Arlea

  • 555

    Hélène Gestern

    • Arlea
    • 6 Janvier 2022

    Après le beau récit biographique sur Armen Lubin, Hélène Gestern revient au roman avec cet énigmatique 555. Comme souvent chez l'autrice, le roman classique se double d'une enquête. Il s'agit ici d'une enquête sans enquêteur. Mais plutôt de la résolution d'une énigme qui nous tient en haleine jusqu'au bout. De quoi s'agit-il?? Dans 555, Hélène Gestern nous entraîne dans le monde de la musique, des musiciens, de la lutherie, avec une puissance qui lui appartient. C'est en défaisant la doublure d'un étui à violoncelle que Grégoire Coblence, associé d'un luthier, découvre une partition ancienne. Après l'avoir fait déchiffrer, il acquiert la certitude qu'elle a été écrite par Domenico Scarlatti, le plus illustre des compositeurs pour clavecin. Mais la partition disparaît. Cinq êtres, dont l'existence est intimement liée à l'oeuvre du musicien, se lancent alors à corps perdu à la recherche du précieux document, dans un contexte où vérité et mensonges, sincérité et faux-semblants ne cessent de se télescoper. de la plus troublante des façons. Mais comme toujours dans les romans d'Hélène Gestern, ces cinq hommes et femmes, au fil de la diabolique partie d'échecs à laquelle ils vont devoir prendre part, sont peu à peu amenés à questionner leur passé, leurs amours, leurs espérances et leurs erreurs, à la faveur d'une quête qui va bouleverser durablement leurs existences.
    Scarlatti, compositeur génial aux 555 sonates, est le fil conducteur de ce roman «musical». Sa musique envoûtante en est la bande sonore. Et peu importe, finalement, de savoir s'il faut en ajouter une 556e.

  • Fables

    Jean de La Fontaine

    • Arlea
    • 24 Janvier 2004

    Il faut mysogyne, mauvais époux et mauvais père, un peu courtisan dans ses dédicaces, libertin dans ses Contes, et fidèle dans ses amitiés. Restent ses "Fables", que nous publions ici intégralement, sans commentaire, simplement parce qu'elles sont son chef-d'oeuvre, que toutes méritent qu'on les lise et les relise, que nombre d'entre elles hantent à jamais la mémoire des écoliers que nous fûmes, et parce que la maîtrise de son art s'y déploie pour notre plus grand plaisir.

  • Neige

    Maxence Fermine

    • Arlea
    • 13 Janvier 2011

    Dans une langue concise et blanche, Maxence Fermine cisèle une histoire où la beauté et l'amour ont la fulgurance du haïku. On y trouve le portrait d'un Japon raffiné où, entre violence et douceur, la tradition s'affronte aux forces de la vie.

  • Les petits personnages

    Marie Sizun

    • Arlea
    • 3 Mars 2022

    Les petits personnages qui donnent vie à ce recueil de nouvelles (ou de courts textes) sont ceux que l'on voit, minuscules, secondaires, presque inutiles, dans un tableau dont l'objet principal est un paysage. Figures quasi anonymes dont la présence ne se justifie que par le désir du peintre de donner vie à un décor figé ou d'exprimer le contraste entre leur petitesse et la vastitude du lieu où ils se trouvent. Marie Sizun décide de leur insuffler un nouveau souffle de vie, leur inventant à chacun une histoire, des sentiments, des regrets ou des espoirs, bref, d'en faire les personnages principaux de ces trente-trois nouvelles qui déclinent tout l'univers romanesque de l'auteur. Une femme qui se hâte sur une plage, un enfant solitaire qui joue dans un jardin, un couple au bord de la rupture, des amoureux, une adolescente qui rêve de liberté, tous ces petits personnages s'échappent de la toile pour aller vers leur destin.Le choix des peintures est très large mais reflète au plus juste la sensibilité de Marie Sizun. Des Très riches heures du Duc de Berry à Moser ou Ensor, de Fragonard à Van Gogh, de Vallotton à Monet, Marquet ou Turner, elle réussit chaque fois à trouver le ton juste et la parfaite adéquation entre ce que l'on voit et ce que l'on entend. Racontant la peinture, ou plutôt la prolongeant en imagination, elle nous donne à la voir autrement.

