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  • Figure emblématique du monde spirituel ottoman, le derviche tourneur fascine les Occidentaux depuis des siècles. Si la doctrine de la Mevleviye, cette confrérie soufie fondée par Rumi au XIIIe siècle, a fait l'objet de nombreux travaux érudits, la vie des derviches, leurs pratiques, leurs rituels quotidiens, demeurent encore méconnus.

    S'appuyant sur le parcours et l'oeuvre d'Ankaravî (mort en 1631), principal disciple de Rumi, cette étude analyse le soufisme à un moment où le pouvoir ottoman cherche parmi les confréries des responsables à sa décadence.

    Ecrivain célèbre, auteur de textes savants et mystiques dont l'influence perdure, cheikh du tekke de Galata à Istanbul, Ankaravî a rédigé le Minhâc'ül-fukara, maître-livre de la confrérie, à la fois défense des derviches et véritable manuel initiatique. Alberto Fabio Ambrosio présente, traduit et analyse ici l'ensemble des textes qui permettent de comprendre les pratiques des derviches tourneurs dans leurs formes et leurs structures.

    Une initiation lumineuse à l'histoire et à la symbolique de la voie mevlevîe.

  • Les pre´occupations environnementales et paysage`res se positionnent au coeur des questions socie´tales actuelles. Focalise´s sur les futurs possibles et la prospective, de nombreux travaux scientifiques sous-estiment l'enracinement de ces proble´matiques dans le temps long des dynamiques sociales et naturelles. L'e´clairage par l'e´paisseur de l'histoire et par l'inscription de ces phe´nome`nes dans l'espace s'ave`re ne´anmoins indispensable pour appre´hender dans leur complexite´ les trajectoires d'e´volution des syste`mes environnementaux et paysagers, appre´hende´s comme des socio-e´co-syste`mes. En plac¸ant au coeur de sa de´marche l'articulation entre le temps long, le temps interme´diaire et e´ve´nementiel, la ge´ohistoire, ouvre un espace pour e´crire une histoire de l'environnement et des paysages renouvele´e, centre´e sur les sciences sociales. Entre tradition de l'approche braude´lienne et renouvellement des outils et des me´thodes, la ge´ohistoire est une contribution scientifique majeure aux questions de notre temps. Et si la compre´hension du passe´, des he´ritages lie´s aux interactions entre socie´te´s et environnements du passe´ e´tait une des cle´s pour la compre´hension et une gestion durable de l'environnement ?
    Au travers d'une se´rie d'e´tudes de cas localise´es dans diffe´rents environnements montagnards (Alpes, Pyre´ne´es, Massif Central, Apennins italiens...), forestiers (fore^ts de Chambord, de l'Avenois, Massif du Lube´ron...), fluviaux (Garonne, Loire, Hers-Mort...) et de zones humides et marais (Delta du Danube, Niayes du Se´ne´gal, marais atlantiques, Grossetto toscan...), cet ouvrage illustre par l'exemple les me´thodes de la ge´ohistoire et leur applications a` la gestion de l'environnement. Abordant ces notions d'un point de vue pratique mais aussi the´orique, il permet un acce`s facile a` un large public, curieux de connaissances pluridisciplinaires sur les paysages extraordinaires mais aussi les paysages ordinaires.

  • Tours, grands projets immobiliers, multiplication de shopping malls et nouvelles infrastructures de transport sont autant de symboles de la me´tropolisation acce´le´re´e de Hô Chi´ Minh Ville aujourd'hui. Cette me´tropole de pre`s de 12 millions d'habitants est entre´e dans « l'e`re de la grande dimension », rede´finissant alors l'espace public de la cite´, ses pratiques et ses conceptions.

    Cependant, a` rebours de sa progressive verticalisation, c'est le long de ruelles (he?m) que vit 85 % de la population de la ville. Les ruelles demeurent la sce`ne de l'ordinaire urbain. Une sce`ne avec ses codes, ses rythmes propres et la diversite´ de ses acteurs. Outre la forme particulie`re que ces quartiers tre`s denses impriment a` la ville, les ruelles constituent des espaces ve´cus au sens fort. A` l'interface entre le public et le prive´, entre le collectif et l'individuel, une culture spatiale spe´cifique s'y de´veloppe, associant des activite´s extre^mement diverses et des lieux de sociabilite´ foisonnants. Les ruelles constituent alors autant de fene^tres ouvertes sur la petite me´canique me´tropolitaine vietnamienne du quotidien. Les mutations y sont moins spectaculaires - y compris au sens litte´ral de leur mise en spectacle -, mais tout aussi profondes et re´ve´latrices des transformations de la socie´te´ vietnamienne et de sa que^te de « modernite´ » dans un pays au re´gime politique autoritaire.

