Gallimard

  • Quand les écrivains se font lexicographes, la définition froide et rigoureuse cède sa place à l'évocation poétique, à l'image qui claque, à l'humour subtil. Aragon décrit l'apprenti coiffeur prêt à dénouer sa vie durant les chevelures légères des femmes, désignées par ce néologisme amusant et moderniste : les « cheveux-vapeur ». Quelle est la madeleine de Philip Roth? Le «rugelach», une pâtisserie dont le romancier aimerait qu'elle ait les mêmes vertus que le gâteau proustien. Romain Gary affirme que «les mots ont des oreilles». Hugo note que dans l'obscurité «on éprouve quelque chose de hideux comme si l'âme s'amalgamait à l'ombre». Et Balzac parle de la loterie comme de «l'opium de la misère».
    Une promenade pleine d'esprit en littérature.

  • Rien de tel, à son réveil, que de lire une phrase bien noire, bien triste, bien éprouvante. il y a toutes les chances pour que, partant d'aussi bas, la journée se déroule sous de meilleurs auspices. Aussi, avant de croiser ses semblables, garder à l'esprit que l'homme est un «être à deux pieds et ingrat» selon la définition de Dostoïevski, tenter de se rappeler avec Éric Fottorino ce vers ancien où «l'ombre est toujours sombre, même quand elle tombe d'un cygne», et se rassurer en lisant ce que diagnostiquait jadis Stendhal : «Nous marchons vers le chaos.» Tout cela est exquis de pessimisme.

  • Vous avez lu, et vous êtes remonté dans le temps, vous avez voyagé dans le vaste monde, vous avez aimé à la façon des personnages romanesques, vous avez mangé, bu, ri ou pleuré, détesté, contemplé dans les livres, contracté la fièvre, entamé une analyse, visité le Louvre. et bien d'autres choses encore, rien qu'en tournant les pages. Eh bien, c'est le moment de convoquer vos souvenirs et de répondre aux questions qui nouent la culture générale et la littérature.
    Un galop d'essai : «Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage», écrit Du Bellay. Vous le savez certainement, Ulysse a terminé son voyage à Ithaque, une des îles : Éoliennes, Anglo-Normandes, Ioniennes? Réponse page 26.

  • Les personnages littéraires sont des gens merveilleux : ils s'aventurent là où nous n'oserions pas mettre le pied, ils aiment et parfois en souffrent à notre place, il leur manque une jambe, ils travaillent à Séville ou à Wall Street. Ces compagnons de lecture nous accompagnent durablement, vous allez en faire l'expérience. Vous les retrouverez grâce à quelques indices et, sitôt que leur silhouette surgira de votre mémoire, vous cheminerez de nouveau dans vos lectures. De quoi passer un délicieux moment.

  • Gilles Moinot, dit l'Oiseau, fut pendant longtemps l'auteur des mots fléchés du quotidien Libération. Nombreux sont les cruciverbistes qui n'ont pu réprimer des rires à la lecture de ses définitions les plus spirituelles. Nous avons ici réunies les plus belles d'entre elles. Que les novices ne s'inquiètent pas, quatre indices permettent de trouver la solution ; quant aux aficionados de l'irrégulier damier, ce petit ouvrage sera l'occasion de poursuivre leur gymnastique intellectuelle tout en appréciant l'humour qui caractérise l'Oiseau.

  • Comment mieux honorer les 70 ans de la prestigieuse collection qu'en donnant à lire les perles des auteurs du polar ? Une rasade de machisme, une autre de violence plus ou moins gratuite, secouez le tout avec la haine du bourgeois et de l'homme de loi, et ça donne :« Vous pouvez me croire, cette môme-là avait un châssis qu'en aurait dit long à un aveugle. »Peter Cheyney« La première chose en arrivant au bungalow, c'est de nous caler les joues ; il est près de trois heures et, depuis le matin, nous étions au régime jockey. » Ange Bastiani« La lourde a claqué, puis Marinette est entrée, annonçant :- Tous ces messieurs sont partis bien contents ; les familles seront heureuses, ce soir ! »Albert Simonin« Santa Madonna ! Dans quelle gelée de coing se trouvait-il ? C'est surtout celui qui le braquait avec son tromblon qui lui foutait les grolles. Quelle gueule qu'il avait, le gniard ! Des châsses bizarres. Des narines pincées dans le haut, palpitantes dans le bas. Une vraie frite de jobard ! On aurait parié qu'il reniflait du raisiné, que ça le démangeait de jouer de la gâchette. »Auguste Le Breton

