Hachette Litteratures

  • L'alimentation médiévale est un monde disparu de saveurs et d'odeurs.
    Pour le retrouver, l'auteur scrute les recettes laissées par les maîtres-queux du roi qui nous dévoilent la richesse des ingrédients utilisés dans les cuisines royales : plats épicés et plats colorés dominent les tables et les repas. Il se réfère également aux fouilles archéologiques restituant la cuisine-salle à manger des paysans. Et reconstitue ainsi pour nous l'imaginaire culinaire de nos ancêtres et les diverses pratiques liées à la préparation des repas.
    Bruno Laurioux goûte les charmes de l'alimentation et nous entraîne dans une découverte du monde médiéval : la cuisine est tributaire des contraintes naturelles et économiques aussi bien que religieuses et culturelles. En la matière, le Moyen Age est synonyme de diversité : par la quantité et la qualité de ce qu'il mange, et par la manière dont il le mange, le noble se distingue du pauvre, le clerc du laïc, l'Anglais du Français et le Gascon du Flamand.
    Aux XIVème et XVème siècles, manger n'est pas seulement une nécessité : c'est aussi, déjà, un plaisir.

  • Malgré l'histoire trépidante de ses batailles, la guerre de troie échappe en réalité aux hommes : pour homère, ce sont les dieux qui mènent le jeu et règlent leurs comptes. ils y consacrent leurs journées. aussi giulia sissa a-t-elle trouvé chez homère, avec l'iliade, matière à explorer le quotidien des dieux grecs: de quoi leur corps est-il fait et comment se nourrissent-ils ? quelle est l'organisation de leur société ? quelle vie mènent-ils dans l'olympe et dans le monde des hommes ? les dieux sont partagés : modèle rêvé de jouissance infinie mais aussi exemple édifiant d'engagement dans le monde. amours, festins, querelles... mais que désirent-ils vraiment ? dans la seconde partie de ce livre, marcel detienne montre comment les citoyens entretiennent des relations quotidiennes avec les dieux et ce que deviennent les olympiens, invités à venir résider chez les humains organisés en cité. au coeur des rituels et de la vie sociale, les dieux restent présents dans les sacrifices, l'alimentation, les assemblées politiques, la guerre, la sexualité...

    Bref, les dieux sont indispensables à la cité, mais agissent-ils là vraiment en maîtres jaloux de mortels éphémères ? ne seraient-ils pas plutôt - dans les premières démocraties en tout cas - assujettis, du moins soumis, aux décisions des hommes en leurs conseils et assemblées ?


    Chercheur au cnrs, membre du laboratoire d'anthropologie sociale du collège de france, giulia sissa travaille sur la représentation du corps, de la sexualité et de la parenté en grèce. elle a publié le corps virginal, la virginité féminine en grèce ancienne, 1987. marcel detienne, directeur d études à l école pratique des hautes études, sciences religieuses, a publié l'invention de la mythologie, 1981 ; dionysos à ciel ouvert, 1986 ; les jardins dadonis, nlle éd., et l'écriture d'orphée, 1989.

  • Quand, le 21 mai 1981, François Mitterrand confie à un socialiste la direction du premier gouvernement de l'union de la gauche, la France s'interroge : comment les nouveaux ministres, tenus si longtemps à l'écart des affaires, vont-ils se comporter dans l'appareil d'État ? Quelle va être l'attitude des communistes ? Et surtout, quelle sera - entre les promesses d'une campagne électorale et les réalités de l'économie - la politique à venir ? C'est ce moment d'histoire immédiate qui est ici décrit par le détail, et non sans ironie à l'endroit de certains. Nationalisations, dévaluations, erreurs, changements de cap, puis retour à une politique de rigueur seront les grands épisodes d'une aventure qui durera jusqu'à ce que Laurent Fabius succède à Pierre Mauroy.

    On trouvera aussi dans ce livre des portraits, des anecdotes, et un foisonnement d'intrigues qui appartiennent désormais à l'histoire. Voici Rocard, Delors, Chevènement ou Fitermann tels qu'on ne les a jamais vus, aux prises avec leurs ambitions et leurs stratégies.

    Voici surtout la chronique d'une espérance vécue au jour le jour et dont rien, pour l'heure, ne permet de savoir si elle appartient à un passé révolu ou à un avenir possible.


