Exhibitions International

  • Une exposition rétrospective autant que prospective de l'artiste qui explore, réfléchit et oeuvre depuis près de 30 ans à l'échelle de la planète à l'émergence d'une véritable conscience du nucléaire et du traitement de ses déchets dans nos paysages et nos sols. Nous, les oeuvres d'art... , avant d'être le titre emblématique de cette monographie presque exhaustive conalors que l'on débat toujours pour savoir s'il convient ou non de fermer des centrales nucléaires, l'heure n'est plus à l'insouciance ni aux experts qui nous garantissent sans frais pour eux la surêté de leurs installations quand on sait, quelques soient les politiques énergétiques qui seront désormais privilégiées, la menace que représentent pour notre planète et les générations futures pendant des milliers d'années encore les déchets radioactifs que l'on destine à des galeries souterraines où ils seront enfouis.
    Cécile Massart arpente ainsi les sites destinés à l'enfouissement de nos déchets radioactifs et dialogue depuis 1994 sans relâche avec les scientifiques et les responsables de ces opérations à travers le monde (notamment ceux de l'ONDRAF/NIRAS en Belgique) pour proposer des marqueurs durables et visibles pour ces sarcophages qui vont traverser le temps, mais aussi des laboratoires et des abris pour accuellir une pensée et une conscience encore balbutiantes de cette culture nucléaire qui est bien la nôtre, même si c'est à notre corps défendant et trop souvent à notre insu.
    Pour l'accompagner dans cette quête depuis de nombreuses années et quelques livres communs, le sémiologue et cinéaste aldo Guillaume turin qui nous livre ici ses réflexions les plus intempestives et engage un dialogue fécond avec l'artiste. De cécile Massart La Lettre volée a déjà publié Cover en 2009 et Archives du futur. Pour une culture nucléaire en 2018 et aussi plusieurs textes d'aldo Guillaume turin, dont un ouvrage sous sa plume : Mise en déroute Djos janssens ou le rire encombrant en 2014.

  • Au fil de ses livres de poésie, Jean-Claude Schneider aura exploré de façon inédite et si singulière le monde, le réel qui nous environne, en pratiquant une écriture fragmentée, certes, mais construite de manière à rejoindre à chaque fois ce qu'il y a d'universel dans le rapport à soi, à autrui et au monde. Il explore à chaque fois des formes neuves du langage afin de cerner au coeur ce qui nous tient au plus vif de la vie, de saisir avec la plus grande précision tout ce qui tient du monde que nous habitons.

  • Dans la foulée d'un précédent ouvrage intitulé Art Poems publié en 2018 dans la même collection, ce recueil est composé de brèves suites consacrées à la création picturale, depuis l'art pariétal jusqu'à la création la plus contemporaine, que ce soit à travers les ouvres de Mark Tobey, de Lee Ufan, de Gerhard Richter ou encore d'Evi Keller. Sa poésie demeure parole d'ouverture et plus particulièrement encore lorsqu'il s'attarde à la création picturale appréhendée comme avènement d'un événement. Ici, Stéphane Lambert rejoint les thèmes les plus décisifs qui traversent son ouvre littéraire, que celle-ci épouse la forme du roman, de l'essai, et bien sûr, de la poésie. Pour l'auteur de ces textes, sentir et percevoir trouvent leur manifestation sensible à travers la recherche de nouvelles formes expressives, si ce n'est par la figuration, par la construction d'un espace pictural visant une représentation, pour ne pas dire une présentation. Tout au long de ces suites, l'auteur parvient sans difficulté à étonner son lecteur, à la fois par la rigueur dont il fait preuve, par la précision de ses observations, du fait que sa propre expérience intérieure rejoint celles qui se manifestent au cour des créations picturales qui sont aussi d'autres expériences de la vie.

  • Collines, ratures est un récit poétique fragmentaire qui prolonge l'échappée entamée avec Champs de lutte par la recherche d'une confrontation avec le mot-même et le groupe de mots. La tension ainsi provoquée, l'affrontement avec la page et la virgule, induisent un amaigrissement de l'écriture, convoquent les différentes couches du langage, et construisent un récit : un personnage (le vous auquel le texte s'adresse) est enfermé dans un wagon - un train l'emmenant vers une mort certaine. L'avancée inéluctable du train convoque ses souvenirs - mouvement inverse donc, remontée dans le temps vers une vie pastorale, montagnarde et rugueuse, proche des éléments et des animaux. L'adresse au vous déplace le lecteur dans un autre lieu, un ailleurs temporel et géographique, situationnel. Collines, ratures aborde encore une fois la problématique chère à l'auteur du cheminement et du déplacement, inhérents ici au nomadisme rural mais aussi imposés par la déportation. La violence faite au texte entre en résonance avec celle faite par l'Histoire et l'Humanité au langage, au corps et au paysage.
    Aussi, ces proses poétiques, en exaltant à la fois les lieux, le corps, la parole, et les mots pour les dire, s'imposent au lecteur comme le jaillissement d'une veille qui ne cesse de le retenir : « ... à moins que toute vérité ne soit là... rabattue sans cesse, mais tapie dans les plis de la phrase et du corps... ».

