Cerf

  • L'ouvrage de Moshe Idel part de l'hypothèse classique selon laquelle la cabale compte deux courants : le courant théosophico-théurgique et le courant extatique.
    Le premier courant, théocentrique, tend à percevoir la perfection religieuse comme un instrument permettant d'exercer en haut une influence effective. Le second courant, la cabale extatique, est anthropocentrique : l'expérience mystique de l'individu est en soi le bien suprême. L'approche de Moshe Idel est essentiellement phénoménologique : elle traite des centres d'intérêt majeurs de la cabale, de leur nature, de leur signification, de leur émergence et de leur développement.
    Cette approche phénoménologique se double d'une approche historique. A partir de l'étude des sources originelles, Moshe Idel décrit la mystique juive du Moyen Age au XIXe siècle. Il montre que la cabale possède des sources antiques qui précèdent la théologie gnostique. Il dépeint dans le détail les techniques mystiques pratiquées et il termine par une analyse de l'herméneutique cabaliste et par un examen de l'histoire de la cabale, qui en renouvelle l'écriture.
    Cet ouvrage a déjà reçu une reconnaissance internationale, il a été traduit en plusieurs langues et suscite toujours des débats passionnants, et parfois passionnés, surtout en Israël et aux Etats-Unis.

  • Pendant plus d'un millénaire, le christianisme oriental a eu pour centre la seconde capitale de l'Empire romain : Constantinople ou Byzance, la nouvelle Rome ".
    La division géographique entre l'Eglise orientale et l'Eglise occidentale ne faisait que manifester un fossé bien plus profond, creusé par une longue succession de conflits, de suspicions et de malentendus. Il est vrai qu'aujourd'hui on reconnaît l'influence exercée par le monachisme, la spiritualité et l'art byzantins sur la civilisation de l'Europe de l'Est, aussi bien au Moyen Age que pendant la Renaissance ; cependant l'Occident, dans son ensemble, est resté tout à fait ignorant de l'évolution historique et de l'importance doctrinale de la théologie byzantine.
    Voici, pour la première fois, une synthèse de la pensée chrétienne orientale, celle que, depuis longtemps, souhaitait le père Congar. Dans cet ouvrage, Jean Meyendorff introduit le lecteur à une compréhension authentique et simple de la théologie byzantine et de ses traits majeurs : sa vision de l'homme et de sa destinée, la " déification " ; sa capacité de transcender la " captivité occidentale " et de surmonter les circonstances historiques contraires.
    Au moment où le christianisme aspire à une saisie nouvelle de son identité, le point de vue mystique de l'Orient chrétien sur le monde et sur l'homme se révèle ici d'une actualité surprenante.

  • La chemoné esré, ou prière des dix-huit bénédictions, est la principale prière juive, aussi nommée tefila, ou prière par excellence. L'objet de cet ouvrage est de mettre en évidence sa structure, c'est-à-dire la logique de son organisation, en rappelant les données de sa genèse et de sa fixation durable. Partant d'une étude des sources (du Pentateuque, des prophètes, de la Michna et du Talmud, puis des livres de prières), l'auteur retrace les étapes de sa mise en forme, ce qui permet de suivre l'évolution du judaïsme lui-même. Ses aspects sont méthodiquement envisagés : son caractère de mitsva, de devoir religieux, le sens de chaque bénédiction et sa fonction dans la liturgie depuis la destruction du Temple de Jérusalem, sa place dans le vécu des orants, la manière dont la prière doit être dite et avec quelle kavana, ou intention, dans quel cadre, en respectant quelle gestuelle, en mobilisant quelles ressources intérieures de la part des orants. Ses enjeux théosophiques et moraux, le système de représentations auquel elle se rattache, dans la perspective de la mystique cabalistique de Rabbi Isaac Louria et du 'hassidisme du XIXe siècle (rapport avec les sefi rot, ou niveaux d'émanation de la Substance, et inversement les klippoth, obstacles à la kedoucha, ou sainteté), font l'objet d'une étude qui porte d'une part sur la présentation des doctrines et d'autre part sur les buts qui sont assignés à la chemoné esré en fonction des possibilités qu'elle est censée offrir, à ceux qui la prononcent et à ceux pour lesquels elle est dite.