    Thierry Pfister a été journaliste (Le Monde, Le Nouvel Observateur) avant de devenir conseiller au cabinet de Pierre Mauroy, de 1981 à 1984. Aujourd'hui encore, il reste l'un des plus proches collaborateurs de l'ancien Premier ministre.

  • "Faire concurrence à l'état civil", dépeindre et rassembler les éléments de notre vie, tracer enfin l'immense physionomie d'un siècle en en peignant les principaux personnages" : telle était l'ambition de Balzac pour l'entreprise totale qu'était à ses yeux La Comédie humaine.

    Et, de fait, les 2472 personnages qui la peuplent, décrits avec le souci le plus méticuleux du détail vrai, constituent un microcosme représentatif de la société vue du haut en bas de l'échelle sociale et envisagée selon (presque) toutes les variables possibles.

    La Comédie humaine a pour nous une valeur documentaire exceptionnelle. Mais plus que de l'Histoire c'est aussi une oeuvre d'art.La vie quotidienne y est une vie balzacienne. C'est ce que Philippe Berthier démontre avec un rare brio. En y prélevant les échantillons les plus propres à nous informer sur un milieu, une classe d'âge, un tempérament, une vision d'écrivain, l'auteur nous propose de lire l'oeuvre de Balzac de plus près. Et cette encyclopédie de la France contemporaine nous apparaît alors hilarante et impitoyable. Mais n'oublions pas qu'il s'agit moins de la réalité que du vrai balzacien !



    Philippe Berthier Professeur de littérature française à la Sorbonne nouvelle, Philippe Berthier a publié de nombreux essais sur des écrivains du XIXe siècle (Chateaubriand, Stendhal, Barbey d'Aurevilly), ainsi que plusieurs éditions de romans de Balzac. .

  • Les romantiques figures de l'artiste 1820-1848 de la fin de la décennie 1810 aux lendemains de la révolution de 1848, anne martin-fugier nous propose un portrait de groupe où il est moins question de doctrine que de salons, de rencontres et d'amitiés.

    En replaçant les chefs de file du mouvement dans les lieux de l'aventure romantique, elle nous a fait découvrir une foule de petits romantiques, des soldats de la bataille d'hernani à la bohème de mimi pinson en passant par les jeune-france chevelus et les ouvriers poètes des années 1840. le cénacle de victor hugo, les masures du doyenné, l'aventure du corsaire -satan revivent sous nos yeux tandis que les itinéraires de hugo, delacroix, berlioz ou george sand se dessinent plus précisément, exemplaires dans leurs succès comme dans leurs échecs.

    Le romantisme apparaît alors comme la chose d'une génération, celle des enfants de la bourgeoisie montés à paris pour étudier le droit et la médecine, jeunes gens qui se jettent à corps perdu dans l'art en éspérant y trouver la gloire et la réussite matérielle. mais cette dernière est rare et nombreux sont ceux qui retournent à leur milieu d'origine ou meurent de faim et de froid dans les greniers d'une bohème qui n'est pas toujours gaie.

    Un panorama aussi détaillé que pittoresque d'un mouvement littéraire unique en son genre.


    Anne martin-fugier historienne (e.h.e.s.s.), anne martin-fugier est spécialiste du xixe siècle. elles est notamment l'auteur de la place des bonnes (1979), la bourgeoise (1983), la vie élégante, 1815-1848 (1990), prix d'histoire de la vallée-aux-loups-maison de chateaubriand, et la vie quotidienne de louis-philippe et de sa famille, 1830-1848 (1992).

  • Partant de sources diverses, littérature, épigraphie, archéologie, ce livre se veut une étude concrète de la vie des femmes dans la Rome antique. Les auteurs se sont intéressées à la position qu'elle occupent dans la société romaine, nullement symétrique à celle de l'homme, au même titre qu'à leurs pratiques quotidiennes et privées.
    On les observe dans leur intérieur ou leur jardin ; dans leur vie domestique ou dans les métiers qu'elles ont pu exercer ; en société, au théâtre ou en vacances, avec leurs enfants, leur mari ou encore leurs amants ; en compagnie de leurs amis, de leurs esclaves. Et, dans chacune de ces occasions, est interrogée la place au sein du droit, de la religion de ces femmes qui, officiellement, sont censées se taire, obéir à leur mari et rester chez elles à filer la laine.
    Une étude détaillée, illustrée par des reproductions au fil du texte, qui éclaire sous un nouveau jour un chapitre de l'histoire des femmes.

