Fides

  • Dans une relecture de la parabole du fils prodigue, Marion Muller-Colard explore, plus que son retour, le départ du fils cadet. Non seulement son départ, mais encore la nécessité de cette rupture qui le met au monde plus radicalement qu'une naissance.
    De la confrontation entre le texte biblique et une analyse subversive de l'âge qualifié d'ingrat jaillissent des voies inédites de souveraineté. Un éloge de toutes nos adolescences, car il n'y a pas d'âge pour « ratifier sa naissance ».
    « Cette existence qui a commencé par une vie reçue, qui se finira par une vie reprise, doit bien, un jour ou l'autre, être conquise. Ils fomentent une façon d'être autre chose qu'un débit. Ils fomentent un début. ».

  • Où se situe ce Royaume de Dieu dont Jésus a tant parlé? Est-il réservé à la fin des temps, ou au contraire peut-il être saisi, ici et maintenant? C'est en méditant sur la vie, sur l'amour, sur son travail d'aumônier, sur les textes bibliques que Marie-Laure Choplin explore et révèle, d'une plume pleine de force et de grâce, ces instants où le Royaume prend place en chacun de nous.

    Dans ces jours de Royaume, tout peut arriver, la violence, l'ennui, la nausée, la panique, l'inutile. J'écris ces mots mais ce n'est pas juste : dans les jours de royaume, il n'y a pas d'étiquette sur les choses. Dans ces jours de Royaume, je vais droit au travers de la vie jonchée de tout. Ce qui gît sans force. Ce qui traîne ivre mort. Les noyés qui dérivent. Les épaves abandonnées qui lacèrent la peau. Les étrangetés inidentifiables pleines de soubresauts. Ce qui s'est pris des gifles à mourir. Ce qui s'est pris du dédain à mourir. Mes jours de Royaume ramassent aussi les visages transparents que les regards traversent, heure après heure, comme des riens. Ils ramassent aussi les bonheurs travestis, incongrus, inattendus, inconvenants, qui ne vont nulle part et avec rien. Mes jours de Royaume ne choisissent pas et ignorent tout du jugement. Ils récoltent tout ce qui est là.

  • Dans ce texte mêlant le récit personnel, la méditation et une relecture spirituelle du livre de Job, Marion Muller-Colard donne à entendre la foi comme une audace. De son expérience de pasteur en milieu hospitalier, elle retient la plainte existentielle de patients soudain privés des repères d'un Dieu avec lequel ils croyaient pourtant avoir passé un contrat. Relisant sa propre expérience de la menace au chevet d'un de ses fils gravement malade, elle part en quête d'une foi qui ne soit plus l'assurance illusoire d'être mis à l'abri du sort et des aléas. En cheminant avec Job, dont elle est spécialiste, l'auteur interroge la possibilité de se délester de la culpabilité et de la pensée magique pour se risquer à une confiance sans filet : celle en l'Autre Dieu. Au-delà de la plainte et de la menace, Marion Muller-Colard fait miroiter la grâce dans ce texte très incarné, composé pour tout lecteur en recherche d'une pensée théologique originale, accessible et exigeante.

  • Le poème respire. Il bouge. Tout en se nourrissant de la vie de son auteur, il a son existence propre. C'est un petit être sauvage - mais où naît-il? Qu'est-ce qui le fait grandir? Pourquoi traverse-t-il une crise violente? Comment le rencontrer, se laisser féconder par lui? Va-t-il mourir un jour?

    En racontant la vie du poème, Pierre Vinclair offre à lire, comme par la bande, celle d'un écrivain occupé depuis plus de vingt ans par la composition poétique, à Paris, puis au Japon, en Chine, à Singapour, en Angleterre et aujourd'hui à Genève. À mi-chemin d'une autobiographie (pudique, amusée, mais résolument engagée) et d'une «lettre à un jeune poète», Vie du poème propose une extraordinaire visite de son atelier.