  • Cet ouvrage rassemble une série de communications données au cours d'un symposium international et oecuménique sur saint Irénée (130-202) qui s'est tenu en Égypte en décembre 2016 dans le centre spirituel copte d'Anafora sous le patronage du cardinal archevêque de Lyon Philippe Barbarin et du pope copte orthodoxe Tawadros II. Abordant sous l'angle original de la thématique de « l'humanité illuminée » l'anthropologie théologique du deuxième évêque de Lyon, l'ensemble de ces études, sans prétendre à une totale nouveauté, permettra à un public cultivé et pas forcément spécialiste de découvrir une dimension essentielle de la pensée irénéenne. Les contributions sont réparties en deux grands ensembles. Le premier traite directement du thème de « l'illumination de l'homme » dans la théologie d'Irénée, et le second porte sur la réception de cette thématique dans la tradition théologique postérieure. Chacun des contributeurs à cet ouvrage est spécialiste de la pensée des Pères de l'Église et certains plus spécifiquement de celle d'Irénée de Lyon.

    Ont contribué à cet ouvrage : Cardinal Philippe Barbarin, Mgr Anba Thomas, Ysabel de Andia, Élie Ayroulet, John Behr, Marie-Laure Chaieb, Dominique Gonnet, Anna Karin Hammar, Katherine E. Milco, Bernard Meunier, Olivier Peyron, Marie-Hélène Robert.

  • De plus en plus de chrétiens s'interrogent sur la réalité de l'islam et sur la place d'une religion apparue après l'avènement du Christ, confessé comme l'ultime manifestation de Dieu au monde. Mais à la différence de la tradition musulmane qui, dans ses textes de référence, le Coran et la sunna, a développé des positions relatives aux chrétiens et à leur foi, la tradition de l'Église a diversement intégré la question de l'islam. À l'aide de huit entrées spécifiques : l'islam pris dans sa globalité ; le Coran ; le prophète de l'islam ; la foi musulmane ; les rites et les pratiques prescrits et vécus ; l'anthropologie associée à la tradition musulmane ; la communauté des musulmans ; le dialogue islamochrétien, l'ouvrage de Michel Younès vise une double opération. La première présente une grande variété d'harmoniques de la parole prononcée au nom de la foi chrétienne : depuis Jean Damascène (v. 676-749) jusqu'à Mouchir Basile Aoun (n. 1966). La seconde envisage une expression musulmane tout aussi complexe et riche dans le temps et dans l'espace. En s'appuyant sur les études les plus récentes, l'ouvrage fait apparaître la variété des discours contemporains, depuis une position intégrale illustrée par Mortada Motahhari (1920-1979), jusqu'à l'approche libérée des lectures traditionnelles du texte coranique portée par Mu?ammad Ša?rur (1938-2019).

  • Marie est-elle un obstacle au rapprochement des Églises ? Les résultats des dialogues oecuméniques et les enseignements officiels des Églises sont-ils en cohérence ? C'est par une lecture comparée de Redemptoris Mater de Jean-Paul II et du Commentaire du Magnificat de Luther que l'ouvrage nous fait mesurer l'importance de ces questions.
    La comparaison des deux grands textes est ensuite interrogée par des dialogues oecuméniques (luthéro-catholiques, mais aussi entre pentecôtistes-baptistes et catholiques) : la compréhension de Marie dans le mystère de l'Église et du salut ouvre sur des interpellations réciproques très stimulantes. En effet, la théologie mariale s'avère être un lieu de vérification oecuménique fécond : elle met en exergue les consensus et clarifie les questions encore ouvertes de la recherche oecuménique, en particulier celle de l'instrumentalité de l'Église.

