Bartillat

  • Qui n'a entendu un jour parler de Mélusine, de Viviane et de Morgane, des possédées de Loudun, de la sorcière de Montpezat ou de Maria de Naglowska ? Fictives ou réelles, les sorcières peuplent notre imaginaire, encore plus depuis quelques mois. Elles existent dans nos rêves depuis les origines de notre histoire : Patrick Ravignant nous les raconte pour nous les redonner à nous-mêmes. Elles brûlent sur les bûchers après les sentences des chambres ardentes et provoquent le plus grand scandale du siècle du Roi Soleil : Patrick Ravignant nous les décrit dans le tumulte des terribles procès qui sentent le soufre. Elles dessinent aussi des parodies impalpables et témoignent d'un passé effrayant et quelquefois d'un avenir impossible. Pour comprendre l'engouement actuel autour du phénomène des sorcières, il faut revenir à leur histoire : des origines mythologiques jusqu'à notre temps.

  • Chats d'artistes Nouv.

    De grands artistes l'ont représenté, de Véronèse à Renoir, de Chardin à Courbet. Bondissants ou endormis, inquiétants ou ronronnants, ces félins se promènent à travers l'histoire de l'art, jouant avec les enfants, croquant des oiseaux ou se prélassant sur un sofa. Des postures de divas ? Non, car si les peintres ont aimé les chats, bien souvent ils ont su respecter la discrétion de leurs modèles qu'ils sont parfois allés jusqu'à les placer dans l'obscurité d'une cheminée ou d'une alcôve.
    Le chat serait donc du domaine de l'intime et c'est le lien particulier unissant des poètes de la couleur à leur félin de compagnie qui est l'objet de ce livre. Les propriétaires de chats, quels qu'ils soient, ont tous en commun un amour inconsidéré pour cette race d'animaux, à la fois énigmatique et troublante.
    Pour s'en convaincre, il suffit de se pencher sur la relation que Pablo Picasso, au regard magnétique, Salvador Dali, le fou génial ou encore Henri Matisse, le sage entretenaient avec leurs chats pour s'apercevoir qu'elle est source de fascination. Et lorsque l'animal devient omniprésent dans une oeuvre au point d'en faire partie intégrante - il rentre alors dans l'histoire de la peinture, comme si artiste et chat étaient presque des âmes-soeurs, des jumeaux, des frères, en un mot, de merveilleux comparses. Certes les femmes-peintres, Marie Laurencin, Suzanne Valadon n'imaginaient pas la vie sans eux. Mais leurs confrères, de Bonnard à Van Dongen, ne furent pas en reste. Noirs, roux, tigrés, persans, siamois ou de gouttière, ils se prélassèrent dans l'histoire de la peinture, tout en étant aux premières loges des mouvements artistiques.
    Chats d'artistes nous promène à travers une impressionnante galerie d'artistes.

  • Faust

    Johann Wolfgang Von Goethe

    Pour la première fois en langue française, cette édition se propose de réunir les trois grands textes de goethe où s'enracine le mythe de faust : l'urfaust (1775), le faust i (1808), le faust ii (1832).
    Accompagnée d'un important apparat critique, elle rend ces textes accessibles au lecteur d'aujourd'hui et lui ouvre des perspectives d'interprétation contemporaines. l'urfaust, texte méconnu, constitue une préfiguration de la première partie de la tragédie à venir. cette pièce caractéristique du xviiie siècle allemand a gardé sa fraîcheur et sa force : c'est une oeuvre autonome. dans le faust i, le célèbre savant aspire à la connaissance totale du monde.
    Faust signe un pacte avec méphistophélès et, en échange de son âme, retrouve une nouvelle jeunesse. le héros séduit l'innocente marguerite, qu'il abandonnera peu après avec son enfant. meurtrière de l'enfant, marguerite est condamnée à mort, mais son repentir la sauvera. faust et elle incarnent le tragique de la condition humaine. riche en symboles poétiques, la seconde partie de la tragédie montre un faust assoiffé de pouvoir et de possessions, servant à sa manière l'empereur, qui revisite l'antiquité classique pour retrouver hélène, la plus belle des femmes, et qui meurt après avoir perpétré d'abominables crimes, sauvé tout de même de la damnation à laquelle son pacte avec méphistophélès le condamnait.
    Faust il fait l'inventaire de notre tradition culturelle, juge les temps modernes avec une lucidité toujours actuelle et synthétise l'humanisme et l'art goethéens.