    Ancienne élève de l'Ecole française de Rome, Danielle Gourévitch est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, auteur de Le Mal d'être femme. La Femme et la médecine dans la Rome antique, Les Belles Lettres, 1984.
    Marie-thérèse Raespaet est professeur à l'université libre de Bruxelles, spécialiste de l'histoire des institutions romaines.

  • Elles s'appelaient Divine, Elisa, Marie en Tête, Marie Coups de Sabre, Marguerite, Aglaé, Caca, Bijou, Olympia, Pépé la Panthère, Poil ras, Poil long, Crucifix, Irma, Amanda, Octavie, Belle Cuisse, Titine, Pieds fins, Paulette, La Grimpée, Gina, Nana, Fernande, Rosa...

    On les nommait courtisanes, filles de joie, de nuit, d'allégresse, de beuglant, d'amour, filles en circulation, filles à parties, à barrière, pierreuses, soupeuses, marcheuses, cocottes, hétaïres, horizontales, trotteuses, visiteuses d'artistes, lorettes, frisettes, biches, pieuvres, aquatiques, demi-castors, célibataires joyeuses, vénus crapuleuses...

    A travers le récit de la vie de ces femmes d'amour, Laure Adler voudrait qu'enfin justice leur soit rendue. Ni obscènes, ni esclaves, les prostituées ont marqué du sceau du désir qu'elles inspiraient toute une histoire des moeurs.
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    Laure AdIer, éditeur, journaliste à France Culture et à Canal Plus, est une spécialiste de l'histoire des sentiments. Après Secrets d'alcôves, histoire du couple de 1830 à 1930 (Hachette 1983), elle a publié L'Amour à l'arsenic : histoire de Marie Lafarge (Denoël, 1986).

  • Les «1000 jours» du Front populaire sont un combat incessant opposant dans la rue, à l'usine, au bureau, les militants luttant pour «le pain, la paix, la liberté», aux nostalgiques du 6 février - dont certains déjà regardent avec envie du côté de l'Allemagne et de l'Italie.

    1000 jours exaltants, dominés par l'explosion sociale de juin 1936, le vote d'un ensemble de réformes sans précédent dans l'histoire de la France, la conquête du droit aux loisirs et les étapes d'une véritable révolution culturelle.

    Mais 1000 jours décevants aussi - et parfois angoissants - marqués par le drame espagnol, le suicide de Roger Salengro, la fusillade de Clichy, les crimes et les provocations de « La Cagoule », l'action conjuguée de toutes les forces hostiles.

    Henri Noguères fait revivre, dans ses multiples aspects, la vie et les préoccupations quotidiennes des Français au cours de cette période fondatrice de leur histoire.


    Agé de vingt ans en 1936, Henri Noguères a vécu intensément les « 1000 jours » du Front populaire, comme dirigeant du Groupe de Paris des Étudiants socialistes d'abord, puis comme benjamin de la rédaction du Populaire dont il deviendra le rédacteur en chef dix ans plus tard, au sortir de la guerre et de la Résistance. Journaliste, auteur dramatique, éditeur, écrivain, avocat longtemps Président de la Ligue des Droits de l'Homme, Henri Noguères a fait oeuvre d'historien. Il est notamment l'auteur d'une monumentale Histoire de la Résistance en France et d'une vie quotidienne des Résistants de l'armistice à la Libération.

  • Si l'on se souvient que le ministère de la Santé a été créé en 1930 seulement et qu'à l'origine les hôpitaux servaient davantage à exécuter des mesures de police qu'à assister les indigents, on voit se dessiner une vie quotidienne des hôpitaux au XIXe siècle qui n'a guère de rapport avec celle que nous leur connaissons aujourd'hui. Étrange siècle qui débute par l'entassement des malades dans les salles communes, au mépris de l'hygiène la plus élémentaire, et se termine par les découvertes de Pasteur.

    Car c'est dans les hôpitaux du siècle dernier que s'opère la grande révolution médicale, non sans soubresauts, et il reviendra aux nouveaux médecins, et plus encore aux nouveaux chirurgiens, de transformer ces lieux de charité en laboratoires modernes de la science. Parallèlement, l'hôpital va assurer de plus en plus la fonction d'enseignement de la médecine et, grâce à la création des concours d'internat et d'externat, garantir aux malades la compétence de leurs médecins.


