Cahiers Du Cinema

  • Ce portrait du cinéaste au travail est celui d'un Welles imprévisible, qui change de méthodes d'un film à l'autre ou au cours d'un même film, pour arriver toujours à un résultat qui frappe par sa rigueur et sa nécessité. Volonté de contrôler le moindre détail ou de déléguer à ses collaborateurs, préméditation méticuleuse ou improvisation dans l'urgence, confiance aveugle en un chef opérateur ou dispersion du travail entre cinq techniciens successifs, Welles est à l'aise dans les extrêmes.
    C'est aussi un réalisateur d'une exceptionnelle faculté d'adaptation, qui modifie de fond en comble les choix stylistiques d'un film en fonction des conditions de production qui lui sont proposées. De Citizen Kane (1941) à Vérités et mensonges (1973) et Filming Othello (1977), ses méthodes de travail sont exposées ici grâce à des archives européennes et américaines consultées par les auteurs au cours de quinze années de recherches : contrats, moutures provisoires des scénarios, storyboards, maquettes en volume, croquis de décor, plans de travail, rapports quotidie ns de production, mémos, partitions, correspondances... L'ouvrage comporte une abondante iconographie, dont de nombreux documents de travail inédits.

  • A la sortie de playtime, françois truffant écrivait à jacques tati " s'il existait un journal de travail, je le lirais et avec quelle avidité ! j'ai envie de vous interroger comme un inspecteur : due tourniez-vous la nuit du 13 au 14 juillet 1965 ? " comme une réponse à truffant, le livre de playtime est tout à la fois une enquête visant à restituer les conditions de ce que tati considérait comme son oeuvre-maîtresse, une analyse, proposant sa relecture, nourrie des recherches sur sa genèse, et le film en images, agrandissements de photogrammes couleur des scènes principales.
    De nombreux documents d'archives, repérages d'architecture, accessoires, dessins, castings de figurants, autant de pièces à conviction, qui permettent de retracer l'histoire de ce film devenu mythique, depuis l'idée initiale aux environs de 1958, jusqu'à sa première projection à l'empire fin 1967. le cahier de la scripte, les rapports de production, les témoignages des collaborateurs de tati, les photos de tournage, forment la chronique d'un tournage particulièrement mouvementé, long de deux années, dans un décor aux dimensions d'une ville.
    Le commentaire du film permet de mettre à jour les fils rouges qui lui donnent son unité, de s'interroger sur le rapport de tati à la peinture, bruegel ou dufy, par exemple, de s'arrêter sur l'invention sonore et la partition des cinq pistes sur laquelle joue tati... aujourd'hui, plus de trente ans après la sortie de playtime, sa restauration en 70 mm, produite par les films de mon oncle, va permettre de comprendre à quel point ce film reste extraordinairement novateur, inventif d'un point de vue esthétique et de mise en scène, ainsi qu'une oeuvre indispensable pour penser le monde " globalisé " d'aujourd'hui.

  • Le parcours de Jean-Luc Godard, comme celui de nombre de grands artistes connaît plusieurs grandes périodes qui se caractérisent par des engagements esthétiques spécifiques à chacune.
    C'est la première période, celle des années soixante, dite de la Nouvelle Vague, qu'a choisie Alain Bergala pour approcher la méthode du cinéaste. Godard réalise depuis ses premiers essais des années cinquante jusqu'en 1968, qui marque une rupture dans son oeuvre, pas moins de 27 courts et longs métrages. Il y a une unité d'ensemble dans cette suite de films que l'on pourrait autrement intituler " les années Karina " tant y est présente la muse, l'actrice qui fut aussi la compagne du cinéaste : Anna Karina ( du Petit Soldat en 1960 à Made in USA en 1966). Les opus les plus connus en sont A bout de souffle bien sûr, avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, qui révéla Jean-Luc Godard au public, Le Mépris avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli, Pierrot le fou avec Jean-Paul Belmondo et Anna Karina, La Chinoise avec Anne Wiazemsky et Jean-Pierre Léaud.
    Malgré l'abondante littérature produite sur Godard, le mythe se perpétue, la part de mystère demeure sur la nature de l'artiste et le sens de sa production. C'est pourquoi le retour à la source opéré ici par Bergala, dont le projet porte sur le " comment " plus que sur le " pourquoi ", qui privilégie les faits, le récit de l'accomplissement de l'oeuvre sur le commentaire, remet en cause bien des idées reçues.
    On peut également considérer que cette première période constitue une sorte matrice à partir de laquelle c'est sur l'ensemble d'un demi siècle de cinéma de Jean-Luc Godard qu'un éclairage nouveau est porté.

