Fontaine De Pierre

  • Tao Te King

    Lao-Tseu

    Texte fondateur de la pensée chinoise, le 'Tao Te king' est attribué à Lao Tseu. Abondamment commenté au cours des siècles, il occupe une place centrale dans la culture asiatique. Ce texte dense et concis est centré sur la notion de Tao. Souvent traduit par 'voie', le Tao signifie aussi 'parole', 'loi' ou 'vérité'. Pour l'esprit occidental, la réalité dont le Tao est porteur peut se rapprocher du monde des images primordiales ou archétypiques. Il est important de souligner qu'au coeur du Tao, de la nature ou de l'homme sage se situe le non-agir, l'action non agissante, qui est le propre paradoxal de toute véritable voie intérieure. Il est laissé à chacun la liberté de faire l'expérience de cette spontanéité et de vivre le Tao selon sa propre nature, laquelle, à un certain niveau de dépouillement ou de vacuité, rejoint l'universelle nature. Cet ouvrage juxtapose le texte millénaire du Tao Te king et des photos de nature. Cette juxtaposition forme un tout qui permet de mieux cerner la réalité du Tao, par l'esprit aussi bien que par les sens. Cet ouvrage présente une traduction française du Tao Te king qui est très claire et accessible tout en restant fidèle à la complexité et à la subtilité de ce texte. C'est la première fois qu'un Tao Te king est illustré de photos mises en correspondance avec le texte. Les photos de nature apportent un éclairage nouveau et insèrent ce texte dans notre monde quotidien. L'antique texte chinois devient ainsi intemporel et concerne toute l'humanité.

  • Tout au long de l'interprétation d'un conte roumain, « La chatte », Marie-Louise von Franz nous introduit dans les subtilités, claires et obscures, de la féminité. Elle nous montre que le sens ultime de ce récit est la réhabilitation du féminin dans sa totalité, aussi bien chez la femme que chez l'homme ; elle y traite également du problème du couple, crucial à toutes les époques. Un conte grec, « La princesse et le serpent », illustre quant à lui les problèmes que peuvent créer pour une femme un lien positif avec le père. Reconnaître le principe féminin permet de débloquer des situations qui paraissent sans issue, comme le montrent les analyses de l'auteure. La force du langage et des images symboliques de ce livre nous ébranle et nous pousse à faire évoluer notre propre perception du féminin et du masculin. L'édition de ce livre en format poche devrait permettre de toucher un public plus large et plus jeune.

  • Selon C.G. Jung, le sentiment religieux habite l'homme de manière toute naturelle. Pour énoncer que la religion est « une attitude particulière de l'esprit humain », il se fonde sur sa grande expérience de psychiatre, de psychologue, et sur sa profonde compréhension des rêves et des images archétypiques jaillies de l'inconscient, les mandalas par exemple. C'est en 1937, à l'aube des terribles conflits qui vont ensanglanter le monde, que C.G. Jung encourage ses contemporains à prendre conscience de l'existence du « Dieu intérieur » et, ainsi, à se protéger des « épidémies psychiques », des « forces inconscientes » qui peuvent enténébrer le monde. Interprétant dans cet ouvrage les rêves d'un homme de science, il montre donc l'importance de l'expérience religieuse primordiale, indépendante de ce que les confessions en ont fait. « L'homme peut réaliser des choses étonnantes si elles ont un sens pour lui. Mais la difficulté est de créer ce sens », dit Jung.

