Franco Berberes

  • Dès les premiers mots de cet « Essai », le ton est donné avec une écriture fondée sur un regard et un style fins: « Au pied de la passerelle de son Boeing 737 présidentiel, ZABA, pour la première fois de sa vie, éprouve une sensation jusqu'alors inconnue... », et d'enchaîner sur le stress et le vertige dont ZABA (expression facebookienne utilisée pour parler de Ben Ali), fut soudainement envahi, avant que le général SERIATI ne le pousse dans l'avion pour l'Arabie Saoudite.
    Il faut du talent pour nous retracer le ressenti du dictateur au moment de fuir. Il en faut pour nous décrire pas à pas les conditions de vie des pauvres en Tunisie, Il en faut pour reprendre, témoignages à l'appui les origines de la révolte, et suivre de Regheb à Tunis ces tunisiens « d'en bas » Il en faut pour aborder les points sensibles comme le pouvoir et les médias sous Ben Ali, le rôle de la police, et la torture.
    Tout au long des 240 pages d'un livre qui se veut « par le peuple, pour le peuple » ils nous font découvrir la révolution tunisienne dans un « parler vrai » complètement impensable il y a seulement 150 jours. Rien n'a échappé aux auteurs des 50 dernières années de la Tunisie. Voici enfin l'histoire de la Tunisie écrite sans concession par des tunisiens: ceux à qui Ben Ali et la bourgeoisie tunisienne n'avaient laissé qu'un seul choix : « ferme ta gueule et va travailler sur les chantiers pour 9 dinars par jour ».
    Un mémorial reprend aussi les noms des martyrs connus, afin que nul n'oublie.

  • Pikilini

    Zoubeir Bornaz

    Déroutant, poignant, incandescent, parfois hilarant et, surtout, très libre.
    Léger, gouailleur, profond, le premier roman de Zoubeir Bornaz envoie valser tous les clichés et, sans moralisme aucun, pointe du doigt les paradoxes de la société tunisienne, abordant des sujets sur l'enfance et l'adolescence tels que les séances au Hamam des femmes, la circoncision, les premières rencontres féminines, les travestis, ou les homosexuels, mais aussi les femmes trompées et les mères qui ferment leur gueule, sans jamais sombrer ni dans le folklorisme, ni dans le misérabilisme. A l'image de la Tunisie d'aujourd'hui, l'écriture de l'auteur est décomplexée et enjouée: elle enfièvre et ne laisse personne indifférent.
    Avec un style direct, on s'aperçoit vite que l'auteur est un véritable architecte du mot, il construit, adapte, transforme les pages de son livre en une grande fresque de la vie quotidienne d'une famille tunisienne dont les extérieurs ont toujours été protégés, sans penser qu'un jour le regard d'un enfant : Pikilini, viendrait en soulever le voile.

  • Un livre de contes écrit dans trois langues : Tamazight-Arabe-Français.
    Retrouvailles annuelles des enfants des villes et des campagnes, dans ces espaces de Kabylie où les cousins aiment se retrouver chaque année à l'époque des vacances.
    A l'ère de l'industrialisation de l'Algérie, l'auteur nous raconte avec talent, l'histoire de l'épouvantail: cette forme étrange, censée faire peur aux oiseaux afin de protéger les récoltes, n'est pas sans inquiéter les enfants des villes.
    Avec des dessins de l'auteur et une adaptation en Français - Tamazight et Arabe, nous entrons dans une thématique nouvelle, toujours fortement ancrée dans la symbolique berbère. La pluie tiède, le vent doux, la magie de l'épouvantail qui se confie à la fée, une approche de la solitude très bien mise en valeur pour le public concerné, font de ce livre de contes, un ouvrage remarquable.

  • Dans un kabyle compliqué, Baya désenchantée résuma le profond désarroi villageois. « La vie s'arrête. Tala est silencieuse. Le verbe s'assèche. La langue se perd. Les murs craquellent. Les poutres sont vermoulues. La galette sent le brulé. Les métiers à tisser sont raccrochés. Les jarres des aïeux sont exposées sur les grandes routes. Les abeilles refusent de butiner. Les oiseaux ne chantent plus. Les vaches ne vêlent plus. Les filles vieillissent sans prétendants. Les jeunes ont peur de fonder leur foyer ! Notre moulin est à l'arrêt. L'âme kabyle se vend sur les routes nationales.
    Les vieux meurent emportant avec eux livres et mémoires. Les bébés refusent de venir au monde, notre monde qui finit ! Notre vieille société dépose son bilan ».
    Après « Le rêve des momies » et « Les derniers Kabyles » deux romans qui révèlent de l'intérieur l'âme de la vieille société kabyle en déshérence, « Un Automne Kabyle » propose un regard externe sur les ultimes survivances culturelles de cette même société coincée entre les archaïsmes de l'Orient et les chimères de l'Occident.

