Cerf

  • L'amitié ; une épiphanie

    Jean-Marie Gueulette

    • Cerf
    • 22 Janvier 2004

    S'appuyant sur une analyse anthropologique des différences entre amour et amitié, Jean-Marie Gueullette montre comment il est possible d'accorder une place importante à l'amitié dans la vie chrétienne.
    Lorsque le Christ est reconnu comme le Tiers entre amis, l'amitié devient une communion ouverte sur la présence de l'autre, le pauvre sans pour autant tomber dans l'illusion vague d'une amitié avec tous. Il s'agit également de découvrir les racines théologiques d'un mode de relation au Christ, moins connu, mais tout aussi fécond, que la mystique nuptiale. Une telle approche chrétienne permet de réhabiliter une expérience humaine riche et cependant discrète et pudique.
    Elle donne également à réfléchir sur les implications anthropologiques et théologiques des discours tenus sur l'amitié par les chrétiens : la grâce perfectionne-t-elle l'amitié humaine au point d'en faire une épiphanie de l'amitié de Dieu pour nous ? Le Christ a-t-il été un ami pour Lazare et pour le disciple bien-aimé afin de donner un exemple moral ? L'évocation de l'amitié dans le Nouveau Téstament ne sert-elle pas plutôt à révéler la proximité de Dieu avec les hommes ?

  • L'amour du semblable ; questions sur l'homosexualité

    Lacroix X

    • Cerf
    • 3 Janvier 2001

    L'orientation et les conduites homosexuelles suscitent aujourd'hui nombre de discussions, interrogations, voire perplexités, bien au-delà de ceux et de celles qui sont le plus directement concernés.
    Le sujet est passionnel, ne laissant personne indifférent parce qu'il n'est étranger à personne. Si les attitudes d'exclusion ou d'ostracisme, encore présentes, sont de plus en plus réprouvées, c'est parfois pour donner dans d'autres clichés, tel celui d'une équivalence entre homosexualité et hétérosexualité, comme s'il s'agissait d'une simple variante ou alternative. Le premier but des journées dont est né cet ouvrage a été de dépasser de tels simplismes.
    Comprendre, reconnaître, entendre - les témoignages littéraires ou personnels notamment mais aussi interroger, analyser, oser critiquer ce qui relèverait d'une indifférence à la différence. Car notre option consiste à prendre en compte l'altérité sans négliger la richesse de la signification de la sexualité elle-même, moyennant toutes les médiations par lesquelles elle se donne. Diverses disciplines ont été sollicitées pour que chacune exprime selon sa méthode, les variantes et les constantes, les ressources et les limites, la genèse et les obstacles propres à cette orientation affective : histoire, littérature, sociologie, psychanalyse, philosophie, théologie.
    Une des originalités de cet ouvrage est sans doute d'articuler au discours des sciences humaines celui d'une recherche éthique, toujours ouverte. La proposition philosophique, qui également est invitation au dialogue, est prolongée par une approche théologique, propre aussi à dépasser la seule démarche éthique. Car l'essentiel n'est pas la morale, mais l'accès à l'authenticité du désir et à la liberté véritable.