    Juristes, anciens élèves de l'École nationale de la Santé publique, Serge Borsa et Claude-René Michel appartiennent l'un et l'autre à l'administration hospitalière de la région marseillaise, ce qui leur a permis d'accéder à de nombreuses archives jusque-là inexploitées.

  • Durant un siècle, de 1801 à 1905, l'église de france a vécu sous le régime du concordat conclu entre bonaparte, premier consul, et le pape pie vii. ce concordat faisait des prêtres français des fonctionnaires du culte, salariés, dépendant étroitement de leur évêque et de l'administration. et cependant, jamais le clergé français n'a été aussi nombreux : 140000 jeunes gens ordonnés en un siècle. qu'est-ce qui a pu pousser tant d'adolescents, en majorité des fils de paysans, à franchir le seuil des séminaires ? la sécurité attachée à un traitement fixe et assuré ? une promotion sociale incontestable ? certainement. mais aussi l'attrait du service de dieu et des âmes, la réalisation d'une haute vocation.

    L'exercice de cette vocation, au cours du xixe siècle, est rendue de plus en plus malaisée par la formidable mutation économique, sociale, idéologique, religieuse qui fait que la france républicaine et logique de 1905, avec ses 4 millions de travailleurs industriels, est très différente de la france de 1801, dont les campagnes surpeuplées vivaient encore selon un rythme ancien, auquel l'existence du prêtre était accordée.

    A travers la vie quotidienne du prêtre français au xixe siècle, c'est toute une nation qu'on voit évoluer, c'est la france profonde qu'on entend respirer, une france à la fois très éloignée et très proche de nous.


    Pierre pierrard né à roubaix, pierre pierrard est professeur honoraire à l'institut catholique de paris. après avoir soutenu une thèse de doctorat sur la vie ouvrière à lille sous le second empire, il a orienté ses recherches et ses travaux vers une meilleure connaissance des courants sociaux et religieux contemporains. chroniqueur à la croix président de l'amitié judéo-chrétienne de france, il a reçu le grand prix catholique de littérature en 1984 pour son livre : l'église et les ouvriers en france, 1840-1941 (hachette-littérature). il est également l'auteur d'une vie quotidienne dans le nord au xixe siècle.

  • De la porte des casernes, depuis les estrades enrubannées de tricolore qui les virent s'engager, nous suivons le long chemin qui conduisit les volontaires, les requis ou les conscrits vers les campements ouverts, pour sa défense, par la Révolution. Autour de la marmite qui les rassemblait le soir venu, nous écoutons ces soldats citoyens raconter leurs misères, leurs joies ou leurs déconvenues. Ils écrivaient à leurs parents et nous lisons leurs lettres ; ils jouaient, buvaient, se querellaient autour des femmes qui emplissaient leurs cantonnements et s'agenouillaient lorsque retentissait ce que Goethe appelait leur Te Deum La Marseillaise. Nous vivons au milieu de leurs camps qui devinrent, en l'an II, un espace politisé. La bataille qu'ils menèrent fut comme "révolutionnée" par des stratégies et des tactiques nouvelles et par une guerre subversive qui n'a rien perdu de son actualité. Le lendemain des combats s'accompagna ici de gestes de générosité à l'égard des vaincus, là de pillages. Ce fut aussi, pour certains, le temps de l'hôpital antichambre de la mort -, de la prison de guerre ou de la Maison des invalides où se réfugia une armée qu'on qualifia de "morte" et où se recrutèrent encore bien des révolutionnaires. Tous finirent par être les conteurs d'une épopée qui fonda la République.

    Ce livre est celui de la vie au jour le jour de "ces héros de la patience" qui, ainsi que l'écrivait Michelet, devinrent - sans pain et sans souliers, presque sans habits - la démocratie en armes.


    Jean-Paul Bertaud Jean-Paul Bertaud, né en 1935, agrégé de l'Université, docteur ès-lettres, est professeur d'histoire moderne à l'université de Paris I. Ses recherches portent, d'une part, sur la société militaire, d'autre part, sur la presse à l'époque de la Révolution.

  • Tous les jours qu'Allah fait, une bonne partie des neuf cents millions de musulmans se tourne vers La Mecque pour prier. Plus d'un million et demi d'entre eux se rendent chaque année au pied de la Pierre noire, consacrée jadis par Mahomet. Ils y accomplissent le pèlerinage (hadj), qui est en même temps l'un des cinq piliers de la foi islamique et le plus grand rassemblement populaire mondial.

