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Cerf

  • Un homme rencontre une femme.
    Il est le Fils de Dieu, elle est une fille de rien. Hérétique, abandonnée, réprouvée, c'est pourtant elle qui le désaltère.
    Pierre Coulange révèle ici la dramaturgie mystique de l'invraisemblable rencontre entre le Christ et la Samaritaine. Cette femme aux cinq maris reçoit en effet une mission inimaginable : annoncer à des Samaritains la présence d'un homme qui pourrait être le Messie.
    C'est à une lecture messianique du récit que nous invite l'auteur. Il met au jour une multitude de signes, comme le puits et le symbole nuptial, l'eau vive et l'allusion à la vie éternelle, l'adoration et la nourriture.
    Bien loin de l'image de la femme de mauvaise vie, la Samaritaine est habitée par des questions fondamentales sur Dieu. Son intelligence et son coeur s'ouvrent peu à peu à la grâce. À travers elle, c'est le Christ qui va au-devant de nous.

  • Chassons une fois pour toutes de nos esprits la vieille et fallacieuse image d'un Jésus évangélique venu opposer l'amour à la Loi !

    Jésus, qui a grandi dans la société et la religion juives, qui pense et parle en juif à des juifs, est un maître de « halakhha », quelqu'un qui discute de la façon de conduire sa vie selon la Loi, charte de la vie personnelle et collective dans la Palestine du Ier siècle. Mais c'est en vain qu'on chercherait dans les évangiles un enseignement systématique sur le sujet et encore moins un code de morale. Cependant, les évangiles ont retenu un certain nombre d'épisodes où le maître de Galilée s'affronte à des pratiques religieuses et des institutions sociales majeures de la vie juive : le divorce, les serments, l'observance du sabbat, les règles de pureté, notamment alimentaires, et finalement l'exigence de l'amour. Comment le prophète eschatologique interprète-t-il, dans ces situations concrètes, la teneur et le sens de la Loi, autrement dit la volonté de Dieu ? Voilà les thèmes de ce nouveau volume de recherche sur le Jésus historique.

    Les scènes de la vie de Jésus et ses paroles nous sont parvenues à travers le prisme, la mise en oeuvre des premières communautés chrétiennes. Une fois de plus, John P. Meier essaie de dégager les éléments dont un historien, travaillant strictement avec les méthodes de sa discipline, peut conclure qu'ils remontent au Jésus historique lui-même. Une fois de plus, il contextualise chaque thème en explorant sa présence dans les problématiques juives mais aussi païennes contemporaines. Une fois de plus, il analyse méticuleusement chaque texte du Nouveau Testament dans son contexte et jusque dans le moindre de ses éléments. Un travail certes ardu, exigeant, de très grande érudition. Mais le lecteur appréciera vite la clarté de la démarche et l'intérêt du bilan que l'auteur dresse à chaque étape. Il est ainsi conduit à s'approcher au plus près du Jésus historique sur des questions dont l'importance est d'emblée évidente pour la connaissance des origines chrétiennes et qui restent vives en notre temps.

  • Une personnalité historique se définit dans une large mesure par l'entrecroisement des rencontres et des relations dans lesquelles se joue son existence. Cela vaut au plus haut point d'un chef religieux, charismatique, toujours en déplacement, tel que fut Jésus. Dans une recherche strictement historienne, que pouvons-nous atteindre de ce tissu de relations dans lequel Jésus a développé son message et son action, souvent étonnants ? C'est le propos de ce troisième tome d'Un certain Juif, Jésus. Les données de l'histoire de cerner cette réalité autant que la science peut y accéder. L'auteur s'intéresse successivement aux sympathisants, aux interlocuteurs et aux adversaires de Jésus. D'abord, les foules que Jésus semble regrouper, puis ces disciples prêts à le suivre, et pour finir il traite nommément de chacun des apôtres - dont le destin historique reste bien obscur. Mais Jésus a eu aussi des contacts soutenus avec des groupes concurrents, certains devenant des adversaires. On trouve là d'abord les pharisiens, ces maîtres d'enseignement du peuple, les plus identifiables. Quelles furent les relations et affrontements de Jésus avec les sadducéens, liés quant à eux aux Instances de l'aristocratie officielle du Temple ? Par ailleurs, Jésus a-t-il connu des dissidents comme les esséniens, ou eu à prendre position face à des milieux qui cultivaient une violence contestataire contre l'occupant romain ? En tout cas, si la personnalité de Jésus est immergée dans le judaïsme majoritaire de son temps, elle en émerge fortement. C'est peut-être la première fois qu'un auteur ose avancer de façon aussi rigoureuse et ample dans l'exploration de cet univers relationnel dont se détache la figure historique de Jésus de Nazareth.