  • Homme et femme ; l'altérité fondatrice

    François de Muizon

    • Cerf
    • 15 Mai 2008

    L'irréductible dissymétrie entre le génie féminin et le génie masculin, source inépuisable de signification, constitue sans doute l'une des énigmes humaines les plus difficiles à déchiffrer. La sexualité serait dès lors réinventable, au gré des caprices et des hésitations d'un sexe devenu incertain. Paradoxalement, la différence entre l'homme et la femme s'impose dans son évidence simple, immédiate, charnelle. Elle est ce qui de la personne se voit en premier, mais sa signification ultime échappe à toute emprise totalisante. Énigme insaisissable, elle ne se réduit ni à son inscription charnelle (sexe anatomique) ni à sa construction sociale et culturelle (genre). Le naturalisme et le constructivisme s'avèrent impuissants à rendre compte du sens du sexe qui concerne le tout de la personne. Insaisissable par concept, la différence se donne pourtant à vivre dans le vif de la chair. Elle se donne à entendre, s'offrant à un déchiffrement. Indice de transcendance, cette irréductible dissymétrie révèle au coeur de l'humain une structure relationnelle fondamentale d'altérité. Brèche dans la toute-puissance de la représentation, elle résiste à la personne qui risque de s'enfermer dans l'image qu'elle se fait d'elle-même. Ultimement, elle s'ordonne à la communion des personnes, qui s'origine - d'après une vision chrétienne - dans le mystère d'une insondable communion trinitaire. La tradition personnaliste judéo-chrétienne, parfois encore accusée de cultiver une mentalité naturaliste, un patriarcat machiste et misogyne, un mépris du corps et de la sexualité, fournit en réalité, au prix d'un exposé ajusté et d'un accueil renouvelé, des clés fondamentales qui éclairent puissamment l'énigme de l'altérité des sexes.

  • Oser dire le mariage indissoluble

    Xavier Lacroix

    • Cerf
    • 26 Septembre 2001

    Si certains traits de l'apport chrétien à l'éthique conjugale, telles l'importance accordée à la liberté de l'engagement ou la primauté reconnue à l'amour, sont en accord avec les évidences contemporaines, l'indissolubilité du mariage est au contraire un des points de contradiction majeurs entre le christianisme et les catégories les plus obvies de notre culture.
    Qu'un engagement puisse être définitif ; qu'un lien, né de la parole de deux sujets libres, ne puisse pas être rompu par ces mêmes sujets, cela dépasse les notions d'une philosophie du contrat, de l'épanouissement du moi et de la précarité. Assurément, notre culture est plus une culture de l'analyse, de la déliaison, de la dissolution qu'une culture du lien et de l'indissolubilité ! En d'autres termes, est-il bien raisonnable de publier un ouvrage sur l'indissolubilité en un temps et dans un pays où 38 % des mariages conduisent à un divorce ? La question clé de notre recherche est celle-ci : est-il possible de continuer à affirmer l'indissolubilité du lien conjugal dans le contexte d'une culture de la subjectivité ou, plus précisément, en assumant les acquis d'une philosophie et même d'une théologie de la personne et de la liberté ? Dans l'affirmative, la voie est alors celle d'une compréhension de l'indissolubilité qui ne repose pas seulement sur la primauté de l'institution ou sur une sacralisation des liens, mais qui découvre ou redécouvre, à travers le subjectif, ce qui est au-delà du subjectif.
    Si tout se joue dans l'interpersonnel, celui-ci plonge dans plus profond, plus large et plus réel que ce qui est senti, éprouvé, représenté. Vers les intrications inconscientes du lien, vers ses dimensions sociales et familiales, vers sa portée théologale et ecclésiale.

  • Les puissances de l'imagination

    Jean-Philippe Pierron

    • Cerf
    • 14 Juin 2012

    L'imagination sa juste place dans une philosophie de l'action. L'imagination est le médiateur de la créativité. Elle est la faculté du possible pratique en nous ancrant poétiquement au monde. Les images fournissent un cadre herméneutique pour l'agir.
    Elles augmentent notre intelligence du réel et testent notre capacité a nous investir. En ces termes dominés par la rationalité instrumentale et le contrôle, voire l'évaluation tous azimuts du vécu, reconnaître la place des puissances de l'imagination est devenu tâche urgente pour habiter autrement notre monde !

