Filigranes

  • Le village aux moutons - Yamamoto Masao Je marche dans le vent d'une route de montagne et j'écoute l'harmonie qui coule de la ligne de crête. Un groupe de chèvres dessine des points blancs sur la pente. Ceci est un peu difficile à comprendre pour un japonais. Les brebis ne sont ici que du bétail. S., le jeune éleveur qui m'a permis de photographier ses agneaux, m'a dit qu'il descendait travailler une partie de son temps à la ville car il n'arrivait pas à vivre de son élevage de moutons. Cependant, à ma visite suivante, il commençait à élever aussi des poules pour les oeufs. Il avait finalement décidé de rester dans la montagne et d'y gagner sa vie. M. et G. ont un troupeau de chèvres mohair dans la montagne. Lui s'occupe des chèvres et elle dessine et produit de beaux objets avec leur laine : couvertures, écharpes et chandails. Ils sont colorés et extrêmement doux. J'ai pris quelques images de ce couple et de leurs chèvres sur ces hauteurs. Le lieu faisait un magnifique studio de prise

  • Ecrivaine, relieuse d'art, photographe et première femme océanographe, elle s'impose dans l'univers très masculin de la pêche. Elle participe en 1935 à diverses campagnes sur le premier navire océanographique français puis, avant la seconde guerre mondiale, sur un chalutier-morutier en campagne en mer de Barents et au Spitzberg durant 100 jours. Ses missions lui permettent de publier des rapports et des articles illustrés par ses photographies prises avec son appareil Rolleiflex ; elle ne manque pas de dénoncer la surexploitation des océans. Durant la guerre, elle obtient l'autorisation d'embarquer en tant que photographe de la Marine sur des dragueurs de mines en Manche et en mer du Nord, photographiant les tentatives de déminage. Durant les années de la France occupée, Anita Conti contribue à améliorer les conditions de pêche sur les côtes de l'Ouest africain ; au Sénégal, elle implante des stations de séchage de poissons et crée en Guinée une pêcherie de requins.

  • Une île est volontairement laissée sans désignation, c'est un possible, une narration réelle et fictionnelle, qui retrace l'attraction qu'exerce ce lieu sur l'imaginaire. L'ouvrage rassemble des photographies prises entre 2012 et 2015, un texte original de Jean-Yves Jouannais, et des extraits d'un essai de Rafael Argullol «?L'attraction de l'abîme», publié en 1983. Tous ces éléments traitant à leur manière de certains aspects de l'île de Rügen située dans le Nord-est de l'Allemagne sur la mer Baltique, dont les falaises de craie, s'abîmant dans la mer, ont été immortalisées le peintre romantique Caspard David Friedrich en 1818. Putbus, première station balnéaire de l'île, est fondée en 1816 et plus tard, d'autres stations sont créées. En 1936 les autorités nazies planifient une station composée d'un immeuble uniforme de six kilomètres qui fait face à la mer : Prora. Celui-ci, cité balnéaire contenue dans une barre unique de 5 kilomètres organisée par la KdF : Kraft durch Freude (la force par la joie), a pour but d'accueillir 20 000 vacanciers en même temps. Le bâtiment construit aux deux tiers, n'est jamais terminé, car la guerre interrompt sa construction, et ses ruines, alignent 10 000 chambres répétées à l'identique sur 5 étages, avec toutes, une vue sur la mer. Il sert ensuite de base militaire pour l'armée soviétique pendant la guerre froide, et disparait momentanément des cartes.

    Ruegen, la plus grande des île allemande (900 km2), est située sur la mer Baltique, entre la Pologne et le Danemark. Sa géographie est instable et ses contours mouvants. Les falaises de craie de l'île, descendant vers la mer pour s'y écrouler, emportent avec elles les arbres et toute la végétation qu'elles contiennent.
    Le livre Une île, regroupe des photographies réalisées à Rügen entre 2011 et 2013, et des images trouvées, documents anonymes, d'archives ou vernaculaires. L'origine de chaque image n'est pas précisée, laissant l'île dessinée, flotter entre le possible et l'imaginaire.