  • Enéide

    Virgile

    Oeuvre sacrée à Rome, L'Enéide est l'opus magnum de la culture occidentale avec les textes homériques d'une part, la Bible en son entier de l'autre. Marcel Desportes dans cet effort magistral de translation voyait en Virgile "un Voyant" et sur tous les plans "un devancier", "notre contemporain" permanent. Le genre humain étant le même, ce qui s'offrait à la spéculation de nos ancêtres nous concerne tout aussi pertinemment au troisième millénaire.

  • Natalie Clifford Barney, Pierre Louÿs et Renée Vivien : la conjonction de ces trois noms semble à elle seule annoncer l'apothéose d'un certain esprit 1900, prônant une certaine liberté morale aussi bien qu'amoureuse. Les liens qui unissent Louÿs à Natalie Barney ne sont pas de même nature que ceux qui le lien à Renée Vivien. En effet, avec la célèbre Amazone américaine qui sera proche de Remy de Gourmont, la relation d'amitié sera beaucoup étroite, intense et chaleureuse qu'avec la poétesse délicate qui se prenait pour la réincarnation de Sappho : c'est surtout par l'entremise de Natalie que Louÿs et Vivien échangèrent et se fréquentèrent. Avec Natalie Barney, en revanche, la sympathie s'e´tablit instantane´ment, non sans que la jeune femme, au de´but, y me^la^t parfois quelque espie`glerie, laquelle ne devait d'ailleurs point de´plaire a` Louy¨s. Peu a` peu, cette sympathie se mua en amitie´, fonde´e sur une estime re´ciproque et de´bouchant sur une certaine complicite´.
    À travers ces lettres et ces documents, c'est tout un monde littéraire, raffiné qui ressuscite où les grands noms du Mercure de France se mêlent à ceux des courtisanes les plus célèbres de Paris. Ces correspondances croisées nous offrent un voyage dans le temps où l'esprit et le style se mariaient avec grâce.

  • écrits de combat

    George Orwell

    Bien connu pour ses romans salués comme des classiques 1984 et La Ferme des animaux, George Orwell est également un essayiste de premier plan où dans ces courts textes d'intervention s'expriment toute son attention et toute son humanité à l'égard des plus faibles et des plus démunis. Le présent volume recueille quelques-unes de ses plus importantes contributions de 1931 à 1948 : «Une pendaison», «Tirer sur un éléphant», «Au fond de la mine», «Pourquoi j'écris». On y trouvera aussi ses essais sur Marrakech et Dickens, un de ses modèles dans la peinture sociale des bas-fonds.
    Orwell fut un écrivain engagé dans son temps, dont la capacité de vision continue encore d'éclairer notre présent et notre avenir. Sa place dans les lettres mondiales est parmi les auteurs les plus lus. Nul doute que ce précieux recueil rassemblant ses essais les plus pertinents contribuera à éclairer sa pensée large et démocratique, interprétée de différentes manières en un temps empreint de profondes interrogations. Plus que jamais la pensée d'Orwell s'inscrit dans le débat contemporain.

  • A quelques mois de sa mort prématurée, Anna de Noailles (1876-1933) se résout à écrire ses Mémoires. Elle n'aura pas le temps de mener cet ultime projet à son terme : Le Livre de ma vie sera, en fait, le récit d'une enfance et d'une adolescence à la fin du XIXe siècle. Naissance dans une famille princière venue des rives du Danube et du Bosphore, enfance aux bords de la Seine et du lac Léman, adolescence inquiète, désordonnée, ivre de poésie et de reconnaissance : la " petite Assyrienne " chère à Anatole France ne cache rien de ses émois, de ses rêves, de ses révoltes, de ses ambitions. La présente édition du Livre de ma vie est augmentée de deux textes peu connus : " Ici finit mon enfance ", avant-propos aux Poèmes d'enfance, et " La Lyre naturelle ", texte d'une conférence demeurée inédite. L'ensemble compose un surprenant autoportrait de celle que Proust surnommait " une femme-mage " et Catherine Pozzi " la dame des exagérations éblouissantes ".

