Ceres Editions

  • Ce livre, qui porte sur les rapports du politique et du religieux dans l'Islam des origines, relève de plusieurs niveaux. Il s'agit d'abord de la reprise historique et critique de la période du califat primitif et, surtout, de la dernière phase - La Grande Discorde, la Fitna - qui a vu pendant cinq ans et même davantage se déchirer la « nation de Muhammad », la Umma. Période de crise et de guerres civiles qui aboutit aux grandes divisions de l'Islam en sunnisme, shi'isme, kharijisme.
    À un autre niveau, le califat primitif intéresse les musulmans modernes qui n'ont cessé de projeter sur cette source le débat politico-religieux issu du choc avec la modernité et l'indépendance des États nationaux : sécularisation de la politique et de l'État ou islamité ? La question continue plus que jamais de fendre la conscience islamique moderne en deux.
    Cette lecture critique des origines est encore plus indispensable aujourd'hui : elle va nous permettre de mieux saisir le retour ou la réactivation actuelle de ce conflit premier entre sunnites et shi'ites.
    Hichem Djaït, penseur et historien tunisien, livre ici l'un des titres majeurs de l'école historique contemporaine.

  • Ce livre tente de comprendre la stagnation de la 'civilisation musulmane' dans le theologico-politique. C'est aujourd'hui, parmi toutes les civilisations du monde, la seule exception, puisque les pays d'Asie par exemple ont globalement réussi leur entrée dans la modernité, parfois en gardant subtilement leurs traditions (cf. le Japon et la Chine). L'originalité de Redissi consiste à passer en revue les éléments de cette exception (religieuse, politique, économique, sociale, culturelle) pour montrer où elle se fixe (par exemple, dans la forme presque toujours autoritaire du politique, ou dans les formes patrimoniales de l'économie dominée par la rente et non par le travail...). Surtout, il met en lumière une 'erreur' qui traverse l'islam depuis le début : l'idée que l'islam n'a aucun problème avec la raison et la rationalité scientifique, l'idée aussi que l'islam est laïc par définition, qu'il se concilie sans peine avec l'économie moderne, la démocratie, etc. Il y a là un point aveugle, sur lequel même les réformistes n'ont guère été lucides, car les ruptures nécessaires, par exemple la séparation de la religion et de l'État, ne s'accommodent guère de ces visions conciliatoires, qui n'aboutissent qu'à des demimesures, et même à une absence de mesures politiques. Faute de payer le prix de la modernisation, les pays d'islam végètent dans des semi-modernités, où, en dernière instance, le religieux a toujours le dernier mot et fait peser sa chape sur les sociétés et les individus musulmans.

  • Le siècle brûlant de la domination française en Tunisie revit ici à travers trois générations de femmes juives. Amours et intrigues de cour, princesses beylicales, gens du peuple et bourgeois enrichis se succèdent dans cette vaste fresque familiale. La population cosmopolite de la Régence - où Juifs, Arabes, Maltais, Italiens et Français côtoient l'histoire, grande ou petite - est le principal personnage d'une chronique foisonnante, émouvante et savoureuse, à l'image de la ville elle-même.

  • Soudain, le peuple tunisien s'est soulevé! Nul n'avait prévu cet événement qui a donné le signal de révoltes populaires et de renversements de régimes tyranniques dans un monde arabe que l'on disait le plus souvent sans aspiration à la liberté. Pourquoi ce peuple, réputé pour sa modération, a-t-il inventé la première révolution du XXIe siècle? Quelles en ont été les causes profondes, au-delà des explications socio-économiques, insuffisantes pour penser ce moment où des femmes et des hommes se sont levés ensemble pour s'émanciper?
    Il faut s'interroger sur les dimensions à la fois politique et subjective de ce bouleversement pour pouvoir en rendre compte. C'est cette double approche que privilégie Fethi Benslama, qui a suivi ce processus révolutionnaire avec passion. Pour l'éclairer, il use des ressources de la psychanalyse et de la philosophie.
    Auteur prophétique d'une Déclaration d'insoumission publiée en 2006, fort de son engagement de longue date pour la défense de la démocratie et des libertés, il livre aussi dans cet ouvrage le fruit de ses réflexions sur l'état du monde arabe. Il met l'accent sur la mutation inaperçue qui a conduit ses sujets à sortir de la double entrave qu'ils subissaient, entre pouvoirs autoritaires et régimes islamistes, afin de ne plus sacrifier leur désir de liberté à la quête d'identité. De la Tunisie au monde arabe, on n'observe pas seulement un effet mimétique, mais un mouvement de fond qui bouleverse l'histoire de la Méditerranée. Notre histoire.