  • « J'ai dû produire des kilomètres de poésie sous le signe de l'inspiration indomptable, de l'écriture automatique et du cut up, comme celle que reçoivent à la tonne les éditeurs avant de la retourner à l'expéditeur comme un boomerang. si j'ai renoncé à en écrire après quelque temps, ce n'était pas par clairvoyance, mais au contraire parce que j'étais sottement persuadé que cet exercice m'était devenu trop facile. et comme il me paraissait incongru voire sacrilège de remettre sur le métier ces textes auxquels je prêtais une vertu d'oracle, ma vanité ne me laissait d'autre choix que de brûler les pires et d'enfouir précautionneusement les autres comme autant de reliques. La courte sélection de textes que j'ai l'audace d'exhumer ici sont bien le résidu d'une obscure némesis face à l'esprit du temps, celui du tournant des années 1980 somme toute plus étourdissantes qu'éblouissantes, ambivalence que mon ami le peintre xavier noiret-thomé a parfaitement saisie et restituée à travers ses évocations et ses trouvailles graphiques qui ressuscitent ces chants héroïques d'un autre âge - ce temps où nous étions vieux comme des jeunes gens modernes. »

  • Monographie la plus récente et la plus complète consacré à cet artiste belge d'origine espagnole héritier d'ensor, de Broodthaers et de Beuys, connu pour ses performances et installations qui contestent les limites du genre et de l'esthétique dite relationnelle. Nous, les oeuvres d'art... , avant d'être le titre emblématique de cette monographie presque exhaustive consacrée à plus d'un quart de siècle de création et d'actions artistiques d'angel vergara (1956), incarne l'esprit de son oeuvre dont l'ambition semble conjuguer le paradigme duchampien selon lequel tout peut accéder au statut d'oeuvre d'art et l'injonction de Joseph Beuys qui invite chacun à devenir artiste, soit cette proposition paradoxale : tout le monde peut être une oeuvre d'art.
    C'est que l'artiste entend repousser jusque dans ses derniers retranchements la distinction factice et idéologique propre au marché de l'art entre la scène et le public, entre l'art et la vie, en proposant notamment des cafés implantés dans des lieux à vocation culturelle qui ne soient pas de simples simulacres de commerces mais de véritables lieux de convivialité et de spiritualité où s'opèrent simultanément différentes formes d'échanges.
    C'est en effet ce principe que l'on retrouve à l'oeuvre dans ses différents actions et interventions artistiques dans l'espace public, parfois à l'échelle de toute une agglomération comme à revin, et plus généralement dans ses "actes et discours" sous la forme d'alter ego tels que straatman, le vlaamse Black, voire le roi des Belges ou celui de l'art, feu Jan hoet. Que l'on ne se méprenne pas, il ne s'agit pas pour angel vergara de figurer des personnages, aussi archétypaux soient-ils, et encore moins de célébrer les oeuvres d'art cristallisées et réifiées dans leur aura et leur lustre institutionnel - angel vergara n'est pas pour rien l'héritier du pyromane Marcel Broodthaers même lorsqu'il entre dans Bruxelles juché sur un camion de pompiers - mais d'activer des dispositifs qui entendent inscrire une éthique de l'échange au coeur même de l'esthétique comme moyen et jamais comme fin.
    Cette somme rassemble les propos de Laurent Busine et de Juan nieves, vieux complices de l'artiste, et ceux de Laurent Courtens et de Sarah Gilsoul qui livrent les multiples clés de lecture possible de cette oeuvre protéiforme et pourtant résolument cohérente. Outre ces analyses serrées que l'artiste a tenu à exemplifier à l'aide de très nombreux documents d'époque et des entretiens fournis, on trouvera ici des oeuvres collaboratives emblématiques réalisées avec Benoît Egène et Corinne Bertrand et un avant-propos de Daniel vander Gucht.