  • Depuis la fin du XIXe siècle, les chercheurs du Nouveau Testament travaillent avec la certitude que la plupart, sinon la totalité, des paraboles narratives dans les évangiles synoptiques peuvent être attribuées au Jésus historique. Ce livre conteste ce consensus et soutient que seules quatre paraboles ; celles du grain de moutarde, du mauvais intendant, des talents et de la Cène ; peuvent être attribuées au Jésus historique avec certitude.
    Dans ce cinquième volume tant attendu d'Un certain juif, l'auteur aborde ce sujet controversé avec la rigueur et la perspicacité qui lui ont valu de nombreux éloges pour ces publications précédentes, dans le New York Times outre-Atlantique et dans Le Monde des Livres en France. Ce volume participe à l'oeuvre magistrale de John Paul Meier et à sa quête du Jésus historique. Un monument.

  • Les images que nous nous faisons de Jésus de Nazareth sont nombreuses et diverses. Jamais pourtant nous ne pourrons faire l'impasse sur une interrogation fondamentale : que pouvons-nous effectivement savoir de Jésus par la connaissance historique moderne ? John P. Meier, dans ce premier volume d'une oeuvre qui en compte quatre, explique comment la question de Jésus se présente aux yeux de l'historien et les méthodes qu'il met en oeuvre pour la cerner. S'impose tout aussitôt de passer au crible de la critique les témoignages les plus anciens sur Jésus soit dans les premiers écrits chrétiens soit dans des textes juifs ou païens. Se déploie ensuite une large enquête sur les origines de Jésus, son milieu social, culturel et religieux, les appartenances familiales. Enfin il établit la gamme des dates que l'on peut retenir pour les événements marquants de la vie de Jésus : naissance, début et durée du ministère, dernier repas, condamnation et exécution. Ce questionnement critique aurait-il pour effet de rendre la figure de Jésus plus incertaine ? Paradoxalement, c'est en affrontant le dossier critique qui les concerne que les personnalités de l'histoire prennent le plus de consistance. Croyants ou agnostiques trouveront ici la grande encyclopédie moderne sur ce juif singulier que fut le Jésus de l'histoire. Conduite rigoureusement suivant les sciences historiques de notre temps, elle est reconnue comme oeuvre de référence par l'exégèse biblique actuelle.

  • Comment les disciples ont-ils commencé à croire ?
    L'évangile de Jean est le seul à révéler le second miracle de Cana : la guérison à distance du fils d'un officier, dont une simple parole, « Ton fils vit », témoigne de son rétablissement miraculeux. Pourquoi Jean est-il le seul à raconter cet épisode ? En quoi apporte-t-il quelque chose de différent aux autres récits de guérisons ? La vie publique du Christ commence à Cana lorsque Jésus change l'eau en vin et que ses disciples reconnaissent en lui le messie. Ici, il se révèle à eux comme porteur et incarnation de la parole de Dieu, parole de vie pour son peuple.
    En exégète, Michel Segatagara Kamanzi nous entraîne dans l'étude passionnante des débuts de la vie publique de Jésus, et des réactions de ses disciples.

