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  • La pensée d'Antonio Gramsci, mort dans les prisons fascistes est, depuis plusieurs décennies, devenue incontournable au sein de la théorie politique. Certains de ses concepts, notamment ceux d'hégémonie et de guerre de position, ont fait l'objet de réappropriations très diverses, en dehors même du cadre « marxiste » dans lequel ils avaient été élaborés. À travers le commentaire de douze extraits issus aussi bien des Cahiers de prison que de textes de jeunesse, ce volume brasse des thématiques variées entend offrir un panorama de la pensée de celui qui fut à la fois l'un des fondateur du Parti communiste d'Italie et l'un des philosophes les plus innovants du XXe siècle.

  • 150 ans après sa terrible répression, ce livre propose quinze textes contemporains de l'événement ou postérieurs, pour (re)découvrir la Commune de Paris à travers des discours, des décrets, des mémoires de Communard·e·s, ainsi que des études historiques.

    Ces textes abordent entre autres, la Journée des canons, la Garde nationale, la question du travail, des femmes et des barricades. L'ouvrage nous plonge dans le processus de créativité politique et rend compte de sa dimension festive et populaire. L'occasion de rappeler que la Commune de Paris reste une grande promesse d'émancipation et qu'elle peut à cet égard être une source d'inspiration pour penser, aujourd'hui, les voies de la transformation sociale.

  • Est-il encore besoin de découvrir Marx ? Comme souvent, ce qui semble su comme une sorte d'évidence est en réalité mal connu. Ce qui s'applique particulièrement à Marx tant le rapport à son oeuvre fut l'occasion de grandes passions, de belles actions et de méfaits terribles. Marx n'en finit pas d'interpeller ceux qui s'essaient à penser nos sociétés et leurs mouvements, les actions humaines et leurs effets.
    Découvrir Marx, c'est laisser de côté les formules et les simplifications pour se confronter directement aux écrits de l'auteur. Cet ouvrage, accessible à tous, présente, explique et commente douze textes de Karl Marx, douze textes utiles à la compréhension du monde moderne dont il fut l'un des grands annonciateurs et des plus subtils critiques.

  • Les concepts de Pierre Bourdieu font école tant et si bien qu'au-delà même de la sociologie critique, on les retrouve dans la littérature journalistique, dans les textes d'organisations, dans les discours politiques...
    Le livre de Simon Lemoine, docteur en philosophie, professeur de lycée, veut éclairer pour un public non savant les articulations principales d'une pensée qui s'est vouée à la connaissance des mouvements de la société.
    Comment les dominants dominent-ils ? La sociologie peut-elle servir à transformer les rapports de pouvoir, quelle est la puissance de la violence symbolique, qu'est-ce que l'habitus, la distinction, comment fonctionne la reproduction sociale?? Autant de questions qui animent ce «?Découvrir?» et en font une introduction essentielle à la sociologie de Bourdieu, et à la compréhension du présent.

  • L'objet de ce livre n'est pas d'opposer Friedrich Engels à Karl Marx mais de faire apparaître la singularité du premier, son autonomie en quelque sorte. Et de l'extraire un moment de ce « Marx-Engels » infligé aux deux amis par une postérité qui leur a certes fait pire.
    Les douze textes ici rassemblés abordent, entre autres, la question du mariage, le rôle de la violence, le suffrage universel, la religion, la nature de la causalité historique, l'origine du chômage ou le dépérissement de l'État...
    Ils révèlent ainsi un homme profondément de son temps et engagé non seulement dans les révolutions sociales et politiques mais aussi dans les débats philosophiques, curieux des bouleversements scientifiques et culturels de son époque, ouvert à un monde déjà mondialisé.
    Chaque texte, à la manière de la collection, est présenté, mis dans son contexte et commenté, proposant au lecteur des pistes pour aller plus loin.

  • S'il existe aujourd'hui plusieurs d'introduction à Weber, ils sont la plupart du temps destinés exclusivement à un public universitaire. Or, l'oeuvre du sociologue allemand s'adresse aussi à toutes celles et ceux qui veulent saisir la spécificité de la modernité capitaliste. L'auteur fait ici le pari que le monde que Weber voyait naître, celui de la grande industrie et de la bureaucratie, est plus que jamais le nôtre. En proposant à la lecture une dizaine de textes centraux, ce livre vise à expliciter un certain nombre de notions wébériennes qui peuvent permettre d'éclairer, de nourrir les débats actuels sur l'écologie et le capitalisme : rationalisation, désenchantement du monde, esprit capitaliste, etc.

