Sciences humaines & sociales

  • Les séminaires américains de Jung sont centrés sur la présence de mandalas dans les rêves, les imaginations actives et les représentations visuelles. L'inconscient produit cette figure, le mandala, dont le nom en sanscrit signifie cercle, pour nous permettre de dépasser conflits et tensions intérieurs, pour parvenir à l'unification, à la réconciliation des opposés en nous. Alors, dit Jung, « nous devenons ce que nous sommes, nous rassemblons tout en nous, et notamment les complexités et les contradictions qui nous constituent nécessairement ». C'est l'individuation. Les rêves et les visions qui servent de base à cette grande étude sur les mandalas et sur les forces créatrices de l'inconscient ont été reçus par le physicien Wolfgang Pauli, prix Nobel de physique en 1945. En analyse avec Jung, Pauli l'avait autorisé à présenter ses rêves et leurs interprétations. Jung, tout en restant discret et en préservant l'anonymat de son patient, retrace son itinéraire intérieur, spécifiant que les rêves et les visions rapportés dans ces conférences ont une portée générale. Dans cet inédit de Jung, la forme du séminaire et le langage parlé facilitent l'accès à la pensée de l'auteur. Au cours de l'analyse des rêves et des visions de Pauli, Jung aborde de nombreux thèmes qui lui sont chers, comme le mandala, symbole de totalité. Cet ouvrage permet de voir comment l'évolution intérieure d'un patient s'opère grâce aux images intérieures (rêves et fantasmes) et aux interactions avec le thérapeute.

  • Selon C.G. Jung, le sentiment religieux habite l'homme de manière toute naturelle. Pour énoncer que la religion est « une attitude particulière de l'esprit humain », il se fonde sur sa grande expérience de psychiatre, de psychologue, et sur sa profonde compréhension des rêves et des images archétypiques jaillies de l'inconscient, les mandalas par exemple. C'est en 1937, à l'aube des terribles conflits qui vont ensanglanter le monde, que C.G. Jung encourage ses contemporains à prendre conscience de l'existence du « Dieu intérieur » et, ainsi, à se protéger des « épidémies psychiques », des « forces inconscientes » qui peuvent enténébrer le monde. Interprétant dans cet ouvrage les rêves d'un homme de science, il montre donc l'importance de l'expérience religieuse primordiale, indépendante de ce que les confessions en ont fait. « L'homme peut réaliser des choses étonnantes si elles ont un sens pour lui. Mais la difficulté est de créer ce sens », dit Jung.

  • Tout au long de l'interprétation d'un conte roumain, « La chatte », Marie-Louise von Franz nous introduit dans les subtilités, claires et obscures, de la féminité. Elle nous montre que le sens ultime de ce récit est la réhabilitation du féminin dans sa totalité, aussi bien chez la femme que chez l'homme ; elle y traite également du problème du couple, crucial à toutes les époques. Un conte grec, « La princesse et le serpent », illustre quant à lui les problèmes que peuvent créer pour une femme un lien positif avec le père. Reconnaître le principe féminin permet de débloquer des situations qui paraissent sans issue, comme le montrent les analyses de l'auteure. La force du langage et des images symboliques de ce livre nous ébranle et nous pousse à faire évoluer notre propre perception du féminin et du masculin. L'édition de ce livre en format poche devrait permettre de toucher un public plus large et plus jeune.

  • Les recherches de C.G. Jung ont mis en évidence l'existence d'images ou de figures caractéristiques qui émergent en tout temps et en tout lieu, rappelle Emma Jung dans son introduction : le héros, le monstre, le magicien, la sorcière, l'enfant, etc. Jung nomme ces figures des « images primordiales ou archétypes », car ce sont des représentations tout à fait universelles et intemporelles. « Parmi ces archétypes, dit-elle, il en est surtout deux auxquels on accorde une importance particulière, car ils font partie de la personnalité tout en prenant racine dans l'inconscient collectif ; ils forment une sorte de lien ou de passerelle entre le personnel et l'impersonnel, entre le conscient et l'inconscient. Jung a nommé ces deux figures - l'une masculine et l'autre féminine - l'animus et l'anima. » L'animus est la composante masculine de l'inconscient de la femme, et l'anima la composante féminine de l'inconscient de l'homme. À l'aide de contes et de légendes, grâce aussi à son propre vécu de femme, à son expérience d'analyste, l'auteure entre dans les subtilités de la relation entre l'homme et la femme ; et elle montre que cette relation dépend aussi du lien qui se crée, à l'intérieur de soi, entre le masculin et le féminin. Sous la plume d'Emma Jung, la rencontre avec l'animus (pour une femme) et avec l'anima (pour un homme) semble être un processus naturel.