  • La dernière oeuvre du poète Gérard de Nerval, "Aurélia", a suscité en C.G. Jung un intérêt tel qu'il la cite dans plusieurs de ses écrits et lui consacre deux conférences. Nerval, dans ce récit amplement biographique, fait une large place aux rêves, aux imaginations, aux visions, aux pressentiments qu'il a eus peu avant de mourir, de se suicider. Jung relate ces rêves et visions, et les commente. Puis, dans une discussion qui suit l'une des conférences, il répond aux questions des participants, explicitant certaines images marquantes, certains points de la vie de Nerval. Une introduction à ces conférences, écrite par Craig E. Stephenson, replace l'expérience de Nerval et les interprétations de Jung dans le contexte de la psychiatrie française de l'époque et trace quelques parallèles entre "Aurélia" et le "Livre rouge" de Jung. Grâce à ce livre se trouve explicitées les conceptions de Jung sur l'art et sur l'artiste, ainsi que son point de vue plus général : la réalité des images émanant de l'inconscient n'est pas esthétique, elle concerne la vie elle-même, ce qui implique une responsabilité éthique de la part du rêveur. Les analyses de Jung et l'exposition du contexte de l'époque (romantisme et psychiatrie française au XIXe siècle) apportent un éclairage nouveau sur la vie de Nerval et sur Aurélia. Ce livre approfondit la question suivante : comment analyser psychologiquement une oeuvre d'art en donnant toute sa place à l'oeuvre aussi bien qu'à l'artiste. Ce livre pose des questions essentielles et universelles : que faire de nos images intérieures ? Comment les utiliser à bon escient ?

  • L'homme et la femme portent en eux des qualités du sexe opposé qui apparaissent personnifiées dans les rêves, les fantasmes et les oeuvres d'imagination. Carl Gustav Jung a nommé animus la composante masculine de la femme et anima la composante féminine de l'homme. Ces figures adoptent des formes variées ; ainsi l'animus peut apparaître en vieillard rempli de sagesse, en prince charmant, en mendiant, mais aussi en personnage agressif ou en sorcier, et l'anima en déesse, en princesse, en femme fatale, en prostituée ou en sorcière. Ils peuvent aussi revêtir une forme animale. Le déroulement des contes de fées et leur langage imagé permettent d'appréhender ces personnages de façon concrète, simple et vivante. Mieux qu'une approche théorique, ils nous font saisir les caractéristiques essentielles du féminin et du masculin.

  • Les archétypes, à la manière des instincts, façonnent les comportements humains. Parmi les grandes images archétypiques qui jalonnent ce chemin que nous pouvons qualifier de réalisation de soi et que C.G. Jung a appelé « processus d'individuation », nous pouvons rencontrer dans nos rêves un animal secourable, un arbre de vie, l'esprit du mal, le royaume de l'au-delà, la grande Mère, le Père esprit, ou encore des mandalas, des formes géométriques évoquant la totalité... Souvent, ce sont des lieux et des personnages familiers qui incarnent ces entités, conférant à notre quotidien une ampleur nouvelle. Pour décrire et expliciter les processus inconscients et leur intégration dans notre monde conscient, Marie-Louise von Franz parle fréquemment dans cet ouvrage, comme dans un grand nombre de ses écrits, de contes de fées, de mythes, de légendes et de rêves. Ce livre explique et illustre les découvertes de Jung dans le domaine de l'inconscient collectif et des archétypes présents dans l'âme ou la psyché humaine. De nombreux contes et mythes sont mis en parallèle avec des rêves : ainsi se trouve dévoilé le langage de l'inconscient, si vivant et imagé. L'édition de ce livre en format poche devrait permettre de toucher un public plus large et plus jeune.

  • En plus d'une analyse avec Barbara Hannah (une élève et amie de C.G. Jung), Elisabeth Tauber a été en contact régulier avec Jung, à qui elle confiait ses rêves, ses désarrois intérieurs ou ses difficultés extérieures, comme ses questions brûlantes sur le sens de la vie. Quand elle rencontrait Jung, elle notait dans un journal les échanges qu'ils avaient eus. Tout au long de ce journal se dévoile le parcours d'une femme qui, guidée par Jung, plonge dans l'inconscient et se donne de plus en plus profondément à la transformation. La personnalité de Sabi Tauber (comme on l'appelait) se révèle, mais aussi celle de Jung. Par sa manière très humaine d'accompagner un être, par sa rigueur ou sa bienveillance à lui expliquer l'incompréhensible, il adoucit ses peines et élargit son vécu. Jung ouvre Sabi à l'irrationnel, l'oriente du côté de l'astrologie par exemple, et la fait participer à ses propres recherches sur la synchronicité. Une confiance en la vie, une joie émergent de ce travail intérieur accompli avec Jung, une totalité se compose et se réalise en rassemblant les pièces éparses d'un puzzle. Et cette totalité n'est pas uniquement celle de Sabi, car, se fondant sur les expériences personnelles de Sabi, Jung les universalise ou les relie à l'inconscient collectif, si bien qu'elles en viennent à nous concerner tous. Ce livre est un témoignage unique de l'interaction entre C.G. Jung et l'une de ses patientes. La profonde humanité de Jung ressort de cet ouvrage, en même temps que la rigueur de sa pensée et de sa démarche analytique. Jung initie sa patiente à l'irrationnel et au rôle central que joue l'inconscient dans la psyché humaine.