  • " Esquisser un portrait raisonnablement fiable du Jésus historique ".

    Dans un premier volume, I P Meier a délimité les possibilités et les moyens d'atteindre cet objectif Puis il a situé dans cette perspective les origine, de jésus, son milieu social, culturel et religieux, ses appartenances familiales et établi la gamme des dates des événements les plus marquants de la vie de Jésus. Le tome II braque le projecteur sur jésus lui-même, sur jésus seul, sur Jésus tel qu'il apparaissait dans son message très particulier et dans ses actions tout à fait étonnantes. Une première interrogation aujourd'hui fort débattue ouvre le volume : l'importance des attaches de Jésus avec Jean le Baptiste. Dans quelle mesure jésus a-t-il partagé les pratiques et le message de ce prophète qui convoquait les foules pour un baptême de repentir et appelait à un changement radical de vie en vue du jour proche du jugement de Dieu ? L'auteur cherche ensuite comment prit corps le message propre de jésus, fondamentalement enraciné dans la foi et les attentes juives de son temps mais affirmant d'autorité la venue d'un temps nouveau il essaie de le capter autant que Possible de la bouche même de Jésus et dans les termes employés par lui.
    C'était essentiellement l'annonce d'un royaume de Dieu, paradoxalement futur et à l'oeuvre " au milieu de vous " Quelle est, dans son contexte d origine la portée de cette annonce, illustrée par des béatitudes déroutantes et jusque dans une prière nouvelle ? Ce royaume est annoncé tout autant par des actes, ces gestes de Jésus que lui-même et ses disciples ont compris comme des miracles Simples pratiques de thaumaturge, voire de magicien, que ces nombreuses actions rapportées dans la chronique des évangile, ? Quels gestes ont effectivement été posés, dans quelles circonstances et pour quoi faire ? Un tel décapage des textes aboutit à des réponses qui ne peuvent qu'être partielles. parfois problématiques. Mais combien précieuses ! C est la seule démarche qui donne une consistance réelle à ce que on peut affirmer, sur le plan rigoureux de la science historique de la figure de jésus de Nazareth.

  • Depuis trop longtemps, en ce début de troisième millénaire, des hommes, des femmes et des enfants venus de loin, fuyant le malheur ou la misère, en quête d'un avenir meilleur, meurent en Méditerranée. La question des flux migratoires convoque les experts, exalte les idéologues, questionne les peuples, divise les opinions. Il était donc plus que temps de consulter à ce sujet la Bible où les notions d'exil, d'exode, de départ, de retour et de refuge occupent une place essentielle.
    D'où ces études d'une surprenante actualité. Elles visent à changer et rééduquer notre regard sur l'étranger. Elles explicitent ce que sont l'accueil et le devoir d'hospitalité. Elles rappellent que nous formons une seule humanité.

  • « Voici un ouvrage qui prendra à contrepied toutes les personnes qui estiment qu'un texte est porteur d'un sens, et que le travail du lecteur est de le découvrir. Or, penser ainsi respecte peu la complexité de l'acte de lecture. Un texte est un don fait au lecteur. Le lecteur le reçoit. Entre les deux se passe une rencontre productrice de sens, différent d'un lecteur à l'autre » (M. Quesnel, Préface).
    Les textes bibliques offrent ce don à quiconque leur ouvre l'oreille. Considérables gisements de parole, ils n'ont jamais cessé d'engendrer leurs lecteurs. Il y a donc lieu de se mettre à l'écoute, et d'inventer de nouveaux chemins comme celui que trace ici Anne Pénicaud. Cet approfondissement d'un passage de l'Épître aux Philippiens, situé au carrefour entre analyse biblique, recherche universitaire et pratique ecclésiale, permet de goûter la saveur d'une lecture qui s'emploie à réactualiser la parole du texte. Un parcours de la méthode accompagne l'analyse et en expose les repères historiques. En amont, une interrogation traverse le livre : l'impact du texte paulinien sur des lecteurs contemporains, ses conditions et ses enjeux.

