Littérature traduite

  • Marx écrivit cet ouvrage en français dans le courant de l'hiver 1846-1847 en réponse à l'étude de Proudhon parue en octobre 1846 sous le titre Contradictions économiques, ou philosophie de la misère. Misère de la philosophie est une étape de grande importance dans l'?uvre de Marx. Elle constitue la première synthèse entre une philosophie méthodique et une économie politique à la fois objective et concrète. Marx combat les thèses de Proudhon sur les problèmes économiques tels que la valeur, la concurrence, les crises, et en particulier celle qui consiste à déclarer que lorsque les salaires augmentent, ils entraînent une augmentation automatique des prix. Il y dénonce l'inconséquence de la métaphysique proudhonienne aux prises avec "l'histoire réelle". Il y définit la réalité et la nécessité de la lutte des classes et ses perspective. L'ouvrage est introduit par un avant-propos du philosophe Henri Mougin et les préfaces d'Engels aux premières éditions allemandes.

  • La Commune de Paris est une date-clé dans l'histoire de France, dans celle du mouvement ouvrier international mais aussi dans la pensée d'Engels et de Marx. C'est à partir de cette expérience qu'ils reprennent le fil de leur réflexion politique interrompue depuis la défaite des révolutions de 1848.

    Ce choix de textes, présenté par Stathis Kouvélakis, propose, pour un public de non-spécialistes, leurs principales contributions sur la Commune et montre leur importance théorique. L'ouvrage donne aussi à voir les principales controverses, notamment à travers certains textes anarchistes (Bakounine, Kropotkine). Ces débats qui agitent le mouvement ouvrier de l'époque ne sont pas dépourvus de résonnance actuelle.

  • La guerre des paysans en Allemagne Nouv.

    En 1525, les paysans de différentes régions de l'Allemagne se soulèvent, pour des raisons à la fois sociales, économiques et religieuses. Massive, leur révolte est pourtant bientôt écrasée dans le sang. L'ouvrage classique d'Engels livre le récit de cette révolte, cherchant ainsi à réactiver la mémoire des traditions révolutionnaires du peuple allemand. Écrit au lendemain de l'échec de la révolution de 1848, il propose aussi en creux une analyse des luttes du XIXe siècle. Republié aujourd'hui avec la riche introduction de Rachel Renault, spécialiste du Saint Empire, et la préface du romancier Éric Vuillard, auteur de La Guerre des pauvres, redonnent au texte d'Engels son amplitude et sa capacité à aider la compréhension des révoltes et leur histoire.

  • Socialisme utopique et socialisme scientifique Nouv.

    Socialisme utopique et socialisme scientifique (1880) est un des textes les plus connus et diffusés de Friedrich Engels. Pourtant, il n´existe aucune édition de référence faisant précisément le point sur le contexte de l´élaboration du texte, et sur les raisons de son extraordinaire postérité. La présente édition, préparée dans le cadre de la GEME, proposera, outre une édition du texte avec des annotations précises, une introduction historique et scientifique, ainsi qu´une série d´annexes de documents du XIXe siècle permettant de mieux comprendre les multiples facettes des utopies de l´époque , utopies à propos desquelles Engels exprimait des critiques en vue de dépasser ce qu´il percevait comme une impasse politique.