    Pour saisir le fonctionnement quotidien de ces « envers me´tropolitains », Marie Gibert- Flutre articule l'e´tude de leur morphologie et de leur gestion politique avec celle des pratiques sociales qui s'y de´ploient et des temporalite´s qui les structurent, a` partir de l'e´tude de six quartiers de ruelles. Cette e´tude magistrale, a` la croise´e de la ge´ographie, de l'anthropologie urbaine et de l'urbanisme, renouvelle et e´largit en particulier la notion d'« espace public » - historiquement issue de la pense´e urbaine occidentale - par sa confrontation avec le terrain vietnamien.

    Cet ouvrage est tire´ d'une the`se qui a rec¸u le Grand Prix de the`se sur la ville PUCA APERAU (2015) et le Prix de the`se du GIS Asie (2016).

  • Quels sont les effets du « pre´sidentialisme » a` la franc¸aise sur nos liberte´s ?

    Ce livre tente d'e´tablir un bilan historique, politique et juridique, de l'action des diffe´rents pre´sidents de la Re´publique en ce qui concerne la protection, parfois aussi la restriction, des liberte´s fondamentales. Les chercheurs e´tudient en outre la palette des instruments juridiques dont les pre´sidents se sont dote´s pour agir dans ce domaine et comment le ro^le du Pre´sident a pu e^tre e´galement variable en fonction des personnalite´s et des contextes politiques et sociaux. Des analyses ge´ne´rales de l'implication pre´sidentielle alternent avec l'e´tude plus pre´cise de quelques grandes liberte´s (vie prive´e, religion, expression, droits politiques...).

    Sont rassemble´s les souvenirs de quelques « grands te´moins » des diffe´rents mandats pre´sidentiels comme Robert Badinter, Michel Charasse, Claude Gue´ant, Jean-Paul Costa... Mais cet ensemble re´unit aussi certains des meilleurs spe´cialistes du droit public et de la science politique dans des analyses historiques et juridiques.

    Cet ouvrage constitue une synthe`se originale et sans e´quivalent sur l'ensemble de la pe´riode 1958-2015.

  • Impose´e par des re´gimes politiques autoritaires et re´pressifs, par des conflits ouverts, des occupations e´trange`res ou des de´placements de population force´s, la violence est une expe´rience quotidienne dans de nombreuses socie´te´s arabes. Elle constitue un e´le´ment essentiel de l'engagement des militants politiques ou humanitaires.

    Les contributions ici re´unies souhaitent e´clairer ses effets sur les trajectoires, ainsi que sur les pratiques et subjectivite´s de militants en Jordanie, Palestine, Syrie et Liban au sein de plusieurs organisations (partis politiques, groupes arme´s, ONG, syndicats, mouvements sociaux, etc.). En portant un regard de´centre´ sur l'engagement militant, les chercheurs soulignent le ro^le des e´motions, des discontinuite´s, des ruptures, ainsi que celui de l'incertitude. Un ouvrage qui constitue ainsi un apport scientifique nouveau a` la sociologie de l'action collective encore trop centre´e sur des contextes pacifie´s.

    Les auteurs : Erminia Chiara Calabrese, Le´o Fourn, Ste´phanie Latte Abdallah, Pe´ne´lope Larzillie`re, Valentina Napolitano.

  • La notion de potentiel est l'une des rares en physique qui ne tire son origine, ni de l'expérience, ni même de l'intuition, mais seulement de considérations théoriques. La fonction inventée par Lagrange pour résoudre le problème à N corps ne se déduit de rien, au contraire, c'est à partir d'elle qu'on peut déduire l'expression de la force de gravitation et tout ce qui s'ensuit.

    Un pareil objet théorique ne devait pas tarder à prendre une place de choix dans la physique en tant qu'organisation déductive. Et cela ne concerne pas seulement la théorie de la gravitation mais aussi celle de l'électromagnétisme. En outre, le cheminement de la fonction potentielle traverse les domaines conceptuels pour permettre l'émergence de grandeurs nouvelles et tout aussi fondatrices : l'énergie potentielle et les potentiels thermodynamiques.