  • Düsseldorf

    Bernard Plossu

    Quelque part, j´aime bien être là où l´on ne m´attend pas. Ce n´est pas parce que j´aime la photographie ""poétique"" à la Boubat ou Frank que je n´aime pas, ou ne sais pas apprécier autre chose. D´ailleurs, dès le début des années 1970, j´avais photographié ainsi en série au 50 mm les cinémas de l´Ouest américain, et tous les écriteaux ou symboles du mythe des cow-boys et des Indiens. C´est ainsi qu´un jour je me retrouvai consciemment à Düsseldorf, voulant, à ma manière, rendre hommage à cette célèbre école de photographie. Comment faire?? Je ne me sers pas d´une chambre?! Mais avec la rigueur du 50 mm à laquelle je crois dur comme fer, il était possible de photographier telle quelle cette ville moderne contemporaine. Au 50 mm, aucune déformation ou effet et ainsi, je pus m´inscrire dans cette approche düsseldorfienne.

  • Tu me loves ?

    Marion Poussier

    Les amours de jeunesse sont les amours que l´on regarde de loin, rangés dans les souvenirs de l´adolescence. Première étape de la vie amoureuse, ils initient le rapport de chacun à l´autre, au couple, à la sexualité. ""Le silence entoure les relations amoureuses des jeunes vivant dans les cités HLM. Amarrés à leurs tours, ces jeunes-là ne connaîtraient que la violence et l´anomie, le lien social et toute mixité auraient disparu de leur vie. Les caméras qui les fixent préfèrent les événements catastrophe en survêtement et en voile à la mise en scène de leur vie quotidienne. La majorité des adultes qui les entourent dans l´espace public (animateurs, éducateurs, enseignants) sont formels : pas de relations amoureuses, pas de couples, de plus en plus de distance entre filles et garçons. Pourtant lorsqu´on fréquente régulièrement leurs lieux de vie, lorsque, n´ayant aucune attache dans ces lieux, on les fait parler d´eux, de leur intimité, de leurs amitiés...

  • Pour comprendre les choses, saisir leur vraie nature, il faut que je les photographie. Les personnes, le monde qui m'entoure. J'ai commencé à l'âge de douze ans et je n'ai jamais arrêté. Le jour où, à dix-neuf ans, on m'a mis un uniforme, mon appareil photo passa naturellement de la poche de mon jeans à celle de mon treillis. C'était en 1980. Pendant mes douze mois de service militaire, j'ai photographié ma vie d'appelé. Du moins, quand je le pouvais - je ne veux pas dire quand j'en avais le droit, car c'était interdit, mais quand le moment s'y prêtait. Pas si souvent que ça, à voir la maigre moisson d'images pour une année entière. C'est qu'à l'armée, on a souvent les mains prises. Quant à la tête, n'en parlons pas... Ce n'est donc pas un reportage ; il serait incomplet, tant manquent des aspects de ce qu'était le service militaire. Ce n'est pas non plus un travail documentaire, car il n'y a ni propos, ni angle, ni écriture.

  • Gant [t]

    Stéphane Lavoué

    Comme tant de portraitistes talentueux l'ayant précédé, Stéphane Lavoué s'est longtemps plié aux commandes pour en tirer les portraits des puissants, de célébrités plus ou moins éphémères, des Artistes. Il en connaît les codes, de ces représentations frontales, de profil, ou à mi-corps avec lesquelles il joue, s'amuse, jongle. Le voici en marge de la communication institutionnelle. Son sillage s'inscrit désormais dans des séries et dans le besoin d'écrire des récits et des narrations. Douarnenez, via le Centre des Arts, et de conserve avec le Port-musée, lui a proposé une escale, une résidence d'artiste. Gant [t], c'est tout à la fois le gant de travail, la préposition bretonne qui signifie « avec », un diagramme de planification des tâches dans le monde du travail.