  • Placé sous le signe de la surprise permanente, et sous la direction de son chef d'atelier Jean-François octave depuis 33 ans, iMaGes Dans Le MiLieu connu dans le milieu belge de l'art public sous le sigle iDM passe ces jours prochains le relais à équipe renouvelée et formée dans son giron atypique mêlant dessin, peinture, sculpture, textile, scénographie, interventions urbaines et street art, photo, vidéo, performances et installations dans un esprit résolument pop mais engagé et responsable. L'occasion donc de faire le point sur cet atelier d'art contemporain transdisciplinaire, pas tout à fait comme les autres, sous la forme d'un abécédaire de 336 pages qui donne la parole à chacun de ses intervenants et donne à voir ses productions hétérogènes au fil des ans, puis à l'occasion de trois expositions aux abattoirs de Mons (BaM), au BPS22, au Mac's Musée des arts contemporains Grand-hornu et d'une soirée à l'iseLP. Mais aussi, au-delà de cette dimension commémorative et festive, l'occasion de réfléchir à ce que peut être et doit être une école d'art forcément transdisciplinaire ancrée dans la vie et dans la ville.

  • Ce livre retrace le projet de Théâtre et Réconciliation mené depuis plus d'une décennie par la metteuse en scène belge Frédérique Lecomte. Elle y présente, sur base de journaux et de carnets de voyage, de correspondances et de témoignages, la méthode qu'elle a imaginée et mise au point pour faire du théâtre un instrument de réconciliation - pour autant que la chose soit possible - dans les zones de conflit (au Burundi avec les victimes de torture comme avec les tortionnaires ou au Congo avec les enfants soldats notamment) et, plus généralement, venir en aide aux personnes fragilisées (prisonniers, demandeurs d'asile, malades du Sida, rapatriés ou déplacés, victimes de violences sexuelles, etc.).
    Soucieuse de communiquer son expérience et de rendre sa méthode accessible à toute personne ou association désireuse d'élargir les potentialités curatives du théâtre dans des contextes de crise et de conflit, Frédérique Lecomte a demandé à Karel Vanhaesebrouck et à Marie Soleil-Frère, tous deux chargés de cours à l'Université libre de Bruxelles, ainsi qu'à son collaborateur Ewoud Dhoore, de resituer le contexte historique, culturel et politique de ce type d'intervention théâtrale qui requiert une grande intelligence du terrain.

  • Cette suite poétique de Franck Doyen signale une transformation importante de son écriture. Si les livres précédant témoignaient d'une confrontation avec les mots et groupes de mots, de la tension à la naissance de leur affrontements, ce dernier livre s'inscrit certes dans la continuité des collines, ratures, publié en 2016 dans cette même collection « Poiesis », dont la particularité était, notamment, un affrontement avec la page, plus précisément, avec la disposition sur la page des vers, des fragments. Le lecteur retrouvera la structure visuelle à l'oeuvre déjà présente dans collines, ratures, ses fragmentations en paragraphes courts pouvant être lus indépendamment les uns des autres, mais la thématique du déplacement est abordée cette fois sous les dynamiques du nomadisme et de l'exil. Mocha construit, au fur et à mesure de ses fragments poétiques, un récit.
    Le « vous », qui est le personnage auquel le texte s'adresse, dérive, seul sur l'océan. Entre le réel et l'imaginaire, en proie aux éléments, à la faim, à la solitude, le personnage perd l'usage de la langue et s'animalise.
    Ce livre est une véritable descente le long des zones océaniques, et une remonté jusqu'à l'île de Mocha, faisant ainsi entrer ce texte en résonnance avec Moby Dick de Melville. Et en particulier, avec la mythologie Mapuche, et les peuples d'Araucanie et de Patagonie. Écrite dans une langue nette, claire, limpide, cette suite atteint des profondeurs poétiques auxquelles nous sommes peu habitués.

  • Attentif à déconstruire les codes de notre société de consommation et ses stéréotypes, cet artiste qui travaille le texte et contexte de ses installations in situ revient ici, d'une part, sur ses interventions dans différentes cliniques et bâtiments publics et privés du pays où il crée des environnements adaptés à leurs usagers, et, d'autre part, sous la rubrique « peinture », un ensemble de montages et de collages associant photographie, dessin et typo qui sont autant de propositions plastiques tantôt ironiques et tantôt poétiques. Anne-Françoise Lessuisse et Philippe Van Cauteren se partagent respectivement un éclairage d'historiens de l'art sur ces deux parties tandis que Caroline Lamarche propose une lecture sensible des installations pérennes de l'artiste dans les hôpitaux.

  • Tout ce que j'ignore et me portant à la rencontre de l'inconnu masqué.

  • Journées d'ivresse belle comme l'oubli rincé à bleu des campanules même lumière sur sa tige au travers des saisons Joie ne défleurit pas coupante.