  • Ce roman à caractère autobiographique a paru pour la première fois en 1929. Wolfe s'est dépeint lui-même « énorme nuage noir, chargé d'électricité, fécond, impérieux, doué d'une violence d'ouragan, que rien ne pourrait retenir longtemps. » Le roman est à cette image, comme un flot stylistique que rien n'arrête. Le héros, Eugene Gant, habite la petite ville d'Altamont. Son père, qui boit et et court les filles, ne désire que goûter à toutes les expériences ; sa mère au contraire travaille sans répit, affamée de posséder toujours plus. Le petit Eugène découvre le bonheur dans cette ville du Sud avec sa lumière particulière, son éternité et son flot d'existences banales - bonheur dont il ne prendra conscience qu'une fois parti étudier à l'Université. La ville et la vie lui apparaîtront plus tard comme un paradis perdu, un paradis gardé par l'Ange. Le récit se fait alors chant de l'exil et de la solitude. Le roman est porté par le souffle d'un lyrisme exceptionnel. Ce premier livre a fait de Wolfe d'emblée un des plus grands auteurs américains du XXe siècle.
    Son influence a été décisive sur Jack Kerouac et Philip Roth.
    Le titre est inspiré d'un vers du grand poète anglais John Milton.

  • Fiction biographique autour du personnage hautement romanesque de Sergueï Essenine (1895-1925), un des plus grands poètes de la littérature russe, ce premier roman de Jean de Boishue plonge le lecteur dans le tourbillon de l'histoire russe du XXe siècle. En pleine période de perestroïka, Kars, officier du KGB sur le point de partir à la retraite enquête sur Essenine et les circonstances obscures de sa mort. C'est l'occasion pour lui de replonger dans le monde de la Russie d'avant la Révolution, déjà en pleine ébullition artistique et littéraire. Puis survient la fameuse Révolution d'Octobre, à laquelle Essenine adhérera, avant d'être emporté par la lame de fond. Au cours de sa vie, Essenine connut également une vie sentimentale mouvementée. On se souvient notamment de son mariage avec la célèbre danseuse américaine Isadora Duncan, avec laquelle il voyagea, ou celui avec Sophie Tolstoï, la petite-fille de l'écrivain. À force de puiser dans les archives et de rencontrer les derniers témoins, Kars s'interroge sur le « suicide » d'Essenine. Que s'est-il réellement passé à l'hôtel Angleterre ? On sait qu'une fois les révolutions terminées, on achève bien les poètes.
    À travers ce roman épique et palpitant, Jean de Boishue nous entraîne au coeur d'une traque à travers l'histoire russe du siècle dernier, dont nous ne sommes pas tout à fait sortis.

