Armand Colin

  • le purgatoire est né au moyen âge mais il n'a jamais été aussi populaire qu'au xixe siècle. autour de 1850, il connaît un renouveau spectaculaire dont les effets se font sentir jusqu'au début du xxe. comment expliquer ce phénomène qui fit alors de la dévotion aux âmes du purgatoire l'une des plus répandues de l'europe catholique ? aux sources de cette renaissance, la force du « culte des morts », culte familial du souvenir et de la tombe, la nécessité de répondre aux revendications affectives des fidèles et au discrédit massif de l'enfer, enfin la volonté de l'église de contrecarrer l'expansion du spiritisme en france et en europe.
    pour définir la nature de cette dévotion, outre l'organisation matérielle, financière et institutionnelle du culte, citons trois principaux aspects : le rôle d'intercesseur attribué aux âmes du purgatoire, la sollicitude à l'égard des « âmes délaissées », tristement abandonnées car sans famille ici-bas ou trop pauvre pour payer les messes, et le nombre important d'apparitions d'âmes du purgatoire.
    or au début du xxe siècle, au terme d'une ultime phase de prospérité, le purgatoire s'efface peu à peu des consciences et des représentations. à l'origine de cette révolution des mentalités : la grande guerre, et ses millions de disparus. elle lui porte un coup fatal, personne n'ayant eu le coeur d'imposer aux « morts glorieux » de la patrie d'attendre la gloire céleste dans les flammes du purgatoire.
    guillaume cuchet est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université d'avignon.
    préface de philippe boutry.

    préface de philippe boutry. le renouveau du purgatoire. le temps du « culte des morts ». le compromis expiatoire. le défi spirite. entre héritages et modernité. la doctrine. les formes de la dévotion. les apparitions d'âmes du purgatoire. les pratiques. les assises de la dévotion. le tournant de la grande guerre. les signes avant-coureurs de crise. le choc de la guerre.

  • Le Bureau de coton est à la fois un portrait de famille - celle du peintre, installée à la Nouvelle-Orléans - et la peinture de l'univers inédit du commerce américain en cette fin de XIXe siècle. Ces hommes au travail, l'artiste les saisit en mille détails, dans leurs gestes multiples et minuscules pour donner à voir l'incroyable atmosphère de ces lieux. Surtout, cet instantané recèle un étonnant mystère que porte la grande tache blanche en son centre. Philippe Artières mène une enquête autour des visions du peintre : le risque des affaires, la ruine de sa ramille, les conditions des Noirs aux Etats-Unis sont autant de moments d'histoire sons le pinceau de Degas.

  • Les Lances de Breda, célèbre tableau de Vélasquez, impose à ceux qui le regardent sa beauté, la force de sa composition et son originalité dans le traitement des paysages. Il nous entraîne dans le sillage de l'armée de Philippe IV qui vient d'obtenir, en 1625, la capitulation de Breda, l'imposante place forte des Pays-Bas réputée imprenable. A l'issue d'une enquête passionnante menée par Bartolomé Bennassar, cette victoire espagnole sur les Hollandais révèle l'évolution des codes de la guerre, du sort réservé aux vaincus et l'ambition des monarques du Siècle d'Or. B. Bennassar, se penche sur ce grand tableau du Prado, pour nous livrer son mystère et nous inviter à découvrir un des moments importants du XVIIe siècle, quarante ans avant que le Roi Soleil (Louis XIV) ne succède au Roi Planète (Philippe IV d'Espagne).

  • Les Pieds Nickelés, célèbre bande dessinée, impose à ceux qui la regardent son anticonformisme et son ton irrévérencieux. Car des héros, pour la première fois négatifs, mélange de subversion et d'immoralité, n'ont-ils pas l'intention de rompre avec la morale bourgeoise ? Nous sommes au temps de l'anarchisme et de la bande à Bonnot. Qui se doute, en 1909, que l'auteur, Louis Forton, introduit alors une révolution dans l'univers des histoires illustrées ? Jean Tulard s'attarde sur les origines de la bande dessinée. Les Pieds Nickelés laissent ensuite la place à Mickey et à Tintin, mais la nostalgie de ces dessins qui ne respectaient rien persiste encore aujourd'hui, cent ans après leur création.

  • Le Bal du Moulin de la Galette, un des plus célèbres tableaux de Renoir, exposé au musée d'Orsay, n'a pas dévoilé tous ses mystères. Ni son énigme. Car l'image enchantée que cette toile donne de la jeunesse, de la vie et de Paris ne témoigne-t-elle pas aussi d'un temps révolu, après l'écrasement de la Commune en 1871 ?
    À l'issue d'une enquête passionnante, l'auteur nous convie à une vision nouvelle où la peinture serait là également pour refermer les plaies de l'histoire, mettre fin aux combats fratricides entre Français et affirmer des valeurs communes, la liberté et la fraternité.

  • Comment 1,3 million de Juifs soviétiques, victimes de discriminations et soumis à l'arbitraire du Kremlin, parvinrent-ils à quitter un pays hermétiquement clos entre 1948 et 1991 ? Cet exode, devenu massif à la fin des années 1980, ne fut possible que grâce à une mobilisation sans précédent à l'initiative d'Israël et de la communauté juive américaine.
    En une vingtaine d'années, l'émigration des Juifs soviétiques devint une question humanitaire requérant l'intervention des États-Unis. Un bureau secret du nom de Nativ, fondé par Israël, fut en partie à l'origine de cette évolution. Tissant des liens dans la diaspora, créant des réseaux parmi les hommes politiques, les intellectuels européens et américains, il effectua un incroyable travail de persuasion et de mobilisation. Si Nativ joua un rôle essentiel en réveillant une communauté juive américaine inefficace pendant la Seconde Guerre mondiale, le combat pour les Juifs soviétiques ne rencontra le succès qu'une fois les États-Unis persuadés que cette lutte était bel et bien dans leurs intérêts.
    S'appuyant sur des sources inédites et sur de nombreux témoignages oraux, cet ouvrage révèle un pan méconnu de l'histoire de la diaspora juive et donne un éclairage nouveau aux relations diplomatiques durant la guerre froide.

    Pauline Peretz, ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée et docteur en histoire, est chercheuse post-doctorante au Centre d'études nord-américaines de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.

    Préface d'André Kaspi.
    Israël, instigateur de la mobilisation au sein de la diaspora (1953-1963). Une communauté parvenue à la maturité politique. Premières mobilisations au lendemain des années noires. Une campagne américaine guidée par Israël (1955-1963). De la mobilisation communautaire au mouvement humanitaire (1964-1971). Un mouvement américain pour le respect des droits des Juifs soviétiques (1964-1966). Le tournant de la guerre des Six-Jours (1967-1971). L'émigration des Juifs soviétiques, une question incontournable des relations américano-soviétiques (1972 - fin des années 1980). L'émigration des Juifs soviétiques, obstacle à la détente 1972-1974). Droits des Juifs ou droits de l'homme en URSS ? (1975-1979). L'émigration juive, baromètre des relations américano-soviétiques durant les années 1980.

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