  • Les archétypes, à la manière des instincts, façonnent les comportements humains. Parmi les grandes images archétypiques qui jalonnent ce chemin que nous pouvons qualifier de réalisation de soi et que C.G. Jung a appelé « processus d'individuation », nous pouvons rencontrer dans nos rêves un animal secourable, un arbre de vie, l'esprit du mal, le royaume de l'au-delà, la grande Mère, le Père esprit, ou encore des mandalas, des formes géométriques évoquant la totalité... Souvent, ce sont des lieux et des personnages familiers qui incarnent ces entités, conférant à notre quotidien une ampleur nouvelle. Pour décrire et expliciter les processus inconscients et leur intégration dans notre monde conscient, Marie-Louise von Franz parle fréquemment dans cet ouvrage, comme dans un grand nombre de ses écrits, de contes de fées, de mythes, de légendes et de rêves. Ce livre explique et illustre les découvertes de Jung dans le domaine de l'inconscient collectif et des archétypes présents dans l'âme ou la psyché humaine. De nombreux contes et mythes sont mis en parallèle avec des rêves : ainsi se trouve dévoilé le langage de l'inconscient, si vivant et imagé. L'édition de ce livre en format poche devrait permettre de toucher un public plus large et plus jeune.

  • L'homme et la femme portent en eux des qualités du sexe opposé qui apparaissent personnifiées dans les rêves, les fantasmes et les oeuvres d'imagination. Carl Gustav Jung a nommé animus la composante masculine de la femme et anima la composante féminine de l'homme. Ces figures adoptent des formes variées ; ainsi l'animus peut apparaître en vieillard rempli de sagesse, en prince charmant, en mendiant, mais aussi en personnage agressif ou en sorcier, et l'anima en déesse, en princesse, en femme fatale, en prostituée ou en sorcière. Ils peuvent aussi revêtir une forme animale. Le déroulement des contes de fées et leur langage imagé permettent d'appréhender ces personnages de façon concrète, simple et vivante. Mieux qu'une approche théorique, ils nous font saisir les caractéristiques essentielles du féminin et du masculin.

  • La dernière oeuvre du poète Gérard de Nerval, "Aurélia", a suscité en C.G. Jung un intérêt tel qu'il la cite dans plusieurs de ses écrits et lui consacre deux conférences. Nerval, dans ce récit amplement biographique, fait une large place aux rêves, aux imaginations, aux visions, aux pressentiments qu'il a eus peu avant de mourir, de se suicider. Jung relate ces rêves et visions, et les commente. Puis, dans une discussion qui suit l'une des conférences, il répond aux questions des participants, explicitant certaines images marquantes, certains points de la vie de Nerval. Une introduction à ces conférences, écrite par Craig E. Stephenson, replace l'expérience de Nerval et les interprétations de Jung dans le contexte de la psychiatrie française de l'époque et trace quelques parallèles entre "Aurélia" et le "Livre rouge" de Jung. Grâce à ce livre se trouve explicitées les conceptions de Jung sur l'art et sur l'artiste, ainsi que son point de vue plus général : la réalité des images émanant de l'inconscient n'est pas esthétique, elle concerne la vie elle-même, ce qui implique une responsabilité éthique de la part du rêveur. Les analyses de Jung et l'exposition du contexte de l'époque (romantisme et psychiatrie française au XIXe siècle) apportent un éclairage nouveau sur la vie de Nerval et sur Aurélia. Ce livre approfondit la question suivante : comment analyser psychologiquement une oeuvre d'art en donnant toute sa place à l'oeuvre aussi bien qu'à l'artiste. Ce livre pose des questions essentielles et universelles : que faire de nos images intérieures ? Comment les utiliser à bon escient ?

