Bernard Chauveau

  • C'est sans doute au livre de Raymond Queneau, Cent mille milliards de poèmes, que Vera Molnar a pensé en achetant il y a quelques années en Suisse un petit carnet dont chaque page était divisée en quatre bandes. Mais Vera Molnar a inventé ici sa règle du jeu. Elle a dessiné avec un stylo à gouache, en utilisant quatre couleurs et quatre épaisseurs différentes, sur une centaine de pages, des profils de la montagne Sainte-Victoire chère à Cézanne.

    Au total, ce livre-objet de 112 pages offre exactement 6 765 201 combinaisons de la montagne Sainte-Victoire. En s'accordant 10 secondes par combinaison, ce sont plus de deux ans à temps plein qu'il faudrait pour tout voir !

    /> L'édition limitée à 220 exemplaires est signée et numérotée par Vera Molnar. Texte d'entretien avec David Quéré.

  • Artiste insaisissable, Fabrice Hyber n'a cessé de bousculer le monde de l'art avec ses POF (prototypes d'objets en fonctionnement), ses expositions inclassables transformant les musées en supermarchés ou en salons de coiffure.

    Au coeur de sa pratique se situe le concept de rhizome qui lui permet de convoquer mille références, d'imaginer mille solutions qu'il projette le plus souvent dans des dessins et aquarelles. Ensuite vient le temps des objets, le temps de la peinture et des dessins aussi. L'arborescence des activités de Fabrice Hyber est donc infinie, sans cesse ouverte, fonctionnant par hybridation, mutations, par glissement d'un domaine à l'autre, établissant des liens entre des formes variées, sans cesse connectées sur le social, sur le politique. Rien n'est définitif, tout est sujet au jeu, à l'appropriation, au déplacement des sens.

    Je s'aime, l'édition réalisée pour Bernard Chauveau Éditeur et Le Néant éditeur, fonctionne comme un jeu ouvert dont les règles sont sujettes à modification et interprétation. Régulièrement l'artiste produit des " peintures homéopathiques ", de vastes toiles où sont collées des notes, des esquisses, des annotations diverses et des dizaines de dessins. Une sorte de story-board autour de toutes ses activités.

    Pour la présente édition, Fabrice Hyber a choisi de donner à chacun le loisir de recomposer lui-même une peinture homéopathique. Soit en l'occurrence 112 dessins (20 x 20 cm) qui, comme autant de cartes à jouer, doivent se positionner sur un feutre (150 x 150 cm) imprimé recto verso et servant de tapis de jeu. Chaque joueur est ensuite libre de recomposer sa peinture, se servant des cartes comme autant de possibilités pour déborder le cadre du feutre, envahir les murs et contaminer les plafonds afin de construire une invitation au rêve et à l'imaginaire. Toujours fluctuante, Je s'aime est avant tout une formidable occasion de transformer chacun en artiste, en auteur libre d'une composition ouverte.

    Édition limitée à 200 exemplaires signés et numérotés par l'artiste. L'ensemble (112 cartes et tapis de jeu) est présenté dans une boîte (45 x 45 cm) avec la règle du jeu.

  • Considéré depuis 1968 comme l'un des chefs de fil de l'« Arte Povera », Giuseppe Penone poursuit depuis une pratique artistique où l'artifice et la nature se mêlent étroitement.
    Il s'est fait connaître non seulement par des bronzes aux formes anthropomorphiques, mais aussi par des pièces où il intervient directement sur des végétaux. C'est notamment le cas avec la série des Arbres où, en creusant le bois d'une poutre, il retrouve le souvenir de la plante originale avec ses branches et ses noeuds. Ces dernières années, la présence humaine s'est faite plus présente dans ses sculptures, notamment par le biais de moulages de fragments de visage tels la bouche, le nez ou les oreilles.
    C'est dans ce processus de dialogue fertile entre un monde primordial et l'être humain qu'il faut comprendre l'actuel ouvrage produit par Bernard Chauveau Editeur et Le Néant éditeur : douze photographies, douze moments où deux mains tiennent, manipulent, enserrent et cachent un objet énigmatique.
    Ces images tirées en négatif composent une séquence intrigante qui en retour nous interroge sur notre relation aux choses, sur la manière dont les gestes du quotidien peuvent prendre une dimension métaphorique pour peu que l'on y prête attention. L'artiste a souhaité accompagner cette série de photographies d'un texte original écrit par lui-même en 2008.