  • La place des femmes dans la société civile occidentale évolue, et le pape François a pris la mesure de ces bouleversements anthropologiques. Parmi les indices d'un changement d'approche, peut-être faut-il inclure la nouvelle célébration liturgique de Marie de Magdala désormais semblable à celle des apôtres masculins. Cette modification résonne comme une invitation à se réinterroger sur le rôle de cette « apôtre des apôtres » et à partir de là, sur celui des femmes.
    Une première manière de l'aborder consiste en un retour vers l'Écriture afin de réinvestir les témoignages féminins dans l'entourage de Jésus puisque Marie de Magdala y tient une place non négligeable.
    Thomas d'Aquin ne dit-il pas d'elle dans son Commentaire sur l'évangile de saint Jean : « Il faut noter ici le triple privilège qui fut octroyé à Madeleine. D'abord un privilège prophétique, car elle a mérité de voir les anges ; [...] Ensuite elle est au-dessus des anges, du fait qu'elle voit le Christ sur lequel les anges désirent se pencher. Enfin elle a reçu un rôle apostolique ; bien plus, elle est devenue apôtres des apôtres en ceci qu'il lui fut confi é d'annoncer aux disciples la Résurrection du Seigneur. » Il est temps de sonder ce qualificatif étonnamment affecté à une femme pour laquelle ceux qui le lui attribuent, refusent le titre d'« apôtre ». Le modèle de Marie de Magdala devient intéressant et fondateur s'il échappe à la caricature qu'en ont faite certains clercs et à leur suite, les arts et la tradition. Car cette posture, telle qu'elle est présentée par l'évangile de Jean, montre que la voie à suivre n'est plus celle de la passivité et de la soumission, mais au contraire celle du témoignage vivant et de la transmission de la parole, non pas à la place des témoins masculins mais à côté d'eux.

  • Ce livre Laisse mon Peuple apprendre du Rav Adin Éven-Israël, s'il est dans la lignée des nombreux autres ouvrages publiés en français, possède un caractère original : il se veut une invite personnelle à se retrouver, ni plus ni moins, en présence de « Rav Adin » (comme ses disciples aiment à l'appeler) dans toute son authenticité. Et pour l'accompagner au travers de sa pensée hors des sentiers battus, de ses prises de position, de ses confidences parfois personnelles ou de ses idées empreintes d'inspiration sur les fêtes juives. Ou encore pour assister à l'un de ses cours, que ce soit sur le livre de prières juives, sur le Talmud ou sur la pensée hassidique. Mais cet ouvrage témoigne avant tout de la soif jamais assouvie de Rav Adin, éducateur infatigable, à partager avec le plus grand nombre les trésors du judaïsme. Son secret espoir ? Puisse ce livre, comme tous les autres, avoir un profond impact sur le lecteur et ranimer la flamme enfouie au tréfonds de son être.

  • Le transhumanisme, ou plutôt la nébuleuse transhumaniste (car le transhumanisme est pour le moins difficile à saisir) a pour ambition affichée d'être un humanisme qui se donne le devoir moral d'explorer les voies d'amélioration des capacités physiques et cognitives de l'espèce humaine pour éliminer la souffrance, la maladie, le vieillissement, voire la condition mortelle. L'homme ainsi « augmenté » souffrirait moins, vieillirait mieux et plus longtemps.
    Dans bien des cas, la médecine est sollicitée, principalement par le biais de la neurologie et de la génétique. Toute la difficulté tient en ce que la frontière entre les techniques renaturantes (faire entendre les sourds) et dénaturantes (produire de nouveaux records en course à pied) est ténue ! Si l'homme est une machine intelligente que l'on pourrait refaçonner à loisir, le transhumanisme paraît mettre la technique au service des désirs humains.
    Mais la réalisation de cette utopie est-elle souhaitable ? La négation d'une « nature » humaine ne risque-t-elle pas de nous conduire à la négation de la personne humaine dans sa valeur incommensurable ? En effet, ce qui est en jeu dans cette utopie transhumaniste, c'est la condition incarnée et donc finie de l'homme. La question n'est pas nouvelle, puisqu'elle hantait les gnostiques des premiers siècles. Face à cela, c'est bien une théologie de l'incarnation qui a permis de réfuter la gnose « menteuse ». Peut-être est-ce à cela qu'il faut de nouveau s'atteler, comme les premiers humanistes de l'époque moderne l'ont fait aussi ?