  • À Vichy, début mars 2019, dans le cadre du Festival Portrait(s), Frédéric Stucin photographie des sportifs. C´est le thème de sa résidence, il a pris rendez-vous en avance, depuis Paris, avec des volleyeuses, des basketteurs, des nageurs. Le Coronavirus arrive avant lui. Plane le spectre du confinement prochain. On ferme les gymnases. On annule les matchs. On interdit les regroupements. Alors, le photographe imagine. Que serait le sport s´il était clandestin? Si, à l´inverse de cette activité positive, bonne pour la santé, le moral, la cohésion sociale, il devenait illicite, comme il l´est en cette période où tout est inversé? Le sport subversif, caché? Il y aurait l´inquiétude et le danger que la clandestinité implique, bien sûr, mais aussi une autre forme de jouissance, celle de la transgression, du plaisir dérobé. Inspiré par ces images, l´écrivain Didier Daeninckx, auteur de romans consacrés par le public et la critique, a inventé une nouvelle, concentré de suspense et de joyeuse

  • Sans que nous en ayons toujours conscience, nos yeux exercent une forme d´intelligence immédiate. Au fil du hasard, ils ne cessent de se laisser captiver à tout moment. L´intuition photographique examine l´art de traduire en images ces moments de présence. Arnaud Claass y commente son activité d´observateur de la vie, des impressions visuelles, des pensées. Une rue londonienne, un orage à Venise, une image de reportage vue dans la presse, des visites d´expositions, des errances à travers la campagne, la méditation sur un concept, des films du cinéma indépendant ou grand public, la photographie africaine contemporaine, les étrangetés du système de l´art : tels sont certains des sujets abordés. À ce texte viennent s´ajouter, sur un registre nettement plus introspectif, les brèves notes de Regard perdu. L´auteur y cerne les conséquences provoquées sur la nature de son regard par la perte récente de son épouse Laura.

  • En 1877, les frères Lumière viennent en vacances à St Énogat (Dinard-Bretagne). Ils sont accompagnés de leurs professeurs et reçus par un ami de famille Louis Jacolliot ancien magistrat et auteur de roman d'aventure. Ils séjournent dans une villa près de la mer et on raconte qu'ils installèrent un petit laboratoire au fond de la grotte, la Goulée aux Fées, où ils pouvaient accéder à marée basse. Absorbés par leurs expériences dans l'obscurité de la caverne, ils se laissèrent surprendre par la marée montante. Saisis d'effroi, bloqués par la mer au fond de la grotte, ils auraient fait serment de ne jamais se séparer s'ils échappaient à la noyade. Récit ou légende, ainsi se forgea la figure des deux frères inséparables qui accompagne toute leur aventure d'inventeurs et d'industriels. Il est frappant de se souvenir que dans cette même grotte, une des légendes relate une vision féérique où l'oeil joue un rôle essentiel.

  • Carnets de la ZAD

    Philippe Graton

    La ZAD de Notre-Dame-des-Landes de´fraie la chronique depuis plusieurs anne´es et personne n'en a jusqu'alors re´ve´le´ la ve´ritable nature. De 2014 a` 2019, Philippe Graton a parcouru la ZAD de l'inte´rieur, photographiant au moyen-format argentique cet univers et la vie quotidienne de cette socie´te´ alternative. Cet engagement dans la dure´e nous donne aujourd'hui une oeuvre photographique exceptionnelle, une restitution unique et historique de cette expe´rience marginale dont l'inte´re^t n'a jamais e´te´ aussi actuel. Ce livre de´voile plus de quatre-vingts photographies ine´dites, ainsi qu'une retranscription des notes de terrain de l'auteur, a` suivre comme une aventure.

  • Cavale

    Nicolas Comment

    Photographe, auteur et musicien, Nicolas Comment est un habitué des voyages sentimentaux et autres errances photobiographiques. Ses séries ont pour théâtre Mexico, Prague ou Tanger, ces lieux mythiques, antres littéraires. "Cavale" s´inscrit dans cette tradition de la "déambulation psychogéographique". Balade géopolitique, fiction intime. Nous sommes en 2019. Laura Serani, directrice artistique du festival Planche(s) Contact invite Nicolas Comment en résidence artistique à Deauville. Ainsi commence "Cavale" : une série photo-littéraire protéiforme qui se lit comme un tableau à entrées multiples contant la cavale imaginaire d´une femme qui se libère de ses liens