  • Vision intime

    Kamal Sabi

    Vision Intime ( Tamuùli-inu en tamazight ) est un conte bilingue, français-tamazight, qui représente à la fois, nos préoccupations et les dérives d'une société complexe. Il allie morale, poésie, magie et bon sens ; illustré de dessins qui, en plus d'être d'une qualité remarquable, viennent à merveille compléter et rendre plus intelligible un texte déjà très pertinent.
    On y trouve des thèmes aussi intéressants que sensibles : la sincérité, le courage, la bravoure, l'amour, la haine, la fidélité, la lâcheté, le remord. Voyage légendaire en compagnie d'un jeune orphelin. L'unique personne qui l'entoure est une vieille dame. Après sa disparition, le jeune erre dans une existence tel un vagabond, sans objectif, sans repère jusqu'où jour où il rencontre un groupe de sages qui lui imposent de pénibles épreuves.

  • Avec les Contes magiques de haute kabylie de Salima Aït-Mohamed, il n'y a aucun doute ! nous sommes bien dans les contes du premier courant méditerranéen, oeuvres locales et rurales qui font partie du répertoire féminin berbère, Ici nous sommes plongés dans la magie des montagnes du Djurdjura, nos héros sont les défenseurs de la communauté villageoise contre les forces maléfiques et dangereuses de la nature : ogresses ( teryel ) hydres et autres puissances surnaturelles du monde sauvage., Puisés de l'oralité, source première de la culture Amazighe, on y retrouve ses préceptes, ses interdits, ses peurs et ses rêves; sa mémoire et son interprétation du monde, lucide et pugnace. Les contes sont fait pour être racontés, être transmis... Ils doivent circuler partout dans le monde à l'image du Grain magique de Taos Amrouche. ou des contes de Mouloud Mammeri.

  • Ameghness

    Youcef Sab

    Ameghness, Mémoires kabyles, est un récit biographique romancé d'un groupe d'enfants kabyles de la guerre d'indépendance de l'Algérie, génération des premières années de la nation algérienne en devenir, avec comme toile de fond une société kabyle et les premiers aléas de cette nouvelle situation sociale, économique et politique dans ce pays. Un roman littéraire qui apporte aussi une vision toute spécifique de la colonisation, des évènements d'Algérie et des premières années de l'état algérien, ses choix stratégiques ses succès certes, mais aussi ses erreurs voire ses bourdes, sans concession aucune. On retiendra surtout de ce récit une vision toujours aussi singulière de l'influence de l'islamisation de la colonisation française et des tentatives d'arabisation de la société kabyle par le régime politique algérien. Cette écriture est assumée par son auteur qui ne prétend pas être historien, qui s'avoue résistant, parfois méchant en dénonçant les injustices et les drames que vit son peuple et qu'il décrit si bien à travers la tragédie de son personnage principal.

  • On a beaucoup écrit sur Cheikh HASNAOUI, ce chanteur mythique kabyle des années 30, dont l'exil en 1961 a ajouté quantité de mystères et suscité tant de commentaires. Mais jamais un travail aussi scientifique sur les profondeurs de l'âme d'Hasnaoui n'avait été entrepris.
    Il a fallu la passion d'Ahmed, cet ancien étudiant à l'Institut des Techniques Hôtelières et Touristiques de Tizi-Ouzou, Il a fallu sa rencontre avec Hamel Saïd qui, enchanté à la lecture des paroles, agrée la proposition de mettre en musique et de chanter l'un de ses textes, celui intitulé : « d'amjahed «, en hommage aux martyrs de l'engagement révolutionnaire de 1954, parmi eux, Belaïd Ouzaghar, combattant de la première heure, tombé au champ d'honneur.
    Il a fallu l'expert du verbe : Mohand, spécialiste du mot, de la parole cachée, Isolément, chacun dans son coin, à Alger, en Kabylie, en France, ces deux auteurs se sont évertués à nourrir la même appétence de plus en plus croissante : écouter, analyser et commenter la chanson kabyle, en général, et celle de Cheikh El-Hasnaoui, en particulier.
    Ainsi, depuis 2005, dans une convergence verticale, une concurrence apicale et surtout une confiance amicale, ils unissent leurs forces pour ouvrir le chantier de la difficile chanson de Cheikh El-Hasnaoui et couvrir les travaux entrepris.