  • Les personnages secondaires de la Bible ne retiennent guère l'attention. Ils semblent n'être là que pour remplir un rôle de figurant, peupler l'environnement, souligner par leur caractère mineur l'importance des acteurs principaux. Et pourtant, leurs brèves apparitions constituent des rencontres décisives.
    Melchisédeq, la prophétesse Anne, la veuve du temple, Yishwa (Jésus), fils d'Asher. : avec Philippe Lefebvre, nous apprenons à nous arrêter sur ces silhouettes qui ne font que passer, dont le nom n'apparaît qu'une fois et qui n'ont pour elles que deux ou trois versets dans l'Ancien ou le Nouveau Testament. Car ces personnages, en fait, sont chaque fois au centre d'un immense complexe de significations qui courent vers eux et qui repartent d'eux, qui sont récapitulées et renouvelées dans leurs paroles ou gestes inouïs qui cristallisent des pans entiers d'histoire et montrent, en un instant, l'essentiel.
    Ce qui n'a l'air de rien dans ce monde, comme le dit Paul au début de la première épître aux Corinthiens, voilà ce que Dieu a choisi pour se manifester : cette exégèse innovante, qui se lit comme un roman contemporain, représente aussi une belle leçon de vie.

  • Romains 1, 18-32

    Collectif

    La seconde partie du chapitre I de l'épître de Paul aux Romains (1, 18-32) est d'une grande richesse. L'Apôtre blâme les païens qui refusent de reconnaître Dieu, malgré toutes les preuves qui rendent son existence manifeste, à commencer par la grandeur de la création. Au lieu de cela, ils honorent des images représentant des hommes ou des animaux. Mais cette attitude contient en elle-même sa propre punition, puisqu'ils sont livrés à des passions déshonorantes, dont Paul dresse la liste et parmi lesquelles l'inconduite sexuelle a une place particulière. Étudié dans sa perspective propre et situé dans la logique interprétative de l'épître, ce texte est d'abord replacé dans son contexte historique et lu à la lumière des sources juives. Comme toujours dans cette série, quelques étapes de l'histoire de son exégèse sont examinées : les Pères grecs et latins, les commentateurs du Moyen Âge chrétien occidental et deux auteurs majeurs du XVIe siècle, Martin Luther et Jean Calvin. L'exégèse se confronte aux problèmes théologiques que pose la péricope : quelle peut être une connaissance de Dieu qui ne se fonde pas sur la Révélation ? du reste, est-il possible de connaître Dieu par la contemplation de la nature ? quelle est la relation de cause à effet entre le refus de reconnaître l'existence de Dieu et les péchés attribués aux Gentils ? Les exégètes s'interrogent aussi sur le péché « contre nature ». On a de la sorte une série de commentaires d'une grande densité et d'un intérêt permanent, y compris dans les débats qui agitent nos sociétés.

    Ce volume est issu de la quinzième des « Journées bibliques » organisées par le Laboratoire d'Études des monothéismes/Institut d'études augustiniennes, UMR 8584 (CNRS-EPHE Sciences religieuses-PSL-Sorbonne Université) et l'EA 4378, Faculté de théologie protestante (Université de Strasbourg).

    Ont participé à cet ouvrage : Matthieu Arnold, José Costa, Gilbert Dahan, Martine Dulaey, Christian Grappe, Annie Noblesse-Rocher.

  • Aucun autre livre biblique ne donne autant la parole au « je » que les Psaumes. Ce « je » psalmique a manifestement quelque chose à dire. Et le livre des Psaumes, de ce fait, a quelque chose à dire au sujet du « je ». Entre le Dieu un que retiennent les Pères de l'Église et l'homme divisé que soulignent les exégètes modernes, il s'agit de retrouver le sujet qui, par sa parole de louange et de lamentation, se reconfigure dans le temps long de son itinéraire spirituel et qui appelle, en résonnance, le « je » du lecteur.
    Une lecture plurielle.