    Capitale religieuse du Royaume d'Arabie Séoudite, La Mecque est avant tout la métropole de l'islam. Les pèlerins accomplissent pendant cinq jours des rites immuables depuis quinze siècles : exode au désert, lapidation de Satan, sacrifice du mouton... Antique et futuriste, sainte et profane, ouverte et surveillée, telle est apparue à l'auteur la Ville sainte au cours de son pèlerinage. Maniant tour à tour l'émotion, l'érudition et une tendresse parfois non dénuée d'humour, il nous conduit au coeur même de la spiritualité islamique, dévoilant aux non-musulmans mais aussi aux musulmans maints aspects insoupçonnés, religieux ou quotidiens de la vie à La Mecque.


    Né en Algérie en 1953, écrivain et journaliste, Slimane Zeghidour a publié La Poésie arabe moderne entre l'Islam et l'Occident (Karthala, 1981) et de nombreux articles sur l'islam, notamment dans la revue Notre Histoire.

  • De l'Occupation, la mémoire nationale n'a souvent retenu que les situations édifiantes ou les compromissions sans pardon. Le bouillonnement culturel et artistique des années noires mérite un regard plus précis, attentif à suivre les trajectoires de ceux qui, par l'art ou la création, disposèrent de la possibilité de s'exprimer.


    Entre mai 1940 et septembre 1944, que font Anouilh, Brasillach ou Breton ? Claudel, Colette, Giraudoux ? Et Sartre ? Dans quelles sphères Coco Chanel, Cocteau, Fernandel ou Raimu gravitent-ils ? Qui Picasso reçoit-il chez lui ? Comment Gabin passe-t-il des bras de Marlène Dietrich en Amérique à la 2e D.B. de Leclerc ? Qui se souvient de la manière dont Arletty et Sacha Guitry obtinrent la libération de Tristan Bernard oe A l'heure des comptes s'ouvrent les grands procès d'épuration. Celui de Brasillach déclenche la campagne de Mauriac et rappelle à tous la France par la France trahie. " Qu'est-ce qu'un collaborateur ? ", la question reste ouverte.


    Dossier d'une instruction bien plus qu'attendu d'un réquisitoire, cet ouvrage restitue avec équité toute la complexité de l'époque.



    G. ET J.-R. RAGACHE L'un et l'autre historiens et enseignants, Gilles et Jean-Robert Ragache partagent une prédilection pour l'histoire des idées.
    Gilles Ragache est l'auteur chezAubier de 1940, la guerre détraquée et, au Seuil, de La France de 68.

    Agrégé d'histoire, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, Jean-Robert Ragache est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Normandie.

  • La chevalerie, c'est d'abord une image, celle de nobles héros aux armures étincelantes, brandissant des bannières aux couleurs chatoyantes pour se jeter, la lance ou l'épée au poing, au secours de l'affligé, de la veuve et de l'orphelin. La réalité est plus complexe et l'évolution plus chaotique. Le mot « chevalier » est d'ailleurs ambigu et plus encore la notion de « chevalerie ». Son acception latine, la militia, désigne la force armée au service de l'État. Au Moyen Âge, cette fonction publique s'est privatisée et ses caractères aristocratiques et militaires se sont accrus. C'est le renforcement de la cavalerie lourde qui lui donne son impulsion entre le IXe et le XIe siècles. Mais, il faut attendre le XIIe siècle pour que la chevalerie s'affirme, avec la généralisation de la charge à la lance couchée. Elle se donne alors un code déontologique, fondé sur l'honneur, qui va « humaniser » quelque peu les « lois de la guerre ». Dans le même temps, l'Église tente de lui assigner une mission et une éthique conformes à sa cause. Ainsi s'ébauchent, du XIe au XIIIe siècle, les traits essentiels d'une chevalerie qui se mue peu à peu en confrérie d'élite de la noblesse.