  • Proche

    Grégoire Korganow

    Proche est une étape d'un travail au long cours sur les prisons françaises et aborde cette fois la politique de l'enfermement en France par l'absence et le creux, sans jamais montrer la prison mais en mettant en regard ses réalités adjacentes, résiduelles, marginales. Proche est une tentative artistique, utopique, destinée à sortir les personnes détenues de leur isolement en s'intéressant aux zones de contact entre la Cité et la Prison, à ces corps intermédiaires, interstices ténus où se révèlent les liens fragiles entre les prisonniers et la société qui les enferme. Depuis 2016, l'auteur s'immerge dans les rêves de personnes détenues, collectés dans une correspondance épistolaire et dont les lectures par des anonymes sont filmées dans Mon rêve familier, il photographie les Périphéries carcérales, espaces attenants à une vingtaine de nouveaux lieux d'enfermement en France et fait le portrait de proches de personnes détenues à Strasbourg, photographiés à la sortie des parloirs dans la s

  • Archives photographiques de l´immigration polonaise dans le bassin houiller du nord de la France, dans les années 1920/1930. Né en 1904 dans la région industrielle de la Ruhr (Allemagne), de parents originaires de Pologne, Kasimir Zgorecki émigre dans le Nord de la France avec sa famille à l´âge de 18 ans. Mineur de fond pendant quelque six mois, il se tourne ensuite vers la photographie professionnelle et reprend en 1924 le studio de son beau-frère à Rouvroy, dans le Pas-de-Calais. Sa carrière principalement axée autour des portraits de la population polonaise de la région - dont l´immigration est liée à l´industrie lourde du charbon et de l´acier - devient vite florissante. Zgorecki s´investit notamment dans la photographie d´identité, devenue obligatoire sur les cartes des étrangers travaillant en France en 1917. Exposition de Kasimir Zgorecki, présentée au Jeu de Paume - Château de Tours du 6 juin au 25 octobre 2020 (vernissage le 5 juin).

  • Odyssées

    Aglaé Bory

    Odyssées est un travail photographique qui a reçu le Prix Caritas Photo Sociale en 2020. L´odyssée d´Homère raconte l´histoire d´un retour qui n´en finit pas. Le retour d´Ulysse à Ithaque après vingt longues années d´absence. Ce travail est un écho à ce récit de voyage originel. J´ai suivi plusieurs personnes en situation d´exil, demandeurs d´asile ou réfugiés, le plus souvent en attente de statut. La plupart d´entre eux vivent dans des centres d´hébergement en attendant la réponse de l´administration. L´attente est souvent longue et douloureuse. Elle les isole du réel et les enferme dans un espace mental en suspens. A travers cette succession de portraits et de paysages, j´ai voulu créer une correspondance entre cet espace émotionnel et les paysages dans lesquels ces personnes évoluent afin de rendre perceptible ce sentiment d´exil. Je les ai photographié dans leurs lieux de vie, dans leur territoire quotidien. Leurs regards se perdent à travers les fenêtres. Ils sont dans le flou.

  • New York ; années 50

    Jean Bizien

    Jean Bizien débarque aux États-Unis en 1946. Très jeune homme. Il découvre le pays par une ville?: New York. Une cité faite de centaines d'autres villes, de milliers de Villages d'Irlande, d'Italie, de Russie, de Chine, du Mali, d'Afrique du Sud, du Mexique, du Brésil... Des milliers de villages, des millions d'hommes, des milliers d'habitudes différentes, des milliers de fêtes, de langues, des centaines de couleurs de peau, des millions de démarches, une seule langue pour parler ensemble. Une seule ville pour vivre ensemble. New York est un miracle. Des millions d'hommes si différents se côtoient, vivent, commercent en paix. New York est un miracle sombre et joyeux. La paix et la justice humaine sont très relatives. Pour pouvoir vivre ensemble, inventons autre chose?? Une ville haute et plus verticale. Et pourtant les humains photographiés par Jean Bizien sont des villageois dans une ville aux immeubles immenses. Jean Bizien a saisi la danse de tous ces peuples qui se côtoient dans la ville. Ce sont des villageois. Ils prennent leur temps, posent leurs journaux sous leurs fesses et regardent la vie bouger. Ils jouent aux dames, couverts de gros pardessus laineux. Ils dorment dans la rue pour se reposer, l'après-midi. Par misère parfois. New York est familière, dure et douce. Elle se transforme en ville méditerranéenne. En ville froide et enneigée. En ville de plaisir et de fête. En ville d'enfants, qu'ils soient des adultes ou de vrais enfants. En ville d'hommes seuls, qui se protègent des larmes avec des journaux sous le dos ou les mains fermées sur leur visage. Jean Bizien est là pour recueillir toute cette humanité. Son appareil est comme une bouteille de vin qui a emprisonné les saveurs et les amertumes, les images et les élans d'une époque. Il a ouvert, il y a peu de temps, le bouchon du temps. Soixante ans avant, soixante ans après. [...] Olivier Couqueberg

