélés par la crise sanitaire. Mais attention, parler d'une pollution de la parole n'est pas une manière de déplorer un quelconque appauvrissement de la langue, ce n'est ni un esthétisme, ni un élitisme. C'est le désir de penser la parole comme un milieu partagé et vulnérable, comme une « zone à défendre » : un lieu commun dont il faut prendre soin. C'est précisément ce que faisait Céline Curiol quelques mois plus tôt dans les colonnes d'AOC avec « Paroles malheureuses », une nouvelle en forme de dystopie autour d'une épidémie de mots pathogènes. Et si notre vulnérabilité relevait directement du propre de l'humain : de la langue ?

  • Pour lutter contre le caractère encore profondément inégalitaire de l'enseignement supérieur en France, il convient peut-être d'abord de s'attaquer à l'auto-censure : c'est contre la représentation que les jeunes ont d'eux-mêmes qu'il faut se battre en les incitant à élargir leurs horizons. Mais il convient aussi d'exiger des grandes écoles comme des universités qu'elles n'accueillent pas les étudiants sur le seul critère de l'excellence scolaire, afin de reconnaitre aussi l'excellence humaine. Ce sont ces deux textes récents et engagés qu'AOC a voulu réunir (en un volume tête- bêche) pour en faire l'un de ses « Imprimés ».

  • « Entre le temps de la maladie surveillée par les médecins et l'urgence, qui est un des maîtres-mots du présentisme, a surgi un conflit de temporalités, qui s'est cristallisé autour de la question de la mise au point d'un traitement curatif et d'un vaccin. Dans une série, le scénario voudrait que le chercheur génial et marginalisé découvre la bonne molécule qui, au dernier moment, va sauver la communauté. Et dans la réalité ? » François Hartog - Historien du « présentisme », François Hartog ne pouvait pas ne pas se sentir requis par la pandémie tant elle est venue brouiller nos habituelles temporalités. Au printemps 2020, pendant le premier confinement, il a confié un premier texte à AOC sur ce trouble qui surgissait dans le présentisme. Puis, au début de cette année 2021, alors que la crise sanitaire s'installait dans la durée et que le virus s'installait en maître impérieux du temps, il rappelait combien la courte histoire de cette épidémie pouvait être représentée comme celle d'une succession de batailles pour en reprendre le contrôle. Sachant que, du fait de sa capacité à muter sans cesse, le virus a toujours inévitablement un coup d'avance, et nous, un coup de retard.

  • « Nul n'aurait imaginé, il y a un an seulement, nos vies si puissamment ébranlées par l'épidémie galopante. Sans que nous sachions encore s'il s'agit de mutations durables ou momentanées, sinon définitives, la crise sanitaire altère à la fois nos façons de sentir et de ressentir, nos perceptions intimes de l'espace et du temps, comme nos attitudes et gestes coutumiers. » Hervé Mazurel - Historien des sensibilités, Hervé Mazurel s'est autorisé à esquisser quelques analyses à partir de bribes de réalité collectées lors de flâneries dans l'atmosphère étrange d'une métropole frappée par la pandémie et donc bien peu reconnaissable, et où se laissent lire, du fait d'un tel dépaysement, certains signes révélateurs d'évolutions en cours. Au printemps 2020, il avait donné à AOC un premier texte sur la manière dont le toucher se trouvait affecté par l'épidémie, avant d'en donner un second en ce début 2021 dans lequel il s'interroger sur la manière dont une civilisation du masque avait pointé son nez.

  • « Entre les collapsologues et les anti-catastrophistes, un jeu de miroirs s'est formé. Tout se passe comme si les collapsologues donnaient raison aux critiques les plus radicales du catastrophisme. S'ils n'existaient pas, les anti-catastrophistes les auraient inventés. L'homme de paille que ces derniers ont construit pour mieux l'incendier est devenu réel. Mais, comme toujours avec les extrêmes, des points de contact apparaissent. » Jean-Pierre Dupuy - Dans un texte important pour AOC, le philosophe Jean-Pierre Dupuy s'en prenait vertement à tous les « collapsologues » qui le citent de travers et prophétisent l'effondrement certain de nos civilisations. Mais, dans un second texte confié au même quotidien d'idées, il mettait également en garde contre les « optimistes béats », et choisissait de poursuivre dans la voie qu'il a tracée en précurseur, celle d'un « catastrophisme éclairé ».

  • Zone bleue (3620)

    ,

    • Aoc
    • 3 Juin 2021

    « Une armée d'arbres identiques, comme tirés d'un seul moule et répliqués à l'infini. Cette réplication du même individu augmente en vous le sentiment de votre propre unicité. Sur les troncs, en contre- jour, vous découvrez le fourmillement de la couleur qui s'impose à toute surface. (On vous en avait tant parlé. C'est elle que vous étiez venu chercher.) Un bleu qui vous caresse. Un bleu qui vous pénètre. (Réaction magique de la cyanosynthèse.) L'écorce elle-même dégouline de couleur bleue. » Nous sommes en 3620, une équipe de scientifiques se réunit dans le but de préserver la « zone bleue » de l'afflux touristique qu'elle suscite. Pourtant, quelques siècles plus tôt, après la mise au jour de cette forêt située aux confins des Vosges et de la Lorraine, des morts et des pathologies inexpliquées étaient apparues parmi les visiteurs. Les autochtones parlent du mythe d'un soleil mort enfoui profondément sous terre. L'état de la recherche, malgré la découverte du fait que la Zone se trouve au-dessus de déchets radioactifs, patine. On ne connaît toujours pas le dessein des éventuels fondateurs. À moins que la jeune lauréate du concours de nouvelles du Laboratoire de science-fiction organisé en 2052 ne détienne la clé ? Les deux nouvelles d'Aram Kebabdjian sont à lire tête-bêche, et même en miroir, par-delà le dessin de Stéfane Perraud.

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