  • Comment vivre dans la joie ? Pour répondre à cette question cruciale, deux modèles se sont souvent affrontés : l'existence joyeuse a été conçue comme une vie contemplative ou bien comme une vie créatrice. Entre le repos contemplatif et l'acte créateur, de nombreux penseurs nous ont condamnés à faire un choix. Pourtant la créativité ne trouve-t-elle pas sa source d'inspiration dans la contemplation ? Le philosophe et l'artiste s'émerveillent face à la beauté du monde et cet émerveillement a suscité le désir de créer une oeuvre. Quant à la personne charitable qui crée de nouvelles relations avec les plus démunis, elle contemple leur malheur puis leur renaissance. Sur le plan du vrai (la philosophie), du beau (l'art) et du bien (la charité), attitude contemplative et démarche créatrice sont intimement liées. Nous avons ainsi étudié cinq auteurs qui ont pressenti la nécessité de penser ensemble contemplation et création (Schiller, Jacques Maritain, Bergson, Luigi Pareyson et Simone Weil) avant de proposer une thèse plus personnelle : contemplation et création forment deux pôles entre lesquels se joue une alternance féconde. Deux pôles entre lesquels la vie oscille, s'inscrivant dans une dynamique de progrès et s'élevant vers des joies toujours plus grandes.

  • Quelques mois avant la pandémie mondiale qui affecte la vie sociale et ecclésiale de nombreux pays, le Colloque des trois facultés de théologie (catholique, orthodoxe, protestante) a été organisé par l'ISL (Institut Supérieur de Liturgie) et l'ISÉO (Institut Supérieur d'Études OEcuméniques) autour de la question pastorale et théologique de la guérison. Articulant quatre approches par l'histoire, les sciences humaines, la Bible et les pratiques, ce volume contribue aux discernements liturgiques et oecuméniques. En plus des articles de fond, plusieurs pratiques confessionnelles et liturgiques sont présentées et analysées, ce qui permet aux responsables pastoraux d'élaborer des critères pour accompagner les initiatives prises dans les Églises. Mais ce sont aussi des élaborations théologiques que ces Actes offrent, en s'appuyant sur plusieurs traditions confessionnelles, en même temps qu'apparaissent des questions convergentes, en particulier sur la diversité des charismes, sur la place de la Parole de Dieu, sur les règles qui permettent de garantir la liberté de toutes les personnes impliquées, sur la nature ecclésiale des rassemblements autour des malades, etc. Ce volume constitue un véritable outil de travail, qui pourra être exploité dans les équipes d'accompagnement de nos Églises ainsi que par les ministres en responsabilité, et les étudiant(e)s en théologie.

  • Dans la Russie du début du XXe siècle, les sciences théologiques connurent un véritable âge d'or. Les académies ecclésiastiques orthodoxes en étaient le principal foyer. Premiers établissements à proposer en Russie un système complet d'enseignement supérieur, elles étaient considérées comme le berceau de la vie intellectuelle russe et jouissaient d'une large reconnaissance nationale et internationale. Pourtant, cet essor rencontrait des oppositions : d'aucuns estimaient qu'il isolait la théologie de la société et perpétuait la « captivité occidentale » de la pensée russe, séparant quelquefois la science religieuse de l'expérience spirituelle. Aussi, dans le contexte de la préparation du concile de Moscou, l'Église orthodoxe russe organisa, entre 1905 et 1918, plusieurs commissions en vue de réformer les académies. Cette réflexion fut l'occasion d'un travail commun pour les représentants d'une nouvelle génération de théologiens laïcs, défendant la vocation scientifique de ces établissements, ou bien liés au courant « néopatristique » porté par le monachisme savant.

    En s'appuyant sur les archives inédites de ces commissions, le présent ouvrage en restitue les principaux débats : comment penser le rapport entre formation intellectuelle et formation spirituelle ? Quel est le statut de la recherche théologique dans l'Église ? Comment concevoir l'articulation entre sciences humaines et disciplines théologiques ? Ces discussions, qui témoignent de l'émergence d'un nouveau type de théologie en Russie, n'ont rien perdu de leur actualité à l'heure où l'Église orthodoxe russe doit former une nouvelle génération de théologiens.