    C'est donc le récit de cette aventure intellectuelle qui est retracé ici. On peut voir comment la notion de potentiel est la marque flagrante de l'émergence d'une physique mathématique, où le terme de mathématique n'est pas à entendre comme un support utile à la pensée du physicien, mais bien comme la matrice idéelle. Au coeur de la physique du xixe où les physiciens sont avant tout des « géomètres » (c'est-à-dire, en réalité, des virtuoses de l'analyse), la notion de potentiel vient réordonner, tant d'un point de vue déductif qu'ontologique, l'ancienne physique mathématique encore balbutiante. Il s'agit alors de montrer comment ces objets physiques se constituent en refuge pour la métaphysique.

  • En 2007, Alain Roussillon nous quittait, a` seulement 55 ans, au Caire, laissant derrie`re lui une oeuvre sociologique et politique d'une rare profondeur. Franc¸ais et e´gyptien, chercheur critique familier de ces deux univers intellectuels, Alain Roussillon a engage´ la re´flexion sur des sujets varie´s, de la dialectique « Occident-Orient » a` la question fe´minine, de la formation des sciences sociales dans le monde arabe a` l'« E´gypte politique » d'Anouar al-Sadate et de Hosni Moubarak. Attentif aux contextes de production des savoirs dans le monde arabe, il s'attacha a` situer les acteurs dans leurs filiations historiques et leurs champs d'interaction.

    En rassemblant quelques-uns de ses textes majeurs, Laure Guirguis et Hamit Bozarslan rappellent la place qui fut la sienne dans les e´tudes sur les socie´te´s arabes et soulignent l'actualite´ de nombreuses pistes de recherche qu'il poursuivit avec te´nacite´.

  • Longtemps les personnes atteintes d'alte´rite´s (physiques, psychologiques, cognitives...) ont e´te´ pense´es ou perc¸ues comme des e^tres humains a` re´e´duquer, re´parer, ou pire, a` exclure, car estime´es infe´rieures ou trop diffe´rentes des autres citoyens. De par les lois, de´crets et autres politiques volontaristes en faveur du handicap, les regards sur la personne handicape´e ont e´volue´ et prennent de´sormais en compte l'environnement, le contexte de vie, les situations individuelles et leurs interactions. Me^me si pour bon nombre, le chemin de la reconnaissance et de l'e´quite´ est encore seme´ d'embu^ches, les avance´es scientifiques, permises par la recherche, contribuent de manie`re de´cisive a` ce « bousculement ».

    Inclusion, E´cole, Universite´, Emploi, accessibilite´ nume´rique, maladies, troubles du spectre de l'autisme, traumatisme cra^nien, sport... Cet ouvrage collectif - issu d'un colloque pluridisciplinaire tenu a` Bordeaux en 2018 - fait se croiser, de manie`re originale, des chercheurs, des approches et des disciplines diverses sur le the`me du handicap. Il englobe aussi bien l'approche me´dicale de l'alte´rite´, que celle lie´e aux dimensions techniques et technologiques, tout en re´pondant a` l'approche sociale, situationnelle et environnementale. Sont donc ainsi re´unies, sans cloisonnement, les sciences du vivant et de la sante´, les sciences et technologies et les sciences humaines et sociales. L'ensemble est introduit par Axel Kahn qui, dans une perspective humaniste, aborde la proble´matique du handicap au prisme de la citoyennete´ et de l'inclusion.

  • De sa thèse d'État, conduite sous la direction de René Rémond sur « Khâgneux et normaliens dans l'entre-deux-guerres » à son dernier ouvrage, Les Révolutions françaises 1962-2017, en passant par l'incontournable Histoire des droites ou le Dictionnaire de l'historien, Jean-François Sirinelli est, depuis plus de trente ans, un auteur prolifique et un entrepreneur scientifique dynamique. Professeur à l'université de Lille puis à Sciences Po, directeur du Centre d'histoire de Sciences Po, président du Comité français des sciences historiques, Jean-François Sirinelli n'a rien du chercheur solitaire enfermé dans sa tour d'ivoire : il a toujours cru dans les institutions et en a servi plusieurs avec énergie et dévouement.