  • Avec beaucoup de modestie, Youcef MAZARI propose un important travail de recherches historiques retraçant la vie de TADMAIT et de sa région depuis l'antiquité, puis pendant les périodes arabe, turque, française, ainsi que la fondation du Camp du Maréchal.
    Sa grande soif de connaître et de faire connaître l'histoire de sa région la guidé dans le « labyrinthe de l'histoire», les Iflisen N'melli sont situés à la plus grande proximité d'Alger.
    Dans cette partie la plus occidentale de la Kabylie, ils habitent les hauteurs d'un premier ensemble de moyenne montagne qui, entre les vallées du fleuve Isser, à l'Ouest, et de la rivière Bougdoura, affluente du Sebaou, à l'Est, domine les basses plaines et collines entre les fleuves Sebaou et Isser, où passent à la fois deux routes qui les contournent : au Nord celle d'Alger à Tizi-Ouzou, gardée par les bordjs turcs de Menayel et de Sebaou, et, à leur flanc est celle autrefois suivie par les Turcs d'Alger à Constantine par leur bordj de Boghni.
    Ils se sont ainsi trouvés postés en situation exposée de «gardiens des portes de la Kabylie»

  • Avec son âme de poétesse, son imaginaire innovant et son écriture subtile, l'auteur Anissa Mohammedi, nous propulse à travers son conte dans une forêt de la Kabylie, où se tisse la trame d'une tragédie animalière. Ce conte met en scène : un lion puissant et hautain, un chat docile et opportuniste et une souris frêle et rusée. Qui de ces trois créatures détient la meilleure position dans un territoire commun ?
    Cette histoire livre en précepte, une conclusion d'autant plus efficace que séduisante, qu'elle suscite l'étonnement et la réflexion. Cette symbolique animale permet d'extrapoler et de révéler l'individualité de l'homme, ainsi que ses ambitions et ses faiblesses. Une sorte d'apologue qui illustre et résume précisément une conjecture réelle des dominés face aux puissants et de la force à l'intelligence.

  • Divagations

    M'Hamed Hassani

    Les « Divagations », composées de proses et de poèmes que l'auteur (Mhamed Hassani) qualifie de « pro-sèmes » sont nées de l'euphorie de l'après « Octobre 1988 », cette bourrasque qui a libéré toutes les énergies du bien et du mal, pour déferler sur une Algérie prise en otage par ses libérateurs.
    Cette euphorie est allée en se désintégrant. Le droit à la liberté englobe-t-il la liberté de tuer au nom d'une illusion, d'une idée ou d'une religion ? « J'ai survécu à toutes les tentatives d'assassinat civilisé en usant de mes réserves de primitif » A travers des séances d'écriture, le poète s'emmêle dans sa culture ancestrale (Berbère) qui cherche, elle aussi, sa part de modernité dans un monde où les êtres humains sont pressés d'arriver. « Quand je pense à toutes ces années d'usure, je ne peux que redoubler de lucidité dans ma folie enregistrée auprès de tous les services d'ordre».
    Pressés pour aller vers où ? Le poète s'aventure dans un futur probable où la forme se libère de l'enjeu. « Ni roi ni reine ; un couple d'asexués bouclera le cycle humain et la machine prendra la relève jusqu'au retour promis »...

  • Dans les dernières décennies du XIXe siècle, une jeune Juive native de Ghardaïa, et un jeune musulman mozabite décidèrent de se marier envers et contre tous. Le couple eut une seule fille qui épousera un colporteur kabyle d'huile d'olives et de figues sèches. Le marchand et sa femme s'établirent non loin de Bejaia, dans la vallée de la Soummam. Au début des années 50 du siècle dernier, Leur fille, à 30 ans, se maria avec un Kabyle, ancien militaire de carrière, rentré d'Indochine. Le couple eut un garçon, qui, plus tard, choisira le métier d'Imam. A la fin du XXe siècle, après la démission du Président de la République, l'annulation du deuxième tour des élections législatives , et l'apparition du terrorisme islamiste, l'Imam qui venait de perdre sa mère, n'ayant plus d'attache en Algérie, décida de s'exiler en France.
    L'auteur vous entraîne dans les sillons d'une étonnante intrication judéo musulmane sans précédent.