  • Mo Mote est un extrait de L'Apocalypse de Tournon ou Grand Livre (2008), spécialement composé par Philippe Favier sous la forme d'un leporello. Un livre « accordéon » hors normes édité à 100 exemplaires numérotés et signés par l'artiste qui s'étire sur presque six mètres de longueur !

    Cette création s'inscrit en référence aux épopées qui depuis toujours inspirent Philippe Favier, de Lawrence d'Arabie à la Tapisserie de Bayeux, de Perceval le Gallois au manuscrit de Jack Kerouac... Texte de Sophie Latil.

  • Le Livre Noir se présente sous la forme d'un ouvrage de 168 pages intégralement imprimé en noir (et non constitué de feuilles noires). Sa couverture noire simplement rehaussée par un vernis indiquant le nom de l'artiste et son titre le transforme en manifeste. En saturant à l'extrême ces pages, en les transformant enmonochrome, Bernar Venet nous invite également à une réflexion sur l'information contemporaine, son brouillage absolu à force de contaminer le moindre aspect de nos vies.

  • Le travail photographique systématique de Roman Opalka est une composante essentielle d'une démarche qui, depuis près de 40 ans, est unique et sans compromis. C'est cette partie de l'oeuvre, sans doute moins connue que l'activité picturale mais tout aussi fondamentale qui est au coeur de l'ouvrage publié.
    Conçu directement par Roman Opalka, ce livre de création se veut une extension directe du protocole de l'artiste, cette fois centré sur sa pratique photographique. Symptomatique de la posture de l'artiste face au temps, l'ouvrage rassemble 50 autoportraits, choisis par Roman Opalka, couvrant la période de 1972 à nos jours, exceptionnellement reproduits pour l'occasion. Chaque portrait est imprimé en bichromie sur une double page avec en regard le nombre auquel il correspond. L'ensemble est complété par le texte fondateur de sa pratique « Statement d'Opalka 1972 ». Ce dernier est reproduit dans ce livre dans sa version manuscrite originale, signé dans la page, ainsi qu'en français et en anglais.

  • Cet ensemble de 21 paires de dessins est composé en diptyque ; ils sont rassemblés dans un portfolio toilé.
    Dans ce nouveau travail, mêlant encre et gouache, Anne-Marie Schneider développe le thème du temps qui passe et de sa quantification à travers des motifs de graduations, de cigarettes qui se consument, d'allumettes et de bobines de fil qui se déroulent, mais aussi des personnages qui se tiennent dos à dos, s'écartèlent et se retrouvent en se consumant dans un nuage de fumée...
    Édition limitée à 35 exemplaires numérotés et signés.

  • Ouvrage réalisé dans la Collection rencontre d'atelier avec l'artiste Bernar Venet. " Mur du Son " est une composition originale créée en 1991 à partir de l'enregistrement sonore des moteurs du Concorde. Pour la première fois, cette oeuvre est reproduite dans son intégralité. Elle est accompagnée du poème manuscrit " Noir et Noir " écrit en 1963 par Bernar Venet. Un enregistrement sonore sur CD est également joint à l'édition. Présenté dans un portfolio avec estampage spécialement réalisé pour l'édition - Illustrations sur papier Rivoli 160 g : quatre sérigraphies originales composant le texte manuscrit du poème " Noir et Noir " et vingt-cinq sérigraphies originales composant la partition " Mur du Son ".

  • Considéré comme l'un des artistes conceptuels les plus radicaux de ces dernières décennies, Lawrence Weiner construit depuis la fin des années 1960 une pratique basée sur le langage perçu comme un espace autonome d'énonciation.
    Les phrases et sentences qu'il imagine pour les murs ou pour l'espace du livre et du poster sont de véritables " sculptures ". Lawrence Weiner considère que l'abstraction du langage ouvre par essence un espace à la fois métaphorique mais aussi réel, creusant de ce fait une sorte de disjonction dans le quotidien. Vogue la Galère est une série de six planches réalisée à partir de collages originaux conçus spécialement pour cette édition.
    Ces six oeuvres sont autant de cartes marines que l'artiste imagine trouvées. Cette édition reste l'une des toutes premières où les principes de collages présents dans son activité sont clairement visibles avec l'inclusion de cartes, le montage d'éléments disparates rehaussés de gouache, d'aquarelle et de crayons couleurs. Exceptionnelle, cette oeuvre l'est aussi par son format. Enfin, Vogue la Galère fonctionne également sur le principe de la séquence et du montage (six éléments) que le spectateur doit par la suite réorganiser selon son vouloir.
    Edition limitée à 225 exemplaires signés et numérotés par l'artiste comportant six planches d'illustrations originales dans une boîte où le titre est imprimé en sérigraphie.

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