  • Appel à une réforme de la justice familiale

    Ghitti Jm

    • Cerf
    • 25 Février 2010

    Spécialiste des rapports de crise entre la famille et la société.
    Jean-Marc Ghitti analyse, en pédagogue (lu social. par quelle histoire du droit et de l'institution judiciaire la famille au XXIe siècle se trouve-t-elle tellement judiciarisée. Un contexte culturel et événementiel est à considérer : quelle place occupe le droit dans une société occidentalisée ? Le service rendu par le droit peut être fort utile, mais le juridisme paralyse et déshumanise. Qui s'étonnerait que le juridisme et l'humanisme soient incompatibles ? Il est vrai que les conflit, dans la famille.
    Ainsi qu'entre celle-ci et la société, sont nombreux. Aussi. des voies de résolution de conflits, des procédures d'indeninisation-réparation, des tâches de recherche d'une meilleure justice sont a perfectionner. mais selon quels critères. selon quelles priorités et finalités ? Les valeurs de la démocratie et de l'éthique ont-elles leur place dans les procédures de tentatives de règlement des conflits familiaux ? Les procédures juridiques instaurées ne reposent généralement pas sur une conception humaniste de l'homme.
    De la Nie en famille ni plus largement du vivre en société. Nombre de procédures régaliennes résistent face aux interpellations préconisant une démocratisation. L'auteur met en évidence les méfaits que cette justice-d'État non humaniste produit dans les existences et les liens familiaux. Il n'omet pas de faire des propositions, par exemple en direction des tribunaux, afin qu'ils s'ouvrent à l'esprit démocratique.
    En effet. des alternatives existent. par exemple quand la manière de juger évolue en aspirant à une justice plus humanisante pour le bien des personnes.

  • Pour une éthique parentale ; essai sur la parentalité contemporaine

    Ghitti Jm

    • Cerf
    • 2 Juin 2005

    Que devient la parentalité ? L'absolutisme antique du pater familial et la prééminence du mari ont fini par laisser la place à un principe d'égalité entre l'épouse et son conjoint.
    Qu'en est-il entre la mère et le père vivant hors mariage civil et religieux ? Les régimes juridiques de puissance paternelle ici, et d'autorité parentale là, ne peuvent suffire à réguler la famille et les relations avec l'enfant face aux mutations dans le couple et dans les rapports de responsabilité entre personnes avant autorité à divers titres. Quid de l'autorité des parents déchus de leurs droits par un juge, et de celle des parents séparés ou divorcés ? Quid des adoptants ? Quid des grands-parents ? Quid des compagnes et compagnons auprès de l'enfant de l'autre ? Quid des rapports entre toutes ces parentalité (biologique.
    Naturelle, légitime, adoptive) ? Certains courants parlent d'" homoparentalité ". Quant à l'enfant, à quel âge et selon quelles conditions culturelles et juridiques peut-il être écouté par les éventuels représentants de l'instance parentale ? La gestion culturelle, juridique et sociale de la parentalité mobilise la santé et l'ordre publics, ainsi que le " ciel des valeurs " mis à contribution : que suppose le fait d'assumer une responsabilité parentale pour un adulte ? hauteur cherche une éthique parentale face aux désordres familiaux.

  • Une éthique pour l'économie ; ethos, crises, choix

    Hugues Puel

    • Cerf
    • 25 Novembre 2010

    Depuis les années 1980, l'auteur est engagé dans de nombreux débats d'éthique de l'économie. Une évocation très concrète de diverses expériences constitue l'ouverture de ce livre. L'analyse opère ensuite une distinction entre l'ethos et l'éthique. Si l'éthique ou la morale concerne l'agir humain en tant qu'il se réfère à un sens, l'ethos est une représentation sous-jacente de nature plus implicite et collective qui façonne de manière plus ou moins consciente les comportements des acteurs de l'économie à travers les différents modes de penser la religion, le pouvoir ou l'individu.

    L'économie étant un processus de destruction créatrice, il n'est pas étonnant que les acteurs de l'économie se trouvent bousculés par une multitude de crises où les facteurs techniques jouent un rôle essentiel. Mais intervient aussi fortement le grand mouvement de monétarisation et de « financiarisation » de l'économie. Cette dernière a pris des formes nouvelles depuis les années 1980 et les crises financières n'ont cessé de se répéter jusqu'à celle de 2007-2008 dont les répercussions se font encore sentir.

    Une éthique pour l'économie procède donc d'un discernement complexe sur la réalité des changements en cours et propose des orientations pragmatiques, inspirées de la tradition sociale chrétienne, mais ouvertes à la rencontre d'humanismes divers. Cet ouvrage devrait intéresser les responsables d'entreprises, les militants sociaux, ainsi que tous ceux qui, à différents niveaux, sont concernés par les défis à relever par l'action publique.