  • Une petite annonce anonyme parue dans un journal en 1893 et les lettres étonnantes et rares qu'elle suscite ; une correspondance échangée entre un fils enfermé à la prison de la Santé et sa mère qui l'attend dans le Paris de 1946 ; des billets d'amour écrits clandestinement par des prisonnières, adressés à d'autres détenues ; une autobiographie rédigée en 1970 par un homme presque illettré de la prison de Loos-lès-Lille...
    Achetées sur un marché de vieux papiers ou trouvées dans un carton d'archives délaissé, ces " lettres perdues " négligées par la grande histoire nous dévoilent un quotidien hors du commun. Leurs auteurs n'ont pas l'habitude d'écrire, c'est la séparation qui les force à prendre la plume pour révéler une intimité rarement exposée. Soutenus par les analyses et les écritures sensibles de Philippe Artières et de Jean-François Laé qui les ont tirés de l'oubli, ces témoignages rendent compte de la solitude générée par nos sociétés modernes.

  • Dans la rue, en fanfare, tambours battants, le jazz naît aux Etats-Unis au tout début du siècle.
    Dès les années vingt, il a envahi les bars, les clubs, les hôtels. Avec la Seconde Guerre mondiale, il accède à une gloire internationale. Comment oublier les noms de Louis Armstrong et de Billie Holiday ? Ou même de l'Original Dixieland Jass Band ? De Scott Joplin, de Duke Ellington, sans parler du " Pres ", Lester Young ? Avec humour et précision, ce livre donne la parole aux grands et aux petits de cette épopée.
    Il dessine leurs parcours, exemplaires ou sordides. Une époque et un milieu revivent ici, avec un langage, des coutumes, des aspirations : les fêtes torrides, les lendemains déprimants, l'alcool et la drogue, l'arrivée du microsillon, les répétitions, la route, l'entretien de l'instrument longtemps convoité. Entre les cortèges tapageurs de la Nouvelle-Orléans et les big bands policés qui enchantent le public blanc des grandes villes du Nord - et bientôt de l'Europe -, un espace musical s'est créé, ouvert aux influences les plus diverses, de ses racines noires jusqu'aux folklores espagnol, tzigane, créole, français.
    Le jazz accompagne l'émancipation de la communauté noire américaine, jusqu'à ce que, be-bop et conflits raciaux survenant, les cartes soient à nouveau redistribuées.

  • La cour du Japon à l'apogée de l'époque de Heian nous fait connaître une société qui est à l'origine d'un des plus remarquables épanouissements artistiques et littéraires du Japon.
    A la différence de nos grandes cours européennes, l'empereur, personnage quasi-sacré, ne peut cependant prendre aucune initiative. L'autorité, de fait, appartient au grand chancelier aidé par un conseil de hauts dignitaires. Imbus de l'idée que le bonheur du pays dépend de l'empereur et de ses conseillers, ils recherchent l'aide de puissances extra-humaines. Ainsi, consacrent-ils les trois quarts de leur travail au bon accomplissement du cycle annuel des célébrations, rites jugés indispensables à la prospérité et à la sécurité du pays.
    Cérémonies, art de vivre épris d'harmonie et de raffinement, mais aussi luttes de pouvoir, place des femmes... Francine Hérail nous fait partager la vie du palais intérieur de Heian et nous aide à comprendre les valeurs d'une société japonaise dont, en dépit des influences continentales, l'originalité ne s'est jamais démentie.



    Francine Hérail Francine Hérail est directeur d'études, titulaire de la chaire d'histoire et philologie japonaises, à l'École pratique des hautes études, IVe section. Spécialiste des institutions et de la société japonaises de l'époque ancienne, du Ville au XIIe siècle, elle a publié plusieurs ouvrages et traduit des notes journalières de hauts dignitaires du Xie, siècle.

  • La Chouannerie, c'est avant tout une image, celle de paysans à la mine farouche, le sacré-coeur cousu sur la poitrine, une cocarde blanche au chapeau, tendant une embuscade, au bord d'un chemin creux, à une colonne de soldats républicains. Le sabre à la main, un noble, empanaché de blanc, les commande. Les Républicains conduisent un prêtre réfractaire qu'ils viennent d'arrêter et que les Chouans veulent délivrer. Le mythe d'une révolte paysanne contre l'oppression révolutionnaire, en faveur de la « bonne religion » et des élites traditionnelles se trouve là tout entier exprimé.

    Or l'étude des réalités quotidiennes d'une guerre civile qui a duré plus de sept ans, dans une quinzaine de départements de l'ouest de la France, permet de reconstituer l'évolution du mouvement chouan : on ne combattait plus en 1799 comme on l'avait fait en 1794. Les formes successives de la guérilla, la place des femmes dans cette guerre inexpiable, les rapports complexes entre paysans, nobles et prêtres échappent aux clichés simplistes des imageries traditionnelles. Vendée et Chouannerie forment un tout. Elles illustrent tragiquement une étape majeure et souvent difficile de l'histoire des campagnes, en Europe, au XIXe siècle, celle de leur intégration à l'Etat-Nation.



