Parascolaire

  • "Les cadavres restèrent tout la nuit sur le carreau de la salle à manger, tordus, vautrés, éclairés de lueurs jaunâtres par les clartés de la lampe que l'abat-jour jetait sur eux. Et, pendant près de douze heures, jusqu'au lendemain vers midi, madame Raquin, roide et muette, les contempla à ses pieds, ne pouvant se rassasier les yeux, les écrasant de regards lourds."

  • "La guerre de Troie n'aura pas lieu", dit Andromaque quand le rideau s'ouvre sur la terrasse du palais de Priam. Pâris et Hélène ne s'aiment plus, mais les Troyens feront tout ce qui est en leur pouvoir pour conserver celle qu'ils appellent "la beauté", même au prix de la guerre. Chacun de leur côté, Hector et Ulysse tentent vainement de sauver la paix mais la Fatalité est plus puissante que la volonté des hommes.
    Pièce en deux actes qui mêle les grands thèmes classiques aux inquiétudes modernes, elle a été présentée pour la première fois le 22 novembre 1935 au Théâtre de l'Athénée sous la direction de Louis Jouvet. Son succès éclatant et immédiat ne s'est jamais démenti depuis.

  • 50e anniversaire de la mort de Jean CocteauParu en 1929 aux éditions Grasset, acclamés par la critique comme le chef-d´oeuvre romanesque de Jean Cocteau, Les Enfants terribles racontent l´histoire d´un frère et d´une soeur, Paul et Elisabeth. Paul est blessé à la sortie du lycée Condorcet par une pierre que Dargelos, un de ses camarades de classe, avait dissimulée dans une boule de neige. Convalescent, il garde la chambre où Elisabeth le soigne. Cette chambre devient le théâtre de ce qu´ils appellent « le jeu », c´est-à-dire une histoire qu´ils s´inventent chaque soir et dont ils sont les héros. Leur rêve se confond dangereusement avec la réalité ; Paul veut quitter « le jeu » ; Elisabeth veut l´y maintenir. La comédie cesse, commence la tragédie...Avec ce roman, Cocteau a montré qu´à l´enchantement de l´adolescence se mêlait le drame. En 1950, le livre a été adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville. Gloire encore plus grande, le titre du roman est devenu une expression courante de la langue française.

  • L'école est l'objet d'un étrange tabou en France, où l'on amuse la galerie avec la question de la laïcité, alors que la vraie question est celle des structures de l'Education nationale. Celle-ci, hypergéante, centralisée, est un système auto-régulé, qui se survit par miracle. Tout problème prenant des proportions nationales, les solutions réclameraient en effet des décisions politiques dont aucun gouvernement ne peut prendre le risque. Le système est bloqué. Philippe Nemo le qualifie de soviétiforme. A cause de ce système, l'école, en France, s'apprête à rater les trois grands rendez-vous que sont pour elle la formation professionnelle, le développement exponentiel de la communication électronique, et l'accélération décisive de l'évolution des sciences et des technologies. Pendant ce temps, poursuivant les fantasmes ringards des années 1930, les syndicats d'enseignants sont donc en train de détruire l'école républicaine, l'école de Jules Ferry. Ils préparent un retour d'obscurantisme dénoncé dès le milieu des années 1980 par les livres de Maurice T. Maschino, Jacqueline de Romilly, Michel Jumilhac, Jacques Capelovici, Jean-Claude Milner, Laurent Schwartz... {Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ?} prend ces ouvrages pour point de départ, puis expose son propre diagnostic, à savoir que les problèmes de l'école sont, pour l'essentiel, des problèmes de structure. Il peut alors proposer son remède, qui consiste à garantir l'autonomie de l'école en la faisant échapper à la tutelle monopolistique de l'Etat.

  • une période peu connue de la vie de samuel beckett est celle où, avant d'écrire son premier roman, il enseigna la littérature française à l'université de dublin, en 1930-1931.
    un cahier de notes prises par une de ses étudiantes dormait dans les archives de la bibliothèque de trinity college depuis plusieurs décennies. c'est ce document capital pour la compréhension de l'oeuvre de beckett et, d'une façon plus générale, de sa conception de la littérature, que brigitte le juez sort de l'ombre aujourd'hui. les lectures et les opinions de beckett s'y révèlent. gide contre balzac, racine contre corneille, le roman, le théâtre et la modernité, voici éclaircis les fondements de la pensée littéraire d'un des plus grands auteurs de notre temps.

  • L'enseignement de la philosophie est-il en "crise" ? On ne saurait, en tout cas, continuer d'écarter les faits car ils sont têtus et parlants : plus de 70% des élèves obtiennent au baccalauréat une note inférieure à 10. A l'agrégation, concours suprême de recrutement des professeurs, la moyenne à l'écrit n'atteint pas les 5/20 malgré de longues années d'études après le bac. Lors de la dernière session, sur 1400 copies de la première épreuve... 6 seulement ont obtenu plus de 12/20 !Ces données brutes sont d'autant plus navrantes que les finalités de la philosophie et de son enseignement sont plus légitimes que jamais : en un temps où la vitesse de la communication l'emporte si souvent sur la patience du raisonnement, comment ne pas maintenir, et même développer, dès l'adolescence, l'idéal de penser sa vie par soi-même ? N'est-ce pas là la condition même de l'accession à la citoyenneté dès l'âge de dix-huit ans ? Que faire, dans ces conditions, pour que la philosophie cesse d'être la discipline maudite, celle qui fait peur, non par l'audace des pensées auxquelles elle donne accès, mais par la dureté de la sélection qu'elle risque de pratiquer plus ou moins arbitrairement ?

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