  • L'écriture est omniprésente dans les images médiévales. Ce constat - celui d'une évidence - a alimenté un pan entier de la médiévistique au cours des trente dernières années, celui de l'étude des relations entre le texte et l'image. Le présent ouvrage envisage à nouveaux frais ces questions en les abordant au prisme de la coprésence des signes alphabétiques et iconiques au sein d'une même image, qu'elle soit peinte sur l'enduit ou sur le verre, sculptée dans la pierre ou le métal, composée en mosaïque ou en textile. En analysant les dispositifs de l'inscription, sa forme, sa localisation et son contenu, cette étude propose de dépasser le constat de l'omniprésence de l'écriture dans l'image pour interroger les conditions et les effets de cette rencontre. Les considérations théologiques et les réflexions patristiques éclairent les intentions et les conditions de la présence conjointe du texte et de l'image au sein d'une même construction visuelle. Sur cette toile de fond intellectuelle se met en place une mécanique du sens entre imago et littera, qui dépasse les fonctions strictes d'identification, de commentaire ou de glose. L'émergence d'une signification augmentée de l'image, voire d'une image nouvelle, se produit dans la friction du texte et de l'image, et l'écriture devient partie intégrante du processus de création du visuel. À partir d'exemples produits entre 800 et 1200, cette étude met en perspective les pratiques artistiques et épigraphiques avec la théologie de l'image. Elle étudie ces objets qui traduisent dans le matériau la réflexion médiévale sur les capacités respectives de l'écriture et de l'image à mettre en signe l'étendue de la Création et l'histoire du monde.

  • Voici abordé de front ce qui était jusque-là un angle mort de l'historiographie : la paroisse urbaine - bien plus difficile à appréhender que la paroisse rurale. Alors que l'une correspond généralement à une communauté d'habitants vivant et priant à l'ombre d'une même église, l'autre résulte d'un découpage plus ou moins artificiel, à l'intérieur de l'unité d'habitation et d'administration qu'est la ville. Sont ici réunies les réflexions d'une vingtaine de spécialistes français et étrangers, qui se sont employés à étudier sur la longue durée l'histoire de la paroisse urbaine, dans toutes ses dimensions.
    Depuis les villes de l'Antiquité tardive jusqu'aux époques les plus récentes, la mise en place d'une géographie paroissiale, l'avènement de la paroisse comme lieu obligatoire de la vie religieuse, la prédication, les confréries, le catéchisme, l'administration paroissiale et les relations avec les autorités urbaines sont examinés. Une large place est réservée à la volonté de remodeler, à la fin du XVIIIe siècle, la carte paroissiale en fonction des besoins des peuples, et aux difficultés que rencontre l'Église, au cours du XIXe siècle, pour adapter ses structures à l'urbanisation et à l'industrialisation qui font apparaître de nouveaux quartiers et des populations déracinées. Sont posées enfin des questions plus contemporaines, qu'il s'agisse, au xxe siècle, d'évangéliser les masses au prix d'un rejet du cadre paroissial, ou de recentrer les activités pastorales sur la liturgie, les sacrements ou la prédication, au service d'une communauté de plus en plus réduite et vieillissante.

    Les auteurs :

    Ont participé à cet ouvrage : Céline Béraud, Régis Bertrand, Anne Bonzon, Isabelle Brian, Paul Chopelin, Noël Coulet, Laurence Croq, Bernard Delmaire, Philippe Desmette, Bruno Dumons, André Encrevé, Philippe Guignet, Mathilde Guilbaud, Beat Kümin, Nicolas Lyon-Caen, Paul d'Hollander, Jean-Michel Matz, Catherine Maurer, Charles Mériaux, Jean-Pierre Moisset, Bruno Restif, Olivier Richard, Christian Sorrel, André Tihon, Yvon Tranvouez, Marc Venard, Paola Vismara.

  • Le mythe de la caverne, récit obscur et populaire, nous a-t-il tout révélé ? Ou retient-il, encore, le secret de l'existence permettant de réaliser son unique but, celui de contempler le divin ? Socrate narre à Glaucon une histoire succincte, énigmatique et millénaire, qui ouvre le septième livre de La République de Platon et qui interpelle le fond de nos âmes faisant vaciller ses conceptions les plus profondes, allant même jusqu'à in-fléchir le destin de la philosophie selon Martin Heidegger, la faisant chavirer vers un bord métaphysique ! Cette assignation pèse, comme une accusation, sur le mythe de la caverne, le condamnant à inaugurer l'histoire de l'oubli de l'être. Toutefois, cette position est-elle défendable ? L'épopée intérieure que conte ce récit ne saurait ni s'épuiser ni se réduire à cette condamnation mal justifiée. Cette histoire, universelle et tragique, de la condition humaine, recèlerait-elle une dimension oubliée, parce que cachée ? Le nuage impénétrable flottant sur cette allégorie inquiète et rassure... mais que pourrait-elle donc bien nous apprendre de si fondamental que nous ne sachions déjà ? ou plutôt, que nous ne sachions pas ? Cet ouvrage re-lit le mythe de la caverne à partir de sa source légitime, Platon et son commentaire. Plongeant jusqu'à la racine de son sens original, nous irons à la découverte de la clé d'interprétation du mythe. Délivré de son opacité originelle, il dévoilera, peut-être, la signification mystérieuse, et non métaphysique, de l'image du prisonnier dont le périple, dans et hors de la caverne, le mènera à se libérer de ses chaines pour être en-fin glorifié par le soleil !

