Eddif Maroc

  • Au Maroc

    Pierre Loti

    La Ville de Rabat n'eut pas la main heureuse le jour où elle débaptisa la rue Pierre-Loti. Si un écrivain français, né et mort (1850-1923) à l'époque coloniale, fut islamophile, arabophile, marocophile c'est bien, en effet, ce Julien Viaud alias Pierre Loti, officier de marine et académicien, esthète éclairé et grand voyageur, à la fois très nationaliste et très cosmopolite ! Pour toutes ces raisons et aussi pour sa plume absolument savoureuse, Loti méritait d'avoir enfin une édition d'Au Maroc dans ce Royaume chérifien même, auquel, en le parcourant au printemps 1889, il adressa une retentissante déclaration d'amour et d'admiration, sans pour autant cesser de le regarder avec un réalisme impitoyable. Loti sait aimer mais sans s'en laisser compter. C'est là tout le prix d'un inimitable art d'écrire et d'une vision complètement originale du Maroc de jadis. Sur un point capital, toutefois, Loti s'est trompé, quand il a vu - à regret - l'Islam " mourant sous la poussière des siècles ", alors qu'au contraire celui-ci préparait dans ses profondeurs une formidable résurgence démographique et politique...

  • Romancier et critique littéraire, Salim Jay dont ce Dictionnaire des romanciers algériens est le trentième livre, nous avait déjà donné en 2005 un Dictionnaire des écrivains marocains qui fait toujours référence.

    Dès 1982, Michel Crépu saluait dans Esprit cette passion de découvreur : « Salim Jay est incontestablement le meilleur globe-reader de la place de Paris. [...] Une caractéristique, il ne commente jamais la lecture d'un livre sans tout en attendre... ».

    Au cours de son immersion dans la littérature algérienne, il a voulu rendre justice à tant de nouvelles voix très originales. C'est par dizaines que des romanciers algériens méritent une attention dont le lecteur est grandement récompensé.

    Vous allez trouver ici l'évocation de l'oeuvre des romanciers les plus célèbres et découvrir de nouvelles fictions subtiles ou narquoises, des récits déchirants ou ironiques, par exemple chez Mustapha Benfodil. Qu'il lise, parmi plus de deux cents autres, les romans traduits de l'arabe de Waciny Laredj ou de Kamel Daoud qui écrit en français, qu'il analyse l'apport lumineux de Mohammed Dib ou bien salue Samira Sedira, Hélène Cixous ou Jean Sénac, c'est à une exploration passionnante du présent et des 80 dernières années que Salim Jay nous invite en conservant sa liberté de lecteur exigeant.

  • Après un historique de la peinture dans le royaume chérifien depuis la fin du XVIII siècle jusqu'à l'indépendance du pays, s'étant attaché à ses relations avec les grands courants de l'art occidental, Maurice Arama propose le dictionnaire de tous les peintres qui ont séjourné et qui ont peint au Maroc.
    Pendant près de deux siècles, une prodigieuse cohorte de peintres a traqué la pluralité des facettes marocaines: Delacroix, Dehodencq, Portaels, Matisse, Marquet, Camoin, Clairin, Van Dongen, Marcelle Ackein, Balthus, Nicolas de Staël, Limouse, Edy Legrand, Majorelle, Pontoy, Raoul Dufy... Aux côtés de ces grands noms de la peinture européenne, figurent une multitude d'autres peintres talentueux dont les oeuvres font le bonheur des amateurs et des collectionneurs. Plus de 500 peintres donnent lieu à une notice, souvent illustrée.
    Maroc, le Royaume des peintres est à la fois un ouvrage de référence, le plus complet à ce jour, recensant les artistes qui ont donné à voir le Maroc, et un livre d'art, somptueusement illustré, avec une multitude de documents inédits.

  • Des récits contemporains qui relatent la vie sous le ciel bas de la Belgique.
    Un ouvrage collectif à propos d'une Belgique multiple racontée en arabe par des écrivains venus du Maroc, d'Irak, de Syrie, de Palestine, d'Egypte et du Soudan.
    Malgré les années passées dans ce pays où ils ont choisi de vivre, ils n'ont pas quitté pour autant la patrie de la langue arabe. Peut-être pour contrarier les frontières linguistiques qui sévissent ici sans nul besoin de douane. Ce sont des textes qui racontent les représentations de la migration dans la conscience créative arabe. Des récits arabes à propos de lieux belges, constituant d'une part un élément essentiel de la narration, d'autre part un simple prétexte pour des histoires purement orientales. Mais l'important est qu'ils éclairent l'expérience du créateur et les contours du lieu en même temps.
    Que le lieu soit un refuge ou une terre d'exil, un lieu de résidence ou une patrie, le rapport avec lui est délimité par des événements grâce auxquels se diversifient les parcours et se différencient les destins. Destins de divers personnages, le migrant, le réfugié, l'ouvrier, le chômeur, l'étudiant, l'artiste, l'intellectuel... ou encore de simples gens à la recherche d'une vie meilleure ou d'une mort clémente.
    Des histoires agrémentées de photographies dialoguant avec les villes et se brouillant avec elles avec une liberté artistique et esthétique, avec une touche humaine pleine de tendresse et un sens aigu du lieu.