  • Les recherches de C.G. Jung ont mis en évidence l'existence d'images ou de figures caractéristiques qui émergent en tout temps et en tout lieu, rappelle Emma Jung dans son introduction : le héros, le monstre, le magicien, la sorcière, l'enfant, etc. Jung nomme ces figures des « images primordiales ou archétypes », car ce sont des représentations tout à fait universelles et intemporelles. « Parmi ces archétypes, dit-elle, il en est surtout deux auxquels on accorde une importance particulière, car ils font partie de la personnalité tout en prenant racine dans l'inconscient collectif ; ils forment une sorte de lien ou de passerelle entre le personnel et l'impersonnel, entre le conscient et l'inconscient. Jung a nommé ces deux figures - l'une masculine et l'autre féminine - l'animus et l'anima. » L'animus est la composante masculine de l'inconscient de la femme, et l'anima la composante féminine de l'inconscient de l'homme. À l'aide de contes et de légendes, grâce aussi à son propre vécu de femme, à son expérience d'analyste, l'auteure entre dans les subtilités de la relation entre l'homme et la femme ; et elle montre que cette relation dépend aussi du lien qui se crée, à l'intérieur de soi, entre le masculin et le féminin. Sous la plume d'Emma Jung, la rencontre avec l'animus (pour une femme) et avec l'anima (pour un homme) semble être un processus naturel.

  • L'alchimie est à notre époque indissociablement liée aux travaux et aux recherches de C.
    G. Jung dans ce domaine et dans celui de la psychologie des profondeurs. Jung fut aidé dans cette tâche par son élève et continuatrice, Marie-Louise von Franz, qui, dès l'âge de dix-huit ans, s'est penchée sur les grimoires des anciens alchimistes, essayant de percer le sens sous-jacent des images et des symboles qui foisonnent dans de tels écrits.

    En portant à notre connaissance certains textes de l'alchimie grecque, arabe et latine, Marie-Louise von Franc ne cherche pas, dans cet ouvrage, à communiquer un savoir qui resterait théorique.
    Elle nous invite bien plutôt à participer au travail des alchimistes, à leurs patientes observations de la nature et de ses phénomènes. à leur quête qui se révèle être un approfondissement et un élargissement de la totalité de leur être. Explicitées par l'auteur, les images alchimiques, si proches de nos images oniriques, deviennent opérantes et nous placent dans le dynamisme de notre propre transformation.

    Ce livre a été composé à partir d'une série de cours donnés en anglais par Marie-Louise von Franz à l'Institut C.
    G. Jung de Zurich. Il en garde le caractère oral et spontané.

  • Dans la légende du Graal, « Perceval a vu le château mystérieux, le roi malade, la lance qui saigne et le Graal, mais, comme il n'a posé aucune question sur leur signification, ils disparaissent sans qu'il ait eu la moindre précision à leur sujet. » Cette scène du Graal ressemble à un rêve qui interpelle, questionne. Mais Perceval ne se sait pas en quête et ne pose aucune question, si bien qu'il devra reprendre sa route et gagner en expérience et en conscience. La légende du Graal, « merveilleuse » et « féérique », incite les chevaliers modernes que nous sommes à nous mettre en quête de « cette perle d'un grand prix [...], secrète prédisposition à la totalité qui repose dans les profondeurs de l'inconscient. » À la lumière des travaux de C.G. Jung, Emma Jung et Marie-Louise von Franz nous guident à travers la forêt des symboles celtiques et chrétiens, nous parlent du Soi et du long et périlleux processus d'individuation que cette quête du Graal évoque.