  • Dictionnaire Cervantès

    Jean Canavaggio

    Parmi tous les écrivains espagnols dont le nom est connu en France, Cervantès occupe sans conteste la première place, au point d'incarner parfois à lui seul l'éclat des lettres hispaniques. Il a fait, comme il se doit, l'objet de plusieurs biographies. Mais, pour le lecteur qui ne veut pas s'accommoder d'un récit soumis aux contraintes de la chronologie, il est apparu qu'un dictionnaire serait à même de lui faciliter un libre parcours, pour ne pas dire un vagabondage, qui lui appartienne en propre. Le voici désormais à sa disposition, sous la forme d'un ensemble de quelque cent trente articles qui lui permettront, si l'envie lui en prend, de privilégier telle perspective de son choix : le milieu familial de l'écrivain ; les villes où il a séjourné; ses campagnes militaires et sa captivité à Alger ; son expérience de munitionnaire et de collecteurs d'impôts en Andalousie, au service de l'État ; sa formation intellectuelle ; son regard sur le monde et sur l'Espagne de son temps, en fonction des multiples aspects d'une personnalité dont la complexité se dérobe souvent à nous ; sa production littéraire (Galatée, poésies, théâtre, Nouvelles exemplaires, Don Quichotte, Persilès, Voyage au Parnasse) ; et, finalement, sa postérité et sa renommée posthume.
    La fascination que Cervantès continue d'exercer sur nos contemporains, au terme de plus de quatre siècles, ne tient pas seulement, tant s'en faut, aux péripéties d'une existence mouvementée, et elle n'aurait pas été aussi forte s'il ne nous avait laissé que ses poésies, ses nouvelles et son théâtre. Elle est due avant tout à Don Quichotte, ce qui explique le nombre d'articles qui lui sont ici consacrés. Sans mésestimer l'intérêt que soulèvent les questions relatives à sa vie et au reste de sa production, j'ai jugé essentiel d'accorder à son chef-d'oeuvre toute la place qu'il mérite, ainsi qu'à la réception qui lui a été réservée dans le monde entier : réception artistique, qui s'observe chez Coypel, Goya, Daumier, Doré, Dalí, Picasso, Garouste ; réception musicale, dont témoignent Purcell, Telemann, Massenet, Richard Strauss, Manuel de Falla, Jacques Brel ou Cristóbal Hallfter ; réception cinématographique, depuis George Pabst jusqu'à Orson Welles et Manuel Gutiérrez Aragón ; réception critique qu'attestent Unamuno, Ortega y Gasset, Freud, Thomas Mann, René Girard, Marthe Robert, Michel Foucault ; mais aussi réception littéraire que déclinent, chacun à sa manière, Marivaux, Fielding, Sterne, Diderot, Dickens, Flaubert, Dostoïevski, Melville, Tourgueniev, Kafka, Borges et, plus généralement, tous ceux qui, depuis le XVIIIe siècle, ont médité non seulement l'exemple que leur offraient les aventures d'un héros comique transfiguré par les romantiques en un chevalier d'idéal, mais aussi un texte fondateur, tenu souvent pour le premier roman moderne.

  • Géographe, Élisée Reclus a consacré sa vie à de nombreux travaux dans un esprit encyclopédique. Il n'en avait pas moins un rare sens de la synthèse. Les pages du manifeste suivant en témoignent. Elles sont un concentré de la pensée qui l'habitera toute sa vie. Rien ne vaut l'expérience personnelle pour se faire une idée des rapports entre l'homme et le cosmos. Dans la lignée des grands penseurs depuis Jean-Jacques Rousseau, Reclus synthétise ses impressions et offre une vision grandiose : « En escaladant les rochers, le piéton des montagnes ressent une véritable "volupté". » Il ajoute : « La vue des hautes cimes exerce sur un grand nombre d'hommes une sorte de fascination. » Reclus est considéré comme un astre de la géographie. Il compte parmi nos éclaireurs et mérite une totale réhabilitation.

  • Ce texte de 1901 d'Élisée Reclus raconte les circonstances par lesquelles il est devenu végétarien. Au début du texte, le géographe revient clairement sur le souvenir d'enfance qui déterminera son choix : « Je me rappelle distinctement l'horreur du sang versé. » Le choc de voir des animaux abattus par des bouchers le bouleverse et Reclus dès lors se convertira aux orientations végétariennes. Ce serait lors de ses études à la faculté de théologie protestante en 1848-1849 qu'il aurait adopté ce régime particulier. Reclus n'est pas le premier intellectuel à revoir son régime alimentaire. D'autres avant lui avaient exprimé des tendances dans ce sens : Voltaire, Rousseau, Linné, Lamartine, Michelet... De toute sa vie, Reclus n'avala pas un morceau de viande ou de poisson. Il s'alimentait de fruits, de légumes et de biscuits. Ses arguments en faveur d'un tel régime relèvent de raisons personnelles. Au moment où le végétarisme rencontre un fort écho, ceux d'Élisée Reclus méritent d'être entendus.

  • Derniers messages

    Stefan Zweig

    Ce volume rassemble différents textes que Zweig a eu l'occasion de composer au cours de la dernière décennie de son existence. Plusieurs contributions sont à classer dans le genre autobiographique : L'Histoire de Demain, la Pensée européenne dans son développement historique, La Vienne d'hier (sa dernière conférence prononcée à Paris au théâtre Marigny en avril 1940). Son âme de Viennois y éclate avec force. Le contexte dramatique y ressort avec d'autant plus de force que Zweig mettra fin à ses jours au Brésil en 1942 en raison de la situation politique dramatique.

    Le Secret de la création artistique dévoile le fond de la pensée artistique de Zweig. C'est aussi ce thème qu'il explore à travers des essais sur Tolstoï, Nietzsche ou Byron.
    Ce volume rassemble le meilleur de la pensée de Zweig.

