Arts et spectacles

  • Zazie débarque à Paris pour la première fois chez Tonton Gabriel. Le Panthéon, Les Invalides et le tombeau du véritable Napoléon, elle n'en à que faire ! Mais kess-qui l'intéresse alors, Zazie ? Le métro ! Et quand elle apprend que les employés sont en grève, elle leur envoie une volée d'injures. Ne contrariez pas Zazie !

  • « Je n'ai pas eu droit à la justice, mon père non plus, ni mon grand-père. Je ne m'excuserai jamais d'être un être humain. Je ne céderai pas. Si je suis un clodo, laissez-moi être un clodo. C'est mon choix. Et ne vous avisez pas de me traiter de clodo noir. »

    Voici l'histoire : un enfant, né dans une cabane, au coeur d'une forêt perdue, grandit dans la misère. Il ramasse du coton, cire les chaussures, commet à seize ans une attaque à main armée, et se fait ouvrir à trente, honoré et respecté, les portes de la Maison-Blanche. Il invente le funk, révolutionne la soul, dynamite le rhythm and blues et le gospel, traverse le XXe siècle avec sa voix brûlante, et ses pas de danse élastiques, et vend des millions de disques dans le monde. Quand il meurt, un 25 décembre, sa dépouille, exposée au théâtre mythique de l'Apollo à New York, est saluée par des milliers de fans. Son nom, James Brown (1933-2006), alias The Godfather of Soul, alias Mr. Dynamite, alias The hardest working man in show business.

  • Depuis Hegel, la fin de l'art est régulièrement proclamée. Mais le mort est vif, assurément désordonné et imprévisible, étonnant ou banal.
    Ce qui, à l'évidence, a sombré, ce n'est pas l'art lui-même, mais, irrémédiablement semble-t-il, l'idée que l'on s'en faisait - celle d'un développement historiquement ordonné des styles et des formes. En ce sens, la fin de l'art, c'est d'abord la fin de l'histoire de l'art, plus exactement de l'art comme histoire.
    Aujourd'hui, à l'ère des arts plastiques, des performances et des installations, seule une conception ouverte et pluraliste permet d'embrasser et de restituer ce qu'est devenu l'art contemporain. Il nous faut revenir de l'histoire aux oeuvres. Renonçant à la nostalgie des grandes théories unitaires, nous ferons la preuve de la nécessaire sensibilité à la dimension plurielle, fragmentaire, voire contradictoire de l'art vivant. Alors notre expérience du présent éclairera d'une lumière nouvelle le passé.

  • "Je détruirai l'ordre établi, qui sépare le plaisir du travail, qui fait du travail un fardeau et du plaisir un vice, qui rend un homme misérable par indigence et l'autre par surabondance."

  • « Je n'ai jamais eu aucune ambition de devenir ou d'être une star de cinéma, mais la fascination que ce processus créatif opérait sur moi me donna l'envie de travailler et de travailler très dur pour plaire à Mr. von Sternberg. Ma légende m'a bien servie, et j'ose dire qu'elle a bien servi tous les autres cinéastes qui ont pris la suite après qu'il eut décidé que je devais continuer seule. »
    Parmi les stars de cinéma, Marlene Dietrich (1901-1992) se singularise en ce qu'elle a intimement collaboré avec un metteur en scène de génie à l'élaboration de sa propre légende. Les sept chefs-d'oeuvre qu'elle tourna en cinq ans avec Josef von Sternberg constituent le fondement de sa gloire et restent la raison essentielle de la fascination qu'elle continue d'exercer. Sa personnalité puissante et entière s'affirma cependant dans d'autres domaines cruciaux de l'histoire du XXe siècle, comme la lutte contre le nazisme ou la libération des moeurs.

  • C'est donc un livre sur le rock'n'roll - une partie du rock'n'roll - et sur l'Amérique.
    Ce n'est pas une analyse historique ou purement musicale, ni une galerie de portraits. J'ai essayé d'élargir le contexte dans lequel on écoute la musique, d'analyser le rock non pas comme expression de la jeunesse, ou de la contre-culture, mais de la culture américaine elle-même. Les artistes sur lesquels j'ai choisi d'écrire m'intéressent en particulier parce qu'ils ont plus d'ambition que les autres et qu'ils prennent plus de risques.
    Ils prennent le risque du désastre artistique (dans le vocabulaire du rock : la prétention), de se mettre à dos un public qu'il est plus facile de flatter que de provoquer - leurs ambitions ont beaucoup à voir avec celles que Robbie Robertson avait pour le band : "la musique ne doit jamais être inoffensive." Ce qui m'attire encore plus chez le band, Sly Stone, Randy Newman et Elvis, c'est que je pense qu'ils se voient comme des américains symboliques.
    Pour moi, ils essaient, avec leur musique, d'être à la hauteur de ce rôle.

  • « J'ai une tendance naturelle à m'inventer une jeunesse, un rapport avec la famille, un rapport avec la vie. J'ai l'impression d'avoir toujours inventé. Pour moi, les choses qui ne sont pas arrivées mais que j'ai inventées sont beaucoup plus vraies. » Enfant, il découvrit à Rimini les marionnettes, le cirque ambulant et les films américains. Adolescent, il connut les étés de vagabondage, le fascisme, et entama une carrière de dessinateur humoristique. Jeune homme, il partit pour Rome, la ville muse, et y rencontra Giulietta-Gelsomina, sa future femme, son clown. Adulte, il devint journaliste puis vécut enfin sa vie rêvée à Cinecittà. Triomphes à Venise, Palme d'or à Cannes, oscars à Hollywood, ce grand enfant du XXe siècle, qui avait beaucoup rêvé, aimé, donné en essayant de duper la mort, avait un nom, que ce livre tente de restituer dans toute sa truculence et sa complexité : Federico Fellini (1920-1993).

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