  • Ce livre est l'occasion de saisir mieux la singularité d'une écriture à la pointe de l'expressivité. Poète discrète, cet ouvrage permet de découvrir le travail à fines ciselures d'une écriture au plus près de la sensation et de l'idée. Ce qui frappe immédiatement quand on lit Anne de Staël, c'est la précision, l'intensité de ses textes, la force de tenir les dimensions opposées du monde et de nous-mêmes avec une grâce réelle et grave.
    La lucidité n'est jamais remisée dans un coin, et la beauté de la parole, même dure, est toujours présente. Trois livres sont rassemblés ici. Cingles et La Remarque de l'ours ont été profondément retravaillés et modifiés depuis leur première parution. Le Cahier océanique est, quant à lui, totalement inédit. Pourtant, on lira bien un seul livre, cohérent, dont la structure temporelle crée ruptures et changements de tempo afin de mieux saisir, du monde, sa palpitation et ses éclairs.

  • Comme des sortes de monologues intérieurs, ces textes rendent compte du drame qui se joue dans la parole poétique caractérisée par sa précarité et sa fragilité.

  • Pour l'auteur de ces textes la poésie témoigne doublement d'une expérience du monde et, simultanément, de celle de la langue. Celle-ci retrouve et reprend parole, à partir de l'Antigone de Sophocle, une oeuvre majeure qui reste, pour beaucoup, un moment fort de ce que nous sommes, de même que de ce que nous sommes devenus. Aussi, sa reprise maintient l'ardeur de son origine, de son avènement, du fait qu'elle repose sur des fondements fragiles, nomades ou vacillants, et tout autant, inachevables, inachevés. Sa fraîcheur demeure latente dès lors qu'il s'agit de faire surgir, de retrouver ce qui semble s'y cacher, s'y dissimuler. Cette reprise cherche à s'approcher au plus près de nous-même afin de nous tenir dans l'intervalle d'une relation immédiate qui emporte la matière des mots au-delà de la facticité de toute littéralité, comme pour accorder à notre lieu et à notre condition, dans l'instant de leur réception, une place primordiale. Ces textes sont des blocs de noir et de gris qui s'avancent et varient comme autant de sismographes.

  • Dès le titre, Les Sept livres, l'auteur fait appel à une dimension symbolique qui n'est pas étrangère à plusieurs cultures qui auront marqué l'histoire de l'humanité. L'auteur est un fin ciseleur ; mais un ciseleur qui ne laisse jamais la forme dominer ce qu'il a à dire ou, si l'on préfère, ce qu'il veut dire. En ce sens il s'agit bien plus d'une méditation au plus près des choses de la vie que d'une composition soucieuse de ses effets, d'autant que nous sommes en présence d'une méditation qui aura renoncé à quelque forme d'égocentrisme. Non qu'il s'agisse de dissimuler celui qui parle comme s'il s'absentait de ces poésies. Mais sa présence participe d'une volonté de se tenir si possible à l'écart, à porter un regard à distance, bien que cette distance puisse être ressentie comme le résultat d'une extrême proximité. De même, les rythmes de ces poésies ne s'embarrassent pas des artifices du genre, alors que les variations des modes d'expression sont là pour témoigner à chaque instant de ce qui les renouvelle. Cette liberté en parole et en acte (d'écriture) laisse voir une spontanéité expressive qui fait tenir ensemble à la fois les sensations qui la motivent et la nourrissent, et la réflexivité qui accompagne de la manière la plus discrète ces poésies. L'auteur les construit de façon à tracer ses propres figures et la singularité de sa voix, mais en correspondance permanente avec ce qu'il y a d'irréductible dans le rapport au monde, à l'autre, au réel, parfois à ce presque rien qui participe de la conscience, et qui le conduit à écrire : « Le quotidien / Pour toute réponse ». La beauté de ces suites tient dans cette sensibilité attachée à une farouche justesse du dire.

  • Par rapport à ses autres livres, cette suite poétique d'esther tellermann fera date. elle se compose d'un ensemble de textes en relation directe avec la lecture qu'elle aura réalisé des Carnets du poète andré du Bouchet.
    Faite de rigueur et de liberté, son écriture va bien au-delà d'une simple lecture, car il s'agit d'inviter le lecteur à la suivre sur les terres de l'un des poètes les plus exigeants, et sans aucun doute, des plus importants, de la seconde moitié du xxe siècle. chez esther tellermann, l'expérience de lecture est simultanément expérience du monde, proposant ainsi une approche poétique selon une double perspective : de ce qui aura été éprouvé dans le geste, dans l'instant de lecture et donc de la réception proprement dite ; puis dans le travail de création, lequel aura permis non seulement d'ouvrir selon de nouvelle voies expressives les textes lus, mais aussi de conduire à partir de ceux-ci une parole poétique au-delà du cadre sensible qui aura présidé à leur constitution. il ne s'agit pas pour elle de limiter le traitement de la parole, comme s'il s'agissait d'un motif différé, d'un prétexte de facilité, mais bien de poser une vue sur les textes de du Bouchet à l'origine de l'écriture de ces poésies.

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