  • Le Champ des Impossibles est une plateforme artistique et un outil culturel ambitieux de développement du territoire. Au service du public, il a pour mission de soutenir les artistes dans leurs créations, de conserver leurs oeuvres et de les diffuser auprès du plus grand nombre. Il s'agit de favoriser dans le Perche, en milieu rural, la diffusion de l'art contemporain et la médiation culturelle nourries par un dialogue vivant avec les artistes. Ce projet de territoire utilise l'art contemporain comme terrain partagé afin de créer du vivre ensemble en assurant la circulation des idées et des artistes. Les résidences de la Slow factory sont un axe majeur de cette stratégie. Les invitations guidées par le regard de Christine Ollier sont des temps de création passionnants, de rencontres et de croisements d'horizons.

  • Roma

    Bernard Plossu

    « Au début des années soixante-dix, passage à Rome, pendant un hiver froid et pluvieux?; aucune photo de bonne, j'avais un grand-angle?! sauf deux ou trois à Pompéi silencieuse et vide sous la pluie merveilleuse...
    Plus tard, en 1979, ayant enfin compris la force discrète du 50 mm, venant des hauts plateaux de Taos au Nouveau-Mexique ou j'habitais, je retrouve à Rome Claude Nori, et là, c'est le choc visuel : est-ce le fait d'habiter dans le désert qui fait que cette ville me fascine en comparaison??
    Disons que les images de l'Ouest américain sont souvent horizontales et que celles des rues de Rome sont souvent verticales?! et que m'imprègne aussi très fortement l'oeuvre romaine de Corot, auquel je pense si souvent là-bas... Corot qui m'a marqué définitivement par sa sobriété.
    Les années passeront, jusqu'au retour en Europe, et je suis dorénavant sous l'influence très forte du mouvement de peinture appelé 'La Scuola Romana' (Mafai, Scipione, Pirandello, Antonietta Raphael, Afro) : des merveilles qui m'inspirent beaucoup.
    Nombreuses visites : Rome m'attire sans arrêt, j'y vais presque chaque année et je photographie en désordre, surtout rien de systématique ni d'organisé?! Quartier par quartier, n'écoutant que mon instinct et surtout ma passion : je suis amoureux fou de cette ville et, en même temps, de toutes les petites îles italiennes ou je vais aussi le plus souvent possible?! » B.P.

  • Auteurs : Siouzie Albiach, Mariano Bocanegra, Alejandro León Cannock, Florence Cuschieri, Juliette George, Marta Gili, Giovanni Battista Martini, Audrey Mot, Fabien Vallos, Juliette Vignon. En 1960, Lisetta Carmi choisit d´abandonner sa carrière de pianiste pour s´emparer de la photographie. Elle participe alors aux mouvements contestataires de gauche, en réaction à la montée néo-fasciste et réactionnaire des années 1960. Inspirée par ce contexte, elle utilise l´appareil photographique comme un outil politique d´expérience et de partage avec celles et ceux qui aspirent à une reconnaissance dans l´espace social du commun. Sa série Les Travestis, notamment, dépeint avec douceur et complicité la vie d´une communauté transidentitaire de travestis dans l´ancien ghetto de Gênes. Son regard se pose également sur le monde ouvrier. Ses séries consacrées au port de Gênes captent l´intensité du corps à l´oeuvre et sa rencontre avec celui, gigantesque et dévorant, de l´industrie portuaire.