  • En plus d'une analyse avec Barbara Hannah (une élève et amie de C.G. Jung), Elisabeth Tauber a été en contact régulier avec Jung, à qui elle confiait ses rêves, ses désarrois intérieurs ou ses difficultés extérieures, comme ses questions brûlantes sur le sens de la vie. Quand elle rencontrait Jung, elle notait dans un journal les échanges qu'ils avaient eus. Tout au long de ce journal se dévoile le parcours d'une femme qui, guidée par Jung, plonge dans l'inconscient et se donne de plus en plus profondément à la transformation. La personnalité de Sabi Tauber (comme on l'appelait) se révèle, mais aussi celle de Jung. Par sa manière très humaine d'accompagner un être, par sa rigueur ou sa bienveillance à lui expliquer l'incompréhensible, il adoucit ses peines et élargit son vécu. Jung ouvre Sabi à l'irrationnel, l'oriente du côté de l'astrologie par exemple, et la fait participer à ses propres recherches sur la synchronicité. Une confiance en la vie, une joie émergent de ce travail intérieur accompli avec Jung, une totalité se compose et se réalise en rassemblant les pièces éparses d'un puzzle. Et cette totalité n'est pas uniquement celle de Sabi, car, se fondant sur les expériences personnelles de Sabi, Jung les universalise ou les relie à l'inconscient collectif, si bien qu'elles en viennent à nous concerner tous. Ce livre est un témoignage unique de l'interaction entre C.G. Jung et l'une de ses patientes. La profonde humanité de Jung ressort de cet ouvrage, en même temps que la rigueur de sa pensée et de sa démarche analytique. Jung initie sa patiente à l'irrationnel et au rôle central que joue l'inconscient dans la psyché humaine.

  • L'alchimie est à notre époque indissociablement liée aux travaux et aux recherches de C.
    G. Jung dans ce domaine et dans celui de la psychologie des profondeurs. Jung fut aidé dans cette tâche par son élève et continuatrice, Marie-Louise von Franz, qui, dès l'âge de dix-huit ans, s'est penchée sur les grimoires des anciens alchimistes, essayant de percer le sens sous-jacent des images et des symboles qui foisonnent dans de tels écrits.

    En portant à notre connaissance certains textes de l'alchimie grecque, arabe et latine, Marie-Louise von Franc ne cherche pas, dans cet ouvrage, à communiquer un savoir qui resterait théorique.
    Elle nous invite bien plutôt à participer au travail des alchimistes, à leurs patientes observations de la nature et de ses phénomènes. à leur quête qui se révèle être un approfondissement et un élargissement de la totalité de leur être. Explicitées par l'auteur, les images alchimiques, si proches de nos images oniriques, deviennent opérantes et nous placent dans le dynamisme de notre propre transformation.

    Ce livre a été composé à partir d'une série de cours donnés en anglais par Marie-Louise von Franz à l'Institut C.
    G. Jung de Zurich. Il en garde le caractère oral et spontané.

  • Dans la légende du Graal, « Perceval a vu le château mystérieux, le roi malade, la lance qui saigne et le Graal, mais, comme il n'a posé aucune question sur leur signification, ils disparaissent sans qu'il ait eu la moindre précision à leur sujet. » Cette scène du Graal ressemble à un rêve qui interpelle, questionne. Mais Perceval ne se sait pas en quête et ne pose aucune question, si bien qu'il devra reprendre sa route et gagner en expérience et en conscience. La légende du Graal, « merveilleuse » et « féérique », incite les chevaliers modernes que nous sommes à nous mettre en quête de « cette perle d'un grand prix [...], secrète prédisposition à la totalité qui repose dans les profondeurs de l'inconscient. » À la lumière des travaux de C.G. Jung, Emma Jung et Marie-Louise von Franz nous guident à travers la forêt des symboles celtiques et chrétiens, nous parlent du Soi et du long et périlleux processus d'individuation que cette quête du Graal évoque.

  • C.G. Jung utilise l'expression « chemin d'individuation » pour décrire le processus qui pousse un être à se rapprocher de son centre, de la totalité psychique, du Soi. Il se réfère à la racine étymologique du mot : « individu » vient de « individuus » qui signifie « non divisé », « unifié ». Loin de tout individualisme, l'individu est donc celui qui tend à devenir UN, à réaliser la totalité. Sur la base de contes de provenances très diverses - Espagne, Perse, Albanie, Turkestan, Autriche -, l'auteure amplifie et éclaire ce thème qu'elle met en parallèle avec le symbolisme alchimique et celui des rêves. Les contes, l'alchimie, certaines traditions se trouvent ainsi réactualisés, car Marie-Louise von Franz ne cesse de puiser dans leur sagesse un enseignement qui puisse donner un sens à des vécus personnels. Des correspondances se créent, les mouvements de l'âme humaine acquièrent une dimension intemporelle.

