Langue française

  • Qui fut vraiment le Pr Hans Asperger dont le nom passé dans le langage courant qualifie aujourd'hui un syndrome autistique ? L'historienne américaine Edith Scheffer a découvert la véritable histoire du psychiatre après la naissance de son enfant autiste. Et ce qu'elle apprend la glace d'effroi. Le « gentil docteur » dépeint comme une sorte de Schindler des autistes a menti, et c'est un tableau bien différent qu'en dressent les archives. Les preuves ne manquent pas, elles sont accablantes.
    En 1938, professeur à l'hôpital pédiatrique de Vienne, Asperger compte parmi les psychiatres appelés à façonner le nouvel Allemand selon des critères eugéniques : sélectionner les parents d'après leur hérédité, leurs défauts biologiques mais aussi leurs tendances politiques, leur religion. Les conséquences sont réelles : on refuse des crédits aux « mal mariés », on stérilise les « mauvais » géniteurs... Et parmi les enfants autistes dont il est un spécialiste reconnu, Asperger identifie les « négatifs » et les « positifs » à l'intelligence détonante qui auront alors une chance d'échapper au tri macabre.
    Aux États-Unis, l'enquête d'Edith Sheffer a bouleversé et conduit à débaptiser le syndrome autistique. En France, cette histoire dramatique, encore méconnue, risque bien de susciter autant d'émotions.

  • Les guerriers dans la rizière ; la grande épopée des samouraïs Nouv.

    Que savons-nous vraiment des samouraïs, ces guerriers si chers à nos imaginaires occidentaux ? L'historien Pierre-François Souyri, fin connaisseur du Japon où il a longtemps vécu, raconte leur longue histoire, enrichie ici de récits anciens qui ont nourri leur geste. La légende de ces terribles guerriers, où un sens aigu de l'honneur le dispute souvent aux plus viles trahisons, n'y est jamais démentie.
    Pourtant, les samouraïs furent bien plus que de simples combattants aux moeurs exotiques. Ils ont évolué tout au long du millénaire que dura leur histoire et se sont adaptés aux réalités de leur temps. S'ils furent, lors des guerres médiévales, capables de la plus extrême violence, y compris envers eux-mêmes, ils s'imposèrent, dans les siècles qui suivirent, en administrateurs avisés, en hommes lettrés, pénétrés de poésie et de spiritualité, amateurs d'art, de thé ou de théâtre. Car - et ce n'est pas un paradoxe, mais la belle découverte de cet ouvrage -, si certains d'entre eux ne voulurent jamais rompre avec un passé révolu, nombre de samouraïs surent se porter aux avant-gardes politiques et intellectuelles, façonnant ainsi le Japon que nous connaissons aujourd'hui.

  • À la fin du Ve siècle avant notre ère, la guerre du Péloponnèse aboutit à la défaite d'Athènes. Profitant de la débâcle, une commission de trente Athéniens abolit les institutions démocratiques qui régissaient la vie politique de la cité depuis un siècle : c'est le début d'une guerre civile sanglante qui dure un peu plus d'un an. Car les démocrates ne restent pas sans réagir face aux oligarques : dès la fin de l'année 404, Thrasybule rassemble une armée de volontaires et, après plusieurs victoires retentissantes et des négociations difficiles, la réconciliation est conclue au début de l'automne 403, et la démocratie rétablie.
    À partir du destin de dix personnages singuliers, ce livre aborde l'événement sous un angle inédit. S'inspirant du modèle du choeur antique, il entend proposer une description renouvelée de la société athénienne, à rebours des classifications figées dissociant citoyens, métèques et esclaves. Par sa brutalité, la guerre civile fait en effet émerger des collectifs multiples et mouvants, organisés autour de figures clés tels l'inclassable Socrate, l'oligarque Critias, le rhéteur Lysias, mais aussi le scribe Nicomachos, l'ancien esclave Gèrys ou la prêtresse Lysimachè. En scrutant ces choeurs, l'enquête dévoile les hiérarchies et les tensions qui les traversent, mais surtout les pratiques et les émotions qui les soudent. Se dessine alors une nouvelle cartographie de la communauté athénienne, placée sous le signe de la pluralité et de la contingence.
    Cette histoire chorale s'interroge en définitive sur la façon de « faire société » : par quels processus une communauté en vient-elle à se déchirer, voire à se désintégrer, puis à se refonder ? Une réflexion indispensable, qui fait écho à notre présent tourmenté.