  • Ce beau,livre, unique en son genre, est construit sous la forme d'une série d'articles portant sur le Patrimoine Culturel du Maroc, avec toute sa pluralité. Tout son intérêt réside dans sa capacité à rendre sensible le nombre et la diversité des groupements humains qui se sont succédé ou ont cohabité sur la terre marocaine. Depuis les vestiges les plus ténus des périodes préhistoriques aux chorégraphies les plus contemporaines en passant par la création calligraphique et les arts rupestres, le livre met en évidence toutes les composantes de l'identité marocaine qui s'est constituée de tous les échanges entre le Machrek et le Maghreb, l'Afrique et l'Europe. Le Maroc, riche de son identité plurielle aux multiples affluents linguistiques et ethniques, possède un patrimoine culturel et artistique digne d´admiration. Il appartient donc au secteur culturel de traduire concrètement cette diversité. Il devrait encourager toutes les formes d´expression créatrices, aussi bien celles en harmonie avec notre patrimoine séculaire que celles en phase avec le goût moderne, dans ses styles et ses genres, multiples et variés, et ce, dans une démarche où se conjuguent et se complètent les traditions ancestrales et les créations modernes. Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l'occasion du 14e anniversaire de la Fête du Trône (30 juillet 2013).

  • Vingt ans ont passé depuis l'accession au Trône du Roi Mohammed VI. Ce qu'il a entrepris pendant cette période ne peut se résumer, à coup sûr, en quelques pages d'un livre, fûtil le plus « exhaustif ». Nulle tentation donc de suggérer l'once d'un bilan, tant les chantiers lancés, entamés, réalisés ou projetés témoignent d'une continuité absolue. Autrement dit, il n'est pas question de porter un jugement définitif sur une oeuvre en devenir encore, alors qu'elle hisse le Maroc, d'ores et déjà, sur le pinacle. Et pour sacrifier à une rhétorique, elle le place au premier plan des pays émergents. Au coeur d'une transformation profonde, radicale même et sans bouleversements, il y a le Roi qui épouse son siècle et ses défis majeurs. Infatigable « coureur » vers le progrès, trempé dans les valeurs démocratiques, attaché à la justice, impénitent réformateur, surprenant et cultivant la rigueur mais érigeant la tolérance et la sollicitude sur le fronton de son règne, Mohammed VI est porteur d'un modèle de règne comme jamais aucun autre roi du Maroc ne l'a été. Le Royaume en recueille les fruits sur les plans politique, économique, diplomatique, religieux, sociétal et culturel. S'il incarne surtout une voix qui pèse dans le concert des nations, le Roi Mohammed VI est un porteparole éclairé de l'Afrique et du monde arabe.

  • Figure trop mal connue d'une famille berbère makhzénienne, au service de la dynastie alaouite depuis Moulay Ismaïl, Madani El Mezouari El Glaoui (surnommé « le fqih ») fut, comme l'affirme Paul Pascon, « le fondateur de la puissance des Glaoui ». Il servit quatre souverains successifs (de Moulay Hassan à Moulay Youssef) en tant que caïd, khalifa du sultan sur le Draa et le Sud, 'amel du Tafilalet, ministre de la guerre et grand vizir. Son combat sans relâche contre la siba le mena dans diverses régions du royaume. Le fqih a été l'un des acteurs essentiels de la hafidiya dont il constitua le principal soutien politique et militaire. Fervent patriote, il s'opposa à l'influence grandissante des Français, ce qui fut la cause de son limogeage en 1911. De retour aux affaires en 1912, son autorité s'étendait depuis Marrakech sur une zone de 35 000 km². Toute sa vie durant, il sut faire montre d'une ouverture sur les affaires du monde, d'un attrait pour la modernité et d'un esprit de réforme remarquables pour un homme de son époque. Madani devait décéder en 1918, alors âgé d'environ soixante ans.

