Littérature traduite

  • Chassons une fois pour toutes de nos esprits la vieille et fallacieuse image d'un Jésus évangélique venu opposer l'amour à la Loi !

    Jésus, qui a grandi dans la société et la religion juives, qui pense et parle en juif à des juifs, est un maître de « halakhha », quelqu'un qui discute de la façon de conduire sa vie selon la Loi, charte de la vie personnelle et collective dans la Palestine du Ier siècle. Mais c'est en vain qu'on chercherait dans les évangiles un enseignement systématique sur le sujet et encore moins un code de morale. Cependant, les évangiles ont retenu un certain nombre d'épisodes où le maître de Galilée s'affronte à des pratiques religieuses et des institutions sociales majeures de la vie juive : le divorce, les serments, l'observance du sabbat, les règles de pureté, notamment alimentaires, et finalement l'exigence de l'amour. Comment le prophète eschatologique interprète-t-il, dans ces situations concrètes, la teneur et le sens de la Loi, autrement dit la volonté de Dieu ? Voilà les thèmes de ce nouveau volume de recherche sur le Jésus historique.

    Les scènes de la vie de Jésus et ses paroles nous sont parvenues à travers le prisme, la mise en oeuvre des premières communautés chrétiennes. Une fois de plus, John P. Meier essaie de dégager les éléments dont un historien, travaillant strictement avec les méthodes de sa discipline, peut conclure qu'ils remontent au Jésus historique lui-même. Une fois de plus, il contextualise chaque thème en explorant sa présence dans les problématiques juives mais aussi païennes contemporaines. Une fois de plus, il analyse méticuleusement chaque texte du Nouveau Testament dans son contexte et jusque dans le moindre de ses éléments. Un travail certes ardu, exigeant, de très grande érudition. Mais le lecteur appréciera vite la clarté de la démarche et l'intérêt du bilan que l'auteur dresse à chaque étape. Il est ainsi conduit à s'approcher au plus près du Jésus historique sur des questions dont l'importance est d'emblée évidente pour la connaissance des origines chrétiennes et qui restent vives en notre temps.

  • Depuis la fin du XIXe siècle, les chercheurs du Nouveau Testament travaillent avec la certitude que la plupart, sinon la totalité, des paraboles narratives dans les évangiles synoptiques peuvent être attribuées au Jésus historique. Ce livre conteste ce consensus et soutient que seules quatre paraboles ; celles du grain de moutarde, du mauvais intendant, des talents et de la Cène ; peuvent être attribuées au Jésus historique avec certitude.
    Dans ce cinquième volume tant attendu d'Un certain juif, l'auteur aborde ce sujet controversé avec la rigueur et la perspicacité qui lui ont valu de nombreux éloges pour ces publications précédentes, dans le New York Times outre-Atlantique et dans Le Monde des Livres en France. Ce volume participe à l'oeuvre magistrale de John Paul Meier et à sa quête du Jésus historique. Un monument.

  • Une personnalité historique se définit dans une large mesure par l'entrecroisement des rencontres et des relations dans lesquelles se joue son existence. Cela vaut au plus haut point d'un chef religieux, charismatique, toujours en déplacement, tel que fut Jésus. Dans une recherche strictement historienne, que pouvons-nous atteindre de ce tissu de relations dans lequel Jésus a développé son message et son action, souvent étonnants ? C'est le propos de ce troisième tome d'Un certain Juif, Jésus. Les données de l'histoire de cerner cette réalité autant que la science peut y accéder. L'auteur s'intéresse successivement aux sympathisants, aux interlocuteurs et aux adversaires de Jésus. D'abord, les foules que Jésus semble regrouper, puis ces disciples prêts à le suivre, et pour finir il traite nommément de chacun des apôtres - dont le destin historique reste bien obscur. Mais Jésus a eu aussi des contacts soutenus avec des groupes concurrents, certains devenant des adversaires. On trouve là d'abord les pharisiens, ces maîtres d'enseignement du peuple, les plus identifiables. Quelles furent les relations et affrontements de Jésus avec les sadducéens, liés quant à eux aux Instances de l'aristocratie officielle du Temple ? Par ailleurs, Jésus a-t-il connu des dissidents comme les esséniens, ou eu à prendre position face à des milieux qui cultivaient une violence contestataire contre l'occupant romain ? En tout cas, si la personnalité de Jésus est immergée dans le judaïsme majoritaire de son temps, elle en émerge fortement. C'est peut-être la première fois qu'un auteur ose avancer de façon aussi rigoureuse et ample dans l'exploration de cet univers relationnel dont se détache la figure historique de Jésus de Nazareth.