  • Comment se faire un nom ? Comment entrer dans l'Histoire ? Comment créer un passé à partir du présent pour fonder l'avenir ? Avant tout connu comme héros guerrier ou dirigeant autocrate d'une France nouvelle, l'homme de culture que fut également Napoléon a été oublié. D'emblée, il s' emploie pourtant à façonner son image, à mettre son règne en scène et à contrôler les multiples représentations que donnent de lui les artistes. Des attributs de puissance à l'architecture en passant par les beaux-arts, ce que célèbre Napoléon est en harmonie avec sa politique et offre l'image d'un homme supérieur qui réconcilie entre eux les Français. Le créateur du Premier Empire pouvait-il faire moins que les imperators romains ? La littérature ne demeure pas en reste. Bonaparte encourage l'éclosion d'un nouveau classicisme et instaure une fantastique remise de prix décennaux. L'historienne Annie Jourdan explore ici les multiples facettes de la politique culturelle de Napoléon Ier et leurs conséquences sur le mythe toujours vivace de celui qui fut aux yeux de ses contemporains « l'homme le plus extraordinaire des temps modernes ».

  • Oublions les westerns. Durant trois siècles, l'Amérique du Nord a été sillonnée, à l'échelle continentale, par des aventuriers de langue française. Coureurs de bois, trappeurs, interprètes, ces hommes, en quête de fourrures, se sont constamment mêlés aux Amérindiens.
    En partant sur la piste de dix voyageurs, natifs de la France ou du Canada, Gilles Havard fait surgir des scènes saisissantes : adoption d'un jeune Français par des Iroquois du XVIIe siècle, pirogues chargées de peaux de castor ou de bison descendant la rivière Missouri, fêtes du nouvel an empruntant aux cérémonies indiennes, retrouvailles lors des grandes haltes de caravanes... À travers ces destins hors du commun se dessine une autre histoire de la colonisation européenne, occultée par le récit américain de la conquête de l'Ouest : une histoire d'échanges, de métissages, mais aussi de violences, dont les têtes d'affiche sont des Français et des Amérindiens.
    Cet ouvrage explore une Amérique oubliée, fantôme - effacée des mémoires, absente des livres d'histoire. S'appuyant sur des récits de voyage, les archives des deux continents et les témoignages de descendants, enrichi de cartes et d'images inédites, il donne vie à un monde jusqu'ici invisible.

  • La carte n'est pas le territoire : malgré leurs visées scientifiques, les cartes sont toujours subjectives et intimement liées au contexte dans lequel elles naissent. Les cartographes ne se contentent pas de représenter le monde : ils le construisent, à partir des idées de leur époque et de leur culture. Telle est la thèse de Jerry Brotton, et le point de départ de cet extraordinaire voyage à travers le temps et l'espace.
    En observant à la loupe douze cartes du monde, il ouvre autant de fenêtres sur des civilisations aussi différentes que la Grèce antique et la Corée du XVe siècle, l'Europe des grandes découvertes et celle de la Révolution française, jusqu'au monde globalisé actuel, placé sous l'oeil de Google Earth... A l'issue de ce périple aussi captivant qu'instructif, on aura appris une foule de choses : saviez-vous de quand date l'habitude de placer le Nord en haut d'une carte ? quel planisphère a donné son nom à l'Amérique ? et vous doutiez-vous que, malgré les apparences, les cartes d'aujourd'hui ne sont pas plus définitives ni plus objectives que celles d'autrefois ?