  • Du quartier réservé au sanctuaire du Saint en passant par les prisons et les maisons d'arrêt, autant d'espaces interdits de la ville arabe d'hier que ce livre nous invite à découvrir par le texte et par l'image. Qu'ils soient espaces de crime, de mépris et d'insécurité, ou espaces de piété et de refuge, c'est en quelque sorte une cité mystérieuse qu'ils dévoilent. Dans la médina d'hier, le fuyard, l'assassin et les voleurs du jour n'avaient de choix le soir que de venir passer la nuit dans les sombres impasses des quartiers réservés sous la protection complice des filles du «péché» et du désespoir ou de se réfugier dans l'espace sacré des sanctuaires sous la protection des saints du repentir et de l'espoir.
    Une anthropologie de la marginalité dans la ville arabe commence nécessairement par l'interdit et ses misères pour finir dans le sacré et ses mystères.

  • L'Histoire de la Tunisie, de la Préhistoire à la Révolution est un livre aux multiples accès. Il se lit comme un roman, s'étudie comme un manuel, se feuillette comme un album et on y revient comme à un atlas ou à un dictionnaire. Il offre, en un volume unique, une présentation juste et vivante de tout ce que l'on doit savoir de l'histoire d'un des plus vieux pays du monde.

  • « Ecrivez à l'auteur pour le convaincre de vous raconter la suite ! » C'est en ces termes que Frédéric Mitterrand achève la préface de C'était Tunis 1920, premier livre de Maherzia Bournaz.
    Dans le second ouvrage, Maherzia Bournaz se fait le chantre de la vie tunisienne de 1927 à 1945. Elle relate en un style simple et vivant, son adolescence sous le protectorat français. C'est l'occasion pour elle de faire revivre la vie quotidienne d'antan avec la présentation de son quartier, sa maison, ses parents, sa famille et voisins, les traditions, les fêtes et les rites. Elle émaille son récit d'attachantes anecdotes, de scènes prises sur le vif, de contes de son enfance, de remèdes naturels, de tabous et de superstitions de l'époque. Elle offre au lecteur une fresque humaine riche et variée tout en lui faisant visiter et aimer les lieux avec un raffinement où l'Orient et l'Occident insensiblement se marient. C'était Tunis 1920 et Maherzia se souvient, sont de vivants témoignages sur un monde lointain qui nous est cher et dont le souvenir méritait de survivre à travers le vécu personnel de l'auteur.

  • Agar, une histoire singulière entre un Tunisien et une Française, nous parle tout à la fois, avec humour et gravité, de religion, de politique, de mixité et d'amour : Qu'est-ce aimer ? Peut-on s'aimer ? Qui et quoi aimer ?
    Agar, devenu aujourd'hui un ouvrage emblématique de la littérature maghrébine d'expression française, et dont l'histoire se déroule entre Tunis et sa banlieue, est ici pour la première fois édité en Tunisie, pays d'origine d'Albert Memmi.

  • _Z_, une mystérieuse lettre derrière laquelle s'est exprimé l'un des meilleurs talents de l'opposition tunisienne, un cyber-dissident luttant par l'image et le texte. Trois ans durant, il alimentera son blog « DEBATunisie » de dessins et de caricatures, mêlant humour et colère, au gré de l'actualité de Ben Ali et de ses courtisans, les hommes « mauves ».
    Très tôt, _Z_ a cru en une issue fatale. En 2009, il prête un cauchemar à Ben Ali où celui-ci emprunte le chemin de l'exil en direction du désert... Dès décembre 2010, sur le bureau du Président, s'inscrit le mot magique, sésame de la Révolution : « Dégage ! ».
    Le 8 janvier 2011, à l'heure où la Tunisie ne pouvait espérer une fin aussi rapide, _Z_ dépose un Ben Ali prêt à fuir le pays à bord d'un avion. Sur les marches, on reconnaît Leïla et la cassette d'or du 26 26...
    _Z_ fête enfin la chute de Ben Ali mais la Révolution continue. Il persiste et croque aussitôt les revenants et les nouvelles têtes.

  • L'histoire débute à la manière des contes de fées. Nous sommes en 1910, Mohamed Naceur Bey, 15e bey husseinite, offre au jeune Victor Sebag pour son treizième anniversaire un appareil-photo. Dès lors, son destin est scellé : Sebag sera photographe. Plus rien n'échappera à son regard : la rue, la cour, le ciel, la mer et le désert. Devant son objectif défilent les beys, les aristocrates, les marginaux, les militants, les laïcs et les religieux ; se croisent les Tunisiens, les Français, les Italiens et tous les autres. Il fixera en image les palais du Bardo et la Casbah, Moncef Bey à La Marsa, de Gaulle au Belvédère, Saint-Exupéry à Laouina, Chafia Rochdi à Carthage, Joséphine Baker à Dougga et les fileuses anonymes de Tozeur.
    Dès les années 1910 et jusqu'aux lendemains de l'indépendance, journaliste et reporter photographe, Sebag sera, tout au long du siècle, le témoin capital des grands moments de la vie sociale, politique et artistique tunisienne. Dernier directeur du journal tunisien Le Petit Matin, les plus grandes agences européennes et américaines le sollicitent. Il est le correspondant du New York Times, de l'Excelsior, de Wide World Photos, de L'Afrique du Nord illustrée.
    Ce livre est une véritable redécouverte. Après avoir été largement diffusée auprès de ses contemporains, son oeuvre aujourd'hui méconnue, nous est enfin restituée. Ces pages offrent, pour la première fois, une splendide sélection de 230 photographies qui sont autant des oeuvres d'art que des contributions majeures à la mémoire visuelle tunisienne du XXe siècle.

