Divergences

  • « Le féminisme n'a jamais tué personne ». Cette phrase est brandie depuis des décennies par le discours féministe majoritaire. Comme si les féministes cherchaient à rassurer un patriarcat pétri d'angoisse, ou à appuyer l'idée - déjà bien répandue - qu'une femme ne peut pas faire peur, qu'une femme ne peut pas être dangereuse. Mais est-il vrai que le féminisme n'a jamais tué personne ? Elles s'appellent Maria, Noura, Judith, Diana, Christabel. Elles ont fait usage de la violence contre la patriarcat. Elles ont touché au grand tabou. Pour nourrir une réflexion sur la place de la violence dans la lutte contre le patriarcat, Irene nous raconte l'histoire de ces femmes violentes.

  • Devant l'ampleur planétaire du désastre, un nouveau mouvement écologiste a émergé au fil des marches pour le climat, des grèves de la jeunesse et des actions de désobéissance. Mais sa stratégie se réduit encore à adresser une demande de transition à de supposés décideurs.

    Pour Désobéissance Écolo Paris, collectif à l'origine des grèves scolaires dans la capitale, on a déjà perdu trop de temps à demander aux pyromanes d'éteindre l'incendie. L'inertie de ce monde n'appelle pas une transition, mais une rupture. Pratiquer une écologie sans transition consiste à interrompre dès maintenant l'oeuvre destructrice de l'économie et à composer les mondes dans lesquels nous voulons vivre. Et cela, d'un même geste.

  • « Le Macronisme est une nouvelle variante du fascisme, et il nous faudra avoir la plus grande attention à la façon de débrancher ces êtres de nos institutions au moment du changement démocratique nécessaire et qu'ils chercheront compulsivement à éviter ».

    Telle est la thèse de Juan Branco, normalien et docteur en droit, conseiller juridique de Julian Assange et de Wikileaks, spécialisé dans les violences politiques et de masse. Ce texte montre comment, dès les premiers jours de son mandat, se dessinait chez Emmanuel Macron une pratique du pouvoir dangereuse pour la démocratie, ancrée dans une histoire politique éloignée des préceptes auxquels sa rhétorique donnait l'impression d'adhérer.

  • « Le capitalisme est mort ».

    C'est sur ces mots que, le 29 juillet 2019, Jérémy Désir, ancien banquier de la City (place financière de Londres), débutait sa lettre ouverte de démission après dix années d'un parcours académique d'élite. C'est l'aveuglement de ces mêmes élites quant à leur rôle dans la catastrophe en cours, aussi bien que son parcours personnel qui l'ont conduit à cette conclusion inéluctable. Une démonstration aussi limpide qu'implacable sur la fin d'un monde, vu de l'intérieur, et des stratégies envisageables pour en précipiter la chute : seule alternative au chaos programmé.

  • Les forêts sont en flammes, le monde se réchauffe, les tensions s'aiguisent. Les écologistes commencent à se faire à l'idée que les gouvernements et les "décideurs" ne feront rien pour arrêter le ravage. Pour celles et ceux qui n'entendent pas rester sans rien faire, il y a un temps avec lequel renouer, où l'écologie était un vaste mouvement d'action directe, doté d'une histoire révolutionnaire et d'une stratégie.

    Cette histoire oubliée, c'est celle des années 1990 en Angleterre, où le gouvernement a dû plier le genou devant l'éclosion, sur son territoire, d'une myriade de "zones à défendre". Opposée à l'écologie résignée des ONG, une génération avait alors pris pour mot d'ordre : pas de compromis dans la défense de la terre?! Blocages de pelleteuse, bris de vitrine, débats passionnés, randonnées illégales, occupations de bureaux, ouvertures de squats, amourettes ensoleillées, vie dans les arbres - tout cela a été le quotidien de dizaines de milliers d'écologistes.

    Rédigé par un membre d'Earth First?!, ce récit critique de ces années intenses est riche d'enseignements politiques pour aujourd'hui.

  • Si l'on récuse l'idée d'un effondrement fatal et déjà acquis, la mise en évidence d'une dynamique de crise structurelle implique que l'emprise du monde de l'économie peut continuer à se perpétuer, quoiqu'au prix d'une décomposition politique et sociale, d'une pression sur les "ressources humaines" et d'une dévastation écologique sans cesse exacerbées.