  • "La personne de Jésus fascine et intrigue. Rien concernant Jésus ne semble relever de l'ordinaire : les conditions de sa naissance, de sa vie et de sa mort. Son identité reste un mystère pour de nombreux historiens. Ceci, au moment où le Coran, livre sacré de l'Islam, en fait un être exceptionnel. Jésus est qualifié par le Coran de Souffle de Dieu, d'Esprit de Dieu, de Sa Parole. Il le cite au nombre des plus proches et des intimes de Dieu. Par ailleurs, à part sa crucifixion et la question de sa divinité, le Coran conforte les chrétiens dans la plupart de leurs croyances concernant Jésus, affirmant que c'est un prophète, un messager de Dieu et c'est le Messie attendu par le peuple d'Israël. Il confirme sa naissance miraculeuse, les miracles qu'il a accomplis et son ascension. Ce sont ces réflexions que l'on trouve dans ce livre qui traite de l'histoire et du statut exceptionnels de Jésus et de la place de choix qui lui est réservée dans le Coran, en tant que grande figure biblique."

  • "L'ouvrage de Chouki El Hamel est exceptionnel à plus d'un titre. D'abord, il traite avec érudition, courage et lucidité un domaine jusqu'à présent peu abordé au Maroc et dans le monde musulman : l'existence et la pratique de l'esclavage dans ces sociétés, comme dans les autres, depuis un temps immémorial. Ensuite, parce que sa connaissance approfondie des archives et documents arabes, au premier chef du Coran dont il nous livre au passage une analyse précise, rend sa démonstration particulièrement convaincante. Enfin parce que le tout est conçu dans un questionnement permanent de la part du savant qu'il est, sans pour autant que son souci scientifique alourdisse la lecture. Ce livre si juste et criant de vérité se lit aussi comme un roman, l'étude est passionnante. Cet ouvrage magnifique démontre l'importance, encore dans le monde contemporain, de tous les héritages de l'histoire." Catherine Coquery-Vidrovitch (Historienne, spécialiste de l'Afrique).

  • Une chute infinie

    Mohamed Leftah

    À Settat, un adolescent se donne la mort devant sa classe, sidérée. Mohamed Leftah était un des élèves. Il revient sur ce geste et livre une chronique acide d'un village marocain dans les années soixante, où se mêlent bigoterie et hypocrisie : des versets.

  • Aujourd'hui, cet immense patrimoine judéo-marocain est menacé par l'oubli dans sa terre d'origine. Une grande ligne qui a marqué nettement notre histoire se hachure, et risque de devenir lointaine et inconnue pour les jeunes générations de Marocains. Il est temps donc de prendre tous les moyens pour souligner ses traces et lui assurer l'évidence de son importance dans la généalogie de notre mémoire nationale.

  • Une femme tout simplement est le premier roman de Bahaa Trabelsi. Comme son héroïne, Bahaa est une jeune femme moderne. Mais qu'est-ce que la modernité marocaine, concrètement, au seuil du XXIe siècle ? Cette question complexe ne pouvait se satisfaire d'une réponse univoque, aussi l'auteur a-t-elle choisi de présenter cette réalité sous toutes ses facettes, sans la trahir ni la caricaturer. Chaque personnage du roman incarne donc une voie, un mode d'évolution possible, quelquefois même une issue. Celle du passage violent et destructeur de la soumission au libertinage incarnée par le destin de « mama », femme enfant mariée à l'âge de seize ans au père de l'héroïne dont elle remplacera la mère, morte prématurément. Celle du père, rongé par d'innombrables contradictions, tiraillé entre la modernité et la tradition, qui finira par se réfugier sous l'aile sécurisante et opaque de la religion. Enfin celle de Laïla bien sûr, véritable et fructueuse quête d'identification par laquelle l'héroïne, d'abord perdue au coeur d'un tourbillon de paradoxes, va peu à peu trouver sa propre recette du bonheur. Brutalement livrée à elle-même lorsqu'elle part faire ses études en France, ivre de liberté et de curiosité, elle se découvre de nouvelles potentialités qu'elle s'empresse d'expérimenter. Après l'idéalisme du militantisme, les déchirures de la passion, l'amertume de la solitude, vient l'heure du retour aux sources et de la confrontation à soi-même. Puis, enfin, celle de la paix, si longtemps et sans même le savoir recherchée. La voie de Laïla, celle du coeur, représente en quelque sorte le point d'équilibre entre toutes les autres, mariant heureusement, mais non sans heurts, tradition et modernité, religion et rationalisme, liberté sexuelle et fidélité, féminité et maternité, travail et famille.. Ce roman « initiatique », cousin lointain du Candide de Voltaire, ne se veut ni moraliste ni même didactique. Il reflète, en toute simplicité, le devenir d'une société en mutation.