  • Kyoto song

    Colette Fellous

    • Arlea
    • 3 Mars 2022

    Kyoto song a la forme d'un voyage qui contiendrait tous les voyages : un désir, une brûlure, un élan souverain, une danse. Et sur le chemin, je voulais retrouver de manière aléatoire des scènes perdues, ou, comme on dit à la radio, restées en l'air : tant que je serais vivante et que l'envie de marcher sans avoir peur me guiderait, je resterais à Kyoto.
    Mais je ne suis pas venue seule au Japon, une petite fille m'accompagne, Lisa. Elle a dix ans. C'est elle qui m'a poussée à être là. Elle dit toujours que son chiffre magique est le 5 mais elle ne sait pas comment l'expliquer, régulièrement, elle lance des choses comme ça, et moi je la crois.

  • Oedipe-roi

    Sophocle

    • Arlea
    • 14 Avril 2016

    Toutes les cités grecques se réclament d'un héros fondateur mythique. Celui de Thèbes se nomme Cadmos.

    La fondation légendaire de Thèbes est la conséquence de l'enlèvement d'Europe par Zeus, jeune princesse phénicienne que le roi des dieux enleva en prenant la forme d'un taureau. Son père envoya à sa recherche ses trois fils, Cadmos, Phénix et Cilix. Ne la retrouvant pas, ils s'établirent en différents lieux de la Grèce. L'aîné, Cadmos, s'installa en Thrace, puis à Rhodes. Après de nombreuses mésaventures, il édifia la ville qui, avant d'être nommée Thèbes, fut appelée Cadmée.

    Les malheurs qui ont nourri le cycle thébain commencent avec Laïos, père d'OEdipe, héritier du trône thébain, en bas âge à la mort de son père. Chassé de la cité à sa majorité, Laïos trouve refuge à la cour de Pélops, roi de Mycènes, qui lui confie son fils Chrysippe, que Laïos enlève et viole. Pélops appelle alors sur Laïos et sur Thèbes la malédiction d'Apollon, et les catastrophes vont s'accumuler : Laïos sera tué par son fils et sa lignée souillée par l'inceste que ce fils commettra avec sa mère. Deux crimes entre tous les crimes.
    Le cycle thébain s'achèvera sur l'épisode des Épigones, les « descendants », qui se lanceront dans une nouvelle guerre.

    Violence et passions, assassinats, malédictions, fatalités inexorables. Il y avait là de quoi nourrir de grandioses tragédies, et les auteurs ne s'en sont pas privés.

  • Une estrade pour contempler la lune Nouv.

    Une estrade pour contempler la lune

    Philippe Bonnin

    • Arlea
    • 5 Mai 2022

    Lorsque la science et l'érudition rencontrent la poésie, le jardin de Katsura à Kyoto revêt un nouvel air de fête et de mélancolie.
    Après différents ouvrages sur le Japon, tous salués par la critique, publiés au CNRS, après le remarquable Katsura et ses jardins qui retraçait l'histoire de ce lieu mythique, ses malentendus et ses influences sur l'architecture moderne, Philippe Bonnin, architecte et anthropologue, écrit sous une forme audacieuse sa passion de toujours. Mêlant botanique, architecture et légendes, il écrit en poète et en photographe, mêlant rigueur et malice, la magie de Katsura, lieu idéal conçu pour contempler le reflet de la lune d'automne.

  • Notes de ma cabane dans les monts Nouv.

    Notes de ma cabane dans les monts

    Antoine Marcel

    • Arlea
    • 5 Mai 2022

    Antoine Marcel est un aventurier d'aujourd'hui qui s'est retiré loin de l'agitation du monde, dans la rencontre du quotidien et de la pensée sensible. Son retour à la nature n'est cependant pas dénué des traces de notre civilisation actuelle: l'ermite moderne est un rêveur pragmatique qui sait conjuguer écrans et botanique, conduite automobile et marche solitaire.