  • Le lecteur du livre des Juges s'aperçoit vite que chaque récit doit être lu en étant attentif d'une part à la tradition qui le porte et d'autre part à la rédaction.
    Cette dernière intègre volontiers aux souvenirs du passé des motifs de légende et fait des emprunts au folklore universel mésopotamien ou grec. Mais ce n'est pas tout et, au fil d'une analyse des principaux récits qui constituent ce livre biblique, Philippe Abadie trouve dans le présent des rédacteurs bibliques la clé de leur reconstruction du passé israélite et il voit dans ce travail d'écriture un lieu d'interrogation sur l'avenir.
    Pour rendre plus sensible le va-et-vient entre l'histoire et l'interrogation politico-religieuse, l'auteur a choisi de centrer sa lecture sur " des héros peu ordinaires ". En particulier, il souligne l'importance de l'opposition au coeur de l'ouvrage entre le " juge " Gédéon (Jg 6-8) et le " roi " Abimélek (Jg 9). Il donne une traduction littérale et structurée qui permettra à chacun d'opérer sa propre lecture de l'oeuvre et sans doute de découvrir un livre dont la clé ultime est moins de raconter le lointain passé d'Israël - une " période des Juges " antérieure à l'avènement de la royauté - que de s'interroger sur la nature du pouvoir lui-même.

  • Merveilleux maître de lecture et semeur de parole, Jean Delorme s'est intéressé toute sa vie à l'évangile selon Marc. L'exégète et sémioticien de renom fait une lecture suivie de l'ensemble de cet évangile. Attentive aux moindres détails, cette lecture en construit la signification en un ensemble cohérent. Au-delà de la simple audition d'un message, fût-il " bonne nouvelle ", le lecteur est engagé dans un exigeant parcours d'initiation à l'heureuse annonce du règne de Dieu. Dans l'entrelacement du récit mémorial des événements passés et de la parole interprétante, le lecteur de l'évangile de Marc est ainsi conduit sur la voie de l'écoute de cet Autre qui, en le touchant profondément dans son humanité, transformera sa vie et son rapport aux autres.

  • " Lisons l'évangile de Matthieu.
    - Bien, ouvre la Genèse ! - Mais je pensais à Matthieu. - Oui, ouvrons alors l'Exode, Jonas, Ruth surtout, Isaïe. " C'est que l'évangile n'offre pas une " Vie de Jésus ". Ses gestes, ses paroles, son destin unique, tout ce qui est de lui, est comme naturalisé dans l'ambre de la Parole de Dieu, soit des Ecritures d'Israël. Mais ce n'est pas la cinquantaine de citations explicites de tel prophète qui opère cette transfiguration.
    C'est l'emprise continue des Ecritures d'Israël sur la diction de Matthieu, l'embargo sans éclipse de la Loi et des Prophètes jusque dans le style, la totale invasion de la Parole de YHWH, qui annoncent que Jésus est le Fils de Dieu ; qu'il ne sera pas le roi selon les Nations, le cauchemar de la Torah et des Prophètes. Celui qui a l'Onction (le Messie, ou Christ) n'est pas un héros, un humaniste aux accents exotiques, le frère universel - soit un baal qui remplace Dieu.
    Cet essai, tel un midrach passionné, reloge sur le fond d'or (et rouge sang) des Ecritures d'Israël le texte si connu de l'évangile, trop tiré en Histoire, en psychologie, en morale. Il tente de laisser à Israël le Fils d'Israël, un Fils de Dieu qui ne cache pas Dieu à force de fraternité avec l'homme

  • Après l'épisode apparemment scandaleux de « la soeur-épouse », voici un autre texte biblique étonnant : la parabole des talents (Mt 25, 14-30) ou des mines (Lc 19, 12-27). Lu dans le contexte de trouble économique qui est le nôtre, il peut surprendre ! L'homme aux cinq talents serait-il un trader qui a réussi ?