  • Elizabeth et son jardin allemand raconte la passion d'une femme pour son jardin. En un an, l'héroïne s'efforce de créer un environnement unique qui lui sert de refuge où elle donne libre cours à sa conception du jardin, monde clos et idéal. Là s'expriment la liberté et l'amour qui lui sont refusés par ailleurs. Épouse anglaise d'un comte prussien, mère de trois petites filles, Elizabeth aspire à une vie plus riche en émotions. Écrit sous la forme d'un journal intime, ce roman restitue le rythme des saisons : l'épanouissement de ce jardin « à soi » se mêle à la vie intime et sociale d'Elizabeth qui affronte son existence avec une pointe d'humour provocateur. Philosophe, la jeune femme se confie et dévoile ainsi ses plus profondes aspirations. Aujourd'hui encore, l'expérience d'Elizabeth von Arnim peut nourrir l'inspiration de tous les amoureux de jardins.
    Paru anonymement à Londres en 1898, ce récit autobiographique, plein d'esprit et de poésie, grand succès lors de sa publication, fut redécouvert dans les années 1980 avec le reste de l'oeuvre d'Elizabeth von Arnim.

  • Deux mille îles grecques... Il fallait le talent de Lawrence Durrell pour les évoquer en un volume charmant. En effet, Durrell a passé là de longues années de sa vie. Il y apuisé l'inspiration d'ouvrages devenus célèbres : Citrons acides, L'Ile de Prospero. à l'occasion de ce livre, il a revisité nombre de ces îles, dans le dessein de les étudier et de les décrire de façon plus approfondie et plus vaste. Dans un style remarquable, Durrell a mêlé ensemble dans un même élan, une seule coulée, une égale harmonie, la description et l'évocation des sites, l'histoire, les mythes, l'architecture, l'archéologie et les souvenirs d'un voyageur exceptionnel. Exceptionel, car Lawrence Durrell ne peut faire oublier qu'il est l'auteur de l'une des oeuvres majeures du XXe siècle : Le Quatuor d'Alexandrie. Et l'on devine alors que cet ouvrage possède une admirable beauté littéraire. Les îles grecques demeurent un des hauts lieux de la planète. Durrell nous le rappelle avec une langue admirable.

  • Reines tragiques

    Juliette Benzoni

    Dans ce livre, Juliette Benzoni a choisi de raconter le destin de dix-huit femmes, de dix-huit reines tragiques, toutes célèbres par leur beauté et leur destin. De tous les lieux, de toutes les époques, de la paysanne du Kiang Sou à Draga, reine de Serbie, Juliette Benzoni traverse quarante siècles d'histoire de l'Égypte à Byzance, de la Chine aux rives de la Seine et de la Tamise, dans ce style inimitable, qui a tant contribué à son succès auprès du public.
    L'amour, la haine, l'ambition, le crime, la folie et la raison d'État seront au coeur de ces vies. La lutte de Frédégonde contre Brunehaut, les rancoeurs d'Aliénor d'Aquitaine, la folie macabre de Jeanne la mère de Charles Quint, le douloureux roman de Caroline-Mathilde de Danemark, la reine captive, autant de récits qui nous entraînent au coeur de l'univers féminin.
    S'il est un enseignement à tirer de ces histoires, c'est que jamais le trône et le bonheur ont été associés. Ici l'amour, la haine et l'ambition côtoient le crime, la folie et la raison d'État.

  • Ce volume regroupe les textes de Stefan Zweig de la période 1933-1942 consacrés à la politique, à l'exil et au destin des Juifs européens.
    Cet ensemble - inédit en traduction française - constitue une véritable nouveauté éditoriale, sans équivalent en langue allemande ni en langue anglaise. Il contiendra beaucoup de textes importants qui figurent pas dans l'édition de référence des oeuvres rassemblées (Gesammelte Werke) de Stefan Zweig, publiée aux Éditions S. Fischer de Francfort/Main. Il s'inscrit dans la droite ligne des deux volumes de Stefan Zweig déjà édités aux éditions Bartillat (Derniers messages et Appels aux Européens) et il enrichira considérablement la connaissance de la dernière décennie de la vie de Stefan Zweig.
    On y retrouve bien entendu des textes consacrés à la situation politique en Allemagne et en Autriche, des interventions où il appelle à une prise de conscience de la gravité de la situation en Europe, et des inquiétudes liées au sort des juifs en Europe. On notera un bel hommage à la figure de Joseph Roth.
    Il s'agit d'une publication importante concernant l'oeuvre de Stefan Zweig en ces années dramatiques. Un précieux appareil critique accompagne le volume.