    Écrit sous l'effet du soulèvement des Gilets jaunes, le présent livre argumente que ce mouvement, tout comme les mobilisations pour le climat dont l'essor est presque simultané, est annonciateur de nouvelles formes d'explosion sociale qui sont vouées à se multiplier au cours des années à venir.

  • Le peyotl, appelé "la chair des dieux" par les peuples indigènes mexicains, est une plante psychotrope emblématique, employée entre autres pour soigner et consommée durant les fêtes. Mais les colonisateurs européens et missionnaires chrétiens qui n'y virent qu'une plante "maléfique", la rebaptisèrent "herbe du diable" et prononcèrent son interdiction. Cependant, malgré l'interdit et la répression, le peyotl continua d'être consommé durant la période coloniale et jusqu'à nos jours.

    L'auteur questionne les usages de psychotropes et leur prohibition, la "guerre à la drogue" comme guerre aux "drogués", l'histoire d'une guerre "morale" contre les minorités racisées.

  • "Jusqu'à quel point le mouvement révolutionnaire fut il responsable de sa propre défaite ?" demandait Vernon Richards en 1953.

    Dans l'Espagne de 1936, que restait-il du projet communiste libertaire après le 19 juillet quand en le propulsant en Catalogne, en Aragon et en pays valencien, un certain nombre de militants de la CNT-FAI se rendirent compte qu'ils agissaient à contre-courant de leur organisation ? Comment parler encore de sortie du capitalisme quand un syndicat anarcho-syndicaliste "collectivise" le secteur productif sous l'égide de l'Etat, incite la classe ouvrière à s'adapter "au panorama économico-industriel du monde", et repousse aux calendes grecques l'abolition du salariat ?

    Premier volume : Et l'anarchisme devint espagnol Second volume : L'anarcho-syndicalisme travaillé par ses prétentions anticapitalistes 1910-1937.

  • Après avoir retracé les moments forts de la rencontre entre une partie des classes populaires espagnoles et l'anarchisme au temps de la première Internationale, l'auteure aborde dans ce deuxième volume les "deux manières d'interpréter le sens de la vie et les formes de l'économie post-révolutionnaire" qui s'agitaient au coeur de la CNT et de la mosaïque libertaire de 1910 à 1936.

    Après le 19 juillet 1936, une partie du mouvement, nourrie d'une solide culture de l'action directe, se lança avec enthousiasme dans un début de sortie du capitalisme, inédite par son ampleur et sa durée, une epérience dont les leçons restent à tirer.

  • Le 18 mai 2016, Nicolas Fensch, ingénieur informatique de 39 ans assène quatre coups de barre en plastique à un agent de police qui sort de son véhicule, quai de Valmy. Quelques instants plus tard la voiture s'enflamme. La photo fera le tour des médias et l'affaire prendra vite une tournure politique.

    Parmi les neuf prévenus, Nicolas est une énigme, tant pour la justice que pour le public. Élevé dans une famille catholique plutôt conservatrice, militant gaulliste dans sa jeunesse, il n'a rien d'un activiste et participe à sa première manifestation 3 semaines plus tôt, par hasard. Des cabinets de consulting à la prison de Fresnes, ce livre retrace le parcours hors norme de Nicolas Fensch, condamné à 5 ans de prison ferme en 2017.

    Écrit avec Johan Badour.

  • Mikkel Bolt Rasmussen analyse l'exercice du pouvoir par Trump afin de décrypter la formation d'un nouveau type de fascisme : le fascisme capitaliste tardif, empêchant toute sorte de changement social. Trump projette l'image d'une Amérique menacée, mais capable de se reconstruire en une communauté unie, blanche et patriarcale.

    Après quarante ans de développement inégal et sans limite aux États-Unis, le fascisme capitaliste tardif de Trump mêle culture populaire et ultra-nationalisme dans le but de renouveler la vieille alliance entre la classes ouvrière blanche et possédante, empêchant ainsi la constitution d'une alliance anti-capitaliste entre les mouvements Occupy et Black Lives Matter.

  • Après avoir retracé les moments forts de la rencontre entre l'Espagne et l'anarchisme au temps de la première Internationale, l'auteure aborde dans ce premier tome les "deux manières d'interpréter le sens de la vie et les formes de l'économie post-révolutionnaire" qui s'agitaient au coeur même de la CNT avant le 19 juillet 1936. Il y a encore et toujours des enseignements à tirer de ce moment historique où certains proclamèrent l'abolition du salariat, préalable incontournable à tout projet communiste libertaire.

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