    Ses nombreuses responsabilités collectives n'ont pas fait obstacle à la construction d'une oeuvre ample et profonde. Comment articuler histoire politique et histoire culturelle ? Quelles sont les forces vives qui activent le changement social ? Comment passe-t-on de l'histoire nationale à l'histoiremonde ? Comment les Français vivent-ils au miroir de la globalisation ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Jean-François Sirinelli a apporté des réponses nuancées mais fermes, formulées dans une langue précise et imagée dont la qualité s'avère partie intégrante du travail de compréhension de l'historien.

    Autant attaché à la production du savoir qu'à sa transmission, Jean-François Sirinelli a fait naître de nombreuses vocations et a marqué plusieurs générations d'historiens de sensibilités variées. Ce recueil en témoigne de façon éclatante.

    Associant des études et des témoignages de ses amis et collègues, il rend hommage à l'homme, épris de curiosité et de dialogue, autour des quatre grandes thématiques (histoire culturelle, histoire intellectuelle, histoire politique et culturelle, histoire culturelle des relations internationales) qu'il a explorées tout au long de son oeuvre.

  • Géant politique depuis sa création en 1949, la République populaire de Chine est devenue au cours des dernières décennies un géant économique. Quarante ans de croissance à un taux annuel moyen supérieur à 9% l'ont en effet propulsée à la deuxième place mondiale.

    Un tel changement de dimension s'est naturellement traduit par une forte dégradation de la qualité de l'environnement. Après des années de déni, Pékin reconnaît désormais la gravité des problèmes écologiques auxquels le pays est confronté. Outre des pertes économiques importantes (villes paralysées lors de pics de pollution, arrêts maladie...), ceux-ci engendrent également un profond mécontentement populaire et une dégradation de l'image internationale de la Chine. In fine, les perspectives économiques de la nation tout entière risquent d'être compromises. Les limites de la nature semblent ainsi se dresser tel un mur devant les ambitions politiques et économiques de l'empire du Milieu.

    À partir d'approches relevant de différentes sciences sociales (économie, géographie, philosophie, science politique, sociologie), ce livre explique comment les dirigeants chinois et la population affrontent ce défi et tentent de le surmonter. Les enjeux aussi bien nationaux qu'internationaux de la crise environnementale chinoise y sont analysés tout comme les formes de mobilisation de la société civile qu'elle engendre, les réponses apportées par le pouvoir politique tant sur le plan pratique (villes vertes, lutte contre la pollution de l'air...) qu'idéologique (confucianisme « vert »)...

  • Cent quarante mille Chinois ont travaillé en France pendant la Première Guerre mondiale. Cette histoire est restée longtemps méconnue du public. Que faisaient-ils dans cette « guerre européenne » ? Comment ont-ils été recrutés et transportés ? Où se trouvaient-ils, et pour quoi faire ? Que sont-ils devenus ? Quel est héritage de cette expérience ? L'ensemble de ces questions, par leurs multiples ramifications, touche non seulement à l'histoire de la Grande Guerre, mais aussi à l'histoire de la Chine. Cet épisode s'inscrit dans une période décisive de l'histoire mondiale : la Conférence de paix de Paris a déclenché le « Mouvement du 4 mai » (1919), soulèvement patriotique, considéré comme l'acte de naissance de la modernité chinoise.

    Cet ouvrage, le premier en langue française qui fait oeuvre de synthèse, réunit les recherches les plus récentes sur le sujet, en s'appuyant sur des documents originaux, archives et sources primaires chinoises, et en pré- sentant des témoignages inédits.

  • « La colonisation a balkanisé l'Afrique ! », accusent les dirigeants d'un continent qui se fixent pour projet officiel de (re)trouver une unité perdue. Le Sahara est-il un obstacle objectif, définitif, à cette unité ? Non, si l'on en croit les synthèses ici présentées sur les stratégies des pays du Maghreb en direction de leur Sud et sur les relations de toutes natures entre le Maghreb et l'Afrique sub- saharienne.

    Politiques africaines de l'Algérie et du Maroc, politique de l'Afrique du Sud vis-à-vis du Maghreb, mutations de la géopolitique saharienne après l'effondrement du régime libyen, conséquences pour la région de la sécession d'un Nord-Mali contrôlé par les islamistes radicaux, importance des échanges économiques (formels et informels) et des échanges humains de part et d'autre du Sahara : tous ces thèmes, ici traités par des spécialistes reconnus, éclairent sous différents jours les relations entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne. Ils révèlent que les migrants subsahariens qui s'installent désormais dans les pays du Maghreb ne font qu'exprimer l'unité croissante d'un espace jusqu'ici renvoyé à des logiques géopolitiques divergentes, et renouvellent aussi la vision que nous, Européens, pouvons avoir de notre Sud.