  • Les cadets

    Ernst Von Salomon

    Pour un petit garçon batailleur et peu disposé à l'étude, quoi de plus exaltant que l'idée d'entrer au Corps des Cadets ? L'examen d'admission est un obstacle seulement en apparence. Dans cette école destinée à former les futurs cadres de l'armée prussienne, le latin compte moins que la résistance physique, le cran et la vertu d'obéissance. Le héros de ce récit a onze ans quand, « ballot civil », il franchit les grilles de l'Institut des Cadets de Karlsruhe un jour de novembre de 1913. Rêvant à la gloire de leurs aînés qui tombent au combat, les cadets poursuivent sans trêve leur entraînement jusqu'à la dissolution de leur corps exigée par les vainqueurs après l'armistice de 1918. Ernst von Salomon livre son témoignage, brut et bouleversant. Un document vibrant et authentique sur le militarisme allemand dans la droite ligne des Réprouvés.

  • Le langage

    Fritz Mauthner

    Traduit pour la première fois en français et accompagné d'une introduction de Jacques Le Rider, Le Langage est un texte important et représentatif de la pensée et de la personnalité de Mauthner dont, jusqu'à présent, aucune oeuvre théorique n'avait été publiée en français.
    Cet ouvrage permet de mieux comprendre le scepticisme linguistique radical de Mauthner qui s'affirme des Contributions à une critique du langage (1901-1902) au Dictionnaire de la philosophie (1910-1911). C'est au printemps 1906 que Martin Buber a proposé à Mauthner de rédiger un volume sur Le langage pour sa collection La société (Die Gesellschaft), afin de récapituler les thèses de sa Critique du langage et de dégager de nouvelles perspectives sociolinguistiques.
    Mauthner insiste sur le caractère contraignant de la langue qu'il considère comme un facteur décisif du conditionnement social et culturel des individus. II s'agit du condensé le plus concis que Mauthner ait donné de ses thèses qui ont marqué de nombreux intellectuels au XXe siècle parmi lesquels Landauer, Hofmansthal, Wittgenstein, Hugo Bail, Döblin et les avant-gardes des années 1968, mais aussi Borges, Joyce, Beckett et George Steiner.
    Parallèlement à cet essai est publiée aux Editions Bartillat la biographie intellectuelle de Mauthner par Jacques Le Rider : Fritz Mauthner. Scepticisme linguistique et modernité.

  • Rimbaud, souvent comparé à une comète ou un météore, a traversé ce monde à toute allure, « pressé de trouver le lieu et la formule ». Tel un feu follet ou un génie mythologique, il a couru en tous sens à la recherche d'une improbable réalisation. Il resurgit toujours dans une éclatante nouveauté.
    À chacun son Rimbaud. Celui-ci est apparu dans son évidence. Il est lui-même la matière de ce livre à partir de thèmes, comme le génie, le travail, la révolte, l'amour, la poésie, la religion, le désert.
    Notre temps a beaucoup à méditer de Rimbaud. Il incarne une troublante aventure, un infini mystère. Il comble la soif d'absolu, il étend les rêves, il enseigne le silence.
    Dans le titre, l'acier évoque la modernité, la révolution industrielle du XIXe siècle, la guerre. Rimbaud fut un témoin de la défaite de 1870. Son oeuvre est ancrée dans un moment précis de l'histoire. L'émeraude, la plus précieuse de toutes les pierres, revêt une signification particulière, ésotérique. Rimbaud a forgé une « alchimie du verbe », dans la tradition orphique. Tel est-il apparu, « d'acier et d'émeraude », la formule est de lui, contemporain et immémorial, accomplissant une synthèse supérieure.