  • Depuis une quarantaine d'années, Françoise Huguier est une rapporteuse d'images reconnue. Des images capturées dans les coulisses des défilés de mode, dans les bagages d'un reportage au Japon, dans les limbes de l'Afrique fantôme, dans les soutes de la Sibérie, dans les arrière-boutiques de la société coréenne. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle est aussi une insatiable glaneuse d'objets, la plupart ramenés de ses tribulations, dont la collection transforme sa maison en un gigantesque cabinet de curiosités. Rendez-vous insolite et inédit, l'exposition Les curiosités du monde de Françoise Huguier invite à se laisser surprendre par la découverte de son univers, une incroyable collection d'objets bigarrés, des plus mystérieux aux plus étrangement familiers.Des tableaux, des bijoux, des bibelots, des affiches de cinéma, des vêtements, des fanzines, de la vaisselle, des masques, des livres, des poupées, des tapis, des coquillages... Autant d'objets, qui, grands ou petits, spectaculaires ou discrets, prennent tout leur sens lorsque Françoise Huguier raconte leur histoire. « Ça c'est une étoile rouge en tôle que j'ai trouvée sur une tombe dans un goulag de Sibérie. » Et ça ? « Une poupée vaudou que je suis la seule à pouvoir toucher. Sinon gaffe à la malédiction ! » Et ça ? « Une théière que j'ai achetée à un jeune Touareg à Tombouctou.» En regard de son travail photographique, Françoise Huguier présente une sélection d'objets insolites et poétiques qu'elle a glanés dans le monde entier.

  • Natura

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    Le nouveau livre de Bernard Descamps, intitulé natura, en hommage aux premiers essais naturalistes de l'antiquité, est le fruit d'un patient travail, d'une longue quête d'images de la nature. Non pas des images spectaculaires du bout du monde, mais des images simplement touchantes, de la nature qui nous est si proche et que nous négligeons si souvent.
    La beauté formelle de la ligne d'horizon entre mer et ciel, ou celle d'une montagne enneigée, triangle de noir et de blanc, l'élégance verticale d'un arbre centenaire ou celle d'un vol de grues cendrées dans le ciel lorrain.

  • Madame Yvonne

    Yvonne Kerdudo

    «Madame Yvonne», photographe ambulante, a sillonné le Trégor rural sur son vélo pendant plus cinquante ans. De 1902 à 1952, elle est allée photographier sur demande les enfants, les familles, les mariages, les battages, les fêtes, les communions, les soldats, les morts, les jeunes et les vieux. Née en 1878, Yvonne Kerdudo est montée à Paris dès l´âge de 15 ans pour travailler. À travers différentes rencontres elle est venue à la photographie et a été formée par les frères Lumière dans les premières années du siècle. Revenue sur son territoire de naissance aux alentours de 1908, elle s´est installée à son compte et a travaillé jusqu´en 1952, deux ans avant son décès en 1954. Figure emblématique du canton, «?Madame Yvonne?» est connue de tous les anciens et ses clichés sont encore exposés dans les salles à manger familiales autour de Plouaret. En 2005, une de ses petites-nièces, en possession de ses archives, nous a contactés. La Compagnie Papier Théâtre a acquis le fonds photographique.

  • Trois photographes ont porté leur regard sur la ville de Saint-Etienne : l´investigation qu´ils ont conduite s´est focalisée sur la syntaxe et la morphologie du bâti tel qu´il peut être observé dans la cité. Rien de « normatif » donc dans cette « grammaire de formes ». Il s´agissait bien au contraire de prendre en considération la variété même des gestes d´aménagement susceptibles d´être décelés au sein de la ville. Celle-ci porte de fait la marque de grands projets planifiés aux effets structurants (dont la mise en place s´est échelonnée dans le temps), mais aussi d´interventions moins concertées découlant des effets du libéralisme, de phénomènes de retrait ou d´abandon liés à la récession économique, ou encore d´initiatives individuelles de faible empan, le plus souvent effectuées avec des moyens rudimentaires. Toutes ces actions d´aménagement, dans leur diversité même, entrent de plein droit dans la « grammaire » de la ville de Saint-Étienne - dont on ne peut que constater la variété.

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