  • Proposer une démarche qui prenne en considération l'unité de l'agir humain et chrétien, établir une théologie morale fondamentale en dialogue avec la pensée philosophique, en considérant l'éthique dans son statut séculier et en opérant une reprise de celle-ci sous la mouvance de la foi ont été les axes des travaux de René Simon.

    Loin de refermer la réflexion théologique sur elle-même, Simon a toujours voulu l'ouvrir à l'autre (la philosophie, la sociologie. etc.), convaincu que c'est seulement dans ce positionnement par rapport à une certaine altérité qu'elle peut trouver son identité et se développer en un discours cohérent qui témoigne simultanément de son articulation au réel et de la force critique ou de la mémoire subversive de l'Évangile. L'apport de Simon se montre précisément dans ce mouvement-là : ouvrir les frontières une ouverture qui trouva aussi le chemin d'un oecuménisme fondamental et profond , être passeur, décloisonner dans le respect, s'enraciner dans une tradition sans en être l'esclave, mais y trouver la force pour vivre sa liberté et en témoigner dans le respect de l'autre. Une telle théologie morale n'est possible que parce qu'elle place en son centre la foi en l'homme et la foi dans le Christ, parce que l'incarnation est prise au sérieux.

    Ce volume, préparé par Denis Müller et Eric Gaziaux tous deux successeurs de René Simon à la présidence de l'ATEM , rassemble les principaux textes que le théologien a publiés durant les années 1970 à 2000 dans des revues et ouvrages collectifs.

  • Oser parler du handicap ; approche éthiques et théologiques

    Collectif

    • Cerf
    • 17 Septembre 2009

    La loi du 11 février 2005, pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, a fait du handicap une préoccupation politique majeure. Les enjeux s'expriment en termes de justice sociale (compensation du handicap, accès au marché du travail, à l'éducation), de politique de santé (articulation du sanitaire et du social, formation et soutien des aidants), d'accessibilité aux espaces et services publics, etc.

    Cet ouvrage explore les enjeux éthiques de cette mobilisation sociale et politique. Il cherche à mettre en lumière la contribution du discours théologique dans l'élaboration du souci bioéthique, en tant que champ pluridisciplinaire confronté au handicap. Le dialogue interdisciplinaire suscité par des théologiens veut prévenir d'un risque : éviter que les savoirs (y compris la théologie) et les pratiques sociales ne saturent le sens de ce qui n'en a pas.

  • Dietrich Bonhoeffer ; autonomie, suivance et responsabilité

    Collectif

    • Cerf
    • 30 Août 2007

    Théologien protestant, pionnier de l'oecuménisme, résistant au nazisme, conspirateur, témoin et martyr, Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) fait partie des acteurs et des penseurs essentiels du XXe siècle.

    Dans « Le Prix de la grâce » (1937), il trace devant ses étudiants de l'Église confessante la voie d'une suivance (« Nachfolge ») qui fait du disciple du Christ, dans le texte biblique et dans la vie, un être d'écoute et d'obéissance critique. L'« Éthique » (1940-1945), inachevée, rend compte des raisons théologiques d'une action responsable dans le monde. L'avant-dernier, s'il n'est jamais ultime, est toujours crucial, face aux réalités dernières. La foi et l'éthique peuvent conduire à la désobéissance politique, par-delà les compromis frileux et les radicalismes exaltés. « Résistance et soumission » (lettres de prison posthumes), enfin, dit l'engagement et la lucidité du penseur devant les limites d'un langage religieux inadapté au monde moderne.

    Quel sera le rôle de la pensée et de la croyance dans un monde devenu majeur, mais dont les cataclysmes ne cessent de questionner l'autonomie, la responsabilité et l'accueil d'une vraie transcendance, au coeur même de la vie ? Par ses points forts et par ses failles, Dietrich Bonhoeffer nous ouvre des pistes surprenantes pour des lendemains de grâce et de gravité.