  • Qui n'a rêvé d'un chat, d'un cheval ou d'un serpent qui l'aide ou, au contraire, le menace ? Qui l'incite avec douceur ou rudesse à se mettre à son écoute ? Des animaux domestiques ou sauvages viennent nous rendre visite, la nuit, et stimulent en nous la vitalité de l'instinct. La réalité de l'animal alliée à la force opérante du rêve nous permet alors de redécouvrir une voie de nature et de simplicité. Dans ses cours et séminaires sur les animaux, Barbara Hannah évoque les caractéristiques biologiques propres à chaque animal qu'elle étudie, puis elle en approfondit le symbolisme contrasté en se référant aux mythes et légendes, aux contes de diverses civilisations. Ainsi se trouve brossé pour le chat, le chien, le cheval, pour le serpent, le lion, pour le taureau et la vache, un tableau puissant donnant des dimensions nouvelles et étonnantes à chaque animal. tout comme à la nature animale de tout être humain. Une postface écrite par Elisabeth de Fontenay ouvre de nouvelles perspectives en situant l'approche junguienne des animaux dans le vaste courant de la pensée occidentale.

  • "Aurora consurgens" fait partie de l'oeuvre de C.G. Jung. C'est le tome III de "Mysterium conjunctionis". Dans ses mémoires, Jung dit : « Ce n'est qu'avec "Mysterium conjunctionis" que ma psychologie fut définitivement placée dans la réalité et reprise en sous-oeuvre comme un tout, à l'aide de matériaux historiques. » C'est dire l'importance que lui-même accordait à ce livre. Marie-Louise von Franz et C.G. Jung ont réalisé ce travail en étroite collaboration. Les deux premiers tomes ont été signés par C.G. Jung et le troisième par M.L. von Franz. Le texte de cet ouvrage est attribué à saint Thomas d'Aquin, il est abondamment commenté par Marie-Louise von Franz. Quand il a écrit ce texte, saint Thomas d'Aquin était très près de mourir, déjà en train de passer dans l'inconscient collectif, ce qui rend son témoignage extrêmement précieux pour tout ce qui touche au monde des archétypes. "Aurora consurgens" se situe donc au confluent de différents courants de la pensée occidentale : l'alchimie, présentée ici dans sa véritable nature, celle de la réalisation d'une conscience supérieure ; la tradition biblique, qui a inspiré l'oeuvre de saint Thomas d'Aquin, et notamment le « Cantique des Cantiques » ; la psychologie junguienne qui, sous la plume de Marie-Louise von Franz, nous ouvre ce texte d'une richesse extraordinaire et nous amène à l'essentiel, au sens même de la vie, à la réalisation de soi. Cet ouvrage occupe donc une place unique dans l'oeuvre de Jung. Même s'il est signé par Marie-Louise von Franz, il n'en est pas moins le couronnement de l'oeuvre alchimique de Jung, à laquelle il attachait une importance particulière. Il permet de comprendre l'alchimie médiévale grâce à la grille de lecture de la psychologie moderne : c'est un trait d'union entre différentes époques, différents courants de pensée. C'est un ouvrage de référence incontournable pour toute personne qui s'intéresse à la psychologie junguienne et/ou à l'alchimie.

  • Les archétypes, à la manière des instincts, façonnent les comportements humains. Lorsque nous nous mettons à l'écoute de nos rêves ou laissons monter en nous des images, des impressions ou des émotions, nous entrons peu à peu en contact avec la profondeur de l'inconscient, avec les structures archétypiques. Et un dialogue s'instaure entre l'inconscient et le conscient, un dynamisme se crée, qui mène à une certaine réalisation de soi. Pour décrire et expliciter les processus inconscients et leur intégration dans notre monde conscient, Marie-Louise von Franz part fréquemment, dans cet ouvrage, de contes de fées, de mythes, de légendes et de rêves.