  • Les images que nous nous faisons de Jésus de Nazareth sont nombreuses et diverses. Jamais pourtant nous ne pourrons faire l'impasse sur une interrogation fondamentale : que pouvons-nous effectivement savoir de Jésus par la connaissance historique moderne ? John P. Meier, dans ce premier volume d'une oeuvre qui en compte quatre, explique comment la question de Jésus se présente aux yeux de l'historien et les méthodes qu'il met en oeuvre pour la cerner. S'impose tout aussitôt de passer au crible de la critique les témoignages les plus anciens sur Jésus soit dans les premiers écrits chrétiens soit dans des textes juifs ou païens. Se déploie ensuite une large enquête sur les origines de Jésus, son milieu social, culturel et religieux, les appartenances familiales. Enfin il établit la gamme des dates que l'on peut retenir pour les événements marquants de la vie de Jésus : naissance, début et durée du ministère, dernier repas, condamnation et exécution. Ce questionnement critique aurait-il pour effet de rendre la figure de Jésus plus incertaine ? Paradoxalement, c'est en affrontant le dossier critique qui les concerne que les personnalités de l'histoire prennent le plus de consistance. Croyants ou agnostiques trouveront ici la grande encyclopédie moderne sur ce juif singulier que fut le Jésus de l'histoire. Conduite rigoureusement suivant les sciences historiques de notre temps, elle est reconnue comme oeuvre de référence par l'exégèse biblique actuelle.

  • " Esquisser un portrait raisonnablement fiable du Jésus historique ".

    Dans un premier volume, I P Meier a délimité les possibilités et les moyens d'atteindre cet objectif Puis il a situé dans cette perspective les origine, de jésus, son milieu social, culturel et religieux, ses appartenances familiales et établi la gamme des dates des événements les plus marquants de la vie de Jésus. Le tome II braque le projecteur sur jésus lui-même, sur jésus seul, sur Jésus tel qu'il apparaissait dans son message très particulier et dans ses actions tout à fait étonnantes. Une première interrogation aujourd'hui fort débattue ouvre le volume : l'importance des attaches de Jésus avec Jean le Baptiste. Dans quelle mesure jésus a-t-il partagé les pratiques et le message de ce prophète qui convoquait les foules pour un baptême de repentir et appelait à un changement radical de vie en vue du jour proche du jugement de Dieu ? L'auteur cherche ensuite comment prit corps le message propre de jésus, fondamentalement enraciné dans la foi et les attentes juives de son temps mais affirmant d'autorité la venue d'un temps nouveau il essaie de le capter autant que Possible de la bouche même de Jésus et dans les termes employés par lui.
    C'était essentiellement l'annonce d'un royaume de Dieu, paradoxalement futur et à l'oeuvre " au milieu de vous " Quelle est, dans son contexte d origine la portée de cette annonce, illustrée par des béatitudes déroutantes et jusque dans une prière nouvelle ? Ce royaume est annoncé tout autant par des actes, ces gestes de Jésus que lui-même et ses disciples ont compris comme des miracles Simples pratiques de thaumaturge, voire de magicien, que ces nombreuses actions rapportées dans la chronique des évangile, ? Quels gestes ont effectivement été posés, dans quelles circonstances et pour quoi faire ? Un tel décapage des textes aboutit à des réponses qui ne peuvent qu'être partielles. parfois problématiques. Mais combien précieuses ! C est la seule démarche qui donne une consistance réelle à ce que on peut affirmer, sur le plan rigoureux de la science historique de la figure de jésus de Nazareth.

  • A-t-on jamais étudié l'émergence de l'identité chrétienne aux yeux de ceux qui la vivent - les premiers chrétiens eux-mêmes -, comme aux yeux des instances sociales, culturelles, politiques ou religieuses de l'Empire romain ? Comment se comprendre dans un univers social dont le lien est la loyauté politique, laquelle se manifeste dans la participation au culte de l'Empire et de l'empereur - dont seuls les Juifs sont exempts, quitte à devoir payer un impôt particulier qui couvre cette dérogation ? L'enjeu était de taille.
    Il y allait de l'acceptation ou du rejet des chrétiens par la société à laquelle ils appartenaient. Il y allait aussi de la reconnaissance mutuelle ou du refus conflictuel de la diversité au sein même du christianisme naissant. Ce fut un long processus de clarification, de représentation des idées, de conscientisation dont on découvre ici l'immensité et la difficulté des enjeux. Comme tous les groupes qui composent l'Empire, les chrétiens sont-ils une race, une ethnie, une religion ? Ou doit-on les considérer comme à part et, dans ce cas, à quel titre ? On voit qu'il s'agit de se représenter la place possible d'une religion nouvelle qui ne reconnaît pas les rites importants qui assurent la cohésion de l'Empire.
    L'auteur ne prétend pas retracer les itinéraires et étapes de cette émergence de l'identité chrétienne dans la société impériale. Elle tente plutôt de repérer sur quel terrain cette identité se joue, dans quelles catégories sociales alors disponibles elle cherche à prendre corps et cohérence. De plus, elle souligne avec vigueur que nous ne pouvons mener cette étude qu'en étant conscients que nous l'abordons avec des catégories qui ont une histoire - et toujours une charge pour nous : impossible d'être neutres par rapport aux termes que nous employons.
    En avoir une conscience critique est la meilleure manière pour ne pas nous laisser piéger par les résonances qu'ont, dans nos débats actuels, les catégories de race, d'ethnicité, de politique, de religion...

empty