  • Fondements de l'humanité

    Méir Tapiero

    • Cerf
    • 7 Octobre 2010

    Depuis les débuts de la conscience humaine, l'homme a constamment été en quête de ses origines. Comme si savoir d'où il venait pouvait lui apprendre où il allait. Origines ! Un mot qui nous fascine parce qu'il parle de nous, parce qu'il atteint le plus profond de notre être, parce qu'il semble enfermer dans le tréfonds de chacun le véritable sens de la vie et fournir nos véritables repères.

    Cet ouvrage invite le lecteur à explorer le texte des Origines, la Genèse. Il nous convie à regarder le monde, à nous regarder nous-mêmes. Ce sont ces explorations que nous découvrons dans les quarante-quatre études écrites par trente et un auteurs qui ont des styles variés et des approches différentes mais qui ont tous en commun de présenter la compréhension juive, donc originelle, des fondements de l'Humanité dans la Genèse, tels qu'ils sont transmis par les Maîtres d'Israël.

  • Ce qu'aimer veut dire ; une réflexion théologique sur l'amour conjugal

    Robert Grimm

    • Cerf
    • 1 Août 1981

    Qu'est-ce qu'aimer veut dire ? Un pasteur théologien, confronté à la vie de son propre couple, celle de ses enfants, des femmes et des hommes auxquels il a mission d'annocer l'Evangile, réfléchit librement et de manière souvent critique à la question de l'amour et de la conjugalité. Car les temps changent, et la sensibilité éthique aussi. Si la morale chrétienne, fonctionne mal ou pas du tout, c'est parce qu'elle ne veut pas ou ne peut pas rendre compte de cette distance entre l'héritage reçu et cette nouvelle perception des valeurs que signalent les questions, les provocations, voire les transgressions de la morale enseignée. Cette réflexion prend son point de départ dans le constat de nouvelles exigences : redécouverte du corps et du plaisir, priorité du sentiment sur l'institution, évolution de la compréhension de l'idée de couple. Que devient la fidélité créatrice ? Mais l'amour, comme la foi, ne trouve sa réalité et sa vérité que dans l'histoire tourmentée et imprévisible des sentiments. Il faut donc aussi réfléchir sur son déroulement dramatique : désillusion, adultère, échec, divorce, nouveau mariage. C'est à chacun de tracer le chemin de son histoire conjugale, si possible dans la campagne du Dieu de Jésus-Christ.

  • Homme et femme ; l'insaisissable différence

    Collectif

    • Cerf
    • 20 Octobre 1993

    Le juste souci de l'égalité entre les sexes a souvent masqué, depuis quelques années, l'interrogation sur le sens et la portée de leur différence.
    Le pari du colloque dont est né cet ouvrage a été de prêter attention à cette différence comme source de sens et lieu d'une compréhension ouverte de l'humain. En effet, la différence sexuelle met en échec tout projet d'une anthropologie achevée. La critique des stéréotypes dans lesquels elle risque toujours de se figer, loin de la relativiser n'en fait que mieux ressortir le caractère premier et fondateur.
    Penser la différence conduit aussi à s'interroger sur les relations entre nature et culture, entre corps et esprit ou encore entre le particulier et l'universel. Sans perdre de vue les préoccupations empiriques telles que la division sexuelle du travail, la place de la femme dans les religions ou l'identité paternelle et maternelle, nous avons cependant choisi de privilégier la méthode réflexive et philosophique.
    En faisant appel à différentes approches, nous avons réuni pour cette confrontation des chercheurs de disciplines fort diverses : ethnologue, biologiste, sociologue, juriste, psychologues, historiens, littéraires, philosophes, théologiens. Ont collaboré à ce volume : Bernadette Angleraud, Bernadette Barthelet, Françoise Blaise-Kopp, Marguerite Charazac-Brunel, Adrien Demoustier, Albert Donval, Alice Gombault, Luce Irigaray, Odile Journet, Xavier Lacroix, François Michel, Chantal Millon-Delsol, Paul Moreau, Anne Pénicaud, France Quéré et Jean-Claude Sagne.