    Antoine Marcel est un aventurier d'aujourd'hui qui, après avoir vécu en Afrique, en Chine et au Moyen-Orient, s'est retiré loin de l'agitation du monde, dans la rencontre du quotidien - regarder les crépuscules ou la lumière du matin, cultiver son jardin, déblayer la rivière, couper son bois pour l'hiver - et de la pensée sensible. Son retour à la nature n'est cependant pas dénué des traces de notre civilisation actuelle: l'ermite moderne est un rêveur pragmatique qui sait conjuguer écrans et botanique, conduite automobile et marche solitaire.

  • Venise toute Nouv.

    Venise toute

    Benoït Casas

    • Arlea
    • 5 Mai 2022

    Avez-vous déjà regardé le monde au travers d'un kaléidoscope ? Voilà le jeu subtil que nous propose Benoît Casas sur Venise.
    Venise toute est une joie. Enquête sur la ville par mille éclats, voyage des voyages. Détails, parcours, captures, matière et sensations, couleurs, observations.
    Venise toute est un abécédaire sensible, expérience de regard et de marche, déambulation en tous lieux et à toutes les saisons. C'est une exploration : on y rencontre une Venise de lumière et de boue, une Venise de pierre et d'eau, une Venise quotidienne : on y rencontre Venise. Un labyrinthe, un archipel, une énigme.

  • Café neon et autres îles Nouv.

    Café neon et autres îles

    Jean-Christophe Bailly

    • Arlea
    • 5 Mai 2022

    Jean-Christophe Bailly nous a confié les pages enchantées de ses carnets grecs écrits entre 1974 et 2016. Il écrit le pays comme il le regarde, avec clairvoyance, plaisir et émotion, s'interrogeant sur les raisons toujours mys-térieuses qui font d'une terre une nation. Parfois il arpente les îles dans le vent, parfois il regarde Athènes de sa fenêtre ou depuis l'Iran. Les textes qui composent ce livre (journaux de voyage, cartes postales ou brefs essais) ont tous trait à la Grèce et donnent, comme les reflets de lumière sur la mer agitée, une image mobile, diffractée, vivante.

  • Sans haine mais sans oubli

    Suzanne Maudet

    • Arlea
    • 10 Mars 2022

    Avril 1945. Cinq mille femmes sont lancées sur les routes par les SS qui fuient l'approche de l'armée américaine. Dans cette colonne, il y aura peu de rescapées ; la plupart mourront de faim, de froid et d'épuisement, les autres seront abattues. Le récit de Suzanne Maudet n'est pas celui de cette tragédie, mais le journal de l'évasion de neuf jeunes déportées, unies par l'amitié, la jeunesse, et une formidable envie de vivre. Malgré l'épuisement et la peur, elles profitent d'un moment d'inattention de leurs gardiens, s'échappent par un sentier de campagne et se retrouvent étrangement libres. Commence alors, à neuf, dans les rires et dans l'audace, un voyage à travers champs et villages, en quête de nourriture, mais aussi dans l'ivresse de la liberté retrouvée.

  • Le fils de la maîtresse

    Serge Toubiana

    • Arlea
    • 3 Mars 2022

    Qui sont nos parents ? Quel passé, quelles joies, quelles inquiétudes nous taisent-ils, et quelle force nous donnent-ils ?
    Serge Toubiana interroge les souvenirs d'une enfance heureuse en Tunisie. Sa mère institutrice, son père horloger étaient tous deux des communistes engagés. Il avait la passion du jeu et de la liberté, elle avait le goût de transmettre et d'éduquer.
    Au-delà de l'évocation des beaux jours, Le Fils de la maîtresse est un éloge de la filiation. « Je me suis rendu compte, écrit Serge Toubiana, que j'avais, en quelque sorte, choisi le même métier qu'elle : en transmettant mon amour du cinéma, je me sens tel un instituteur du cinéma. Transmettre et partager, c'est aimer. »