  • Si les expositions universelles sont au coeur de l'histoire des pratiques culturelles, elles sont aussi l'un des lieux de naissance de la technique comme utopie du progrès et de la modernité. Parce qu'elles favorisent des rapprochements entre le passé et l'avenir de l'humanité, entre les civilisations du monde, entre la diversité des productions humaines, elles promeuvent un universalisme de la technique. Dans un mouvement réflexif, la technique devient un savoir public, elle intéresse les visiteurs bien au-delà des cercles professionnels. Nouvelle mythologie, elle acquiert une valeur d'identifiant national et le statut de lieu de mémoire. Et pourtant, qu'en est-il, au milieu du xixe siècle et dans le demi-siècle qui suit, des espoirs libéraux et saint-simoniens mis dans l'industrie, à l'heure où l'autonomisation de la technique et les logiques émancipatrices qui lui étaient associées plient sous l'emprise d'une division du travail dont le sens se fait de plus en plus aliénant ? Qu'en est-il aussi de l'admiration pour la technique, alors que s'affirment l'hégémonie des beaux-arts et la sacralisation de l'artiste comme figure du génie ? En lien, quelle place est faite au patrimoine technique éphémère des expositions universelles ?

    C'est l'intérêt de ce volume de restituer la complexité des discours, des intentions et des perceptions autour de la technique et de la modernité dans la société française de la seconde moitié du xixe siècle. Cinq thèmes structurent l'ouvrage : les représentations, l'innovation et les savoirs techniques, les produits nouveaux et les stratégies de valorisation, les publics des expositions, le patrimoine technique des expositions.

  • Les recherches anthropologiques que Maurice Godelier effectua de longues années chez les Baruya de Nouvelle-Guinée ont généré une oeuvre abondante dont l'importance se mesure à la fécondité de ses avancées théoriques, à la richesse des travaux qu'elle a impulsés, et à la haute reconnaissance scientifique internationale qu'elle vaut à son auteur.

    Ce volume réunit des chercheurs en anthropologie, archéologie, histoire et histoire de l'art. Leurs textes constituent autant d'émanations de ses amitiés intellectuelles et lui sont dédiés, comme un rappel de ses problématiques familières ou un hommage à son insatiable désir de découverte. À travers leur diversité, ils expriment ici la force d'une pensée interdisciplinaire, réflexive et critique illustrant ce dont Maurice Godelier ne cesse de se faire le défenseur militant : la nécessité irremplaçable des sciences humaines et sociales dans la compréhension du monde et de soi.

  • Avec le xxie siècle, semble émerger un genre nouveau, celui de l'Homme trace.

    Jamais dans l'histoire de l'humanité, les outils technologiques n'ont été aussi nombreux et aussi efficaces non seulement pour communiquer, mais aussi enregistrer les moindres faits et gestes du quotidien. Il s'ensuit une forme de traçabilité humaine qui suscite les inquiétudes les plus déraisonnables et des questionnements éthiques, légitimes et inédits, qui touchent aux notions mêmes d'intimité et de liberté.

    Observant et analysant certaines des traces les plus exemplaires de l'homme contemporain, les spécialistes réunis ici placent ces interrogations primordiales en perspective. Dépassant l'illusoire évidence de la « trace », ces chercheurs, issus de champs disciplinaires variés (sciences de la communication, sociologie, informatique, psychologie, linguistique, mais aussi géographie et anthropologie), traitent le sujet sous des angles divers, déconstruisent la notion de trace et en dégagent un nouveau paradigme. Émerge ainsi l'absolue nécessité de mettre en rapport le contexte de production de la trace, celui de sa réception et de son interprétation.

    Une exploration contemporaine de la nature fondamentale de l'Homme.

  • Comment traduire le poe`me oriental ? Comment transposer les pro- fondeurs de la psyche´ humaine exprime´es dans des langues, des formes, une pense´e me^me, qui n'ont rien d'e´quivalent avec celles du franc¸ais ? Selon quels crite`res ?