    Selon le principe des « Journées bibliques », cinq éclairages sont apportés : l'interprétation de la parabole dans le « De centesima » du Pseudo-Cyprien de Carthage ; son exégèse au moyen âge, c'est-à-dire à un moment où la réflexion sur l'argent connaît un renouveau important ; sa place chez Martin Luther et Jean Calvin, encore à une période de remise en question des structures économiques ; l'interprétation que donne un exégète catholique d'une grande importance au début du XVIIe siècle, Cornelius a Lapide , et enfin un regard sur l'exégèse contemporaine, après le renouvellement apporté à l'étude des paraboles par Jülicher, Dodd et Jeremias. Une note lexicographique sur le mot même de « talents » et son évolution, et une note sur le rapport entre parabole et « mashal » viennent compléter ces cinq points de vue.

    Ce volume est issu de la deuxième des « Journées bibliques », organisées par le Laboratoire d'études des monothéismes/Institut d'études augustiniennes (CNRS-EPHE Sciences religieuses-Paris IV) et le Groupe de recherches sur les non-conformistes religieux des XVIe et XVIIe siècles et l'histoire des protestantisme (GRENEP, Faculté de théologie protestante de l'université de Strasbourg).

  • Longtemps, l'archéologie fut biblique, c'est-à-dire au service de la vérité du texte.
    En témoignent nombre d'ouvrages grand public dont le but avoué est d'accréditer que " la Bible a dit vrai ". Or aujourd'hui, l'archéologie est redevenue une science pleinement autonome, sans souci apologétique, simplement étude scrupuleuse de données matérielles. Dès lors, elle élabore un discours parallèle, souvent divergent de celui que construit le récit biblique quand il écrit l'histoire d'Israël.
    Historiens, archéologues et biblistes se trouvent donc clairement confrontés à une question cruciale : quelle est la nature du récit biblique et son rapport à la vérité ? Philippe Abadie entre dans le débat en étudiant un certain nombre de points d'histoire en discussion aujourd'hui : les origines du peuple d'Israël, la conquête du territoire ou l'existence d'un grand royaume unifié par David et Salomon...
    Ce faisant, il cherche à établir un juste rapport à l'archéologie et à élargir ce qu'on entend généralement par " vérité historique ". " Utiliser le récit biblique comme "document premier", indépendamment d'une saine critique littéraire, s'avère illusoire. Comme le serait aussi la mise entre parenthèses du récit au profit des seules sources externes. A la question posée : la Bible est-elle un livre d'histoire ? la réponse est forcément nuancée : la Bible est un livre dans l'histoire.
    " Et le lecteur de la Bible est invité à distinguer toujours l'intentionnalité historienne des auteurs bibliques dans leurs grandes synthèses théologico-littéraires et la quête moderne d'historicité.

  • Les contributions rassemblées dans cet ouvrage proviennent du 65e congrès annuel de l'Association catholique des études bibliques au Canada (ACEBAC), entièrement consacré à des écrits « en marge du canon ». Ce volume propose deux survols de ce que Jean-Claude Picard appelait le « continent apocryphe » et sept excursions dans certaines de ses régions. On y traite du rapport des écrits apocryphes avec les écrits canoniques, des diverses manières de sélectionner et de grouper ces écrits, des apocryphes historiographiques, des oracles sibyllins, des évangiles apocryphes, de l'Évangile selon Thomas, de l'Apocalypse syriaque de Daniel, de l'Évangile de judas et des livres d'Hénoch. Par la diversité de ses angles d'approche, cet ouvrage représente un échantillon des questions qu'il reste à poser à ces écrits « en marge du canon ». -- The contributions assembled in this book come from the 65th annual congress of the Catholic Bible Association of Canada (CBAC), entirely devoted to writings 'outside the canon'. This volume offers two short overviews of what Jean-Claude Picard called the 'apocryphal continent' and seven excursions into certain of its regions. It examines the rapports between the apocryphal and canonical writings, the different ways one can select and group these writings, historiographic Apocrypha, sibylline oracles, apocryphal gospels, the Gospel According to St. Thomas, the Syriac Apocalypse of Daniel, the Gospel of Judas and the Book of Enoch. By virtue of its varying angles of approach, this book provides a sample of the questions that remain to be asked about these writings 'outside the canon'.