  • Les réprouvés

    Ernst Von Salomon

    les réprouvés, récit autobiographique paru en 1930, se situe dans la période troublée des lendemains de la première guerre mondiale.
    issu d'une famille huguenote, ernst von salomon s'engage dès 1918 à la sortie de l'école militaire dans les corps francs qui combattent en haute-silésie et dans les pays baltes pour écraser la révolution rouge. en 1922, il est condamné à cinq ans de réclusion pour sa participation à l'assassinat du ministre des affaires étrangères walther rathenau. il sera libéré en 1927. dans " les réprouvés ", il décrit ces mouvements en perpétuelle rébellion contre le gouvernement issu de la défaite, confrontés au vide et au nihilisme lors des premières années de la république de weimar.
    il signe là le témoignage saisissant d'une génération perdue dans le chaos de l'histoire.

  • Jonathan Cott, journaliste à Rolling Stone et biographe de Bob Dylan, a réuni dans ce livre trente et une des plus importantes interviews accordées au long de sa carrière par le créateur de « Like A Rolling Stone ». Ces témoignages directs permettent d'approcher et de mieux connaître cet artiste capital du XXe siècle qui n'a cessé de se métamorphoser au fil des décennies, de ses débuts folk en 1962 à New York jusqu'à nos jours où il est revenu au sommet. Outre six entretiens parus dans Rolling Stone, on trouvera ici la mythique interview avec Nat Hentoff de Playboy en 1966, un échange digne d'une pièce de théâtre avec Sam Shepard en 1987 et de nombreux autres textes où revivent les paroles, la musique et la vie de Dylan. Dylan par Dylan offre les indispensables clés pour entrer dans l'oeuvre légendaire d'une personnalité aussi complexe que géniale.

    Quelques extraits :

    « Je fuguais tout le temps parce que je n'étais pas libre. J'étais constamment sur mes gardes. En quelque sorte, à ce moment-là, je savais déjà que les parents font ce qu'ils font parce qu'ils sont coincés. S'ils se font du souci pour leurs enfants, c'est par rapport à eux. C'est-à-dire qu'il veulent que leurs enfants leur fassent plaisir, et ne les mettent pas dans l'embarras - pour qu'ils puissent être fiers d'eux. Ils veulent qu'on devienne ce qu'ils ont décidé à votre place. C'est pour ça que j'ai commencé à fuguer à dix ans. » À Nat Hentoff, The New Yorker, 1964.

    « Il n'est pas nécessaire d'écrire pour être un poète. On peut travailler dans une station-service et être un poète. Je ne me considère pas comme tel, parce que je n'aime pas le mot. Je suis un trapéziste. » À Nora Ephron et Susan Edmiston, Positively Tie Dream, 1965.

    « Le but le plus élevé de l'art est d'inspirer. Que peut-on faire d'autre ? Que peut-on donner aux autres en dehors de cela ? » À Jonathan Cott, Rolling Stone, 1978.

  • À maints égards, la nouvelle édition de ce titre de Théophile Gautier est une redécouverte. Il n'avait pas été réédité depuis fort longtemps, aucune édition critique n'a paru à ce jour. Il rassemble les impressions de Théophile Gautier pendant cette période très particulière qui s'étend de la chute du Second Empire en septembre 1870 jusqu'à octobre 1871 : entretemps la République a été proclamée, la Commune écrasée lors de la « Semaine sanglante ». Gautier ne cache pas son indignation devant les atrocités commises pendant ce que Victor Hugo appellera L'Année terrible. Il se range derrière ce qu'on peut appeler le parti de l'ordre. On ne saurait non plus résumer ce livre à une seule condamnation des événements pendant la Commune. Gautier évoque quantité de sujets : la vie théâtrale (ou le peu qu'il en reste), les musées, la vie quotidienne... Gautier se montre très soucieux du sort des animaux durant le siège, aussi bien les animaux domestiques que les bêtes du Jardin des Plantes : il y consacre deux chapitres. Surtout il signe un livre essentiel sur Paris qui le place parmi les plus ardents défenseurs de la capitale aux côtés d'Hugo ou de Baudelaire. Il s'agit de son dernier livre. Sans doute doit-on y voir une forme de testament. À l'aube d'une nouvelle ère, celui qui prit toute sa part à la bataille romantique de 1830 tirait discrètement sa révérence.

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