  • Dans la littérature monastique du XIIe siècle qui clôt l'ère patristique, il y a deux admirables traités sur la foi chrétienne : Le Miroir de la foi et L'Énigme de la foi que Guillaume, alors simple moine de l'abbaye cistercienne de Signy, publia en 1143 pour répondre à certaines propositions étranges de Pierre Abélard. Si le premier se déploie selon la manière ancienne, latine ou grecque, de confesser la Trinité ou l'Excès de Dieu, le second se confronte à la théologie trinitaire plus tardive d'Augustin. Après l'avoir exposée, il en montre si clairement la faille qu'il permet un retour à une Tradition qui n'oubliait jamais que, dans les Écritures, le nom du Fils éternel de Dieu est « le Seigneur Jésus », dont l'Esprit est donné à l'Église comme l'Amour même du Père et du Fils. Une telle audace suppose une exceptionnelle liberté intérieure, et ce livre tente d'en esquisser le chemin de croissance.

  • Considérant la tyrannie comme l'éternelle incarnation de l'arbitraire, de la coercition et du pouvoir outrepassant ses justes prérogatives, Femmes, totalitarisme & tyrannie embrasse la généalogie du phénomène totalitaire et entend brosser un panorama de l'apport féminin à l'insurrection de l'esprit contre l'idéologie, la démagogie et la logomachie. Consacrant cet apport éthique et intellectuel à la Résistance anti-tyrannique, trente-cinq auteurs de dixnationalités différentes et de toutes sensibilités apportent des théorisations inédites sur la nature et la teneur des processus totalitaires leurs tenants et aboutissants spécifi ques, des témoins illustrant la place des héroïnes et le rôle des anonymes. Constatant une amnésie séculaire sur l'apport des femmes à la pensée et, spécialement, à cette séquence majeure de l'histoire que fut le totalitarisme, on s'attache ici à réhabiliter leur réflexion stratégique et leur apport à la philosophie politique. Constituant une première, cette histoire au féminin tente d'échapper à l'écueil de tous les dogmatismes, en fournissant matière à comparaison, méditation et réflexion.