  • Didier Pourquery signe chaque semaine dans M , le magazine du Monde , une chronique dans laquelle un mot est examiné sous toutes les coutures : les éditions Autrement avaient sélectionné 100 articles dans Les mots de l'époque , en 2014. Les mots passants de tous les jours en proposent une sélection. Organisé en 7 chapitres (Entendons-nous bien !, Ça pourrait aller mieux, Changer le monde en mieux, Amour ou désamour de la politique, Parler en travaillant, La dérive des continents lexicaux et Le temps passe.), cet ouvrage au ton vif et plein d'humour passe en revue une cinquantaine de mots que les conversations quotidiennes usent ou revivifient. On apprend au passage que l'expression « ras-le-bol » doit sa notoriété à Jean Yanne, qu'« insoutenable » vient de glisser du domaine économique à celui de l'écologie, que même le hamburger est aujourd'hui « revisité ».

  • Il y a chez Jean Tardieu un rire qui peut virer aux larmes d'un vers à l'autre, des mots avec lesquels rêver ou cauchemarder, des doubles qui se nomment Monsieur Jean ou le Professeur Froeppel, des admirations pour les amis peintres ou musiciens. Un univers se déploie,porteur d'images et évocateur de sensations. On s'y sent en confiance, parce qu'il n'est pas accablant de certitudes. «L'instable est mon repos», écrit-il dans Accents. On ne saurait mieux dire.

  • Marguerite Duras voit le football comme un angélisme quand Pier Paolo Pasolini y découvre des moments exclusivement poétiques ; selon Marc Pietri, on commence à le pratiquer dans le ventre maternel ; Albert Camus assure que le stade est un des seuls endroits au monde où il se sent innocent ; pour être complet, le plaisir du spectateur, assure Françoise Giroud, doit s'accompagner d'un coup de coeur. Les écrivains connaissent le ballon rond, chaussent les crampons avec enthousiasme et, comme tout bon supporter, crient «goal» quand l'occasion se présente. C'est l'hommage des travailleurs individuels que sont les auteurs au sport collectif, car, comme le suppose Jean-Noël Blanc : « En jouant au foot, j'ai peut-être appris à écrire. » On retrouvera avec bonheur des souvenirs de grands matches, de grands joueurs, de grands moments : on a tous en nous quelque chose de Pelé ou de Zidane...

  • Premiers troubles des grands héros romanesques, couples célèbres du cinéma, déclarations en forme de chansons... Qu'en savez-vous? Constitué de plus de 250 questions de culture générale sur le thème de l'amour, ce livre-jeu vous permettra d'en avoir le coeur net.
    Commençons : Qui a donné cette définition de l'amour «Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif, et son futur est toujours conditionnel»? Alphonse Allais, Jean Cocteau, Marcel Aymé?
    Réponse page 83.

  • La rhétorique est une histoire vieille comme l'Antiquité. Elle a traversé sans encombre le temps, répertoriant avec des mots savants les arguments sophistiques. Puis vint Schopenhauer. Avec L'Art d'avoir toujours raison, il ajoutait au classement une injonction : celle de batailler, de se lancer dans la discussion et de mettre au point tous les moyens possibles pour l'emporter sur son contradicteur. Avec précision et humour, le philosophe Nicolas Tenaillon inventorie cinquante situations pour lesquelles il propose une démarche de «contre», comme l'on dit dans les commentaires sportifs. Votre adversaire fait de l'humour? Soyez d'une gravité inaltérable. Il garde un silence de marbre? Rappelez-lui que «qui ne dit mot consent». Il répète le même argument en boucle? Traitez-le de perroquet.
    Une lecture qui fera de vous un orateur sans peur et sans reproche.

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