  • Le procès de Socrate est une des images les plus célèbres de l'histoire de l'Athènes classique. Les guerres médiques ou les marbres du Parthénon en offrent le versant lumineux, la condamnation du maître de Platon, elle, en incarne la légende noire. Le plus souvent, l'événement est présenté comme la faute impardonnable de la démocratie athénienne, la preuve d'une cité intolérante, persécutant ses élites intellectuelles. À l'opposé, les défenseurs de la démocratie athénienne s'évertuent à en relativiser la portée, en le réduisant à un incident, voire en justifiant la condamnation du philosophe. C'est ainsi qu'au fil des âges, le procès de Socrate s'est transformé en procès de la démocratie athénienne - et par extension, de la démocratie elle-même.
    Ce livre entreprend d'écrire une histoire de cette démocratie à la lumière du procès de 399, mais il va plus loin en étudiant les différentes facettes de la subversion socratique, qui tiennent non seulement à la philosophie politique de Socrate, mais à ses moeurs et à l'originalité de sa pédagogie.
    Enfin, le procès est inséparable des multiples relectures qui l'accompagnent depuis les premiers temps de l'ère chrétienne. Des Pères de l'Église qui faisaient du philosophe un précurseur du christianisme au « Socrate sans-culotte » de la Révolution française, en passant par le « Saint-Socrate » d'Érasme ou le « patron des philosophes » construit par la pensée des Lumières, c'est l'histoire de notre propre rapport à la démocratie athénienne qui s'écrit.


    Couverture : Jacques-Louis David, La Mort de Socrate (détail), huile sur toile, 1787, The Metropolitan Museum of Art, New York.

  • La Révolution a mauvaise réputation. On reconnaît la belle universalité de ses principes, mais on honnit les violences qui en ont ponctué le cours, conspuées sous le nom de Terreur. Ces représentations occultent tout à la fois les difficultés de l'entreprise et les énormes espérances que suscita l'événement. L'historienne Annie Jourdan nous invite à reconsidérer ce moment fondateur de notre modernité. Au fil des pages, elle en fait revivre les temps forts dans une approche sensible aux aléas qu'ont dû affronter les protagonistes. Elle déroule les faits grâce à un important corpus d'archives, constitué d'actes, de lettres, de courriers, de mémoires, où la Révolution se joue au gré des passions françaises. On mesure alors la force du ressentiment qui plonge le pays dans une longue guerre civile, que seule l'armée parviendra à apaiser. C'est que deux légitimités sont aux prises : celle de la monarchie, ancrée dans l'Histoire ; et celle de la nation, fondée sur le suffrage populaire.
    L'événement eut une portée internationale, on le sait. Nombre de soulèvements s'ensuivent, qui rebattent les cartes : en Amérique, en Irlande, aux Pays-Bas, en Suisse. Mais l'on a souvent tu les discordes civiles qui accompagnèrent ces changements, là-bas comme ici. En restituant l'histoire dans sa globalité, avec ses aspérités et ses mémoires troubles, Annie Jourdan réalise une grande fresque de la Révolution, entre vérité et légendes.

  • Écrire l'histoire de la consommation en France, c'est raconter l'histoire de tous les Français : celle de nos grands ancêtres, de nos parents, de chacun d'entre nous. C'est aussi raconter l'histoire de la révolution matérielle qui s'est opérée sous l'influence des innovations techniques et commerciales, des avancées sociales, de nouvelles moeurs, etc. Ce sont toutes ces transformations depuis le milieu du XIXe siècle que ce livre retrace en articulant production et consommation, conditionnements sociaux et libre-arbitre du consommateur, culture matérielle et représentations symboliques. L'historien Jean-Claude Daumas décrit les usages de la société française - dites-moi quel canapé vous avez choisi et je vous dirai qui vous êtes -, montre comment les consommateurs s'approprient les objets - de la lessiveuse au smartphone en passant par la bicyclette, le presse-purée et le blue jean -, dans une savante dialectique où le hasard n'a pas de place.
    Cette histoire de la consommation se lit aussi comme celle de la conquête progressive du bien-être, avec ses victoires - le triomphe de la consommation de masse pendant les Trente Glorieuses - et ses défaites - la hausse des niveaux de vie n'a jamais aboli les inégalités sociales -, sans oublier ses nouveaux mandarins, qui prônent la rupture et la décroissance au nom de la protection de la planète...