    Les auteurs de cet ouvrage re´pondent a` ces interrogations en distinguant les e´le´ments qui font la valeur esthe´tique de l'original. Pour eux, le tra- ducteur recourt d'abord a` l'analyse des jeux de composition, des modalite´s d'expression, des formes et des images qui jouent un ro^le-cle´ dans l'univers de signification de l'original. Ayant acquis une connaissance intime du texte, il peut alors e´tablir une relation cohe´rente entre le syste`me de composition du poe`me et celui qui constitue le fond stylistique de la litte´rature de re´fe´- rence. Ces mode`les, fort e´loigne´s des the´ories litte´raires que l'on connai^t en Occident, constituent le « fonds » de l'imagination cre´atrice qu'il va mettre au service de la traduction. En essayant de mettre en relation deux mode`les stylistiques, deux contextes linguistiques, culturels et langagiers, voire deux uni- vers civilisationnels, le traducteur peut espe´rer satisfaire au gou^t esthe´tique du lecteur et lui donner a` voir, a` sentir et a` aimer, a` travers la traduction, les beaute´s du poe`me original, sa poe´sie.

    Second volet d'une recherche mene´e au sein du Re´seau Asie « Lire et tra- duire les poe´sies orientales » (2005-2012), ce volume continue l'exploration du the`me de l'amour, base anthropologique commune des oeuvres e´tudie´es; le champ d'e´tudes se limite aux poe´sies pre´modernes de l'Asie orientale (chinois, core´en, japonais, vietnamien), de l'Inde (avhadi, kannada, sanskrit, ourdou, te´lougou) et de la Perse ; les travaux se de´veloppent a` travers une discussion entre des praticiens de la traduction et des spe´cialistes du langage.

  • Joyeuse ou tragique, la fête rappelle à chacun des expériences parfois indicibles ou inavouables. Nécessaire, elle maintient en chacun de nous un désir d'être-ensemble, de dépense, de relâchement que la vie productive, celle de nos contraintes et performances quotidiennes, ne saurait juguler. Commémorative, elle fabrique des histoires partagées, même lorsque son sens ou son origine sont perdus ou dévoyés. Et, en ces temps de crise où semble se charpenter une nouvelle économie de l'exis- tence, son accomplissement paraît plus indispensable encore.

    Les fêtes de Bayonne s'inscrivent ainsi dans des pratiques et des mentalités tout à la fois locales et universelles dont la concrétude acharnée exprime la chair fébrile des communions dionysiaques. Faire la fête, c'est d'abord ici faire les fêtes : parmi les siens, avec les autres, pendant des jours et des nuits ou pour quelques heures, en quête de ces instants où l'on tente d'étreindre l'éternité et de s'y fondre. Cette facture festive si particulière, partagée entre constance et variabilité, plonge chaque année, durant cinq jours d'août, une ville moyenne sous les flots tumultueux de centaines de milliers de festayres venus de tout bord et de tout horizon, de Navarre, de France et d'ailleurs, de l'enfance et de l'âge d'homme, de tous les milieux socio-culturels, travestis pour l'occasion en frères et soeurs de fête, sous les couleurs rouge et blanc de l'habit basque et du vin.

    La Fête à pleins bords est la première analyse sociologique des fêtes de Bayonne, insérée dans une théorie générale de la vie improductive, au travers de laquelle le lecteur pourra reconnaître ses propres aspirations et expériences en matière d'effervescence festive.

  • Longtemps le Maghreb a paru être une simple arrière-cour de l'Europe, une sous-région d'un espace méditerranéen peinant à trouver sa cohésion politique. Les révolutions de l'hiver 2011 ont troublé et redéfini ces rapports anciens. Ce livre propose, au début de ce nouveau cycle de l'histoire, de revenir sur les éléments fondamentaux d'un Maghreb renaissant.

    En retraçant de manière analytique l'évolution de la région pendant les vingt dernières années, les spécialistes rassemblés ici apportent des éléments d'explication aux carences et dysfonctionnements révélés par les frondes de l'hiver 2011 et prennent en compte les facteurs qui ont contribué à des analyses erronées et biaisées des réalités de ces pays. Ils dévoilent également les dynamiques internes et régionales, les limites et les contraintes qu'elles imposent. L'ouvrage offre également des analyses actualisées des phénomènes migratoires, mais aussi des systèmes d'aide et de partenariat euro-méditerranéen, soulignant la nécessité pour les États du Nord de revoir leur regard sur le Sud.