  • «Jésus annonçait le royaume, et c'est l'Église qui est venue.» C'est avec cette formule de sa plume qu'Alfred Loisy, grand historien français des religions, résumait dans un opuscule qui fit date le devenir du christianisme après Pâques. Bien loin de dénoncer la déviation de l'Église face au projet de l'homme de Nazareth, Loisy cherchait par cette enquête à en saisir la continuité et la nécessaire institutionnalisation.

    À sa suite, nombreux sont les historiens et biblistes à s'être engagés dans cette quête des origines chrétiennes. À l'heure où les Églises en Occident se cherchent un second souffle et repensent leur raison d'être, elle s'impose même comme une urgence.

    C'est à revisiter cette fascinante entreprise d'innovation ecclésiale qui a accompagné le premier siècle d'existence du christianisme que s'attelle ce livre: comment les croyants en Jésus ont-ils actualisé l'héritage de leur maître après sa mort? Pourquoi se sont-ils regroupés en communautés? Où et à quelle fréquence se réunissaient-ils? Ont-ils inventé des rites et des pratiques de foi? Et à quand remonte l'institution des ministères, celui de l'évêque et des diacres en particulier? Autant de questions et d'autres encore qui guident cette remontée aux sources de l'Église.

  • Dans ce petit dictionnaire alerte et précis, Denis Müller tente de cerner les contours du christianisme et de la théologie en prenant également en compte leur dimension éthique. Le pari se veut de définir avec concision et indépendance plus de 150 mots de base dont la combinaison permet de saisir quelque chose de l'essence du christianisme.

    Écrit par un seul auteur, un tel ouvrage porte inévitablement la marque d'une subjectivité singulière, mais il débouche aussi sur une forte recherche de cohérence et de consistance. Toutes les définitions proposées ne puisent pas à une même conception classique de la théologie; certaines se veulent même délibérément provocantes et dissidentes, afin de stimuler de nouvelles créativités, aussi éloignées de la répétition de la tradition que des modes en cours.

    Le lecteur est ainsi invité à reconstruire lui-même, à partir des thèmes esquissés, la possibilité d'une identité et d'une conviction fortes.

  • Après l'intérêt suscité par Une bible des femmes, voici une suite d'échos masculins. Avec B majuscule cette fois-ci? Oui, car la bible des hommes est déjà écrite: c'est la Bible! Tous les rédacteurs bibliques (jusqu'à nouvelle preuve) furent des hommes. Faut-il encore leur donner la parole alors qu'ils l'ont tant monopolisée?
    Oui, car les hommes aussi ont besoin de se découvrir pluriels et faillibles, libérés du rôle de «l'homme» figé pour l'éternité. Pour développer le dialogue contemporain au sujet des textes bibliques, c'est en tandem mixtes et oecuméniques que les auteurs ont exploré les diversités des masculinités dans la Bible, débordant bien des stéréotypes du genre masculin. Ces dialogues lèvent le voile sur les fragilités des douze apôtres pourtant modèles de l'Église chrétienne, l'apôtre Paul mère des croyants, Job pourtant père, mari et croyant idéal détruit, Samson perdu par sa virilité, David plus hésitant que royal, bien des paternités délicates, des maris chargés non de dominer mais d'aimer, des dirigeants dont la bonne moralité ne suffit pas...
    Le regard de ces spécialistes en sciences bibliques et en théologie montre que le masculin fut une quête délicate, et qu'il ne peut être un bastion à défendre.

  • La démarche comparative que l'anthropologue Marcel Mauss (1872 - 1950) élabore en grande partie avec son jumeau de travail, l'historien Henri Hubert, entre la fin du xixe siècle et le début du XXe siècle, relève de logiques multiples. Comme méthode, elle est une stricte et minutieuse approche philologique des sources. Comme état d'esprit, elle relève d'une manière d'apprivoiser l'inconnu. Comme perspective critique, elle constitue un formidable outil scientifique d'objectivisation de la recherche, en particulier en histoire des religions.