  • Paris, 11 mars 1314. Sur l'Île de la Cité, le feu embrase le bûcher où va périr Jacques de Molay, 23e et dernier grand maître de l'ordre du Temple. C'est la fin d'un ordre et le début d'une légende qui, sept siècles plus tard, continue de nous intriguer. Dante fut le premier à rapprocher leur martyre de la Passion du Christ, une comparaison que reprend ici Simonetta Cerrini pour donner à sa narration la forme d'un chemin de croix. La bulle papale du 22 mars 1312 ordonnant la suppression du Temple lui sert de fil d'Ariane. L'historienne mène l'enquête, s'emparant de la masse labyrinthique des archives pour nous éclairer et ouvrir le juste procès qu'ils n'ont jamais eu. Ce fut en réalité le premier grand procès politique (et religieux) de l'Europe médiévale. L'auteure fait revivre les Templiers dont on entend enfin les prières du fond des cellules où ils furent enfermés pendant des mois et torturés, paroles perdues contre ce qui les accable : accusations d'hérésies, impiétés, sodomie...
    Des siècles plus tard, on est touché par leur sentiment d'abandon, leurs peurs, mais aussi leur foi, qu'entretient toujours une certaine lueur d'espoir, anéantie à jamais par les flammes des bûchers.

  • Paru chez Flammarion en 1984, ce livre a connu plusieurs rééditions : d'abord en grand format, puis, brièvement, en Champs sous le titre La Résistance afghane : du Grand Moghol à l'invasion soviétique, puis en grand format de nouveau sous son titre original.
    La dernière réédition avec mise à jour date de 2002.
    - L'histoire de l'Afghanistan sur fond de la longue et sourde lutte politique (surnommée le Grand Jeu par les Anglais des Indes au siècle dernier) livrée par les Puissances pour dominer le coeur stratégique de l'Asie.
    - Mais aussi une analyse fouillée de la résistance afghane et de l'Afghanistan profond qui sut toujours conserver son indépendance contre les Moghols, les Iraniens et les Anglais.
    - Enfin, un état des lieux de l'Afghanistan d'aujourd'hui et les perspectives d'avenir du pays vers lequel, depuis le 11 septembre 2001, sont tournés tous les regards.

  • Une histoire de la Corée afin de comprendre son passé singulier et original, indissociable de sa modernité contemporaine.

  • Analyse l'art pariétal comme le signe de l'existence d'une société hiérarchisée au paléolithique, ainsi que comme expression par des lignages dominants de leur suprématie et de leurs origines mythiques.

  • Rome, printemps 1378.
    La ville est en effervescence. Le dimanche de Pâques, on a couronné un nouveau pape, un Italien, Urbain VI. Les Romains n'ont pas assisté à une élection pontificale depuis... soixante-quinze ans, car les sept derniers papes, tous d'origine française, ont choisi de résider à Avignon. La papauté est-elle de retour dans la Ville éternelle ? C'est oublier les cardinaux, qui supportent mal la manière dont Urbain les traite.
    Au début de l'été, ils quittent Rome et désignent un nouveau pape, Clément VII, qui s'installe dans le palais de ses prédécesseurs à Avignon. L'Eglise, désormais, a deux têtes. Le Grand Schisme a commencé. Jusqu'en 1417, deux lignées de pontifes vont s'affronter: à Avignon connue à Rome, ils activent des réseaux diplomatiques complexes pour rallier les puissances européennes, ils guerroient par mercenaires ou par théologiens interposés, ils lèvent.
    Des impôts divers pour remplir des caisses toujours vides. Guerres, chantages, excommunications, alliances et défections aboutissent à des situations extravagantes: on verra ainsi le roi de France décider, en 1398, de soustraire son royaume à toute obédience, un épisode inédit dans l'histoire de la Chrétienté; on encore, en 1409. non plus deux, niais trois papes revendiquer le trône de saint Pierre.
    Ce livre raconte l'extraordinaire partie d'échecs qui a mis aux prises l'Europe entière, quarante ans durant.

