Littérature générale

  • Il y a peu de livres sur cet homme et pourtant il passa sa vie en leur compagnie, Larousse qui meuble nos bibliothèques.

    Une vie de passions et de combats.
    Pierre Larousse, l'autodidacte qui dévore les livres et les études, suit à Paris les cours qui s'offrent à lui et le soir, noircit ses carnets de notes. Rien n'arrête sa soif d'apprendre et bientôt de transmettre, quitte à se tuer à la tâche pour nous offrir des manuels destinés à enseigner l'orthographe, mais aussi l'art de s'exprimer à l'écrit comme à l'oral. La lexicologie des écoles primaires, en 1849, fut son premier ouvrage. Suivirent en 1856 le Nouveau dictionnaire de la langue française, ancêtre du Petit Larousse, puis, en 1863, le Grand dictionnaire universel du xixe siècle, un rêve d'encyclopédiste : de quoi « instruire tout le monde sur toutes choses ». Des mots dans lesquels on reconnaît le défenseur d'une école gratuite et obligatoire et des valeurs de la République.

    2017 : l'année du bicentenaire.
    Nous entrons dans l'année du bicentenaire de la naissance de Larousse (1817-1875) et, dans la suite des Cher Corbu, Cher Matisse, Cher Nicéphore et Chère Camille Claudel, ce Cher Pierre Larousse est une déclaration libre de ton à l'infatigable homme de progrès, à l'heure où chacun considère avec inquiétude les questions de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, de l'orthographe en danger, de l'illettrisme en hausse, de l'évolution de la langue, de la réforme de l'orthographe et enfin, à l'heure des tweets et des textos, d'un nouveau vocabulaire.

    Les contributeurs se sont replongés de bonne grâce dans les souvenirs de leur premier dictionnaire et du Larousse que l'on se passait de mains en mains, que l'on feuilletait avidement ou que l'on affectait à quelque contre-emploi, mêlant roman familial et Histoire. Ils se sont plu à évoquer le mot que l'on cherche ou que l'on déforme, le mot de l'année, le mot à bannir et celui qui reste à inventer, des mots, toujours des mots et enfin : être ou ne pas être - dans le Larousse...

  • Comment cet homme fait-il pour réunir à lui seul tous les combats, puis toutes les fiertés, d'un peuple pris dans les bassesses de l'Histoire et les humiliations répétées ? Des bancs du lycée Victor-Schoelcher en Martinique (1924) où ses camarades lui firent comprendre que sa place n'était pas parmi eux, à ceux de l'Assemblée nationale où il eut bien du mal à se faire entendre quand il se fait rapporteur de la loi sur la départementalisation en 1946.

    La question est aussi celle de son héritage : le prendre à la lettre, prendre ses distances, s'émanciper, choisir (ou pas) entre négritude, aliénation (Fanon), créolisation (Édouard Glissant) et créolité (P. Chamoiseau).
    Dix ans après sa disparition que faut-il retenir de cet homme iconique et quelle place lui accorder lui qui usa sa vie à donner aux hommes « la force de regarder demain » ?

    Le livre préparé par les éditions Bernard Chauveau, sous la direction de Sylvie Andreu, pour le dixième anniversaire de la disparition d'Aimé Césaire a l'ambition de tisser un récit qui se décline à tous les temps, sur tous les continents et fait écho à toutes formes de créativité.

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