    Cet ouvrage se propose de montrer quels ont été les principaux effets de ce comparatisme ni systématique, encore moins achevé, mais que l'on peut reconstituer en suivant la manière dont Marcel Mauss aborda certains phénomènes religieux, comme le sacrifice, la magie ou la prière.

    Ceci n'est pas seulement un nouveau livre sur Mauss et sur sa manière d'observer les phénomènes sociaux. C'est un livre sur les effets d'un comparatisme radical et subversif qui ne laisse jamais en paix celui qui décide de le mettre en oeuvre pour explorer et comprendre la diversité humaine.

  • Ce livre n'est pas une biographie scientifique de Marcel Detienne (1935-2019) - enfin, il l'est sans l'être vraiment. Ce n'est pas non plus l'éloge du fils brillant et tumultueux de Jean-Pierre Vernant ou d'un des hellénistes, philologues et anthropologues de la Grèce ancienne les plus reconnus dans le monde.

    Il faudrait ajouter Claude Lévi-Strauss, Michel de Certeau et Georges Dumézil. Son ami Philippe Sollers, aussi. Le havre de paix qu'il avait trouvé à l'École pratique des hautes études, à Paris, venant de sa Belgique problématique. L'ostracisme qu'il a connu, enfin, des rives italiennes à celles des États-Unis. Tout ceci fait de lui un sujet infiniment incertain. Il s'agit plutôt d'un essai subjectif, écrit à partir de nombreuses archives inédites, suivi d'une annexe de lettres.

    Il s'agit surtout de sonder un homme au plus profond, la manière dont un être se laisse marginaliser, pour aller au bout de lui-même. Ce livre est le fruit d'une visite que l'auteur a rendue à Detienne, quelques semaines avant sa mort, et d'une volonté de l'écrire après l'avoir vu. Vincent Genin a voulu rester un moment avec Marcel. Lire son oeuvre, celle du structuraliste au coeur de la Grèce, du camarade des dieux (Dionysos, Apollon), de l'intellectuel qui doute, puis l'enfant de la guerre inquiet devant une Grèce étant la valeur-or des nationalismes.

    Tentative de cerner un être, ses moteurs, ses errances, sans doute. Une autre manière d'envisager l'histoire des sciences humaines? Peut-être. Une plongée en apnée dans la tête, la main et l'oeil de Marcel Detienne, certainement.

  • Dans ce texte éminemment intime et poétique, Marion Muller-Colard nous narre, avec une plume tour à tour espiègle et poignante, sa retraite de huit jours dans un centre jésuite, au pied de la Chartreuse. C'est alors l'expérience du jeûne, du silence, un retour sur soi, et surtout : la confrontation avec Dieu. Ce Dieu que l'auteure concevait enfant comme « un gros oeil noir », voilà qu'elle le découvre maître d'art martial, enseignant la souplesse, le relâchement, et l'humilité. Au bout de huit jours de combat spirituel et physique, Marion Muller-Colard redécouvre le coeur de sa foi, empreint de relâchement, et de gratitude.

    Le texte est accompagné d'aquarelles de Francine Carrillo.

  • Quelle voix donner à la douleur? Quelle voix donner à cet invisible qui met le corps au supplice, qui transforme les nuits et les jours en un brasier immense, consumant toute force, toute envie? Du cri jusqu'au murmure, dans l'urgence d'une respiration nouvelle, l'auteur lui donne ici une voix dont l'écho fait battre le coeur: celle de l'espoir.

  • Poutine nation : la glorieuse ascension d'un plat sans prétention Nouv.