  • Un dimanche à Ville-d'Avray

    Dominique Barbéris

    • Arlea
    • 5 Septembre 2019

    Le titre, Un dimanche à Ville-d'Avray, est un lointain écho du film féérique - et mystérieusement inquiétant -, sorti en 1962, qui a marqué, tel un météore, le cinéma français.
    Même sentiment d'inquiétude dans le livre de Dominique Barbéris : deux soeurs se retrouvent, alors que fléchit la lumière, dans un pavillon de Ville-d'Avray, avec chacune dans le coeur les rêves et les terreurs de l'enfance, le besoin insatiable de romanesque, de landes sauvages dignes de Jane Eyre et d'un amour fou, tout cela enfoui dans le secret d'une vie sage.
    L'une se confie à l'autre. Lui raconte une invraisemblable rencontre dans le décor en apparence paisible de Ville-d'Avray, de ses rues provinciales. L'autre découvre, stupéfaite, son errance entre les bois de Fausse-Repose, les étangs de Corot, les gares de banlieue et les dangers frôlés...
    Ce sont des pages à la Simenon. Les grands fonds de l'âme humaine sont troubles comme les eaux des étangs.

  • Je commence à comprendre

    Michelangelo Antonioni

    • Arlea
    • 7 Avril 2022

    Le matin, quand je me lève tôt, dehors il y a peu de lumière et souvent un nuage de brume recouvre le fleuve. Il arrive que je l'interroge et qu'il me réponde. N'est-il pas possible qu'un nuage en sache sur le monde beaucoup plus que je n'en sais ?

  • Les douces choses

    Alice Dekker

    • Arlea
    • 7 Avril 2022

    Lorsque j'avais poussé la porte du salon du premier étage, mon souffle avait marqué un arrêt. Il était bleu, bleu comme le sien. Bleu comme son salon en lanterne de Verrières.

    À vingt ans, la narratrice avait fait de Louise de Vilmorin son amie. Une amie de littérature, presqu'un modèle. Des années plus tard, à l'heure de choisir la maison du nouveau départ, la fantasque Louise se rappelle à elle et lui envoie un signe. Les Douces Choses sont une partition à deux voix, où résonne avec ferveur l'attachement aux maisons de famille, où la magie perdue de l'enfance, les amours blessées et le trop-plein de mélancolie se répondent de façon troublante. Et l'on découvre deux femmes qui, loin l'une de l'autre, finissent par se retrouver dans ce qui fait l'essentiel d'une vie : la fidélité à soi-même.

  • Les geishas

    Robert Guillain

    • Arlea
    • 17 Mars 2022

    Cette éducation des geishas en fait avant tout les prêtresses de l'esthétique. L'esthétique est une clef maîtresse de ce pays, qui commande non seulement l'aspect des objets, mais la conduite des hommes et jusqu'à leur vie sociale, leur politique, leur morale. Je crois que j'exagère à peine si je dis que bien souvent la notion de bien et de mal est ici remplacée par celle d'esthétique et d'inesthétique. Le monde des fleurs et des saules est un monde esthétique. Les geishas sont des esthètes dans un monde d'esthètes.

    Peu d'Occidentaux sont parvenus à pénétrer et à comprendre le monde secret des geishas. Un monde de luxe et d'amour, de culture et de mystère semblable à celui des estampes de Hiroshige et de Hokusaï. Archétype de la féminité ? Gardiennes de la tradition ? Prostituées de luxe ? Robert Guillain nous livre ici un témoignage passionnant et sans équivalent.

  • Eux sur la photo

    Hélène Gestern

    • Arlea
    • 3 Octobre 2013

    Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu'elle avait trois ans. Ses indices : deux noms et une photographie retrouvée dans des papiers de famille, qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu'Hélène ne connaît pas. Une réponse arrive : Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père.