  • Avec les crises économiques des dernières années, il a de nouveau été clair que la théorie marxiste des crises n'est en aucun cas tombée en désuétude. Depuis plus d'un siècle, la critique marxiste du capitalisme constitue tant le point de référence pour nombre de mouvements sociaux qu'elle demeure une pierre d'achoppement pour les défenseurs des rapports de domination existants.
    Marx a été témoin de la mise en place de ces structures économiques et so- ciétales «modernes», à savoir le capitalisme industriel, le parlementarisme et les organisations de masse. Ces structures dominent aujourd'hui encore notre vie, même si maintes de leurs manifestations ont été changées. Ses analyses et critiques touchent toujours les points névralgiques des rapports sociaux dans lesquels nous vivons.
    /> Toutefois, si l'on considère les écrits de Marx, on comprend alors qu'il s'agit d'une série d'ébauches et d'interruptions : aucun des grands projets ne fut mené jusqu'à son terme. Le développement de l'oeuvre de Karl Marx ne se lais- se pas concevoir sans connaissance de sa vie, de ses controverses et combats. À l'inverse, l'ensemble des embûches et retournements qu'il a rencontrés tout au long de sa vie demeurent incompréhensible sans son oeuvre. Il existe certes plus de vingt-cinq biographies de Marx, toutes riches et variées, pas une cependant ne prend en compte à la fois sa vie et son oeuvre. C'est exactement là où réside la tentative de cette nouvelle biographie. L'histoire de sa vie et celle de son oeuvre ne peuvent être établies d'une manière juste seulement si d'une part les réflexions dans lesquelles Marx était alors impliqué ne soient pas réduites à une simple toile de fond et si d'autre part, ses amis et ses ennemis ne se voient pas attribuer pas le rôle de simples figurants. Certes, chaque biographie revendique le fait de traiter de Marx «en son temps». Jusqu'à présent, ceci fut atteint seule- ment de manière très insuffisante et ponctuelle. Un regard plus exact permettra de briser certaines légendes qui jusqu'ici furent colportées avec un manque de sens critique.
    Cette biographie est constituée de trois volumes. Le premier sera publié en 2018, année de l'anniversaire des deux cent ans de la naissance de Karl Marx.
    Avec plus de détails que jusqu'à présent fournis, le volume s'occupera de la jeu- nesse de Marx à Trèves et de l'époque de ses études à Bonn et à Berlin. Il passera aussi au crible son activité en tant que rédacteur de la très libérale «Gazette rhénane» à Cologne ainsi que son travail en tant que rédacteur des «Annales franco-allemandes». Déjà au cours de cette période se manifestent des crises d'ordre privé ainsi que des ruptures dans son développement intellectuel. Ces différents épisodes amènent tout d'abord Marx à abandonner certains projets entamés et à repenser son entreprise critique.
    Les «tournants théoriques» ne se sont pas seulement à trouver entre le «jeune» et le «vieux» Marx. Les évolutions sont plus complexes que ne le laisserait à voir un modèle en deux ou trois phases. La très populaire alternative proposée entre une «continuité» et une «rupture» dans le développement de l'oeuvre de Marx s'avère beaucoup trop schématique. En outre, il n'est en aucun cas possible de voir un développement inévitable allant jusqu'au «Capital» comme «oeuvre principale». Marx ne débute pas avec la critique du politique pour ter- miner avec la critique de l'économie. Même si son livre prévu sur l'Etat ne fut jamais écrit et que durant les trente dernières années de sa vie, il se concentra à l'élaboration de sa critique de l'économie, la critique du politique, tout comme sa représentation du communisme, demeurent constamment présentes et se développent considérablement. Le deuxième volume de la biographie doit être publié en 2020, le troisième en 2022.

  • C'est reparti. La correspondance de Karl Marx et de Friedrich Engels, arrêtée en 1989, recommence à paraître avec ce tome 13 qui comprend les années 1875 à 1880.
    Comme pour les autres volumes, cette source est irremplaçable pour comprendre la vie et le travail de ces deux personnages qu'on dit volontiers secrets, alors que leurs lettres nous livrent leur existence au jour le jour : familles et soucis familiaux ou d'argent (le riche Engels distribuait trop...), organisation du travail, santé de plus en plus défaillante pour la femme de Marx, Jenny, puis pour lui-même, voyages, cures... Mais la masse la plus importante est toujours dévolue au travail.
    1875, ce sont les derniers fascicules de l'édition française du Capital qui paraissent, il faut organiser la promotion. C'est la fin de la première Internationale avec les combats contre les anarchistes (Bakounine va bientôt mourir).
    Mais c'est aussi et massivement la renaissance du mouvement ouvrier après l'effondrement lié à la défaite de la Commune de Paris. Partout en Europe se créent des partis socialistes sur les bases théoriques proches de Marx et Engels. En Allemagne d'abord, ce qui bien sûr intéresse au plus haut point les deux émigrés allemands. Non seulement Marx écrit La critique du programme de Gotha, mais son compère et lui correspondent avec les dirigeants du nouveau parti. Au fil des lettres, c'est l'ensemble des partis du Nord, du Sud, des organisations scandinaves, espagnoles, polonaises, françaises... qui demandent conseils et aides.
    À partir de 1877, après s'être fait longuement tirer l'oreille, Engels accepte de rédiger plusieurs articles contre Eugen Dühring, qui donneront lieu à la publication d'un livre, l'Anti-Dühring. C'est toute l'histoire de ce travail, les discussions avec les socialistes allemands, l'élaboration avec Marx qui apparaissent dans les échanges de courrier.
    La période est marquée par de nombreux événements internationaux auxquels l'un et l'autre sont toujours sensibles. Et en 1878 éclate un conflit entre l'Empire russe et l'Empire ottoman. Marx mène à ce propos un de ses grands combats, montrant l'importance des questions internationales pour le mouvement ouvrier et les rapports de forces nationaux...
    Le prochain volume, d'ici 3 ans, ira jusqu'au 1885, et comprendra le début de la correspondance d'Engels après la mort de Marx.
    On a ajouté quelques lettres de correpondants (Bebel, Liebknecht, ...). Chronologie et index divers.