  • L'étude inédite de l'oeuvre de l'un des plus grands cinéastes français. Chaque chapitre est consacré à un film, mettant en valeur différents aspects de la méthode de travail de Truffaut.

  • Une vision nouvelle et somptueusement illustrée du maître du suspense au travail. Une mine d'informations de première main sur ses méthodes de travail, grâce à l'étude de ses archives et à des entretiens inédits avec ses collaborateurs.

  • Journal à deux voix : raymond depardon et frédéric sabouraud parcourent l'oeuvre du cinéaste de tibesti too à la captive du désert, de numéros zéro à faits divers, et remontent à la genèse de ses films, entre photos et propos, entre dialogues et photogrammes, à travers le regard du critique et celui du réalisateur.

    Le livre assemble encore, comme un puzzle, les témoignages des collaborateurs d'hier et d'aujourd'hui, les écrits de certains spectateurs privilégiés, critiques, psychanalystes, écrivains.
    Cet ouvrage est un travail de mémoire, il visite le passé des films et de la vie par un sentier qui les met côte à côte, en collage, en morceaux, avec le temps pour témoin, comme soutien, comme confirmation de cet assemblage subjectif, empirique.

    Raymond depardon est-il un photographe qui fait des films ? assurément non, et pourtant, de la photo au cinéma, il y a bien transmission, résonances. ce livre en est le témoin tant il cherche, sous la clarté apparente des mots, ce que parfois les images nous disent.

  • L'ouvrage de référence sur le cinéaste allemand Fritz Lang (1890-1976), par Bernard Eisenschitz, éminent critique et historien de cinéma. Une étude complète et richement illustrée de l'oeuvre du réalisateur, organisée de manière chronologique, des premiers films expressionnistes allemands aux derniers films noirs américains. Quatre focus mettent l'accent sur un aspect d'un film, un thème ou un genre. Explore tous les chefs-d uvre de Lang, dont Metropolis (1927), M le Maudit (1931), Règlement de comptes (1953) et La Cinquième Victime (1956). Une iconographie exceptionnelle, provenant des archives de Lang à travers le monde : photographies de plateaux, de tournages, affiches, storyboards, dessins et scripts annotés, dont certains inédits. La publication de l'ouvrage coïncidera avec l exposition Metropolis de la Cinémathèque française (le 17 octobre 2011), accompagnée d'une rétrospective de Lang. Bernard Eisenschitz est historien du cinéma et traducteur de films et de livres. Rédacteur en chef de la revue Cinéma de 2001 à 2007, il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages, notamment Fritz Lang la mise en scène (dir., 1993), Gels et Dégels : une autre histoire du cinéma soviétique, 1926-1968 (dir., 2000), Le Cinéma allemand (1999, 2008).

  • Gus van sant a profondément transformé notre regard sur la jeunesse américaine.
    En 2003, le jury du festival de cannes, bouleversé par la transposition de la fusillade du lycée de columbine qu'il livre avec elephant, lui décerne la palme d'or. son parcours est fait de métamorphoses successives, des quartiers populaires de portland, " sa " ville, filmée d'abord en noir et blanc dans mala noche jusqu'au san francisco des années 70, reconstitué pour faire revivre la lutte de harvey milk pour les droits des homosexuels.
    A la fin des années 80, il représente le jeune auteur indépendant par excellence avec drugstore cowboy, my own private idaho, even cowgirls get the blues. son univers peuplé d'une nouvelle génération d'acteurs ( matt dillon, river phoenix, keanu reeves. ) affirme son identité homosexuelle et mêle les influences du western classique, de la culture " beat ", de la peinture hyperréaliste et des écoles contemporaines de la photographie américaine.
    Au milieu des années 90, l'auteur se mue en artisan des studios avec will hunting et a la recherche de forrester. psycho marque le tournant qui le conduit vers gerry, elephant, last days et paranoid park et le statut d'un artiste protéiforme au moment oú l'on découvre qu'il peint, photographie, compose et interprète. l'oeuvre de gus van sant est à la fois neuve et prise dans le mouvement d'une génération.
    Chacune de ses périodes place le cinéaste au meilleur poste d'observation, dans l'oeil du cyclone, à partir duquel il ressent et donne à voir les contours du temps présent.