  • Au sein du vieux couple spirituel/temporel, Dieu l'emporte ordinairement, César faisant plutôt figure d'entrave à l'élévation des âmes. Cependant, la quête d'un "royaume qui n'est pas de ce monde" d'accompagne, dès les origines, d'une véritable réussite matérielle de l'Église terrestre. Contradiction avec l'idéal initial ? Certes non, puisque cette manne doit être partagée avec les pauvres considérés comme autant d'images de Dieu... Ce bel évangélisme se heurte à la réalité de l'institution. L'Église est en rivalité avec le Pouvoir pour la domination du monde. Les questions que cet affrontement pose sont multiples. Au nom de quels principes le pouvoir spirituel peut-il commander ? Avec quelles forces ? À quoi peut bien servir un pape ? Pourquoi les richesses de l'Église échapperaient-elles à un pouvoir civil toujours plus autoritaire et impécunieux ? Après les grands affrontements médiévaux du Sacerdoce et de l'Empire, se met en place, dans la France d'Ancien Régime, une solution dite "gallicane" qui fait du Roi Très Chrétien le véritable chef de l'Église nationale. Cette "alliance du trône et de l'autel" placera la gestion temporelle en son centre, si bien que l'un sombrera avec l'autre à la Révolution. Avec le rappel de ce parcours temporel, cet essai veut constituer le contrepoint d'une histoire religieuse qui le minimise trop souvent, afin de mieux mettre en lumière les conditions matérielles d'un essor spirituel et artistique sans pareil.

  • Que se passe-t-il lorsque la corruption s'installe au coeur de l'Etat ? Qu'advient-il du peuple qui ne l'accepte pas ? De ceux qui ferment les yeux ? Parler de corruption à l'époque nazie n'est pas la première chose qui vient à l'esprit, alors même qu'une longue tradition historiographique nous a confortés dans l'idée d'une bureaucratie allemande entretenue dans l'ignorance des conséquences dramatiques de ses actes. Pourtant l'ouvrage de Frank Bajohr apporte à cet égard un éclairage édifiant : le régime nazi reposait sur une corruption quasi organique. le système récompensait les plus fidèles,...

  • Trop souvent, l'histoire de France fait fi de la mer. Elle est ici au coeur du nouveau livre d'Olivier Chaline. Les éléments, nous rappelle-t-il, ignorent les luttes entre les nations et, dans leur sauvage impartialité, se prêtent aux calculs des hommes ou s'acharnent à les ruiner. C'est en fonction des vents et des courants, comme de la météo marine et des marées, qu'il faut considérer cette France des Bourbons : depuis le large, ses rives européennes et ses nombreux prolongements outre-mer.
    Que permet la mer ? Que refuse-t-elle ? Quelles routes la parcourent devant les rives françaises ou à partir d'elles ? Quels navires et quels équipages s'y aventurent ? Comment pénètre-t-elle le royaume terrien ? Dans ce livre inédit, constitué de toute la richesse de notre histoire maritime, revivent les obscurs et les sans-grades qui ont fait les équipages de la pêche, du commerce et de la guerre ; leurs conditions de vie, leurs voyages, leurs formations nous sont mieux connus en même temps que l'impressionnante complexité de leurs navires.
    C'est le quotidien passionnant des "petites mains" indispensables à la manoeuvre des vaisseaux ces premiers géants de la mer ou de la moindre gabare. Ainsi au fil des pages surgit une réalité, celle de Français vassaux de Neptune qui, dans des conditions souvent difficiles, n'ont jamais tourné le dos à la mer mais en ont accompagné les caprices, pressenti les désirs. Une tyrannie, certes, mais si douce pour ses inconditionnels.

  • Une synthèse sur l'histoire des kamikazes japonais, étayée par des témoignages de rescapés. Essentiellement recrutés parmi de jeunes étudiants, ils furent l'instrument spectaculaire de la propagande guerrière. L'ouvrage évoque leur place dans l'imaginaire collectif et les rapports difficiles du pays avec la mémoire.