  • La gloire, k¯abôd en hébreu, est un terme très fréquent dans la Bible, qu'il s'applique à Dieu ou à l'homme. Pourtant son usage, son étymologie, ses dérivations lexicologiques et sémantiques, n'avaient pas jusqu'ici fait l'objet d'études approfondies et systématiques. Giovanna Maria Porrino se livre à ce travail avec finesse et érudition, montrant quel double sens de « pesanteur » et d'« aura » revêt ce mot crucial, qui fut traduit en doxa dans le texte grec. À quel jeu d'opposition aussi se livrent les rédacteurs inspirés de l'Ancien Testament, et notamment des livres de la Genèse, de l'Exode, des Proverbes et des Psaumes sur lesquels elle se concentre, qui montrent que ce qui fait choir Pharaon est ce qui glorifie Dieu, comme pour une annonce générale du Messie souffrant et humilié à venir.
    Cette vaste étude qui suit autant les commentaires de saint Augustin que ceux de Rachi éclaire d'un jour nouveau le Dieu vétéro-testamentaire et les hommes de foi à qui il communique par participation sa gloire.
    Giovanna Maria Porrino a étudié à Bratislava et à Fribourg. Membre de la communauté des Focolari, suivant une intuition de la fondatrice Chiara Lubich, elle a travaillé sur la notion de Gloire dans l'Ancien Testament.

  • Le livre des Actes des Apôtres est lu avec nostalgie par tous les réformateurs comme l'histoire édifiante de l'Église primitive, et surtout le journal exaltant des voyages de Paul, le plus grand missionnaire. Mais son but est peut-être initialement autre Entre le témoignage du sang et celui de la mission, les Actes montrent la difficulté de l'Evangile. Autant qu'une histoire des origines, le livre tisse une prophétie destinée à réformer les communautés déjà déviées. Ces dernières, négligeant la Passion, célébraient la liberté qu'avait ouverte la Résurrection ; elles tendaient à faire des Nations un nouveau peuple élu en rejetant l'héritage d'Israël, avec un penchant pour les signes et le culte des personnalités, dont celle de Paul, précisément. Les Actes des Apôtres pourraient bien être moins une histoire qu'un montage à base d'histoire pour démystifier'l'image de Paul - non pas Paul, mais ce qu'on en faisait, c'est-à-dire le champion d'une volonté de puissance. L'auteur rappelle que la première moitié des Actes insiste lourdement sur la Passion et, avec: Étienne, sur le martyre comme mission de l'Église, sur le centre inaliénable de Jérusalem, c'est-à-dire Israël, sur le rôle de Pierre, premier messager de l'Evangile aux Nations, avec le Romain Cornélius. La seconde partie des Actes raconte les voyages de Paul, mais de telle sorte que l'inflation, l'inutilité et l'erreur y sont mêlées. Le fameux appel à César était quasi blasphématoire et inutile, Paul pouvant prendre le bateau de n'importe où et n'importe quand. Et pourquoi Rome, alors que la Pentecôte prévoyait aussi la Perse ? Tout à la fin du livre, Paul, enfin vrai, immobile, enchaîné à Rome, parle enfin du royaume de Dieu et délivre le message du Serviteur, annoncé par le Baptiste et Jésus.