  • Qui n'a rêvé d'un chat, d'un cheval ou d'un serpent qui l'aide ou, au contraire, le menace ? Qui l'incite avec douceur ou rudesse à se mettre à son écoute ? Des animaux domestiques ou sauvages viennent nous rendre visite, la nuit, et stimulent en nous la vitalité de l'instinct. La réalité de l'animal alliée à la force opérante du rêve nous permet alors de redécouvrir une voie de nature et de simplicité. Dans ses cours et séminaires sur les animaux, Barbara Hannah évoque les caractéristiques biologiques propres à chaque animal qu'elle étudie, puis elle en approfondit le symbolisme contrasté en se référant aux mythes et légendes, aux contes de diverses civilisations. Ainsi se trouve brossé pour le chat, le chien, le cheval, pour le serpent, le lion, pour le taureau et la vache, un tableau puissant donnant des dimensions nouvelles et étonnantes à chaque animal. tout comme à la nature animale de tout être humain. Une postface écrite par Elisabeth de Fontenay ouvre de nouvelles perspectives en situant l'approche junguienne des animaux dans le vaste courant de la pensée occidentale.

  • Les archétypes, à la manière des instincts, façonnent les comportements humains. Lorsque nous nous mettons à l'écoute de nos rêves ou laissons monter en nous des images, des impressions ou des émotions, nous entrons peu à peu en contact avec la profondeur de l'inconscient, avec les structures archétypiques. Et un dialogue s'instaure entre l'inconscient et le conscient, un dynamisme se crée, qui mène à une certaine réalisation de soi. Pour décrire et expliciter les processus inconscients et leur intégration dans notre monde conscient, Marie-Louise von Franz part fréquemment, dans cet ouvrage, de contes de fées, de mythes, de légendes et de rêves.

  • C.G. Jung utilise l'expression « chemin d'individuation » pour décrire le processus qui pousse un être à se rapprocher de son centre, de la totalité psychique, du Soi. Il se réfère à la racine étymologique du mot : « individu » vient de « individuus » qui signifie « non divisé », « unifié ». Loin de tout individualisme, l'individu est donc celui qui tend à devenir UN, à réaliser la totalité. Sur la base de contes de provenances très diverses - Espagne, Perse, Albanie, Turkestan, Autriche -, l'auteure amplifie et éclaire ce thème qu'elle met en parallèle avec le symbolisme alchimique et celui des rêves. Les contes, l'alchimie, certaines traditions se trouvent ainsi réactualisés, car Marie-Louise von Franz ne cesse de puiser dans leur sagesse un enseignement qui puisse donner un sens à des vécus personnels. Des correspondances se créent, les mouvements de l'âme humaine acquièrent une dimension intemporelle.

  • Parmi les religions gnostiques, il en est une, le mandéisme, qui est encore pratiquée aujourd'hui. Son origine remonte aux débuts du christianisme, ses racines semblent plonger dans certains mouvements baptistes judaïques. On peut qualifier cette religion de religion à mystères. Les prêtres sont initiés à ces mystères, ce qui leur permet de comprendre l'univers, d'être reliés au monde de lumière. La stricte observance des rites conduit les Mandéens, après leur mort, à participer au corps de l'Adam secret. La psychologie junguienne reconnaît dans l'Adam secret une forme de l'anthropos, une image archétypique de l'homme primordial, originel. Chez les Mandéens, le sacré et le profane ne sont pas séparés, le quotidien de la vie est ritualisé, les baptêmes sont omniprésents. On peut interpréter les rites baptistes qu'ils pratiquent comme s'ils étaient des images de rêves. Des parallèles peuvent aussi se tisser avec des images alchimiques. Si Adam secret évoque certains aspects historiques, il donne surtout à comprendre cette religion à mystères en s'appuyant sur les textes mandéens et en les comparant à d'autres religions du Moyen-Orient.