  • Un fil conducteur traverse les écrits de Marie-Louise von Franz, sa pensée, sa vie, c'est la quête du sens. Lors d'interviews qu'elle a accordées à Claude Mettra sur France-Culture, cet aspect essentiel revient en filigrane et s'approfondit à travers deux études, l'une consacrée à la figure ambiguë de Merlin, l'autre à des réflexions sur la destinée, sur la mort.
    " Quel est le sens que peut revêtir ma vie ? " La réponse individuelle que chacun s'efforce d'apporter à cette question tout au long de sa vie ressemble à une création où vie et destin s'épousent. Les rêves font intrinsèquement partie de ce processus, l'imagination active aussi, car l'inconscient participe très étroitement à ce vaste mouvement de création qu'est une vie remplie de sens.
    L'expérience de thérapeute de Marie-Louise von Franz, sa grande compréhension du monde intérieur, ses connaissances, lui permettent d'évoquer avec autant de spontanéité que de simplicité des sujets d'une profonde complexité. Et, grâce aux CD qui sont joints à la transcription des interviews, les lecteurs francophones entendent Marie-Louise von Franz s'exprimer dans leur propre langue, ce qui la rend extrêmement présente.

  • Cet ouvrage a pour thème la synchronicité, que C.G. Jung a observée et étudiée à de nombreuses reprises. Etienne Perrot évoque la correspondance qui soudain se manifeste entre un événement extérieur et un vécu intérieur à l'aide de certains exemples, comme le hasard significatif ou le Yi king. Il la décrit également à travers des récits d'histoires individuelles, caractéristiques, qui montrent que des coïncidences troublantes peuvent avoir un sens pour celui qui les vit. La synchronicité échappe à la causalité, si bien qu'elle place celui qui en fait l'expérience dans un autre mode de perception que celui de la rationalité.

  • Dans cet ouvrage, Marie-Louise von Franz analyse des contes de fées de provenances très diverses - Danemark, Espagne, Chine, France, Afrique, Allemagne. Elle dégage la mentalité, l'originalité de chaque conte, miroir de la nation ou de la civilisation dont il est issu ; et elle montre aussi des similitudes, des convergences entre ces contes, au-delà des différences. On pourrait dire que l'inconscient personnel d'une nation est mis en relief, tout comme l'inconscient collectif. Les contes de fées sont sur le plan collectif ce que les rêves sont sur le plan individuel. Dans les rêves se dévoilent des traits personnels du rêveur, mais aussi des structures archétypiques communes à tous les êtres humains : l'inconscient personnel du rêveur se fait jour, l'inconscient collectif aussi. En mettant en parallèle contes et rêves, l'auteure entre dans la dynamique de l'inconscient pour en expliciter les structures fondamentales. Remplace EAN 9782902707409.

  • Issue du monde médiéval occidental, la légende de Tristan et Yseut reste une référence, conférant une tonalité d'absolu à l'amour, à la passion qui lie deux êtres. Si le personnage de Tristan a souvent été analysé, peu d'études littéraires détaillées ont mis en valeur le personnage d'Yseut. "Yseut : la vie, la mort, le renouvellement" s'efforce de comprendre ce personnage triple à la lumière des recherches de C.G. Jung sur l'inconscient collectif et, notamment, sur le principe féminin. Yseut illustre les différentes facettes de l'amour, les différents rôles de la femme, montrant à quel point le féminin est créateur, guérisseur, aussi bien que destructeur. L'exploration des antécédents mythologiques qui ont contribué à forger le personnage d'Yseut, les comparaisons entre différentes versions, entre des mythes analogues, la recherche des schémas narratifs et des symboles, l'amplification des éléments ou des images caractérisant Yseut : autant d'analyses approfondies pour que transparaisse, se dégage, s'universalise le sens de ce personnage. Ou, en termes junguiens, pour que l'archétype émerge de l'inconscient collectif. Grâce à ce travail, un pont est jeté entre la littérature et la théorie des archétypes telle que l'a conçue C.G. Jung, c'est-à-dire directement liée à l'analyse des mythes.