  • En 1956 et 57, le soldat de deuxième classe Albert Naour, paysan breton de Cornouaille sud, astreint au service militaire obligatoire, fut envoyé en petite Kabylie pour assurer le maintien de l'ordre et la pacification ; ainsi les milieux gouvernementaux relayés par la plupart des médias appelaient-ils, cette guerre atroce qui dura huit ans. Traumatisé par l'expérience vécue dans le secteur d'El Maïn et Beni Ourtilane, comme la plupart de ses camarades, Albert s'est tu pendant quarante huit années. Puis, mis en confiance par son voisin et ami, Marcel Gozzi, il a raconté - avec franchise - ce qu'il pensait des prétendus événements d'Algérie. Son témoignage est relaté dans un livre : La Jeunesse d'Albert, paru chez Liv'Éditions en 2008.
    /> Retour à El Maïn, écrit avec Marcel Gozzi et préfacé par madame de Bollardière, retrace les principaux épisodes du retour d'Albert Naour, cinquante-quatre années après sa démobilisation. L'ancien soldat raconte l'accueil émouvant et sincère que lui ont réservé les habitants d'El Maïn et des villages qu'il a visités, ses découvertes, ses surprises, sa rencontre avec d'anciens soldats de l'ALN. Il livre ses souvenirs à vif et ses réflexions sur la guerre, les hommes et l'histoire.
    Son témoignage humain et poignant est riche d'espoir pour l'avenir des relations entre les hommes de bonne volonté et les peuples.

  • Avec l'aide des proches de Si Lbachir (amis et parents), nous avons tenté de suivre en quelque sorte les lieux de pérégrinations du poète dès lors qu'il avait une troupe de musiciens et qu'il évoluait dans une aire (plus ou moins limitée) qui lui était déjà acquise. Il avait tissé des amitiés et aimait se produire là où il était reconnu et reçu avec les honneurs qui lui étaient dus. Dans certains endroits, il avait à se mesurer avec les poètes locaux (comme à Ifighha et dans la région d'Azazga, avec Tahar Oukhoufache) et la mémoire collective en a gardé intact le souvenir.
    Le recueil que publient Tassadit YACINE & tidukla tadelsant n Tmazi?t Lbacir Amella? est cette pierre qui s'ajoute à l'édifice, déjà important, initié par des noms connus de la littérature écrite mais qui ont en commun d'avoir consacré des travaux à la littérature orale : Jean-El Mouhoub Amrouche, Taos Amrouche, Malek Ouary, Nabile Farès, Rabah Belamri (à la limite de la berbérophonie) tous natifs de cette même région. Il est vrai, par ailleurs, que dans le champ de la recherche stricto sensu, cette région demande à être mieux connue qu'elle ne l'est puisqu'elle a joué un rôle historique important depuis au moins l'antiquité jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

  • L'auteur est un poète-cardiologue. Il ausculte le coeur de la vie pour comprendre les états d'âmes, les soubresauts, les secousses, les pulsions, les pulsations d'une société qui lui tient à coeur, étant issu des entrailles de celle-ci. Son coeur bat au rythme de sa société. Tantôt il s'affole quand il a peur pour elle, tantôt il se calme quand il sent ses concitoyens revigorés par un sentiment d'optimisme, de renouveau, de dignité. Pour l'auteur, la vie est un laboratoire. Chaque pas que nous faisons doit nous projeter vers un avenir plus radieux en tenant compte des enseignements des échecs. Sa devise est : Un pas en arrière, deux pas en avant. De la synthèse de sa vie, l'auteur, a extrait des fables et des nouvelles écrites avec l'art et la manière.

  • Face à l'exacerbation du fondamentalisme islamique obscurantiste et régressif, au fondamentalisme néo libéral usurpateur et colonialiste et au fondamentalisme d'une gauche sociale et ( ou ) nationaliste centralisatrice et substitutive, le processus révolutionnaire déclenché en Tunisie ( 2010-2011 ), et propagé dans toute la région arabe s'est heurté à une entreprise infranchissable de manoeuvres de récupération qui a trouvé, d'abord, aux syndicats et dans les partis ouvriers, puis dans les ONG dites de la société civile, un pilier solide qui a tout fait pour court-circuiter ce processus et le remplacer par un soi-disant « processus démocratique » qui limite les tâches révolutionnaires en une restauration des régimes en place.
    Le courage des jeunes révoltés, des citoyens des régions et des secteurs populaires marginalisés n'a pas suffi à démanteler les vieilles structures et à émanciper le peuple du joug de l'État et du système capitaliste pilleur. L'absence d'une stratégie révolutionnaire réfléchie, d'un programme d'action déterminé et d'une capacité organisationnelle efficace et tranchante en est la cause principale.
    Néanmoins elle a ouvert une perspective réelle de débats, d'études et de remise en cause des stéréotypes du 20ème siècle qui continuent à infecter les mouvements révolutionnaires depuis la catastrophe de l'instauration puis du délitement du modèle soviétique monolithique et totalitaire, principal entrave au développement d'autres horizons révolutionnaires depuis presque un siècle.
    Ce livre souhaite contribuer à ce débat et à ce dépassement de l'ère de stagnation et de désarroi. Il essaie de capter les inventions populaires inédites pour penser le processus révolutionnaire du 21ème siècle.