    Commence alors une longue correspondance, parsemée d'indices, d'abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu'on leur avait dit. Et leurs découvertes, inattendues, questionnent à leur tour le regard qu'ils portaient sur leur famille, leur enfance, leur propre vie.

    Avec Eux sur la photo, Hélène Gestern nous livre une magnifique réflexion sur les secrets de famille et la mémoire particulière que fixe la photographie. Elle suggère que le dévoilement d'éléments inconnus, la résolution d'énigmes posées par le passé ne suffisent pas : ce qui compte, c'est la manière dont nous les comprenons et dont nous acceptons qu'ils modifient, ou pas, ce que nous sommes.

  • Au Japon

    Albert Londres

    • Arlea
    • 7 Octobre 2021

    C'est en 1922 qu'Albert Londres réalise enfin pleinement son rêve de journaliste au long cours. Mandaté par Excelsior, il part en effet pour le plus long et le plus ambitieux de ses reportages : six mois de pérégrination, soixante-quinze jours d'enquête qui le mèneront au Japon, en Chine, en Indochine et en Inde.

    C'est au Japon que le reporter se frotte pour la première fois à l'Asie. Il s'enthousiasme et retrouve sa meilleure veine pour décrire l'étrangeté d'un univers dont il ignorait tout. Il brosse le portrait d'un pays aux ambitions contradictoires, prêt à de profondes mutations dans la recherche d'une nouvelle légitimité internationale. À Tokyo - qu'il qualifie de « monstre pour Barnum », tant la ville lui semble tentaculaire - il se lie d'amitié avec le nouvel ambassadeur de France, qui a pour nom Paul Claudel, lequel lui accorde une interview exclusive.

  • Fils de prolétaire Nouv.

    Fils de prolétaire

    Philippe Herbet

    • Arlea
    • 5 Mai 2022

    Philippe Herbet est photographe. Il aime photographier les gens qui lui racontent leurs histoires de vie lors de ses voyages, notamment en Russie, où il vit une partie de l'année, et en Orient. Il a fui une enfance terne et difficile, à l'image de celles magnifiées dans l'oeuvre des frères Dardenne.
    Mais combien faut-il avoir traversé de pays pour pouvoir un jour se retourner sur sa propre enfance ? Et découvrir ainsi dans le modeste et l'ordinaire, dans le silence d'une enfance parfois malheureuse, le sentiment de la joie.

  • Antigone

    Sophocle

    • Arlea
    • 2 Avril 2005

    À la mort d'OEdipe, Étéocle et Polynice, ses deux fils, conviennent de régner à tour de rôle sur Thèbes. Mais, au moment voulu, Étéocle refuse de laisser le trône à son frère.
    Furieux, Polynice quitte Thèbes, va à Argos, y épouse une des filles du roi Adras, puis part en guerre contre Thèbes et son frère. L'armée d'Argos est défaite. Étéocle et Polynice s'entretuent. La pièce d'Antigone commence quand les deux filles d'OEdipe, Antigone et Ismène, apprennent que Créon, le roi de Thèbes, vient d'interdire l'enterrement de Polynice, leur frère, pour le punir d'avoir combattu contre sa patrie.
    Antigone transgresse le décret de Créon : elle veut enterrer son frère. Sa révolte n'est pas d'ordre seulement personnel et familial. Créon et Antigone incarnent deux idées de la communauté, deux conceptions de la loi, deux versions du sacré. Au coeur du conflit tragique, la vérité humaine et politique de la communauté est liée au sens que les vivants donnent à la mort et à la place qu'ils réservent aux morts. Apparue autour du VIIe siècle avant J.-C, la figure d'Antigone a traversé les siècles et les langues pour atteindre à l'universel.
    Sophocle a écrit environ cent vingt pièces (il nous en reste huit). Très attaché à sa ville, il passa les quatre-vingt-dix années de sa vie à Athènes. Athlète, musicien, chanteur et poète, Sophocle participa aussi au gouvernement, devint stratège (après le succès d'Antigone en 442 avant J.-C.), prit part à l'expédition de Samos avec Périclès et Thucydide. Les Athéniens, à sa mort, l'élevèrent au rang des dieux et lui consacrèrent un
    temple.