  • L'ouvrage présente deux lectures du jeune Marx par la philosophe américaine Judith Butler.
    Le premier est une conférence qu'elle a donnée en 2018 à l'ENS Paris, où elle remet en cause l'idée que Marx défend dans ses écrits la place centrale de l'homme dans les rapports de l'être humain à la nature. En discutant la notion de « corps inorganique de la nature », utilisée par Marx dans ses Manuscrits de 1844, Butler montre que ses écrits peuvent au contraire nous aider à repenser notre rapport à la nature aujourd'hui. Contre une distinction trop stricte entre la nature et les êtres humains, la philosophe incite, à partir de sa lecture de Marx, à reconnaître plutôt leur interdépendance. Une réflexion essentielle au regard des enjeux "écologiques" sur la préservation de la nature aujourd'hui menacée par l'activité des sociétés humaines. En regard de ce premier texte, l'ouvrage propose une traduction inédite d'un article de Butler paru en 2016. A travers le commentaire d'une célèbre lettre de Karl Marx à Arnold Ruge de 1843, Butler propose de (re)définir l'objectif et la tâche de la philosophie en une critique impitoyable et sans cesse recommencée de l'ordre établi.

  • Alors qu'il séjourne entre mai et octobre 1843 dans la petite ville de Kreuznach, Marx s'attèle à l'élaboration d'une critique de la philosophie du droit de Hegel, dont la pensée constitue alors l'horizon philosophique des jeunes penseurs critiques allemands. Ce travail prend la forme d'un commentaire ligne à ligne des paragraphes 261 à 313 des Principes de la philosophie du droit consacrés à la constitution interne de l'État.

    Marx laisse finalement ce travail inachevé sous la forme d'un manuscrit. C'est ce texte que nous publions aujourd'hui dans une nouvelle traduction qui, pour la première fois en France, s'appuie sur l'édition critique allemande la plus récente, et tente de faire apparaître le manuscrit de Kreuznach comme ce qu'il est?: un brouillon qui est aussi un véritable laboratoire de la pensée de Marx en train de se construire et de se préciser au contact du texte de son maître.
    Une introduction, un plan détaillé du texte, un appareil de notes, un glossaire et un choix de textes complémentaires, dont les paragraphes de Hegel commentés, permettent de replacer ce texte étonnant dans le cheminement de pensée de Marx, et en particulier dans le débat qu'il n'a jamais cessé d'entretenir avec la pensée de Hegel.

  • À l'occasion du bicentenaire de la naissance de Friedrich Engels (28 novembre 1820), les Éditions sociales publient ce texte considéré comme le brouillon du Manifeste du parti communiste.
    Dans ce volume figurent : une préface de Jean Quétier, le Projet de profession de foi communiste, Les Principes du communisme et la Contribution à l'histoire de la ligue des communistes.

  • Oeuvre multidimentionnelle, Le Capital trouve des places diverses en librairie, suivant le penchant du libraire, l'air du temps ou les nécessités de la vente, entre les rayons économie, philosophie, histoire ou même sociologie.
    Son insertion dans le programme de l'agrégation de philosophie 2015 va régler la question chez les libraires universitaires.
    La plupart des éditions du livre 1 reprennent la traduction Joseph Roy, qui date de 1875 !
    Les éditeurs s'appuient sur une lettre où Marx fait l'éloge du traducteur, mais cette référence est unique. On trouve par contre plusieurs critiques acerbes où Marx se plaint que, même après sa révision, le résultat reste "saboté" (voir la préface de J.-P.
    Lefebvre et particulièrement, p. XL). L'édition de la Pleiade souffre des mêmes défauts que l'ensemble des volumes dirigés par Maximilien Rubel, des choix contestables de traduction, des coupes dans le texte...
    Notre édition est la seule (celle des PUF reproduit en semi poche le texte des ES) à présenter une édition moderne, scientifique de la quatrième édition allemande, qui bénéficie du travail de Marx juqu'à sa mort. Elle est reconnue comme la plus complète et la plus fidèle. On y trouve les préfaces et postfaces importantes de Marx et Engels, une introduction de J.-P. Lefebvre sur les conditions d'édition du Capital et sur les choix de traduction opérés, notamment la série des mots fondés sur le préfixe mehr, qui donne "survaleur" à la place de "plus-value", traduction aujourd'hui généralement acceptée.
    Nous publions une reproduction photonumérique de l'édition de 1982, corrigée de quelques coquilles, dans la collection Les essentielles, augmentant ainsi le corps des caractères et rendant plus lisible le texte, permettant aux étudiants de travailler dans de bonnes conditions sur un texte dont la réputation de difficulté n'est pas usurpée.