    En l'espace de 50 ans, la poutine est passée d'un plat régional méconnu à un emblème gastronomique québécois, et même canadien.
    Du jamais vu dans l'histoire! Comment un mets aussi simple en apparence a-t-il réussi à séduire les palais partout sur la planète en si peu de temps? Qui aurait pu prédire que la poutine s'élèverait au rang de célébrité mondiale? Et qui se cache derrière sa fulgurante ascension?
    Pour le découvrir, Sylvain Charlebois remonte le fil d'une histoire d'amour culinaire faite de premières expériences et de plaisirs coupables, d'heureux hasards et de controverses, de traditions et d'ouverture aux autres. De son Farnham natal jusqu'aux confins de l'Australie, il ira à la rencontre de ceux qui adulent et cuisinent la poutine à travers le monde, éclairant au passage ces héros du quotidien qui, dans leurs villages, ont jadis donné le jour à un plat hors du commun.
    Véritable enquête sur la gastronomie rurale, ce périple historique et planétaire changera à jamais votre façon de voir la poutine. Audelà de son apparence, de sa réputation et de son origine, c'est grâce aux rêves de quelques individus et à la volonté de survivre d'une poignée d'entrepreneurs que ce mets sans prétention traverse maintenant les frontières pour être célébré à toutes les sauces!

  • Un coeur sans rempart est une invitation poétique à vivre l'expérience quotidienne de la méditation chrétienne. A tous petits pas sont abordées les principales étapes que traverse habituellement celui qui désire donner ainsi corps à sa vie spirituelle. En proposant de courts textes magnifiquement écrits et délaissant volontairement le vocabulaire religieux «  traditionnel  », Marie-Laure Choplin nous offre un splendide voyage spirituel qui atteint le lecteur au coeur

  • Nous voulons tous déterminer notre propre vie, et lui donner un sens. Notre dignité et notre bonheur en dépendent. Mais comment y parvenir? Notre histoire personnelle, notre rapport aux autres, mais aussi la culture, nos pensées, nos actions, participent-ils de cette autodétermination, ou au contraire l'entravent-ils?
    Ce livre, issu d'une série de trois leçons publiques que Peter Bieri a données en 2011 au Centre culturel de Graz (Autriche), aborde, dans une langue claire et didactique, le thème crucial de l'autodétermination, du libre arbitre et analyse avec clarté et originalité le sens, les conditions et les implications d'une vie humaine autonome.

  • Les premiers missionnaires débarqués au Brésil sont confrontés à un curieux paradoxe  : alors que les Tupimamba acceptent volontiers la doctrine chrétienne et se convertissent, ils ne renoncent pas pour autant à leurs coutumes féroces, au cycle infernal des guerres intertribales, au cannibalisme et à la polygamie. Cette apparente inconstance, cette oscillation entre respect de la nouvelle religion et oubli de sa doctrine, entraîne finalement les Européens à déclarer que les Tupinamba sont fondamentalement sans religion, incapables de croire sérieusement en une quelconque doctrine. Dans cet essai, le célèbre anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro, figure tutélaire des études actuelles en ethnologie amazonienne, revisite les sources du XVIe siècle pour restituer les enjeux de cette «  inconstance de l'âme sauvage  », en laquelle se disputeraient deux manières fondamentalement différentes de penser le monde et la société. Il nous invite à remettre en cause, dans une perspective à la fois historique et anthropologique, le rapport entre culture et religion.

  • Alors que, dans nos sociétés occidentales, la pratique religieuse traditionnelle s'effondre, la spiritualité, quant à elle, jouit d'une faveur toujours plus grande. Mais qu'est-ce que la spiritualité? Comment situer celle se réclamant du christianisme dans ce qui est devenu une véritable nébuleuse? En se mettant sur les traces de Jésus et en explorant la mémoire culturelle des premiers témoins, on tentera de dégager quelques traits essentiels de leur vie spirituelle. On découvrira alors que la spiritualité chrétienne est une spiritualité de la relation où la reconnaissance, le bonheur, la justice, la liberté, la foi et la prière jouent un rôle primordial. Mais c'est également une spiritualité qui construit un rapport au monde, à la nature, au temps, à la mort tout à fait original et souvent occulté dans la longue histoire de l'Église.

  • À l'heure où, selon l'OMS, 39% de la population mondiale est en surpoids, existe-t-il des solutions miracles pour perdre du poids? On pourrait le croire alors que l'industrie de l'amaigrissement commercialise de nombreux produits, services et méthodes afin de faciliter la perte de poids. Pourtant, les statistiques sur l'obésité grimpent chaque année et les professionnels de la santé soutiennent que certaines de ces méthodes sont inefficaces, voire dangereuses.