  • Comment et pourquoi la dictature fasciste portugaise a-t-elle pu s'installer dans une république naissante au milieu des années 1920 et durer pendant près d'un demi-siècle alors qu'elle s'est écroulée dans l'allégresse quasi-générale de la révolution des oeillets en 1974 ?
    C'est à cette question essentielle que s'applique Fernando Rosas, universitaire et homme politique, emprisonné pendant la dictature, l'un des fondateurs de la nouvelle histoire contemporaine portugaise. Son livre analyse et explique les décisions, les procédures et les institutions inventées par Salazar dans le processus de prise de pouvoir et montre comment il a su et pu conserver ce pouvoir, vaincre les oppositions, faire taire son propre camp, établir des équilibres pérennes, bâillonner son peuple en usant à l'intérieur d'une violence qu'on qualifierait aujourd'hui de « basse intensité ».
    Cet Art de durer est une formidable introduction à l'histoire du Portugal et du même coup une réflexion très actuelle sur la capacité des formations autoritaires, hier certes mais aussi dans notre présent, à s'emparer et à garder le pouvoir.

  • Les manuscrits de 1857-1858, couramment appelés Grundrisse, sont un moment essentiel dans le long travail de préparation du Capital de Karl Marx. Dès les années 1960, le débat s'anima entre les tenants de Grundrisse encore englués dans les catégories hégéliennes et ceux pour qui ces manuscrits marquaient la première analyse du mouvement du mode de production capitaliste dans les termes de la propre dialectique de Marx. Depuis, ces textes n'ont cessé d'inciter recherches et disputes, jusqu'à constituer pour certains le sommet du marxisme, le moment de l'union de la théorie et de la pratique... L'introduction de Jean-Pierre Lefebvre, dont la traduction ici reproduite fut publiée en 1980 par les Éditions sociales, nous prévient du " caractère inclassable, du statut mixte, pluriel, ou, comme dirait Marx, multilatéral " des manuscrits écrits en 1857 et 1858. Ce foisonnement de la pensée explique, sans nul doute, l'intérêt que continue de susciter cet ouvrage.

  • Le chapitre VI du livre I du Capital est la seule partie conservée de l'ultime manuscrit préparatoire à la rédaction de l'oeuvre maîtresse de Karl Marx.
    Bien que ce texte n'ait pas été retenu dans la version parue en 1867 et qu'il soit encore sous divers rapports un brouillon, la richesse de la vue critique d'ensemble qu'il donne du mode de production capitaliste justifie les publications et traductions en nombreuses langues qui en ont été faites depuis sa première publication en 1933.

  • Connu comme l'un des plus grands sociologues du siècle, Norbert Elias est étudié, utilisé et discuté par les historiens, les anthropologues, les politistes, les sociologues... Ces dernières années, plusieurs ouvrages et n° de revue lui ont été consacrés en France, et des traductions ont permis au public français de découvrir son oeuvre. Sa sociologie s'organise autour de l'idée que l'individu a une identité propre, mais qu'il s'inscrit dans un milieu de relations qui va lui transmettre des valeurs, un schéma de comportements, un habitus social.
    Les deux textes de ce livre, mettant en oeuvre cette conception de l'individualité, présentent, en peu de pages, une trajectoire de vie et de pensée qui traverse tout le XXe siècle. Dans le premier texte, Elias retrace avec simplicité son parcours : son enfance de jeune juif allemand dans l'empire prussien ; l'expérience traumatisante et fondatrice de la guerre de 1914-1918 ; sa formation intellectuelle dans l'Allemagne de Weimar ; la montée du nazisme ; l'exil et le lent mûrissement de sa théorie, forgée à l'épreuve de l'histoire ; la reconnaissance tardive, les voyages ; son goût pour l'art ou la poésie.
    A plusieurs reprises, Elias ponctue son récit d'aperçus théoriques essentiels à la compréhension de son oeuvre. Le second texte est le discours de réception du prix Adorno, prononcé par Elias en 1977. Pour le sociologue, qui a du fuir l'Allemagne 40 ans plus tôt, c'est une consécration. Elias y évoque la figure d'Adorno, mais il saisit l'occasion pour jeter un regard rétrospectif sur son propre itinéraire.
    Il parle de son rapport au marxisme, de sa conception de l'humanisme, des processus de dé-civilisation et de violence qui traversent l'histoire contemporaine, singulièrement en Allemagne. Il défend surtout sa propre conception du travail sociologique, et de la recherche intellectuelle en général.