  • Comment Jésus parle-t-il de Dieu ? Quelle est l'image de Dieu qui se dégage de sa prédication ? Dans quelle mesure cette image est-elle fidèle à celle que nous livrent l'Ancien Testament et le judaïsme ancien ?
    Pour tenter de répondre, au moins indirectement, à ces questions, il faut examiner de près les vestiges de la prédication de Jésus, les dits et les paraboles.
    L'auteur mène cet examen en utilisant les méthodes de la critique littéraire et historique. Dans la première partie, il présente le dossier et montre comment la perception de Dieu comme fidèle et sûr commande en profondeur la prédication de Jésus.
    La deuxième partie, consacrée au thème de la paternité divine, est sans doute la plus importante de l'ouvrage. Jésus n'a pas innové en désignant Dieu comme le Père, mais il privilégie délibérément le nom du Père et, pour lui, la paternité se manifeste moins dans l'autorité que dans la radicale bonté.
    La manière simple et directe de parler de Dieu qui caractérise Jésus culmine dans l'emploi de Abba, terme qui traduit l'étonnante proximité du Dieu de Jésus.
    L'étude détaillée du précepte de l'amour des ennemis et de la parabole des ouvriers de la vigne, objet de la troisième partie, fait ressortir que Jésus a mis délibérément en relief le paradoxe de l'amour privilégié de Dieu pour ceux qui ont le plus besoin de lui et qui, selon les normes reçues, en sont le plus loin.
    Jésus se fait ainsi le prophète d'un Dieu différent, qui déjoue les attentes et déconcerte.

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  • Vigoureux appel à l'unité entre juifs et gentils comme condition à la mission chrétienne, la « Lettre aux Romains » de Paul est à même de fonder de nouvelles relations entre juifs et chrétiens. L'analyse exégétique de l'ensemble de la « Lettre aux Romains » permet à l'auteur de montrer que pour Paul, apôtre des gentils, Israël a toujours un rôle clef.

    Paul a-t-il été cependant entendu dans l'histoire ? Le rapport à la tradition pesant d'un grand poids dans le dialogue judéo-chrétien, M.-H. Robert explore la réception diversifiée de Rm 9-11 au fil des siècles et dans différents contextes confessionnels. Entre ignorance envers Israël, déni, refoulement, intérêt, bienveillance, débats, engouements, la gamme est large.

    Au XXe siècle, les Églises ont promu un nouveau regard sur Israël, mais dans les discours et les priorités, la mission se passe du rapport à Israël. Pourtant, bénéficiant de l'appel sans repentance de Dieu (Rm 11,29), Israël a une mission particulière dans le monde, que l'Église rejoint, dans le cadre d'une mission commune, par sa propre mission. Fruit d'une thèse novatrice, le livre ouvre des perspectives très stimulantes pour la missiologie.

  • Cette lecture suivie et intégrale du livre de l'Apocalypse croise analyse textuelle et intégration d'axes méthodologiques interdisciplinaires : exégèse, sémiotique biblique, ouverture sur la psychanalyse. C'est à la sémiotique biblique qu'elle doit d'approcher de manière renouvelée le type d'écriture propre à l'Apocalypse.

    Résistant à toute logique rationnelle comme à toute interprétation extérieure aux parcours figuratifs de son propre tissage textuel, l'oeuvre de Jean de Patmos donne à son lecteur d'éprouver le souffle et le dynamisme évangéliques qui l'habitent et la structurent. Comme son nom déjà l'indique - « apocalypse » ne signifie pas malheur ou « catastrophe », mais « dévoilement », « révélation » -, le livre de l'Apocalypse sert le dévoilement du propos créateur de Dieu. Sa Parole, attestée et révélée en Jésus Christ, s'y expérimente comme « bonheur de lire », pour une alliance de vie et de libération. À bon entendeur de garder, pour sa joie, l'heureuse annonce du règne d'un Dieu qui, en Jésus Christ, se révèle vainqueur des idéologies idolâtres et des pratiques injustes portées par une humanité sous l'emprise des puissances du mal et de la mort.

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