    ROGER DUPUY Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Rennes II, spécialiste de la Révolution et des résistances à la Révolution en Europe, Roger Dupuy est l'auteur de nombreux ouvrages.

  • Jean Anglade Jean Anglade est né à Thiers en 1915. A treize ans il a pour compagnon de jeux et de travail Said ben Taiéb qui lui révèle le monde de l'immigration. Plus tard, il entre à l'Ecole normale de Clermont-Ferrand et devient instituteur de campagne. Après la guerre, professeur de lettres, agrégé d'italien en 1947, il est nommé successivement à Tunis, Gap, Clermont-Ferrand. Parallèlement, il publie plus de trente ouvrages dans tous les genres, et récolte une douzaine de prix littéraires.



    La Vie quotidienne des immigrés en France de 1919 à nos jours On ne trouvera pas dans cet ouvrage un exposé bourré de statistiques, de règlements officiels, mais le récit vivant de dix-neuf aventures recueilli de la bouche même des intéressés : immigrés d'autrefois et immigrés d'hier. On connaîtra les motifs de leur départ ; on vivra leur odyssée jusqu'à l'arrivée en France, leurs difficultés de toutes sortes, leurs misères, leurs satisfactions, leurs espérances. Ainsi ressortira l'extrême variété des situations selon les origines ethniques, géographiques, historiques, selon les situations de famille, le caractère rural ou urbain de l'implantation sur notre sol. Le Polonais de 1902 a un tout autre destin que l'Espagnol de 1960 ; le harki envie le sort de l'Algérien authentique ; le Portugais des villes ne vit pas comme le Portugais des champs. Les nombreux ouvrages publiés récemment sur ce sujet, les films, les enquêtes ont un peu trop négligé ces oppositions, se complaisant - par générosité sans doute - à peindre les seules détresses de nos immigrés. Or, il se trouve que nous avons aussi quelques immigrés heureux. II fallait le dire, par honnêteté.

    Les dix-neuf « héros » racontés par Jean Anglade ne constituent évidemment qu'un modeste échantillonnage. Ils sont du moins très représentatifs de ces six millions d'étrangers venus s'installer et travailler chez nous depuis 1919 et qui, eux aussi ou leurs descendants, ont largement contribué et contribuent à faire la France.

  • Jacques léonard né en 1935 ancien élève de l'école normale supérieure de saint-cloud, agrégé d'histoire, il enseigne à l'université de haute-bretagne. depuis 1959 il poursuit des recherches sur l'histoire sociale de la médecine et des médecins en france au xixe siècle et a consacré, en 1976, sa thèse de doctorat d'état aux médecins de l'ouest au xix siècle.


    La vie quotidienne du médecin de province au xixe siècle au carrefour de l'histoire et de la médecine, ce livre basé sur des archives officielles, des documents administratifs, mais aussi une enquête personnelle approfondie et nombre de papiers privés, retrace l'évolution de la condition médicale dans la france provinciale et rurale du xixe siècle.

    Au cours du siècle, des guerres de l'empire au septennat tragiquement interrompu de sadi carnot, la médecine a fait un bond prodigieux. a une thérapeutique tâtonnante a succédé une véritable science expérimentale et il y a loin du médecin de campagne évoqué par balzac ou de l'officier de santé charles bovary, au docteur formé par les disciples de claude bernard et de louis pasteur. mais s'ils se posent dans un contexte historique et un décor social différents, les mêmes problèmes demeurent : l'organisation de la profession et les hiérarchies qu'elle implique, la diversité des apprentissages, les difficultés matérielles, les vicissitudes des carrières et des clientèles, les rapports avec les malades, avec les sorciers et rebouteux, les rivalités d'ordre professionnel, la place et le rôle du médecin de province dans la société, son influence politique croissante. a mesure que son combat contre la maladie s'avère victorieux, le médecin de province voit s'affirmer la considération morale dont il bénéficie. désormais il est un notable.

    Mais avant de respirer l'encens officiel dans un fauteuil de conseiller général, le médecin de province chevauche par tous les temps, entre une dysenterie et une variole, du château à la chaumière, du lit de l'enfant moribond à celui du vieillard grabataire.

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