    Car ces nations nouvelles, où émergent l'individu et le citoyen, fortes d'une jeunesse décomplexée, disposent de tous les atouts pour entrer de plain-pied dans la mondialisation.

  • La rhétorique est un art très ancien et pourtant toujours actuel : celui de s'adresser à un public pour le convaincre. Née au Ve siècle avant notre ère lors de procès liés à la propriété, on la retrouve aujourd'hui logée au coeur des discours politiques et managériaux. Etudier la rhétorique, c'est s'intéresser à deux choses complémentaires : les méthodes existantes pour construire un discours visant à recueillir l'accord du public ; les réflexions philosophiques sur le vraisemblable.
    Ces deux aspects sont présents dans cet Essentiel. Il s'agit, à travers les textes de spécialistes contemporains de la rhétorique français et étrangers, de mieux comprendre comment cet art, qui a disparu des programmes scolaires et universitaires, imprègne bien plus qu'on ne le pense les discours contemporains. Ou comment comprendre les rouages essentiels de la persuasion actuelle pour éviter la manipulation.

  • La République de Turquie a tourné le dos au Moyen-Orient pendant la plus grande partie du xxe siècle. Ce repli stratégique et culturel, acté dans les années 1920 pour consolider l'État naissant après l'effondrement de l'Empire ottoman et refonder une nation turque débarrassée des influences orientales, a perduré jusqu'à la fin de la guerre froide. Le monde arabe et iranien était devenu l'Orient d'une Turquie qui se voulait fermement ancrée dans la modernité occidentale. Le contraste est aujourd'hui saisissant : la Turquie en plein renouveau, progressivement libérée des tabous du kémalisme, réinvestit rapidement le Moyen-Orient, devenu terrain d'expansion économique et d'expérimentation diplomatique. Elle se positionne comme une puissance régionale à part entière, sur le mode du soft power. Le Moyen-Orient est même parfois présenté comme l'alternative à une perspective européenne en berne. Mais les « printemps arabes » posent un sérieux défi à l'influence turque dans la région. Modèle naturel pour les futures démocraties arabes, ou acteur impérial qui défend au plus près ses intérêts de puissance : quel sera le rôle de la Turquie dans un contexte de profonde instabilité régionale ? La diplomatie de l'AKP, le parti d'origine islamiste qui dirige le pays depuis 2002, subit ici un test majeur, entre recherche d'équilibre et exercice de responsabilité.

  • L'image est un média, peut-être le premier, le plus ancien. Depuis Lascaux, les individus, les groupes, les pouvoirs politiques et religieux en ont fait un allié ou un péril. Tout au long du XXe siècle, les images se sont immiscées partout. Acheminées par le cinéma, la télévision ou la presse écrite, véhiculées par Internet, elles s'installent au coeur du public comme du privé. Avec l'émergence des médias de masse, l'image et la politique ont renforcé leurs liens, forgeant une relation où les deux champs s'interpellent et se nourrissent intensément.

    L'étude du champ politique doit donc se saisir de ce corpus toujours plus foisonnant. Elle doit s'y atteler sans se fixer de limites a priori sur une définition des images politiques et sans se contenter d'étudier leur contenu (politique).

    Réunissant une trentaine de contributions dans une perspective internationale et interdisciplinaire, cet ouvrage croise les supports, les espaces socioculturels et les temporalités afin de mettre au jour les invariants et les ruptures, qu'il s'agisse du choix des thèmes ou des modes de mise en scène de la politique à chaque époque ou selon chaque régime. Couvrant les xxe et xxie siècles, l'ouvrage permet de relier différentes « époques médiatiques » et de voir les continuités, les filiations, les apports, les recompositions et les complémentarités entre des médias dits traditionnels (cinéma, télévision, photographie, presse écrite) et les nouveaux médias à l'âge du numérique (Internet, téléphones portables, jeux vidéo) dans leur façon de s'emparer ou d'être saisis par la politique.