  • Issue du monde médiéval occidental, la légende de Tristan et Yseut reste une référence, conférant une tonalité d'absolu à l'amour, à la passion qui lie deux êtres. Si le personnage de Tristan a souvent été analysé, peu d'études littéraires détaillées ont mis en valeur le personnage d'Yseut. "Yseut : la vie, la mort, le renouvellement" s'efforce de comprendre ce personnage triple à la lumière des recherches de C.G. Jung sur l'inconscient collectif et, notamment, sur le principe féminin. Yseut illustre les différentes facettes de l'amour, les différents rôles de la femme, montrant à quel point le féminin est créateur, guérisseur, aussi bien que destructeur. L'exploration des antécédents mythologiques qui ont contribué à forger le personnage d'Yseut, les comparaisons entre différentes versions, entre des mythes analogues, la recherche des schémas narratifs et des symboles, l'amplification des éléments ou des images caractérisant Yseut : autant d'analyses approfondies pour que transparaisse, se dégage, s'universalise le sens de ce personnage. Ou, en termes junguiens, pour que l'archétype émerge de l'inconscient collectif. Grâce à ce travail, un pont est jeté entre la littérature et la théorie des archétypes telle que l'a conçue C.G. Jung, c'est-à-dire directement liée à l'analyse des mythes.

  • Personnage tragique comme Quasimodo dans "Notre-Dame de Paris", burlesque comme Pulcinella de la Commedia dell'arte, dieu bienveillant sous les traits de Bès en Égypte ou serviteur bouffon et privilégié des rois dans les cultures précolombiennes, le bossu assume aussi le rôle d'importun ou de tourmenteur dans les comptines ou de sauveur dans certains contes. Parfois, cette ambivalence, ces attributs paradoxaux le rapprochent de la figure du nain à qui il ressemble. Ces diverses facettes sont étudiées par Monica Malamoud qui spécifie : « La bosse n'est pas uniquement un symbole de fardeau à porter, de maladie et de malédiction. Avec sa forme de boule, elle représente aussi une image de la terre. » Et même de la « totalité ». Car, si le bossu porte le poids de l'existence terrestre sur son dos, il crée aussi le lien entre l'existence sur terre et l'aspiration spirituelle.

  • Dans Ma Vie, C.G. Jung évoque l'importance qu'a eue pour lui la confrontation à d'autres civilisations pour mieux comprendre les caractéristiques du monde occidental, sa mentalité. Il relate également à quel point il a été sensible aux regards que des êtres venus d'horizons très divers portent sur notre propre civilisation. Le point de vue de l'auteur du Bouddhisme et l'art de la psychothérapie est celui d'un Japonais qui, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, s'oriente vers la psychologie, étudie à Los Angeles, puis à Zurich. Revenu au Japon, il y introduit la psychologie junguienne. En la pratiquant, en se mettant à l'écoute de l'inconscient de ses patients japonais, de son propre inconscient, il retrouve certaines racines orientales, notamment bouddhistes, qui s'étaient occultées en lui, il les voit se revivifier en ses patients aussi. Et, au fil de son expérience, un pont se crée entre deux mondes, l'Orient et l'Occident, les différences deviennent des complémentarités, les deux civilisations s'irriguent l'une l'autre. L'auteur, un Japonais qui a étudié la psychologie aux Etats-Unis et en Suisse, crée un pont entre la pensée orientale et la pensée occidentale grâce à sa connaissance et son expérience intime des deux cultures. Ce livre montre clairement les relations et les interactions qui existent entre le bouddhisme et la psychologie occidentale, surtout la psychologie basée sur l'interprétation des rêves. Ce livre va bien au-delà d'une comparaison entre l'Orient et l'Occident, il permet une meilleure compréhension de l'être humain et des soins pour guérir les souffrances psychiques.