  • Indispensable vertu de force ; profession de foi d'un diplomate

    Gilles Curien

    • Cerf
    • 18 Novembre 1993

    La vertu de force, c'est-à-dire l'aptitude du sujet à s'affirmer tout en se dominant, a été discernée et célébrée par les Grecs et les Romains, puis adoptée et baptisée « cardinale » par les chrétiens des premiers âges ; elle a été exercée aussi par les juifs, les musulmans, les peuples de l'Inde, de la Chine et du Japon, sans qu'aucun d'eux y fasse référence. En Occident, la vertu de force devait subir au cours des siècles, chez les penseurs et les acteurs de la vie sociale, politique et économique, une érosion douce, puis forte avec l'existentialisme et le positivisme. Comment la vertu de force peut-elle s'exercer parmi les nations ? Comment tenir compte des diversités culturelles ? En quoi et comment peut-elle changer le sort du monde ? Un ambassadeur de France, auteur de plusieurs essais sur les enjeux de l'éthique et sur la psychologie des peuples, fait part de ses observations, de ses réflexions et de sa foi : un témoignage.

  • La loi naturelle ; le retour d'un concept en miettes ?

    ,

    • Cerf
    • 19 Août 2010

    La loi naturelle fut un concept central de la morale fondamentale de l'Eglise catholique. Autour du concile Vatican II et sous la poussée, notamment, des sciences humaines, sa pertinence avait beaucoup faibli. Depuis quelques années, il fait curieusement retour alors que d'aucuns estimaient que nous n'avions plus besoin de lui pour penser tant les grandes questions autour de l'humanité de l'homme et des " invariants " qui constituent son identité inaliénable que bien des questions d'éthique sectorielle, par exemple, du côté de l'éthique familiale, sexuelle, environnementale, etc. La question est pourquoi et comment. C'est ce que le colloque de l'Association de théologiens pour l'étude de la morale (ATEM) a cherché à examiner lors de son congrès annuel de Tours, en septembre 2009, juste après la publication du document de la Commission théologique internationale, À la recherche d'une éthique universelle. Le retour actuel de ce concept-clé ne peut se faire à l'encontre des avancées irrécusables de la théologie morale chrétienne depuis cinquante ans, pas plus que de celles de la recherche scientifique avec qui le dialogue doit être mené pour parvenir à comprendre ensemble les défis sous-jacents que pourrait contenir la loi naturelle.

  • 15-19 ans ; des jeunes à découvert

    Lescanne G Vincent T

    • Cerf
    • 17 Juin 1997

    Amitié, musique, chômage, Internet, solitude, sexualité, politique, religion...
    Des jeunes de 15 à 19 ans prennent la parole. Ils sont souvents surprenants, parfois déroutants, très souvent attachants.

  • L'habillé et le nu ; pour une éthique du vêtir et du dénuder

    Guindon A

    • Cerf
    • 13 Janvier 1998

    Ce livre nous invite à une réflexion diachronique et multidisciplinaire qui met en cause l'éthique traditionnelle du monde occidental.
    Servi par une culture impressionnante, André Guindon nous révèle, à travers l'histoire et les sociétés, la signification profonde de comportements qui dépassent largement la langue et l'écriture. Pourquoi la différence sexuelle est-elle si marquée par le vêtement ? Comment les sociétés choisissent-elles d'habiller le pouvoir ou de dénuder ceux qu'elles veulent humilier ? Et même, comment définir la nudité ? L'Habillé et le Nu est une incursion audacieuse dans un domaine encore en friche, au point de rencontre d'une éthique des comportements et d'une sociologie de la parure.
    Pour André Guindon, cette réflexion doit nous apprendre à discerner les pratiques susceptibles de favoriser une humanisation variée de la vie individuelle et d'améliorer les rapports intersubjectifs. L'auteur débat largement toutes les questions, sans puritanisme, dans la perspective d'une réflexion éthique contemporaine et d'une gestuelle chrétienne authentique.