  • Au coeur de la province de Hua` Pan, dans le nord-est du Laos, a` quelques kilome`tres du village de Long Nguapha, le massif montagneux de Pa` Hang est parcouru de nombreux abris-sous- roche, grottes et cavite´s. De`s 1934, le ge´ologue Jacques Fromaget exhuma des vestiges fauniques, arche´ologiques et humains en abondance, date´s du Pale´olithique au Ne´olithique, inscrivant ainsi le Laos dans la Pre´histoire mondiale. Ces localite´s sont regroupe´es sous un me^me nom, Tam Hang. Cet he´ritage historique a de´cide´ une e´quipe lao-franco-ame´ricaine a` entreprendre de nouvelles fouilles de`s 2003. Des prospections autour du massif karstique de Pa` Hang ne tardent pas a` re´ve´ler d'autres gisements tout aussi riches : abris-sous-roche, bre`ches intrakarstiques et remplissages primaires de grottes. Les plus anciens gisements (Tam Hang Sud, Nam Lot) nous plongent dans un passe´ vieux de 150 000 ans avec des faunes de grands mammife`res. La grotte de Tam Pa` Ling, avec l'exhumation des restes d'un cra^ne humain, re´ve`le la pre´sence des premiers Homo sapiens modernes dans la re´gion vers 50 000 ans. Dans des pe´riodes plus re´centes, a` proximite´ des abris-sous-roche en pied d'escarpement, on peut suivre l'e´volution locale de l'industrie hoabinhienne de pierre taille´e des chasseurs-cueilleurs entre 13 000 et 7 000 ans. Le massif de Pa` Hang est e´tudie´ sous l'angle des transformations ge´ologiques qui l'ont fac¸onne´ au cours de ces diffe´rentes pe´riodes d'occupation. Cet ouvrage rend compte de toutes les de´couvertes et analyses faites entre 2003 et 2010.

  • Be´ne´fique, e´conomique pour certains, irresponsable ou dangereuse pour d'autres, l'autome´dication, largement pratique´e en France, suscite des opinions contraires. Acheter des produits en pharmacie sans ordonnance rele`ve en fait d'un bricolage complexe qui inte´resse tant les rapports a` son me´decin, a` son pharmacien, que les pratiques d'autosoin en plein essor.
    Menant l'enque^te dans l'ouest de la France, les auteurs ont analyse´ l'autome´dication pendant plusieurs anne´es en s'inte´ressant aux pratiques me´dicamenteuses et non me´dicamenteuses. L'e´quipe de recherche, compose´e de me´decins, ge´ographes sociaux et sociologues, a associe´ des enque^tes quantitatives sur de tre`s grands e´chantillons et des enque^tes qualitatives innovantes, comme les journaux de sante´.
    A` dessein, cet ouvrage pre´sente a` la fois les me´thodes et les re´sultats, augmente´s d'une bibliographie de re´fe´rence. Et, si les re´sultats ont un caracte`re finalement assez trivial, celui d'une « combinaison » de prescriptions me´dicales et d'autome´dication, cette recherche re´ve`le surtout la diversite´ et les diffe´renciations des « bricolages » selon les territoires et les cate´gories sociales, ainsi qu'une valorisation massive du « naturel », caracte´ristique de notre e´poque mais inscrite dans des sche´mas de soin qui perdurent depuis des sie`cles.

    Sous la direction de Laurent Brutus, Sébastien Fleuret et Véronique Guienne.

  • L'Asie et le Pacifique. Immense région, neuve et ancienne à la fois, où vivent les deux tiers de l'humanité. Région de tous les superlatifs, de toutes les exceptions, de la Chine, renaissant perpétuellement des catastrophes et aléas de son Histoire, de l'Inde, continent à elle seule, ou du Japon, archipel des futurs. Une région qui tire la croissance mondiale et qui devient le centre du monde. Qui aurait pu dire que le PIB de l'Asie et du Pacifique ferait jeu égal avec celui de l'Union européenne ? Et demain ?

    Cet ouvrage réunit les textes de chercheurs et de spécialistes publiés sur le site Internet du Réseau Asie et Pacifique (CNRS), entre 2011 et 2013. Il constitue la suite du volume paru en 2011 et couvrant la période 2002-2011. Ces travaux, couvrant les sciences humaines et sociales, disent le passé, avertissent de l'avenir, montrent la complexité de l'Asie et du Pacifique, leurs failles, leurs atouts, leurs enjeux. Ils révèlent les racines profondes et donc les fondements du dynamisme de ces nouvelles puissances qui pourraient bientôt prendre les com- mandes de l'avenir de l'humanité.

    Une somme savante et accessible sur l'Asie et le Pacifique contemporains, qui rend sensibles les multiples aspects de ce formidable et inéluctable basculement du monde.

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