  • L'apocalypse heureuse

    Stéphane Lambert

    • Arlea
    • 6 Janvier 2022

    Ici l'apocalypse avait déjà eu lieu. La dévastation avait engendré la beauté avant qu'à son tour la beauté ne sème la dévastation. Dans ce décor propice à l'invention des dieux, nous nous baignons tranquillement aux portes de la mort, savourant la proximité du ciel et de l'abîme.

    Dans ce livre majeur, Stéphane Lambert dit le chaos d'une enfance abusée. Au hasard des jours, en se rendant chez un thérapeute, il se retrouve à son insu, trente ans plus tard, dans l'immeuble-même de son ancien abuseur. A partir de là il remonte le fil de son enfance et de ce qu'on a voulu taire, en mesurant avec quelle force le passé imprégnait sa vie présente. Il perçoit dans le souvenir traumatisant d'une famille qui vole en éclats, l'écho de la crise qu'il traverse en tentant d'aimer. Et quand survient la mort du père, d'anciens séismes se réveillent sur cette île grecque où il a trouvé refuge pour écrire. Ce sont dans les failles les plus profondes que les livres tentent la difficile communion du meilleur et du pire.

  • Visions de Goya

    Stéphane Lambert

    • Arlea
    • 6 Janvier 2022

    Deux siècles après leur composition (1819-1823), dans un monde confronté à de nouveaux enjeux de taille, Stéphane Lambert se penche sur l'extraordinaire cycle des peintures noires de Goya pour sonder leur inépuisable actualité. Par cette plongée dans l'imaginaire de ses hantises les plus entêtantes, le peintre espagnol avait transfiguré tous les genres picturaux de l'époque et bouleversé durablement la vision de notre humanité.

    Goya (1746-1828) a tout traversé, les humiliations et les honneurs, les assauts de la maladie, la guerre et les remous de l'Histoire, avec le fabuleux don de transformer les ravages en occasions de révolutionner son art. Revenant sur le riche et long parcours d'un artiste de génie, le livre prend la forme d'un voyage à travers une oeuvre professant la vitalité inébranlable de la création face à la menace du chaos.

  • Cette correspondance croisée est avant tout une histoire d'amour qui traverse la vie d'Anton Tchékhov et de Lydia Mizinova. C'est aussi une histoire sublime et tragique de la création, indissociable du mouvement de la vie, de ses passions, de ses joies en exaltations et de ses tragédies. Lydia Mizinova inspira le personnage de La Mouette.
    Avant d'être une correspondance, ce livre est avant tout une histoire d'amour qui traversa à divers titres toute la vie d'Anton Tchékhov et de Lydia Mizinova. Et c'est aussi une histoire sublime et tragique de la création, indissociable du mouvement de la vie, de ses passions, de ses joies en exaltations et de ses drames.
    Lydia Mizinova inspira le personnage de La Mouette. Si d'évidence nous retrouvons chez Tchékhov épistolaire les mêmes qualités d'écriture que chez Tchékhov auteur (concision elliptique, ironie, sens de la formule, humour, force d'évocation, puissance d'analyse), il n'en reste pas moins que Lydia Mizinova exprime elle aussi, avec une belle force et une grande justesse, le désir et la détresse.
    Cette correspondance croisée, l'histoire qu'elle nous fait partager, son rythme même, nous font penser de façon saisissante à une nouvelle de Tchékhov. Leur histoire, ce qu'ils se disent, ce qu'ils se taisent, l'exil parisien de Lydia, la mort de son enfant, son courage, leur humour, tout ce petit théâtre de séduction et d'indifférence qu'ils mettent en place, a beaucoup à voir avec la façon que Tchékhov a de nous emporter dans son oeuvre - à " bas-bruit ", incidemment - et de nous faire vivre le " drame (parfois heureux) de l'existence ".

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