  • « Je vous propose de lire la composition du capital du point de vue des luttes des travailleurs, des résistances de la multitude face au commandement du capital - et éventuellement du point de vue des soulèvements du prolétariat. Je veux donc parler d'histoire du prolétariat, du rapport antagoniste entre le capital et le travail vivant, et par conséquent de la transformation de la composition technique et de la composition politique de la force de travail, des mutations des procès de travail et de valorisation, et puis enfin de celles des formes de vie et des institutions. » Antonio Negri, né en 1933 à Padoue, est l'un des grands intellectuels critiques de notre temps. Après un entretien dans lequel il revient sur le sens politique qu'il a attribué à la lecture de Marx aux différentes étapes de son parcours, de l'opéraïsme italien des années 1970 à sa collaboration actuelle avec Michael Hardt en passant par l'exil et la prison, voici une conférence où il ramasse sa pensée en une forte analyse du développement capitaliste, où l'économie est indissociablement politique.

  • Engels. L'Idéologie allemande, dans sa version complète, est un texte d'une grande importance pour la compréhension de ce que furent les idées de Marx et Engels au moment où ils rompent avec le courant des jeunes hégéliens de gauche. Les nombreuses éditions de la première partie ne rendent pas compte de la complexité et de la profondeur de la critique des thèses idéalistes qu'opèrent Marx et Engels.
    Elles sous-estiment et limitent l'effet de nouveauté du renversement des thèses hégéliennes et de celles de Stirner, de Bauer, de Feuerbach, etc. L'Idéologie allemande constitue l'exposé le plus long, le plus détaillé et le plus compréhensible de leur conception, qu'ils jugent radicalement matérialiste, de l'histoire. Elle forme pour Marx et Engels une sorte de soubassement à tous leurs travaux historiques et économiques des 25 années qui suivent, dont bien sûr te Capital.
    Ce texte est fondateur de ce point de vue, pourtant il ne sera jamais publié du vivant des deux auteurs. Il sert cependant de point de départ à de nombreux articles entre 1844 et 1847. Sa première publication a lieu à Moscou en 1932. L'édition de 1976 des Editions sociales ici reproduite est présentée et annotée par Gilbert Badia, sa traduction, la seule intégrale, a été réalisée par Henri Auger, Gilbert Badia, Jean Baudrillard, Renée Cartelle.
    Les annexes comportent quatre textes complémentaires de Marx et Engels sur Feuerbach, et sur " Société bourgeoise et révolution communiste ", ainsi que des index des ouvrages cités, des noms cités et des matières.

  • Le thème "Qu'est-ce que le marxisme ?" qui fut suivi d'un débat avec le nombreux public présent.
    C'est cette conférence, réécrite pour le livre, que nous publions.
    En peu de pages, Badiou partant de sa relation au marxisme, décortique ce que sont pour lui les sources, les développements et les avatars du marxisme. Il esquisse ainsi un replacement de toute une série de concepts marxiens, centrant son analyse sur la lutte des classes et le discernement des intérêts des classes sociales. Il en sort une définition du marxisme comme "pensée de la transformation du discernement en action". Il évite ainsi beaucoup des écueils liés aux définitions univoques du marxisme, soit comme science, soit comme politique. Il donne ainsi une définition qui lie étroitement le savoir, la discussion et sa nécessité, à l'action politique.
    Et en même temps, il pose la question de la modernité, montrant comment le capitalisme a gagné (pour l'instant) la bataille qui se joue là. En rapprochant marxisme et freudisme à cette occasion, il ouvre une perspective d'explication du passage de ces deux "pensées" du XIXe siècle dans le camp de la tradition, de l'obsolète, du vieux en montrant que l'un et l'autre se sont en quelque sorte usés, émoussés, l'un dans l'État (soviétique), l'autre dans l'institution psychiatrique.
    Le débat qui suivit et que nous reproduisons anime le livre et permet à Badiou de préciser son point de vue sur des questions comme l'humanité, la politique, la dissolution de la tradition, la place centrale de la réunion (lieu du discernement), le communisme, la mondialisation.
    Arguments : Badiou. Seul texte synthétique sur son rapport au marxisme. À la portée de presque toutes et tous (au moins plusieurs niveaux de lectures possibles).
    Plusieurs parmi les étudiants du séminaire "lectures de Marx" participent à la nouvelle traduction de Marx et Engels par la Geme.