  • Entre 1648 et 1652, les grands princes du royaume, comme La Rochefoucauld ou les Condé, se révoltent contre Anne d'Autriche et Mazarin, pendant la minorité de Louis XIV. Aspirant tous à jouer un rôle politique, ils défendent l'idée d'une monarchie parlementaire sur le modèle anglais.

  • Histoire des Tuileries depuis le rêve formé par Catherine de Médicis jusqu'à la Commune.

  • « Notre division était anéantie ; ne pouvant avancer par la route, je passais par les champs où s´entassaient derrière moi des hommes et des chevaux blessés et mutilés, dans un état des plus horribles. Décrire ces horreurs est au-dessus de mes forces. » Sous la plume du lieutenant Andreev, qui en 1812 combattait, tout jeune homme, dans les rangs de l´armée russe, l´atroce bataille de la Moskova se dérobe. Comment saisir ce que fut la campagne de Russie pour ceux qui la vécurent ? Proposer pour la première fois une histoire humaine, totale, de la guerre qui opposa l´Empire français à l´Empire russe, en s´appuyant sur des sources jusque-là négligées et des matériaux d´archives inexplorés : tel est l´objet de ce livre. Les sans-grade, civils ou simples soldats, y tiennent le même rang que les héros de guerre ; la voix du peuple russe s´y mêle à celle des grognards de la Grande Armée, pour éclairer d´un jour nouveau l´affrontement des deux géants qui déchira l´Europe.

    Illustration de couverture : Olivier-Marc Nadel © Flammarion

  • Si seulement nos professeurs d'histoire nous avaient raconté le Moyen Âge avec la faconde, l'allant et la jovialité d'Alessandro Barbero ! Nous en aurions aujourd'hui une connaissance certainement plus vivante et plus intime. C'est le pari réussi de ce petit ouvrage qui, en six coups de pinceaux nerveux et précis, nous plonge dans la France et l'Italie des XIIIe, XIVe et XVe siècles : trois portraits d'hommes et trois de femmes qui font revivre la société médiévale, donnent chair à leurs façons de penser, à leurs idéaux, à leurs combats, bref à ce quotidien médiéval si difficile à appréhender.
    1) Le voyage commence à Parme. Barbero retrace le parcours de Salimbene de Adam (1221-1288), un jeune noble qui, contre l'avis de son père, décide de devenir moine et de ne plus se nourrir que de choux et de pain rassis. C'est l'Italie de François d'Assise et des prêcheurs qui haranguent les foules.
    2) Vient ensuite l'Italie de Dante, celle du marchand florentin Dino Compagni (1225- 1334), figure emblématique des premiers gouvernements populaires, celle des chevaliers bannis, des palais fortifiés et des vengeances sanguinaires.
    3) Le troisième représentant de la gent masculine est le Français Jean de Joinville (1224-1317), qu'on suit de près au côté de Saint Louis dans la croisade qui le mena à Jérusalem.
    4) Ultime retour en Italie avec Catherine de Sienne (1347-1380), grande figure de la mystique du Moyen Âge italien, et, en arrière-fond, la fameuse querelle papale entre Rome et Avignon.
    5) Christine de Pisan (1364-1430), seule femme laïque de l'ouvrage, nous ramène en France et nous montre le destin d'une mère et d'une épouse qui fut aussi la première « féministe » de l'histoire et la première auteure de « best-seller ».
    6) Barbero termine son tour d'horizon avec la figure mythique de Jeanne d'Arc (1412- 1431) et revient sur les aberrations de son procès, avec une attention toute particulière aux détails, aux hésitations, aux vanités humaines de l'époque.
    Six figures universelles qui offrent une porte d'entrée remarquablement efficace sur le Moyen Âge.

  • Le 31 mars 1814, à l'issue d'une bataille féroce qui a fait quinze mille morts en moins de vingt-quatre heures, le tsar Alexandre Ier entre triomphalement dans les rues de Paris. C'est la fin de la campagne de France menée par les Russes et leurs alliés,

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