  • Introduction générale à la bioéthique ; histoire, concepts et outils

    Guy Durand

    • Cerf
    • 23 Octobre 1999

    Unique en son genre, cet ouvrage constitue une initiation rigoureuse au vaste et complexe domaine de la bioéthique. S'adressant aux professionnels de la santé comme aux généralistes, l'auteur étudie les concepts de base, les principes et les grilles d'analyse des principaux auteurs et courants contemporains.

    « Il s'agit d'une entreprise d'envergure, d'un travail titanesque, d'une oeuvre majeure qui aura un impact considérable. Ce livre sera probablement la référence en bioéthique pendant de nombreuses années, la bible de la bioéthique. Il n'est pas demain le jour où un autre reprendra cette entreprise... » (Michelle Dallaire, médecin) « Un manuel de présentation de la bioéthique très complet, très pédagogique, mettant en évidence les questionnements qui doivent être prolongés. Une source de renseignements pour qui souhaite aller aux textes sources, et cela est très précieux. » (Bruno Cadoré, médecin bioéthicien) « Je tiens à noter la pertinence de l'ouvrage qui sera publié et sa qualité, qui est faite notamment de clarté, d'érudition non excessive et orientée vers l'information, également d'un constant souci d'équilibre et de nuances, et de la prise en compte de la complexité des questions abordées. » (Guy Bourgeault, bioéthicien)

  • Après des siècles de sacralisation ou de suspicion, la sexualité est aujourd'hui menacée d'insignifiance.
    Il n'est pas certain que les modèles culturels dominants accordent réellement du prix au corps. Le christianisme, qui fut souvent complice de son mépris, participe pourtant au premier chef à sa valorisation. La religion de l'incarnation, de l'eucharistie et de la résurrection appelle au dépassement de tous les dualismes et ose affirmer la vocation des corps à la gloire spirituelle. A cette lumière peuvent être réexaminés les fondements d'une éthique chrétienne de la sexualité.
    L'affinité entre l'union des corps et l'alliance des désirs en est le centre. Le mystère chrétien rejoint ici les significations auxquelles peut conduire une phénoménologie des gestes de tendresse. L'attention au langage des corps prépare à comprendre la sexualité comme lieu du don réciproque. L'art et la poésie sont pour cela d'un grand secours. Aux approches philosophiques et esthétiques viennent donc s'articuler les intuitions proprement chrétiennes.
    L'Écriture et quelques textes centraux du christianisme figurent parmi les principaux artisans du rapprochement entre sexualité et amour qui s'avère être l'une des caractéristiques de notre culture. Recentré sur cette perspective, l'ouvrage ose affronter la question de l'évaluation du lien normatif entre sexualité et mariage, dans une perspective attentive aux nouvelles conduites, aux significations intermédiaires que peuvent prendre celles-ci et aux préoccupations éducatives.
    Sa visée principale demeure toutefois l'articulation de l'éthique à une anthropologie fondamentale dont saint Paul avait l'intuition lorsqu'il écrivait : " Votre corps est le Temple du Saint-Esprit. "

  • Par devoir ou par plaisir

    Albert Plé

    • Cerf
    • 1 Janvier 1980

    Il est injustifiable et dommageable que l'histoire de la morale - celle des moeurs, plus que celle des professeurs - ne soit même pas enseignée dans les Universités catholiques et d'État. Le dialogue est à peine amorcé entre la théologie, spécialement l'éthique, et les sciences de l'homme.

    Ces deux graves lacunes empêchent de distinguer l'invariant des variants culturels et bouchent l'avenir vers une morale plus fidèle à l'Évangile et à l'homme existentiel.

    Aux yeux de l'historien, la morale « traditionnelle », classée comme « chrétienne », est un accident historique de l'Occident survenu à la fin du XIVe siècle. Pour se libérer de cette morale du Devoir, légaliste, autocitative et névrotiquement culpabilisante, l'auteur propose ici de retrouver tout à la fois la tradition chrétienne antérieure, une meilleure fidélité au Nouveau Testament et à l'homme tel qu'il est, notamment tel que le découvre la psychanalyse.