  • Au Maroc, le secteur culturel reste encore le parent pauvre des stratégies de développement social et économique. Pourtant,malgré des défaillances, le département qui en a la charge entreprend depuis quelques années des efforts considérables en entamant la réalisation de projets ambitieux qui nemanqueront pas de donner une impulsion considérable à la création et à la promotion de nos biens culturels. Or, l'action du seul département chargé de la culture ne peut suffire à optimaliser les bénéfices que nous pouvons tirer des expressions culturelles riches et variées dont jouit notre pays et donner, par conséquent, un désir de culture au citoyen. La culture devrait être l'élément transversal qui doit intéresser tous les départements : celui des Collectivités Locales, comme celui de l'Education Nationale, du Tourisme, de l'Economie, des Affaires Etrangères, etc., des secteurs qui devraient participer au développement culturel et leur permettre de profiter par ricochet de la dimension culturelle de tout projet de société.

  • Le désert exerce sur l'homme un attrait particulier, vu l'étonnante diversité des paysages et l'immensité des lieux. Les témoignages anciens d'écrivains de renom, à la rencontre du désert, attestent l'impact que cet espace eut sur leur sensibilité.

  • Ce livre prospectif sur le Maghreb de demain tente de montrer la richesse incomparable de cet espace de vie, son passé contrasté, son présent en filigrane, presque paisible au vu du monde tourmenté d'aujourd'hui, et son futur qui ne saurait être aux yeux de Mohamed Kabbaj et Malek Chebel, qu'optimiste et performant pour le bonheur de ses populations.
    Livre qui se veut vertueux, car nous voulons participer au débat qui ne saurait tarder et dont l'écrit que voici symbolise la contribution. Nous avons décidé de mettre notre amour du progrès au service d'une cause commune, absolument désintéressée et apolitique, le Grand Maghreb.

  • En 2001, Djemaa el Fna, la place de Marrakech, a été reconnue par l'Unesco comme patrimoine oral de l'Humanité. Pénétrant l'atmosphère magique du lieu, l'ouvrage emprunte les chemins du charme et du coeur pour donner à cette promenade, dans le temps et l'espace Marrakech, à la fois une dimension poétique et une appréhension de la réalité. Assailli par le kaléidoscope d'images fortes qui ouvrent le livre et le feront s'interroger, le lecteur promeneur sera conduit à trouver les premières réponses dans le passé de Marrakech. Il partira à la découverte des entours de la place, la mosquée Koutoubia, le marché aux épices, le jardin, pour déambuler ensuite dans les ruelles adjacentes de la médina qui le ramèneront à la place. Là, il s'attardera auprès des artisans, des charmeurs de serpent, arracheurs de dents, conteurs, lanceurs de feux, joueurs de cartes, charlatans, en tout une trentaine de métiers qui constituent la mémoire orale de la ville et du Maghreb.
    Un ouvrage collectif avec des photographies de Hassan Nadim, marrakchi de naissance, l'un des meilleurs photographes du Maroc et des textes d'Azzouz Tnifes, historien d'art, auxquels s'ajoutent les témoignages d'Edmond el Maleh et de juan Goytisolo.

  • L'analyse des mouvements sociaux permet d'examiner le processus du changement social et la nature de la relation qui lie l'Etat au citoyen. Après l'explosion des différentes émeutes au Maroc (1981, 1984 et 1990), la conquête pacifique de l'espace public urbain devient subitement un enjeu politique de taille. Depuis, la politique ne se déroule plus seulement dans les sphères conventionnelles. Elle se fait également dans la rue. Face à l'augmentation des mouvements sociaux protestataires, le pouvoir politique hésite, tolère, autorise, dialogue, mais interdit également avec violence des marches et des sit-in non autorisés. En 2005, les actions collectives des différents mouvements sociaux dans l'espace public (sit-in, manifestation, marche, etc.) se sont traduites en 700 protestations, soit une moyenne de deux sit-in par jour. Ce chiffre passe de 5.000 actions en 2008 à 6.438 en 2009 pour atteindre 8.600 en 2010 et plus de 18.000 actuellement, soit 50 protestations collectives par jour. Sous le gouvernement mené par le PJD, le nombre de protestations a été multiplié par 26 par rapport à l'année 2005.

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