  • Cinéaste, acteur, producteur, citoyen engagé dans la vie politique de son pays, Nanni Moretti est une figure centrale du panorama cinématographique et culturel italien de ces trente dernières années. Largement autobiographique, partant de l'Italie, et plus particulièrement de Rome qu'il parcourt inlassablement avec sa Vespa, son oeuvre atteint l'universel. Depuis les années 70, toute une génération se reconnaît peu ou prou dans le personnage burlesque et névrosé de Michele qu'il crée avec Je suis un autarcique, et incarne de film en film. Avec La messe est finie, le public français reconnaît et adopte ce réalisateur qui porte un regard ironique et lucide sur le monde comme il va, le rapport de l'individu au groupe, le militantisme, le féminisme, la psychanalyse, la cinéphilie, la télévision, la politique-spectacle... Au coeur de l'ouvrage, une longue conversation de Nanni Moretti avec les critiques Carlo Chatrian et Eugenio Renzi. Pour la première fois, le cinéaste italien s'exprime sur l'ensemble de son parcours et de ses films : sa vision de la mise en scène en tant qu'acteur-réalisateur, l'héritage des comiques, l'influence des frères Taviani, la place du scénario, le choix des acteurs, l'évolution de ses centres d'intérêt à travers les années.
    L'entretien s'ouvre sur les premiers pas du cinéaste dans le cinéma : les courts métrages en super 8, la recherche de l'indépendance artistique dans un cinéma italien sinistré, la nécessité de fonder sa propre maison de production pour ses films comme pour ceux des jeunes cinéastes italiens, d'ouvrir sa propre salle de cinéma, d'organiser des festivals... L'entretien progresse chronologiquement. La parole et le souvenir reviennent sur les films célèbres - Palombella Rossa, Journal intime (Prix de la mise en scène à Cannes en 1994), La Chambre du fils (Palme d'or à Cannes en 2001), Le Caïman (satire contre Silvio Berlusconi, grand succès public et critique en France). Chaque film est l'occasion d'approfondir un aspect spécifique du travail de Moretti, et d'interroger, en complément, ses acteurs comme Laura Morante et Silvio Orlando, et ses collaborateurs : le monteur Mirco Garrone, le producteur Angelo Barbagallo, le compositeur Nicola Piovani, pour n'en citer que quelques-uns. Des documents inédits complètent le portrait : un extrait du scénario du film - jamais réalisé - Militanza, Militanza... ; son discours lors des girontondi sur la place San Giovanni.

  • Magnum cinéma

    Collectif

    Les grands noms de la célèbre agence Magnum ont tous à un moment de leur parcours rencontré le cinéma, établi des liens privilégiés et durables, soit directement en suivant le tournage de films, dont l'exemple des Misfits de John Huston avec Marilyn Monroe reste le plus mythique, soit par des reportages sur les grandes personnalités du cinéma, soit encore à l'occasion de séances de portraits.
    Alain Bergala a plongé dans les archives de l'agence, des milliers de clichés à Paris aussi bien qu'à New York, rassemblant les photos emblématiques pour raconter l'histoire d'une rencontre, celle d'une famille de photographes avec la tribu-cinéma. Parcourir cet album, c'est d'abord éprouver le plaisir de retrouver les plus grands parmi les acteurs de la seconde moitié du XXe siècle (Marilyn Monr?, Romy Schneider, Ingrid Bergman, Isabella Rossellini..), au travail dans les rôles qui les ont rendus célèbres, avec les réalisateurs qui les ont dirigés (John Huston, Joseph Losey, Elia Kazan, Orson Welles, Roberto, Rossellini, Jean renoir, Jacques Tati...), parfois aussi dans leur vie quotidienne ou lors de la promotion des films.
    Un texte d'introduction d'Alain Bergala permet de resituer cette complicité dans une histoire parallèle de la photographie de reportage et de la photographie de cinéma.
    Traduit dans le monde entier, cet ouvrage paru à l'occasion du centenaire du cinéma en 1995, est devenu un classique pour la bibliothèque de tout amateur de photo comme de cinéma.
    On y retrouvera des photos de Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, David Seymour, Marc Riboud, Eugene smith, Ersnt Haas, Werner Bischof, Dennis Stock, Gilles Peress, Josef Koudelka, Raymond Depardon, Elliott Erwitt, Bruce Davidson, Bruno Barbey, René Burri, Guy Le Querrec, Abbas, Inge Morath, etc

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