Littérature générale

  • Un hiver de neige

    Peter Kurzeck

    Premier volume de la grande chronique autobiographique et poétique de Peter Kurzeck intitulée Le vieux siècle, Un hiver de neige dessine le portrait d'une ville, Francfort, et plus largement de l'Allemagne et des Allemands au début des années 1980. La porte d'entrée sur un projet littéraire colossal, souvent comparé à ceux de Proust, de Joyce et de Döblin.

    Peter Kurzeck travaillait depuis une quinzaine d'années à un cycle qui devait comporter douze volumes et qu'il avait intitulé Le vieux siècle, quand la mort est venue l'interrompre. Ce texte d'abord conçu comme une préface à un petit livre sur un quartier de Francfort, le quartier de la gare détruit par la spéculation immobilière des années 60 et 70, s'est épaissi à mesure du temps, cherchant à embrasser l'année 1983/1984 et bien au-delà, suivant les méandres du récit et de la mémoire, remontant à l'enfance, la jeunesse, recouvrant le passé, recouvrant la vie. C'est l'entrée dans un monde unique, cohérent, consistant - un univers.
    On le compare souvent à Joyce pour la complexité de ses structures narratives, à Proust pour son fétichisme de la mémoire, ou à Döblin pour ses personnages de petits bourgeois. Mais pourquoi le comparer ? Le nom de Kurzeck se suffit à lui-même...

  • Papillon de verre

    Raphaëlle Milone

    « La lumière est traumatique. Ta bouche hagarde. Tu dois raconter. » Une femme parle toute seule, ses pensées s'enferment dans un cocon excentrique, sa langue incise l'enveloppe d'un monde étouffant, tout se mue, hors d'haleine, jusqu'à ce que ses aigus pénètrent le corps d'une violence.Papillon de verre est un vol frénétique contre la glace d'un amour disparu, une descente en piqué au coeur des désirs, une sortie de la chrysalide vers la pleine liberté.« Le mot comprendre est une infamie : À peine avais-je commencé de lire Papillon de verre que j'ai su à qui j'avais affaire. »Simon Liberati« Violoncelles en fugue, violentes cascades, violence prédatrice, violence cryptée, violoncelliste virtuose... »Jean-Luc Nancy

  • La traduction française du deuxième roman de l'écrivaine allemande, qui dépeint une vision aussi jouissive que féroce d'un monde « new-age » fasciné par la technologie, où le culte du « bien-être » devient l'une des formes les plus raffinées et redoutables de contrôle social, entre Orwell et Foucault : un « roman anti-psychiatrique » jubilatoire et inventif.
    Une clinique psychiatrique perchée en haut d'une montagne. Ce lieu futuriste tout en transparence dispose d'une entrée, mais il est impossible d'en sortir. Interdiction de surcroît de regarder à travers les parois de verre : les patients comme le personnel soignant y doivent se confronter à leur propre solitude. Ainsi, le docteur Franz von Stern, s'efforce tant bien que mal de rédiger le rapport sur sa propre personne exigé par la direction. Mais la conviction de cet homme, à la fois schizophrène et bionique - puisque affublé d'un deuxième cortex et d'un médiator greffé - que remuer son passé constitue la première des pathologies psychiques, sera bouleversée par l'arrivée d'une patiente étrangère à ce microcosme aux usages bien rodés...
    Ce second roman d'Angelika Meier, jubilatoire et inventif, évite l'écueil du « roman à thèse » ainsi que tout académisme. La même année, encensé par la critique, ce « roman anti-psychiatrique par excellence » a été sélectionné pour le prestigieux Prix du livre allemand.

  • Un été sans fin

    Peter Kurzeck

    « Le présent, ce n'est quand même pas seulement ici et maintenant. » Allemagne, année 1958 : dans le quartier rouge qui s'étend aux abords de la gare de Francfort, le jeune Peter Kurzeck entame une aventure littéraire à laquelle il n'a toujours pas mis de point final. Tableau d'une entrée mouvementée dans la vie, Un été sans fin restitue la magie séductrice d'une grande ville dans l'Allemagne d'après-guerre à travers une réflexion sur la force poétique du souvenir. Car pour Peter Kurzeck, ce qui a été vécu reste pour toujours à portée de main. Au lieu d'assujettir ses récits à un mode de narration linéaire, l'écrivain préfère galvaniser le temps, les souvenirs et les images intérieures : suivre les méandres de l'existence, être à l'écoute des associations d'idées, rassembler des instantanés, s'attarder sur certains détails et restituer des ambiances. Régulièrement comparé à James Joyce pour la complexité de ses structures narratives, à Marcel Proust pour son fétichisme de la mémoire, à Alfred Döblin pour ses personnages de petits bourgeois, d'ouvriers et d'alcooliques citadins, Peter Kurzeck est certainement l'un des plus illustres - et injustement méconnus - représentants de la littérature allemande contemporaine.

  • De l'indécision

    Joseph Vogl

    À partir des réflexions proposées par Freud dans le Moïse de Michel-Ange, Joseph Vogl développe une théorie de l'indécision et présente dans le même temps un véritable système pour explorer cette notion dans toutes ses variantes et ses nuances : dans le glissement synonymique entre hésiter, tergiverser, osciller, rechigner, chanceler ou vaciller s'exprime un doute profond, une démarche inquiète, un recul. Pourtant, la perplexité implicite de cette hésitation n'implique pas tout simplement l'arrêt d'une action. Elle indique tout d'abord le seuil imperceptible entre action et non-action, un interstice régi par la pure contingence et la potentialité créatrice. En tant qu'acte de parole à la fois impuissant et résistant, l'indécision introduit une temporalité suspendue qui s'oppose au primat de l'acte posé par la culture occidentale.
    Pour Joseph Vogl, un événement est toujours inscrit dans un ensemble stratifié formé par l'ensemble de ses variantes non réalisées. Sa recherche esthétique et historique attribue ainsi à l'indécision une place posée comme systématique :
    Elle instaure une « méthode de complication » par laquelle le pouvoir discursif des événements historiques et politiques peut être interrogé et contenu. Considérée comme une attitude face au monde et un geste de mise en question radicale, la temporalité suspendue de l'indécision constitue enfin le champ opératoire du discours lui-même.
    Dans ce petit essai brillant et érudit, Vogl retrace une « anti-histoire » de l'indécision qui apparaît surtout en littérature et prend corps à travers les siècles dans les personnages d'Oreste, de Wallenstein, de Joseph K., de Bartleby ou de l'homme sans qualités.