  • Personnage tragique comme Quasimodo dans "Notre-Dame de Paris", burlesque comme Pulcinella de la Commedia dell'arte, dieu bienveillant sous les traits de Bès en Égypte ou serviteur bouffon et privilégié des rois dans les cultures précolombiennes, le bossu assume aussi le rôle d'importun ou de tourmenteur dans les comptines ou de sauveur dans certains contes. Parfois, cette ambivalence, ces attributs paradoxaux le rapprochent de la figure du nain à qui il ressemble. Ces diverses facettes sont étudiées par Monica Malamoud qui spécifie : « La bosse n'est pas uniquement un symbole de fardeau à porter, de maladie et de malédiction. Avec sa forme de boule, elle représente aussi une image de la terre. » Et même de la « totalité ». Car, si le bossu porte le poids de l'existence terrestre sur son dos, il crée aussi le lien entre l'existence sur terre et l'aspiration spirituelle.

  • Dans une interview publiée dans La Quête du sens, Marie-Louise von Franz évoque le point de départ de sa recherche sur les rêves et la mort : « Après tout ce qu'on a dit de la mort, il y a une vie après la mort, il n'y a pas de vie après la mort, après toute la littérature que nous avons maintenant sur la mort, il était naturel pour moi de me dire : Pourquoi est-ce que personne ne regarde les rêves ? Qu'est-ce que les rêves disent de la mort ? » Comme toujours, Marie-Louise von Franz focalise son attention sur les rêves et leurs messages. Car seuls les rêves peuvent proposer une réponse individuelle aux grandes questions métaphysiques, seuls les rêves permettent, par des images et par un langage autre que celui du conscient, d'ouvrir la voie à la profondeur, lui conférant une dimension sacrée. Aux images de rêves font écho, en amplification et explication, des images de mythes et de légendes qui placent l'expérience personnelle au contact de l'inconscient collectif, la vivifiant et l'élargissant jusqu'à lui donner une valeur universelle. Les connaissances approfondies de l'auteur dans les mythologies du monde entier, sa compréhension toute naturelle du langage alchimique permettent ainsi au lecteur d'entrer dans le grand mystère de la mort et de l'au-delà, de la transformation.

  • « Les rêves portent en eux une intelligence supérieure, une sagesse et une ingéniosité qui nous guident. Ils nous montrent quand nous avons tort, quand nous sommes inadaptés ; ils nous avertissent d'un danger ; ils prédisent des événements à venir ; ils nous suggèrent quel est le sens profond de notre vie et ils nous transmettent des éclairages qui sont comme des illuminations. » Ainsi s'exprime Marie-Louise von Franz qui ajoute que rêver est un « processus vital de la psyché ».
    Dans une série d'émissions consacrées aux rêves et produites par la télévision canadienne, Marie-Louise von Franz interprète un certain nombre de songes et répond à des questions que lui pose Fraser Boa. Elle montre que les images de rêves reflètent de manière très individuelle la personnalité du rêveur, son destin, tout en le mettant en contact avec un univers symbolique aux richesses inépuisables, celui de l'inconscient collectif. Par la voie des rêves, l'inconscient entre en relation avec le conscient, instaurant un dialogue entre l'un et l'autre qui élargit considérablement la perception de la réalité que l'on peut avoir. À l'écoute des rêves, des solutions très concrètes sont apportées à des problèmes de vie que le rêveur, la rêveuse croyaient irrémédiablement insolubles.

  • Coran teint peut être considéré comme le manifeste, "le livre" de "l'alchimie nouvelle" présentée en novembre 1978 sur les ondes de France-Inter. Héritier alchimique de C.G. Jung et de Marie-Louise von Franz, Etienne Perrot y prouve le mouvement en marchant. Prenant pour point de départ des songes, il les commente du dedans et non du dehors, en alchimiste et non en psychologue : tenant le langage du "symbole vivant", il éclaire l'image par l'image, le symbole par le symbole. Coran teint est ainsi animé d'un puissant souffle de prophétie (expression directe de l'inconscient) et de poésie (au sens originel de "création"). Ses vingt-cinq souriates véhiculent un dynamisme transformant, celui du symbole. Ce livre s'adresse à tous ceux qui, au-delà des ésotérismes et des exotismes, recherchent, dans la vérité et la simplicité du coeur, la voie occidentale de réalisation.
    Par son inspiration et son contenu Coran teint est un traité pratique de la transmutation. L'alchimie restaurée par Jung y vérifie les intuitions d'André Breton et mène à son achèvement l'aventure du surréalisme. L'auteur l'a enrichi d'un fragment autobiographique (Mémoires d'un chemineau) et d'un choix de poésies chymiques.

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