    Comme pour tout débat de société où se mêlent des opinions et des intérêts, il est pertinent de se tourner vers la science afin de se doter d'une opinion impartiale et rationnelle. Mais que dit la science sur l'industrie de l'amaigrissement? Disposons-nous de preuves scientifiques irréfutables sur l'efficacité ou la dangerosité des méthodes proposées? Y-a-t'il des méthodes efficaces afin de perdre du poids durablement? Quel est l'impact de la «révolution du mince» sur les personnes exclues des standards de la beauté?

    Stéphane Labbé et son équipe proposent de faire la lumière sur l'industrie de l'amaigrissement. Faisant la synthèse de la recherche scientifique récente sur ces questions, ce livre présente dans une langue accessible l'état actuel du savoir sur la perte de poids et apporte une réflexion sur l'image corporelle afin que chacun puisse se faire une opinion informée sur cet enjeu de société en matière de santé publique.

  • Dans ce recueil de courts textes, denses et poétiques, Marie-Laure Choplin égrène des situations quotidiennes, des rencontres anodines, des moments en apparence banals  ; elle laisse affleurer ses impressions, ses douleurs, ses doutes, ses révoltes, ses joies aussi. Le lecteur parcourt, comme autant d'étapes sur un seul chemin, ce qui fait une vie et ses petits riens. Mais par-delà ces riens, l'auteure nous plonge en réalité dans ce qui constitue le coeur des évangiles  : une attention aiguë portée aux choses et aux êtres, un regard sans cesse renouvelé sur le monde, une capacité à se décaler, se mettre en retrait, s'interroger, bref donner à la vie une autre chance, et surtout  : s'adosser au message de ce Jésus, à la fois si frêle et si puissant.

    Une lecture qui remet la foi déliée de ses artifices au coeur de nos vies.
     

  • Ce livre est né d'un étonnement surgi à la lecture d'un magnifique sermon de Maître Eckhart (l'un des prestigieux représentants de la mystique rhénane, XIIIe-XIVe siècle), qui offre pour l'époque une lecture totalement inédite du rapport entre l'action et la contemplation. La question vaut toujours, à l'heure où de multiples voies s'offrent à nous, cherchant à réconcilier spiritualité et militantisme. Méditant le célèbre épisode relaté dans l'évangile de Luc où les soeurs Marthe et Marie accueillent Jésus chez elles, le théologien rhénan suggère que c'est Marthe, la très entreprenante, qui enseigne à Marie, perdue dans son assise, la vérité du chemin spirituel.
    Dans cette relecture admirative du grand mystique rhénan, Francine Carrillo souligne toute l'actualité de ces pages et relève qu'en nous ouvrant à la liberté d'être « avec le souci, non dans le souci », les deux soeurs nous convient en définitive à cultiver la fécondité de ce que François Cassingena-Trévedy rassemble sous une appellation inédite : la « contempl-action » !

  • Matthieu

    Denis Guénoun

    Denis Guénoun cherche à comprendre l'importance énigmatique prise dans sa vie par le prénom Matthieu. Celui-ci a été présent tout au long de son histoire, sans jamais s'accrocher à une relation ou des événements de premier plan: insistant mais insaisissable, ne cessant de resurgir après des éclipses, comme un cours d'eau souterrain ou un indice dans une intrigue dont on ignore la clé.
    L'enquête conduit le livre à s'attarder devant les grandes toiles consacrées à saint Matthieu par Caravage, à traverser l'immense Passion selon saint Matthieu de Bach, à méditer sur L'Évangile selon saint Matthieu de Pasolini, puis à laisser vibrer les résonances du récit biblique, avant de revenir, comme sur le dessin d'un fer à cheval, vers Pasolini, puis Bach, puis à nouveau Caravage.
    Le tracé de cette piste donne forme à un essai insolite, où la quête autobiographique se nourrit de pensées esthétiques et théologiques, qu'en retour elle éclaire d'un jour inattendu.