  • Religion qui compte plus d'un milliard d'adeptes, l'Islam se situe aujourd'hui à un tournant. C'est ce qu'explique l'historien tunisien Mohamed Talbi dans ce vibrant plaidoyer pour un « Islam moderne ». Revenant sur son propre parcours d'intellectuel musulman, au carrefour de l'Occident et du monde de la Méditerranée, il propose une analyse lucide et sans complaisance.Oui, il faut que l'Islam accepte de se réformer en profondeur, quant à la place de la Charia'a, l'interprétation du Coran, le statut de la femme et le rapport au politique. Oui, il faut que s'établisse en vérité un vrai dialogue interreligieux entre les fils d'Abraham. L'avenir et l'équilibre du monde en dépendent...

  • Le nouveau voile est dans la rue, le café, l'école, le métro, les médias, au stade et sur la plage. Mode et coquetterie sont de mise: la voilée sort, se montre, se fait belle, séduit et se laisse tenter. Son comportement détonne. Il contrarie nos habitudes de pensée, échappe aux politiques, dérange les anciens et piège les modernes. Dans les pays musulmans comme partout ailleurs dans le monde, de n o u veaux visages partagent notre quotidien. Ces femmes voilées, comment les voir, les comprendre et en parler ? Comment interpréter leur hijâb, ce symbole qui montre et dit plus qu'il ne cache et tait ?
    Tel qu'il s'affiche aujourd'hui, avec ses variantes et ses accessoires, le nouveau hijâb résulte d'un bricolage inédit qui rompt avec les pratiques traditionnelles. Il traduit, en même temps qu'il annon c e, les changements de l'individu, de la société et de la culture. Son enjeu politique est la montée du pouvoir féminin dans les espaces publics. Sa portée économique est liée à la mondialisation des objets et des signes. Il symbolise et met en scène, une identité plurielle. À l'appui d'une nouvelle lecture du voile, l'esthétique, le ludique, le politique et l'économique sont, tour à tour, analysés puis progressivement croisés. La synthèse est percutante. Le texte, rigoureux et audacieux, s'attaque aux vraies questions et répond autant aux partisans qu'aux adversaires du voile.

  • Denise Bellon (1902-1999) a sillonné la France, l'Europe (Finlande, Pays baltes, Albanie, Grèce, Espagne), l'Afrique du nord (Maroc, Tunisie) et l'Afrique noire : en quarante ans de photographie, elle a appréhendé l'Histoire de son siècle. L'un de ses reportages l'a menée en Tunisie en 1947.
    En 1960, Denise Bellon revient en Tunisie, sur le tournage de « Zaâ, le petit chameau blanc », réalisé par sa fille Yannick Bellon.

  • Ces Chroniques du Manoubistan reconstituent les épisodes d'un étrange feuilleton qu'on pensait d'un autre âge.
    Les événements se sont déroulés à la Faculté des Lettres de La Manouba de Tunis, devenue le matin du 28 novembre 2011 l'objet d'une conquête (ghazoua) salafiste. Elles retracent, de jour en jour, la montée de la violence jusqu'à l'absurde comparution du doyen Kazdaghli, accusé d'agression contre des étudiantes en niqab venues saccager son bureau. Un retournement invraisemblable où, de victime, il devint coupable.
    Ces pages sont aussi un recueil de chroniques tunisiennes qui rappellent l'existence en Tunisie d'autres « Manoubistan » et que ces événements font partie d'une campagne savamment orchestrée d'atteinte aux libertés. Des événements qui prouvent aussi à quel point cette offensive liberticide a pour objectif de mettre en péril le projet moderniste tunisien.
    Véritable journal de combat et de défense des valeurs humanistes, ces chroniques sont enfin un hymne à la liberté et à la résistance des hommes et femmes du savoir, de la culture et des arts. En dénonçant les briseurs de rêves, elles incarnent un espoir :
    Que la Tunisie soit à « la hauteur » de sa Révolution.

  • Le livre que Carthage mérite. Des textes documentés et complets, dont les auteurs sont des spécialistes renommés de l'histoire de la ville de Didon ; des photographies de grande qualité, inédites puisque nous avons pu avoir accès à des objets non encore présentés au public, d'une valeur et d'une beauté qui ravira les connaisseurs.
    Ce livre se veut un livre de référence, autant pour l'homme de culture qui veut redécouvrir l'histoire de Carthage, que pour le chercheur ou l'historien qui y trouvera une documentation rigoureuse.

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