  • Entre la fin décembre 1851 et mars 1852, karl marx écrit en quelques semaines une brochure destinée à expliquer les raisons profondes du coup d'état de louis-napoléon bonaparte.

    Sans négliger l'histoire précise des circonstances qui ont conduit au 2 décembre 1851, marx examine le cheminement des mentalités, en s'attachant aux traditions politiques qui imprègnent les masses populaires urbaines et rurales, en particulier le bonapartisme. ii s'efforce de préciser les formes du rapport entre le pouvoir et les masses en période de suffrage universel et enrichit ainsi la réflexion théorique sur l'état et le processus révolutionnaire, toujours solidement appuyé sur les rapports de classes.

    Marx historien, marx théoricien, pamphlétaire et écrivain : le dix-huit brumaire offre du grand penseur révolutionnaire toutes ces images à la fois.

  • Après la mise à mal du despotisme stalinien par Nikita Khrouchtchev en 1956, les partis communistes durent faire face au vide intellectuel et théorique laissé par l'effacement du dogme. C'est à cette situation que fut confronté, comme d'autres, le Parti communiste français. Vingt-cinq ans plus tard, en 1981, l'effondrement de son influence électorale, politique et culturelle sonne le glas d'une longue tentative d'aggiornamento, de mise à jour, qui ne fut qu'un long ajournement du déclin.
    C'est sur ce sujet que Marco Di Maggio a soutenu sa thèse de doctorat d'histoire préparée conjointement à l'université de Dijon et à la Sapienza de Rome. Le livre qu'il en tire pour le public tente de comprendre cet échec à travers un mouvement double qui s'attache au rôle joué dans l'élaboration de la politique du PCF par les intellectuels, par la fonction de production théorique dans le cadre du débat politique et stratégique au sein du groupe dirigeant.
    Cette vision originale, inspirée de Gramsci, l'amène à étudier les principales oppositions à la démarche de la direction, qui seules parviennent à susciter le débat sans influer cependant sur la stratégie. Marco Di Maggio a bénéficié de l'ouverture des archives de la direction du PCF, en particulier des enregistrements sonores des séances de son comité central et des fonds de plusieurs personnalités du parti.
    Le lecteur entend donc ici les échos de quelques rudes controverses, il assiste aux chausse-trappes et empêchements dressés par les uns et les autres, il accède à la lettre des discussions des organismes dirigeants, des échanges de courriers, en même temps qu'il est éclairé sur les contenus des débats, les arguments échangés. Ce travail, par sa démarche même, appelle en retour débats et recherches dont Serge Wolikow, dans sa postface, éclaire les larges enjeux pour le travail historien aujourd'hui.

  • La traduction, maintenant de référence, des deux premiers chapitres par Jean Quétier et Guillaume Fondu, de L'Idéologie allemande de Karl Marx, Friedrich Engels et Joseph Weydemeyer est maintenant publiée en version unilingue.
    L'édition bilingue représentait un moment charnière dans l'édition de ce texte classique, référence dans l'histoire du materialisme : tant pour les militants que pour les enseignants et les étudiants.
    Cette édition unilingue française s'imposait pour rendre cette nouvelle traduction plus accessible à un public large, en particulier pour les lycéens et pour les jeunes désireux de connaître la pensée de ces deux auteurs.
    Ce texte de 1845-1846 marque leur rupture avec le milieu de la philosophie allemande post-hégélienne et constitue la première grande formulation qu'ont donnée Marx et Engels de la « conception matérialiste de l'histoire ».
    La MEGA a publié le texte complet de L'Idéologie allemande en 2018, la GEME a la traduction qui sera disponible dans le courant de l'année 2021.
    Avec la Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, les Annales franco-allemandes, les deux volumes des écrits de jeunesse d' Engels, la GEME présente au public français l'ensemble le plus complet des premiers textes des deux auteurs dans une traduction moderne et compatible avec les exigences scientifiques de l'université et d'aujourd'hui.

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