  • Comment les protestants rendent-ils leur culte à Dieu? Si les différents moments du culte sont fixés depuis longtemps, leur sens n'est pas toujours clair aujourd'hui, y compris pour les protestants eux-mêmes.

    Ce livre, qui réunit des auteurs divers autour des enseignants de la Faculté de théologie de l'Université de Genève, se propose de faire le point. Il reprend les différents moments liturgiques du culte, en interroge le sens et en sonde la pertinence pour la vie communautaire des croyants.

    Avec les contributions de Frère Alois, Hans-Christoph Askani, Simon Butticaz, Leopoldo Cervantes-Ortiz, Christophe Chalamet, Meehyun Chung, François Dermange, Andreas Dettwiler, Olivier Fatio, Chris Ferguson, Michel Grandjean, Angela Dienhart Hancock, Nico Koopman, Jean-Daniel Macchi, Félix Moser, Élisabeth Parmentier, Bernard Rordorf, Vincent Schmid, Sarah Scholl, Sarah Stewart-Kroeker, Ueli Zahnd et Benoît Zimmermann.

  • Les pratiques religieuses contemporaines, marquées à la fois par l'individualisation, le déclin de l'institution et l'essor de nouvelles «spiritualités», peuvent sembler à première vue évacuer les enjeux de pouvoir et d'autorité, au profit de sociabilités moins contraignantes centrées sur l'émancipation personnelle.

    En s'appuyant sur des enquêtes ethnographiques dans les milieux du «New Âge» mais aussi dans le contexte du méthodisme londonien, Matthew Wood invite à réexaminer cette question du pouvoir afin de réinscrire pleinement le fait religieux dans son contexte social. Il nous montre que si les formes de l'autorité évoluent, celle-ci ne disparaît pas pour autant. Un ensemble de rapports sociaux de pouvoir structurent toujours la vie religieuse, dont la sociologie doit rendre compte afin d'éclairer les transformations en cours au sein des sociétés néolibérales.

    Ces réflexions dessinent les contours d'une sociologie des religions plus ouverte sur les débats théoriques qui traversent aujourd'hui les sciences sociales, afin de repenser les relations entre religion, classes sociales, ethnicité et sécularisation.


  • d'oú vient le mal ? d'oú vient que nous fassions le mal ? chez paul ricoeur, méditer le mal, c'est dire une faille.
    car la liberté de l'homme est sommée à exister devant le mal. ce petit texte, issu d'une conférence donnée à lausanne en 1985, compte dans l'immense oeuvre de ce philosophe qui ne se dit pas théologien, mais dont la pensée fait volontiers quelques cousinages avec certains aspects du protestantisme. un homme qui a pensé la vulnérabilité au mal moral avec une profondeur et une délicatesse exemplaires.

  • Le silence des pélicans ; une enquête de Bonneau et Lamouche Nouv.

    Quelle raison pousse un jeune enquêteur brillant mais irrévérencieux à seconder un inspecteur médiocre dont on cherche désespérément à se débarrasser? Et par quel calcul machiavélique a-t-on voulu les réunir? Ce duo parfaitement incongru se retrouve pourtant au milieu d'une affaire dont personne ne soupçonnait l'importance.
    Au cours de cette enquête qualifiée prématurément de routinière par l'administration, la mort d'une jeune étudiante apparemment sans histoire prend une tournure inattendue. Ce drame aurait-il un lien avec le cadavre d'un marin, amputé de ses pieds, que l'on vient de repêcher des eaux du fleuve? Ou même avec cette fameuse « affaire des pélicans », survenue vingt ans plus tôt? Et si c'est le cas, qui donc se cache derrière cette toile inquiétante, tissée dans le plus grand secret?
    Au coeur d'une intrigue policière ficelée sur fond d'humour et de satire sociale, Bonneau et Lamouche mènent l'enquête, pour le meilleur et pour le pire...

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