    Tout homme cherche le bonheur, le plaisir de vivre, et n'y parvient jamais totalement et durablement. C'est en partant de ce dynamisme et de ce manque qu'une morale peut être fondée. Elle a pour but d'humaniser et d'évangéliser ce désir du plaisir, moteur de l'agir humain.

    Morale libératrice, vécue et attirante, mais qui a ses lois, de sévères exigences et son échelle de valeurs : « Dis-moi où tu trouves - ou rêves de trouver - ton plaisir de vivre, et je te dirai qui tu es. » Le Père Albert Plé, dominicain, fondateur du « Supplément de la Vie Spirituelle » qu'il a dirigé jusqu'en 1974, l'un des membres fondateurs de l'Association des théologiens pour l'étude de la morale, prolonge ici ses études antérieures sur « Freud et la religion », « Freud et la morale », toutes deux parues dans la collection « Avenir de la théologie ».

  • Et si Dieu n'existait pas ?

    ,

    • Cerf
    • 12 Septembre 2001

    Et si Dieu n'existait pas ! qu'est-ce que cela changerait ? Presque rien, sans doute.
    Mais quelle est la portée de ce presque rien si proche de l'unique nécessaire ? La question radicale de l'éventuelle non-existence de Dieu appartient à la responsabilité du théologien. S'il l'esquivait, tout en présentant Dieu comme une bonne nouvelle pour l'homme, ne serait-il pas un faux monnayeur ? Présenter à la pensée un Dieu qui serait faux à la manière d'un faux billet de banque, ce n'est pas simplement parler d'un Dieu qui n'existe pas, mais manifester un Dieu trompeur parce que sans consistance, une idole.
    La question de l'existence est ici une question proprement théologique puisqu'elle est un aspect de la question de l'idolâtrie. Or, la foi en Dieu est radicalement une lutte : contre l'idolâtrie et une victoire sur celle-ci. Cette interrogation théologique doit être menée avec rigueur, pour l'honneur de la théologie elle-même ; en la confrontant à une pluralité de discours. La théologie s'élabore ici en dialogue avec la philosophie, compagne depuis toujours (Françoise Mies), avec des sciences qualifiées d'humaines comme la psychanalyse et la sociologie (Marie Balmary et Luc Van Campenhoudt), l'éthique (Paul Valadier), et d'autres grandes traditions de sagesse (Jacques Scheuer à propos du bouddhisme).

  • La douleur et la souffrance

    ,

    • Cerf
    • 17 Avril 2002

    Face aux assauts ou à la présence lancinante de la douleur, le mot d'ordre est aujourd'hui de la combattre par tous les moyens, et ils sont de plus en plus efficaces.
    Cette lutte n'accepte plus les renoncements et les défaillances. Elle refuse plus encore quelque justification que ce soit qui prétendrait donner un " sens " à la souffrance, comme si une telle quête ne faisait que démobiliser patients et soignants, qu'encourager le fatalisme ou, pire encore, le masochisme. Prenant au sérieux ces défis, des hommes et des femmes qui travaillent comme médecins, infirmiers, psychothérapeutes, philosophes, théologiens, ont confronté leurs pratiques et leurs questions lors d'un colloque interdisciplinaire, tenu en 1999 à l'Université catholique de Lyon conjointement par le Centre de bioéthique et la Faculté de théologie.
    Cet ouvrage contient l'ensemble des interventions qui ont apporté des expériences de praticiens et des réflexions plus théoriques. Elles se croisent sur le questionnement suivant : si on refuse le postulat utopique que seule une existence enfin libérée de toute forme de douleur serait vraiment et pleinement humaine, que pouvons-nous construire sur la conviction que la vie doit être vécue telle qu'elle se donne à chacun, en combattant contre les causes de la douleur et en résistant aux effets mortifères du souffrir ? Ces approches plurielles ne cherchent donc pas à donner la réponse à la question du sens de la souffrance.
    Elles invitent plutôt les sujets en relation les uns avec les autres à s'ouvrir, y compris à travers l'épreuve, à la vérité de ce qu'est vivre pour les humains.

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