  • « C'est seulement lorsqu'on la raconte que l'attaque aérienne devient réelle, perceptible ».

    À sa parution en 1977, Der Luftangriff auf Halberstadt am 8. April 1945 d'Alexander Kluge a provoqué un véritable choc. Traduit en français pour la première fois, ce montage implacable de textes et d'images, irrigué par une matrice autobiographique, explore en une fiction documentaire la destruction de sa ville natale à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Prenant toute la mesure du désastre, il met au jour le quadrillage et le concassement des territoires, des terres et des chairs, tout en préservant les possibilités de faire face à la catastrophe. Alors se construitun témoignage à la fois individuel et collectif. Loin de réduire la complexité historique à une représentation linéaire, l'auteur produit ainsi un récit éclaté et sans fard.

  • Artaud the mômo

    Antonin Artaud

    La version bilingue (français / anglais) d'Artaud le Mômo, l'oeuvre poétique la plus extraordinaire de la dernière période de la vie d'Artaud, depuis son retour à Paris après une incarcération de neuf ans dans les institutions psychiatriques françaises. L'ouvrage respecte les directives graphiques voulues par le poète pour l'édition originale de 1947. Avec huit dessins originaux d'Artaud.

  • New York, années trente à cinquante. Voilà bien longtemps que les reportages, portraits et récits de Joseph Mitchell font partie des grands classiques de la littérature américaine. Il était donc grand temps de faire traduire ces récits fourmillant de personnages originaux et d'événements improbables.

    Parus entre 1938 et 1955 dans le journal The New Yorker, les textes réunis dans le présent recueil, livre de chevet de Paul Auster, de Jonathan Lethem ou encore de Woody Allen, dessinent une sorte de tableau animé d'un milieu populaire new-yorkais en proie à une lente disparition. Avec ces portraits fouillés, le mythique père fondateur du « New Journalism » démontre de manière inégalée que le reportage de terrain peut être une discipline littéraire à part entière qui se lit avec gourmandise.

  • Autodafé

    George Tabori

    Comme toute autobiographie qui se respecte, celle-ci fait de la naissance de son protagoniste un mythe fondateur : « Riez, non pas de joie comme si vous aviez entendu quelque chose de drôle, mais pour relâcher la tension abdominale », conseille un médecin mélancolique à la mère du futur George Tabori pour déclencher sa naissance. Conseil qui ne manquera pas de déterminer la vie de ce dernier, dans laquelle l'humour - toujours plus noir - tiendra une place prépondérante. Et s'avèrera nécessaire pour résister à l'hostilité ambiante, à commencer par celle de son frère, qui déclare à la vue du nourrisson : « Je vais le balancer dans le Danube. » À l'exception de quelques interviews, George Tabori, fils d'intellectuels juifs, ne s'était encore jamais raconté. Entre tendre ironie envers les femmes de son enfance - sa mère, dénuée de tout mystère, lui est mystérieuse précisément pour cette raison - et culpabilité d'avoir survécu au génocide qui a décimé sa famille, il fait balancer les cinq récits qui composent Autodafé entre pathos et drame, accordant une grande place à l'absurde et au théâtre. Et livre, au-delà de ces portraits touchants, une peinture lucide de cette société en proie à la montée du nazisme.

  • Dans une ville corrompue du nord de l'Angleterre, peu avant l'arrivée de Thatcher au pouvoir, un groupe de jeunes décide d'organiser une insurrection émancipatrice, façonnée par le bruit blanc et l'expression libérée des désirs. Un roman perturbant et captivant.

  • Anglais Rockabilly

    Mike Wilson

    Après qu'une météorite se soit écrasée dans son jardin, le quotidien de Rockabilly et de ses voisins prend une tournure pour le moins étrange... Le troisième roman de Mike Wilson associe critique sociale et science-fiction, dépeignant les sombres recoins des banlieues américaines à la nuit tombée.

  • Un ensemble de contributions transdisciplinaires autour du concept de transdisciplinarité, qui entend ouvrir de nouvelles perspectives pour dépasser les poncifs rebattus en redéfinissant les limites du terme.

  • Les enfants et l'enfance dans la littérature moderne.
    Lors de la « découverte de l'enfance », comme l'a nommée Philippe Ariès, la culture bourgeoise et la littérature moderne ont délimité un domaine obscur qui, bien que difficilement accessible aux adultes, a servi d'espace à des projections les plus contradictoires et les plus diversement orientées idéologiquement : l'enfance. Comme le révèle ce livre, à partir du XVIIIe siècle, l'enfant est de plus en plus souvent présenté dans la littérature comme une créature mystérieuse. Aujourd'hui, l'enfant apparaît comme un être étrange, constamment troublant et aliénant, bien qu'il soit exposé à une territorialisation permanente. Cela est possible parce que l'espace de « l'enfance » est essentiellement vide et indéfini. La modernité l'a donc découvert comme une zone, selon les termes de Friedrich Schiller, de « déterminabilité illimitée ».

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