  • À Paris, au début de l'année 1844, paraît la revue des Annales franco-allemandes. Cet unique numéro, dirigé par Karl Marx et Arnold Ruge, contient certains des textes les plus connus des jeunes Marx et Engels. Il cristallise aussi un projet politique et théorique collectif singulier, celui d'une partie des Jeunes hégéliens. Ces intellectuels allemands, disciples critiques de Hegel, cherchent à faire de la philosophie de ce dernier un instrument au service des luttes progressistes dans l'espace intellectuel et politique germanique.
    Cette première édition et traduction française intégrale des Annales franco-allemande donne à lire dans des traductions et appareils critiques nouveaux les articles de Marx et d'Engels (« Esquisse d'une critique de l'économie politique », « Sur la question juive », l'Introduction de la Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel) ainsi que de tous les contributeurs du numéro (Mikhaïl Bakounine, Ferdinand Cölestin Bernays, Ludwig Feuerbach, Heinrich Heine, Georg Herwegh, Moses Hess, Johann Jacoby, Arnold Ruge).
    Introduit par Pauline Clochec, ce volume présente dans toute leur complexité le tournant socialiste et communiste que Marx réalise à Paris ainsi qu'un moment historique décisif de l'histoire politique allemande et européenne.

  • Marx et Engels se rencontre en juillet 1844. ils décident de rédiger un pamphlet contre leurs anciens amis jeunes hégeliens pour en finir avec leur vieille conscience philosophique. C'est La Sainte Famille, ouvrage publié pour la première fois en février 1845.
    Ce livre est une étape majeure de la constitution de la pensée des deux hommes. Le point de vue critique qu'ils adoptent contre Bruno Bauer et les jeunes hégeliens, mais qui s'étend aussi à Eugène Sue, à Proudhon, et à d'autres figures de la modernité d'alors, sera une constante de l'oeuvre de Marx (Engels vient de publier en 1844 une Esquisse de la critique de l'économie politique, Le Capital, en 1867, est sous-titré Critique de l'économie politique). L'adoption d'un point de vue matérialiste et militant les amène à aborder certes l'économie politique, mais bien évidemment la philosophie, l'histoire, la "sociologie", la religion, la littérature...
    La Sainte Famille est donc un document exceptionnel de l'état d'esprit des deux fondateurs du communisme moderne au moment de leur rencontre.
    Nous reproduisons ici l'édition de 1969, parue aux Editions sociales, épuisée depuis depuis plusieurs années. Une nouvelle introduction prend en compte les débats d'aujourd'hui sur les jeunes Marx et Engels.
    En attendant le volume de la Geme qui retraduira le texte, cette édition comble un vide important en librairie, et complète l'effort des Éditions sociales à publier les textes de jeunesse d'Engels et de Marx.

  • Au centre du Capital, dans un chapitre clé, Marx analyse le grand combat social et citoyen qui marque l'émergence du mouvement ouvrier. Il s'agit des luttes, qu'on voit alors surgir dans toute l'Europe, pour une législation du temps de travail. Une question plus que jamais à l'ordre du jour, semble-t-il. Le philosophe théorise avec les mots mêmes des travailleurs en grève. Le syndical y rencontre le politique : le Bill des 10 heures et le cri de la Charte pour le suffrage universel se font écho, dit-il. Il s'agit de savoir qui fera la loi commune.
    Jacques Bidet nous propose donc de lire Le Capital en nous concentrant sur ce moment décisif où il prend brièvement la tournure d'un récit dramatique qui met en scène une interpellation, non pas une interpellation du haut du ciel ni des profondeurs de l'inconscient, mais un interpellateur en chair et en os, porte-parole supposé des maçons londoniens en grève. Et ce qu'il évoque, ce qu'il arrache à la nuit de ce contrat qui n'en est pas un parce qu'il ne veut pas avouer ce qu'il stipule, c'est l'annonce de la mort au travail, au terme d'une usure prématurée, à la fleur de l'âge. Pour se faire il convoque deux grands témoins, Althusser, celui de l'interpellation, et Foucault, celui de la biopolitique. Il s'agira donc d'une relecture du Capital à partir de la place conceptuelle qu'y occupe le « corps », le corps au travail, dans son rapport à l'affrontement de classe dans l'espace politique.
    Si ce livre a trouvé son titre dans une certaine actualité, il ne s'agit pas d'un écrit de circonstance, mais d'un travail qui s'inscrit dans le cadre plus large d'une étude de la société moderne. Il a bien sûr une visée politique, mais à travers une analyse de la « politique de Marx », celle qui fait corps avec sa « critique de l'économie », en tant qu'elle s'affirme comme biopolitique, politique de la vie. Il porte sur les relations entre économie, politique, sociologie, droit et histoire, telles qu'elles s'annoncent à partir de cette fameuse et si disputée « valeur travail » jusqu'à la « loi-travail » qui fait l'objet du fameux débat « juridique » examiné dans cet ouvrage. En ce sens, il s'agit d'une introduction à la lecture du Capital, non au sens d'une explication d'ensemble, mais d'un accès à la trame conceptuelle de cette oeuvre qui on le verra a beaucoup à dire sur les débats qui ont fait les nuits debout de ce printemps 2016.

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