  • L e soc des années est un recueil poétique bilingue, en langues Tamazight et Française, qui se veut - comme son titre le souligne - la séquelle criante du jeune passé tumultueux de l'auteure empreint de fougue, de nostalgie et de révolte.
    Transcrite en Tifinagh et en Latin, la version Amazighe du recueil, collige quelques-uns des poèmes notables de Tiziri At Umazigh - ceux qu'elle écrit durant son adolescence - et d'autres poèmes encore plus anciens, qu'elle recueillit elle-même auprès de personnes âgées, aujourd'hui décédées.
    Quant à la partie Française du livre, elle dépeint dans une expression hyaline, étoffée d'un langage nu et original, le parcours rédactionnel d'une jeune poétesse jonglant avec les mots et les tabous, lesquels elle redore dans ses inhabituels blasons, véritables pitances pour faméliques.

  • Affichant son intérêt à la culture amazighe, Yacine KHELIFA n'arrête pas de nous faire voyager dans le monde de l'oralité. Cet ouvrage est très intéressant du fait que son auteur ne s'est pas contenté de faire de la collecte de terrain, car en dressant les aspects théoriques de ce genre littéraire, l'auteur nous livre des esquisses d'analyses intéressantes.
    Il nous livre aussi plus de mille proverbes recueillis soigneusement dans la région des Ath Abbas, des dictons souvent d'une grande beauté, dont l'usage devient de plus en plus restreint. C'est ce genre d'initiative qui sauve la littérature du figement et du danger de la disparition.

  • Ces contes trilingues illustrés sont écrits en arabe, en français, et en tamazight (écriture tifinaghe et latine). Ils invitent le lecteur et/ou l'auditeur à découvrir une partie du conte nord- africain.
    La simplicité des textes d'une part, et le fait qu'ils soient écrits en différentes graphies d'autre part, facilitent et diversifient l'accès à leur lecture.
    Chaque texte est accompagné d'un dessin qui en donne l'idée générale, ou facilite sa compréhension.
    Sur le plan pédagogique :
    Au-delà de la lecture et de l'écoute qu'ils travaillent, ces contes véhiculent chacun, d'une façon implicite ou explicite, une morale que le lecteur ou l'auditeur est invité à découvrir.
    Avec des illustrations remarquables qui accompagnent les textes et éveillent la curiosité, le lecteur est incité à la contemplation. Les personnages sont des animaux et des objets, qui font appel à l'imagination et en donnent une empreinte de beauté.

  • Apprendre Tamazight en Tifinagh est une méthode simple pour l'apprentissage d'une langue plusieurs fois millénaires. C'est un outil simple et pratique.

  • Dans ces contes animaliers choisis, l'auteur, qui est aussi parolier musical, oscille entre le traducteur fidèle et le conteur emporté par son imagination fertile.
    Dans cet exercice difficile, le traducteur ou plutôt le créateur a excellemment su garder le cachet de l'oralité.
    Dans ce recueil de 40 fables, très bien illustré par Jean Claude BAUER, le poète a soigneusement travaillé le style en insistant sur les aspects poétiques et expressifs des fables. Ce qui a malgré les contraintes de traduction, fourni un mode de transmission narrative imagée et métaphorique.
    Outre ses qualités littéraires, le mérite de Tineqqisin de Boualem MESSOUCI réside certainement dans sa nature de texte didactique recouvrant tous les éléments artistiques du genre : dialogue court, gai et surtout innocent.
    Par sa traduction et vu le manque flagrant de supports didactiques, l'auteur propose aux enseignants et apprenants de tamazight un manuel de qualité, car il répond à un pressant besoin exprimé : des textes littéraires en berbère sans connotation idéologique.

  • C'est l'histoire difficile d'un destin de femme, étroitement lié à celui de son pays, l'Algérie, en proie à une effrayante sauvagerie aveugle. Amina, est une jeune fille qui se fait engrosser de force par son père, émir islamiste. Elle accouche de son enfant qu'elle garde, tout en poursuivant ses études à l'université.
    Pour faire face aux aléas de la vie, la tête haute, elle devient prostituée de luxe. Ensuite elle tombe amoureuse de Michel, un diplomate en poste à Alger. Il a fallu bien du talent à l'auteur pour émailler son récit, soit de poésie, soit de narrations historiques, qui, à travers les odeurs qu'elles dégagent nous permettent de supporter un récit souvent insoutenable.

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