  • Internet et les réseaux sociaux ont développé une réalité basée sur le virtuel de plus en plus présent dans notre vie. Le virtuel est-il vraiment réel ? Quels sont les rapports entre le virtuel, le réel et l'actuel ? Comment peut-on actualiser le virtuel ? Bien avant Internet, le théologien Karl Barth a réfléchi à la notion de « chrétiens virtuels » dans son ouvrage La Dogmatique, en particulier dans la quatrième partie consacrée à l'oeuvre du Christ présentée comme réconciliation entre Dieu et l'humanité. Barth pose la question fondamentale de l'actualité de la présence de Jésus deux mille ans après. S'il est possible de le connaître dans une étude historique, peut-on encore aujourd'hui le rencontrer ? La réponse à cette question décisive fonde la foi chrétienne. Barth réfl échit au passage de la christologie à l'anthropologie. Les conditions de communicabilité de la christologie et sa réception anthropologique, fondées dans l'événement de Pâques, sont mises en relief. La Résurrection ne concerne pas seulement Jésus ou même les chrétiens mais chaque être humain. Non seulement l'existence singulière historique du Christ n'empêche pas de le rencontrer mais fonde son lien ontologique avec tout êtrehumain. Cet ouvrage analyse les progressions du raisonnement de Karl Barth. La vie concrète de Jésus fondeson inclusion en tous et de tous en Lui. Mais l'humanité n'est pas écrasée par la christologie. Au contraire, cette affirmation de l'exclusivisme christologique rend possible une authentique participation humaine à l'action divine. Plus encore, elle définit l'humanité réelle de chacun. Parce que Dieu se fait homme en Jésus, en Jésus chaque être humain est maintenant défi ni comme un « chrétien virtuel et potentiel ». Comment actualiser le virtuel ? La réponse à cette question appartient à chacun. Elle fonde l'évangélisation. Elle est le but de l'Église. Elle renouvelle l'idée de l'universalité du christianisme. Ne se pose-t-elle pas avec encore plus d'acuité en ce moment ?
    Internet et les réseaux sociaux ont développé une réalité basée sur le virtuel de plus en plus présent dans notre vie. Le virtuel est-il vraiment réel ? Quels sont les rapports entre le virtuel, le réel et l'actuel ? Comment peut-on actualiser le virtuel ? Bien avant Internet, le théologien Karl Barth a réfléchi à la notion de « chrétiens virtuels » dans son ouvrage La Dogmatique, en particulier dans la quatrième partie consacrée à l'oeuvre du Christ présentée comme réconciliation entre Dieu et l'humanité. Barth pose la question fondamentalede l'actualité de la présence de Jésus deux mille ans après. S'il est possible de le connaître dans une étude historique, peut-on encore aujourd'hui le rencontrer ? La réponse à cette question décisive fonde la foi chrétienne. Barth réfléchit au passage de la christologie à l'anthropologie. Les conditions de communicabilité de la christologie et sa réception anthropologique, fondées dans l'événement de Pâques, sont mises en relief. La Résurrection ne concerne pas seulement Jésus ou même les chrétiens mais chaque être humain. Non seulement l'existence singulière historique du Christ n'empêche pas de le rencontrer mais fonde son lien ontologique avec tout être humain.
    Cet ouvrage analyse les progressions du raisonnement de Karl Barth. La vie concrète de Jésus fonde son inclusion en tous et de tous en Lui. Mais l'humanité n'est pas écrasée par la christologie. Au contraire, cette affirmation de l'exclusivisme christologique rend possible une authentique participation humaine à l'action divine. Plus encore, elle défi nit l'humanité réelle de chacun. Parce que Dieu se fait homme en Jésus, en Jésus chaque être humain est maintenant défini comme un « chrétien virtuel et potentiel ». Comment actualiser le virtuel ? La réponse à cette question appartient à chacun. Elle fonde l'évangélisation. Elle est le but de l'Église. Elle renouvelle l'idée de l'universalité du christianisme. Ne se pose-t-elle pas avec encore plus d'acuité en ce moment ?

  • Que vaut le corps humain ?

    Collectif

    Que vaut le corps humain ? Le corps est le lieu privilégié de l'action du médecin. Or, il est pris dans le dilemme entre valeur marchande et valeur inestimable. Le coût de notre médecine risque d'entraîner nos sociétés à privilégier la première au détriment de l'autre. Sans douteconvient-il de ne jamais extraire le corps de la relation interpersonnelle entre soignant et soigné. Plus encore, la complexité du rapport du corps à la personne exige que nous mobilisions d'autres ressources que celles de la raison pour garder à ce rapport sa qualité humaine. Il s'agit de prendre appui sur l'expérience de notre propre corps, des capacités de notre mémoire, de notre imagination, de notre coeur, de notre esprit créatif. Une telle mobilisation peut donner lieu à une meilleure compréhension de chaque personne humaine, vulnérable dans son esprit comme dans son corps. L'enjeu est de taille car nous avons affaire, précisément, au destin d'êtres de chair et d'âme. Or, la personne peut être oubliée au profit des ressources potentielles de son corps. Au nom de certaines « valeurs », des personnes peuvent même être niées ou détruites, physiquement comme moralement. Dans la richesse d'un regard croisé, médecin et philosophes, juriste et exégète, artiste et psychanalystes partagent leur expérience réfléchie dans le souci de garder le corps dans une vision intégrale de la personne.

    Par Dominique Folscheid, Anne Lécu, Brice de Malherbe. Ont également participé à cet ouvrage : Marie Balmary, Caroline Desnoëttes, Jean?Christophe Galloux, Éric Morin, Bertrand Quentin, Éric Rondeau, Daniel Sibony.

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