Langue française

  • Longtemps dans l'ombre de sa critique par Marx et Engels, L'Essence du christianisme de Feuerbach doit être lue pour elle-même et en fonction de son contexte. Prenant position dans les polémiques qui agitent l'Ecole hégélienne, cette oeuvre inaugure en 1841 sa scission jeune-hégélienne. Feuerbach cherche en effet ici à démontrer philosophiquement l'athéisme et à soutenir ses conséquences politiques.
    Dans l'espace germanique de la Restauration, l'ouvrage fait scandale et rencontre un succès que les interdictions de la censure prussienne ne parviennent pas à remettre en cause. A l'heure où l'intérêt pour Feuerbach renaît dans l'université française, ce petit livre offre une introduction à la lecture de L'Essence du christianisme, en éclairant ses critiques de la religion et de la théologie, leur fondement anthropologique et leurs conséquences pratiques.
    En appendice, un choix d'extraits de l'ouvrage vient appuyer cette lecture.

  • Pourquoi Marx et Engels se sont-ils intéressés à la religion ? On pourrait, à cette question, apporter une réponse d'ordre historique. Leur pensée s'est d'abord constituée sur le terrain philosophique. Or dans la philosophie enseignée à l'université au milieu du XIXe siècle, la religion tient une grande place. Mais, de plus, la subjectivité et la conscience jouent un grand rôle dans les transformations sociales, de façon souvent contradictoire. Pourquoi, ici,la religion apparaît-elle comme un garant de l'ordre établie, et là comme une force révolutionnaire ? Marx et Engels ont cherché les racines historiques de tant d'interprétations diverses d'une même foi religieuse. Mais aussi, à l'inverse, ce qui dans la religion est spécifique, ce qui survit à l'histoire, et qui est à rechercher, peut-être, au-delà du champ historique, dans une anthropologie.

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