  • L'oeuvre de Jung a un caractère intemporel. Elle est sans cesse réactualisée par l'impact qu'elle a sur ceux qui la lisent. Elle fournit aussi des outils précieux pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons : les dangers de l'ombre collective ou le besoin de prendre conscience des projections sont par exemple des sujets d'une actualité brûlante. Trois analystes proches de C.G. Jung s'entretiennent ici avec Susan Wagner, une junguienne elle-même analyste aux États-Unis. Ayant personnellement connu Jung, ces trois continuateurs de sa pensée relatent leurs souvenirs et tracent, chacun à sa manière, le portrait de cette figure centrale de la psychologie du XXe siècle dont les découvertes continuent d'alimenter la pensée actuelle. Avec des sensibilités différentes, ils abordent la personnalité de Jung aussi bien que les grands thèmes de sa psychologie - l'ombre, les archétypes, le lien entre le masculin et le féminin, l'alchimie, la synchronicité, le transfert, etc. C'est un vaste panorama de l'homme et de son oeuvre. Les différents thèmes sont traités avec la vivacité que donne l'interview, c'est-à-dire de l'oral. Le sens de l'humour prévaut aussi. On a l'impression de participer à une discussion. Comme en témoigne cet ouvrage, la pensée de C.G. Jung ne se dissocie pas de son vécu. Et, comme par ricochet, les lecteurs de C.G. Jung se trouvent amenés, en approfondissant sa psychologie, à explorer leur propre vie intérieure.

  • Dans une interview publiée dans La Quête du sens, Marie-Louise von Franz évoque le point de départ de sa recherche sur les rêves et la mort : « Après tout ce qu'on a dit de la mort, il y a une vie après la mort, il n'y a pas de vie après la mort, après toute la littérature que nous avons maintenant sur la mort, il était naturel pour moi de me dire : Pourquoi est-ce que personne ne regarde les rêves ? Qu'est-ce que les rêves disent de la mort ? » Comme toujours, Marie-Louise von Franz focalise son attention sur les rêves et leurs messages. Car seuls les rêves peuvent proposer une réponse individuelle aux grandes questions métaphysiques, seuls les rêves permettent, par des images et par un langage autre que celui du conscient, d'ouvrir la voie à la profondeur, lui conférant une dimension sacrée. Aux images de rêves font écho, en amplification et explication, des images de mythes et de légendes qui placent l'expérience personnelle au contact de l'inconscient collectif, la vivifiant et l'élargissant jusqu'à lui donner une valeur universelle. Les connaissances approfondies de l'auteur dans les mythologies du monde entier, sa compréhension toute naturelle du langage alchimique permettent ainsi au lecteur d'entrer dans le grand mystère de la mort et de l'au-delà, de la transformation.

  • Un fil conducteur traverse les écrits de Marie-Louise von Franz, sa pensée, sa vie, c'est la quête du sens. Lors d'interviews qu'elle a accordées à Claude Mettra sur France-Culture, cet aspect essentiel revient en filigrane et s'approfondit à travers deux études, l'une consacrée à la figure ambiguë de Merlin, l'autre à des réflexions sur la destinée, sur la mort.
    " Quel est le sens que peut revêtir ma vie ? " La réponse individuelle que chacun s'efforce d'apporter à cette question tout au long de sa vie ressemble à une création où vie et destin s'épousent. Les rêves font intrinsèquement partie de ce processus, l'imagination active aussi, car l'inconscient participe très étroitement à ce vaste mouvement de création qu'est une vie remplie de sens.
    L'expérience de thérapeute de Marie-Louise von Franz, sa grande compréhension du monde intérieur, ses connaissances, lui permettent d'évoquer avec autant de spontanéité que de simplicité des sujets d'une profonde complexité. Et, grâce aux CD qui sont joints à la transcription des interviews, les lecteurs francophones entendent Marie-Louise von Franz s'exprimer dans leur propre langue, ce qui la rend extrêmement présente.

  • Cette biographie est établie sur la base de souvenirs, Barbara Hannah ayant été une collaboratrice de Jung et une amie de sa famille. Les découvertes fondamentales de C.G. Jung dans le domaine de la psychologie sont mises en relation avec son vécu, avec son exploration du monde intérieur, elles sont présentées et analysées au fil de résumés extrêmement pertinents des ouvrages de Jung. C'est l'homme très vivant qui est dépeint ici, et aussi le chercheur des profondeurs de l'âme humaine.

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